La blogueuse de jeux vidéo Gina Desjardins parle du futur: des jeux sans manette, avec une caméra qui va capter les mouvements du joueur.

Avenir du jeu vidéo: le joueur influencera le contenu

Que s'est-il passé entre Pacman et Guitar Hero? Entre le Coleco et la Wii? Le joueur ne fait plus seulement contrôler le personnage, il est devenu la figure centrale du jeu. Pousser trois ou quatre boutons ne suffit plus, il faut bouger tout son corps pour gagner. Si les prochains jeux laisseront encore davantage de liberté de mouvement au joueur, ils lui permettront aussi de collaborer directement à son contenu, pour une expérience totale et créative.
Il y a 25 ans, les gamins se musclaient les pouces en faisant sauter Mario Bros sur des nuages. Maintenant, fiston et grand-mère ont adopté la Wii pour jouer au tennis et au golf... Jusqu'où ira le jeu vidéo? Plus loin, répondent les connaisseurs.
«À la convention des jeux vidéo de Los Angeles, en juin, Microsoft a annoncé The Natal Project, qui est en fait une caméra qui va capter les mouvements des joueurs, sans qu'on ait à avoir une manette», raconte Gina Desjardins, collaboratrice à l'émission Monsieur Net et l'une des juges du concours du Bivouac urbain. «Sony/Playstation développe aussi des objets capteurs de mouvements, qui seront quand même assez différents de ceux de la Wii», ajoute-t-elle. De quoi faire des jeux vidéo actifs, qui repousseront encore les limites de la cyberréalité. «C'est plus accessible. Il y a de moins en moins d'intermédiaires entre celui qui joue et la réalité virtuelle», remarque Gabriel Lefebvre de Sarbakan.
Le user generated content (le «contenu généré par les utilisateurs») est une autre avenue attrayante pour les concepteurs. Chacun peut créer une portion de l'univers virtuel et le partager en ligne avec les autres adeptes, ce qui déploie le jeu à l'infini. On pense entre autres à Little Big Planet de Sony, ou aux jeux sur console que l'on peut enrichir par des téléchargements. «Ça fait en sorte que le jeu peut durer plus longtemps. Ça lui donne une seconde vie et ça maintient l'intérêt des gens», souligne Laurent Jalbert-Simard, finissant au Collège Bart. Les spécialistes ne risquent pas, toutefois, de manquer de travail : «Il faut qu'il y ait quelque chose à la base pour que les joueurs soient motivés à ajouter du contenu. Les outils doivent être passionnants», indique Jean-Philippe Côté, un autre participant au défi du Bivouac urbain.
«J'ai hâte de voir où on sera rendu quand les gens de notre génération, qui sont nés avec le jeu vidéo, seront vieux et voudront toujours jouer... Ça risque de donner un méchant défi aux futurs concepteurs de jeux!», lance Gabriel Lefebvre.