À gauche, le maire de Sainte-Famille, Jean-Pierre Turcotte, en discussion avec la députée de Charlevoix-Côte-de-Beaupré, Caroline Simard, et le ministre de l’Éducation, du Loisir et du Sport et ministre de la région de la Capitale-Nationale, Sébastien Proulx.

5,1 millions $ pour brancher 2548 foyers dans la Capitale-Nationale et Charlevoix

«Nous sommes si proche et si loin à la fois de Québec», plaide le maire de Saint-Jean-de-l’Île-d’Orléans, Jean-Claude Pouliot.

Si proche, car il n’y a qu’un pont à traverser entre l’île et la ville.

Si loin, car, pour les insulaires, la performance des services Internet sur l’île est souvent à des années-lumière de celle obtenue par les citadins dans leur quartier.

«Ça peut parfois être difficile d’avoir accès à toutes les informations disponibles sur la toile lorsqu’il y a une forte affluence sur le réseau actuel», fait remarquer Jean-Claude Pouliot.

Le maire de Saint-Jean-de-l’Île-d’Orléans accueillait, mardi, dans «son» hôtel de ville le ministre de l’Éducation, du Loisir et du Sport et ministre de la région de la Capitale-Nationale, Sébastien Proulx, et le ministre de la Famille, des Enfants et du Développement social, Jean-Yves Duclos.

Ensemble, ils ont annoncé une contribution de 2,6 millions $ provenant à parts égales de Québec et d’Ottawa visant à fournir à la population et aux entreprises des collectivités de l’île d’Orléans et de certains secteurs de Petite-Rivière-Saint-François, de Baie-Saint-Paul, de Saint-Tite-des-Caps, de La Malbaie ainsi que Valcartier un service Internet haut débit.

À court terme, 2548 foyers seront branchés à ce nouveau service.

Pour sa part, l’entreprise de télécommunication Bell Canada injectera 2,5 millions $ dans les sept projets totalisant un peu plus de 5,1 millions $ retenus par Québec et Ottawa dans le cadre de leur programme respectif Québec branché (100 millions $) et Brancher pour innover (500 millions $).

Attraction et rétention des familles

Jean-Claude Pouliot y voit un atout important pour sa municipalité d’un peu moins de 1000 habitants qui cherche à attirer de nouveaux résidents et à garder ceux qui y ont établi leurs pénates.

«Ici, nous n’avons pas beaucoup d’entreprises. Notre pain et notre beurre, c’est l’agriculture et le tourisme. Toutefois, notre population est composée de nombreux travailleurs à domicile qui ont besoin d’une technologie performante et stable. C’est évident que le branchement à des services Internet haut débit va nous aider à garder notre monde et à accueillir de nouveaux résidents», affirme le maire de Saint-Jean-de-l’Île-d’Orléans.

Le ministre Jean-Yves Duclos a reconnu qu’il n’était pas toujours facile pour les communautés rurales de tirer leur épingle du jeu face aux grandes villes.

«Notre responsabilité, à Ottawa et à Québec, c’est d’assurer aux entreprises et aux familles des services publics de grande qualité partout sur le territoire. Il faut donner aux gens le goût de rester et de s’épanouir dans les régions situées loin des grands centres.»

Pour sa part, la députée de Charlevoix-Côte-de-Beaupré, Caroline Simard, parlait d’une annonce «importante et significative» pour son coin de pays.

«Les citoyens et les entrepreneurs pourront bénéficier de la plus récente technologie en matière d’infrastructure de télécommunication qui offrira un branchement à très haut débit permettant, entre autres, de réaliser des téléchargements et des téléversements très élevés», indique-t-elle.

«Un service Internet fiable et rapide deviendra un allier essentiel pour les entreprises qui veulent intégrer davantage le numérique dans leurs processus d’affaires, être plus présentes en ligne et faire du commerce électronique. C’est un prérequis au virage 4.0 et au recours à la robotisation et l’intelligence artificielle.» 

Aussi dans l’Est-du-Québec

Avec les annonces faites mardi, le ministre Sébastien Proulx assure que l’ensemble de la région de la Capitale-Nationale sera bientôt branché à Internet haut débit.

«Nous voulons que ça soit le cas pour 100 % des Québécois», soutient-il en admettant cependant que «cela allait prendre un certain temps.»

Il n’y a pas qu’à Saint-Jean-de-l’Île-d’Orléans que l’on célébrait, mardi, la multiplication des points de présence d’Internet haut débit dans la Belle Province.

En effet, à Gaspé, la société TELUS annonçait qu’elle allait être en mesure d’offrir, d’ici 2021, l’accès à Internet haute vitesse à 99 % des collectivités de l’Est-du-Québec. 

«Grâce au pouvoir de la fibre, les villes et villages connectés deviendront des habitués de la toute dernière technologie, ce qui permettra à 148 communautés de la Gaspésie, du Bas-Saint-Laurent, de la Côte-Nord, de la Chaudière-Appalaches, de la Capitale-Nationale, et de la Mauricie de se connecter à des vitesses de presque 20 fois supérieures aux nouvelles normes souhaitées par le Conseil de la radiodiffusion et des télécommunications canadiennes», explique Clément Audet, vice-président, Marché des consommateurs chez TELUS.

Comme dans le cas de Bell Canada, TELUS profitera de l’aide de l’État pour poursuivre le déploiement de son réseau à large bande dans l’Est-du-Québec.

En effet, Québec et Ottawa mettent respectivement sur la table 20,7 millions $ et 10,3 millions $ pour soutenir ce projet de 44,7 millions $. TELUS, elle, y va d’un investissement de 13,7 millions $. 

Sommet du G7: la «belle excuse»

La tenue en 2018 du Sommet du G7 dans Charlevoix permettra à ce coin de pays de moderniser ses installations en matière de télécommunication. «Des annonces seront faites au début de la prochaine année», a assuré le ministre de la Famille, des Enfants et du Développement social, Jean-Yves Duclos. «Nous allons profiter de cet événement pour investir dans de nouvelles infrastructures d’Internet et de télécommunication afin que l’on s’assure d’avoir un Sommet qui se passe bien». Avec la venue, les 8 et 9 juin, au Manoir Richelieu des représentants des sept pays les plus industrialisés, les mesures de sécurité déployées exigeront des infrastructures de télécommunication performantes. Ce qui manque actuellement à Charlevoix. «La tenue de l’événement tombe bien. Ça donne une bonne excuse pour investir», indique le ministre Duclos.