Techno

Ubisoft lance un jeu inspiré du Brexit

LOS ANGELES — Le géant français de jeux vidéo Ubisoft a dévoilé lundi un service d’abonnement ainsi qu’un jeu inspiré par l’actualité, qui se déroule dans un Londres post-Brexit menacé par la dictature et par les extrémistes.

Avec son service Uplay+, disponible à partir du 3 septembre pour 14,99 $US par mois aux États-Unis et en Europe, les gamers pourront accéder au catalogue Ubisoft depuis un PC et télécharger leurs jeux favoris, a expliqué lundi à l’AFP Brenda Panagrossi, une vice-présidente du groupe, à la veille de l’ouverture du salon annuel des jeux E3 (Electronic Entertainment Expo) à Los Angeles.

Le groupe rejoint ainsi les nombreux autres poids lourds du secteur qui se lancent dans l’abonnement, comme Microsoft.

Uplay+ doit également être disponible à partir de 2020 via la plateforme de streaming de Google, Stadia, qui permet de jouer directement en ligne depuis n’importe quel appareil connecté à Internet. Ubisoft avait participé aux tests de Stadia.

L’accès par abonnement et le streaming sont les deux grandes tendances actuelles du jeu vidéo.

«Le secteur du jeu vidéo bouge constamment et les besoins de nos joueurs évoluent», a souligné Mme Panagrossi.

«Bâtir la résistance»

Ubisoft a aussi dévoilé lundi de nouveaux titres, dont le dernier-né de la franchise Watch Dogs, dans lequel les joueurs endossent le rôle d’un héros porté sur la technologie, capable de pirater les gens et les systèmes.

Watch Dogs Legion, dont la sortie est prévue en mars 2020, se déroule dans un Londres futuriste où l’automatisation et l’intelligence artificielle détruisent l’économie et où les cryptomonnaies ont remplacé la livre sterling.

Le crime organisé et des groupes extrémistes contrôlent le gouvernement dans une ville constamment surveillée par des drones.

«Nous voulions créer un jeu qui fasse écho au monde dans lequel nous vivons [...]. Votre mission est de bâtir la résistance contre l’émergence d’un régime totalitaire», a indiqué Alexandre Parizeau, du studio Ubisoft à Toronto.

Le directeur des créations Clint Hocking a décrit l’univers de ce jeu comme étant un Royaume-Uni post-Brexit arrivé à un tournant politique, où les citoyens sont appelés à combattre l’extrémisme et «à libérer Londres et le monde de la tyrannie».

«L’histoire a déjà montré que ce qu’il se passe à Londres est une bonne indication de notre avenir», a-t-il ajouté.

Techno

Microsoft lève le voile sur sa prochaine Xbox

LOS ANGELES — Microsoft a présenté à l’occasion de la grand-messe annuelle de l’industrie des jeux vidéo à Los Angeles une esquisse de la prochaine version de sa console Xbox, que le groupe américain prévoit de lancer fin 2020.

Baptisée «Projet Scarlett», la console censée succéder à la Xbox One apportera aux créateurs de jeux «le pouvoir dont ils ont besoin pour donner vie à leurs visions créatives», a assuré le responsable de la division Xbox chez Microsoft, Phil Spencer.

Le groupe n’a pas donné de détails sur les prix de la nouvelle console lors de sa présentation dimanche, à l’ouverture du salon E3, mais a précisé vouloir la lancer à temps pour les fêtes de Noël l’an prochain. La société japonaise Sony est elle aussi en train de préparer une nouvelle version de sa célèbre console PlayStation.

«La console pour nous est vitale et centrale à notre offre», a commenté M. Spencer lors de l’événement où étaient aussi présentés 60 nouveaux jeux pour la Xbox.

Alors que nombre de poids lourds de l’industrie se lancent dans le jeu vidéo en streaming, vu comme l’avenir du secteur, Microsoft prévoit par ailleurs de donner aux joueurs utilisant Xbox One la possibilité d’accéder à leur catalogue de jeux à distance, depuis n’importe quel appareil connecté.

Avec ce nouveau service, qui sera détaillé plus tard dans l’année, «ils pourront choisir l’endroit où ils veulent jouer, ce sera à eux de décider», a souligné M. Spencer.

La bataille du cloud

Microsoft se positionne ainsi pleinement dans la bataille du cloud qui fait rage dans l’industrie des jeux vidéo.

Google a notamment pris une longueur d’avance avec sa plateforme Stadia, qui permettra à partir de novembre de jouer en streaming depuis n’importe quel appareil relié à Internet sur le modèle à succès de Netflix dans la vidéo.

«On est en train de vivre la période la plus créative et la plus stimulante de l’histoire des jeux vidéo», a estimé M. Spencer. «En moins de 20 ans, le nombre de joueurs dans le monde a triplé, à plus de deux milliards», a-t-il souligné.

Les jeux sur téléphone intelligent ont alimenté une grande part de cette croissance.

Microsoft a aussi annoncé à Los Angeles le lancement d’une version bêta de son abonnement Xbox Game Pass, un service d’abonnement mensuel pour sa console de jeu Xbox, permettant aussi aux joueurs sur PC d’accéder à un catalogue de plus de 100 jeux vidéo pour 9,99 $US par mois.

Pour 14,99 $US par mois, les joueurs pourront souscrire à l’abonnement «Ultimate» qui leur permettra d’accéder aux jeux en streaming aussi bien sur leur console que sur leur PC.

Cyberpunk 2077 

Microsoft a aussi profité de l’événement pour présenter son nouveau jeu Cyberpunk 2077 dans lequel apparaît le double de l’acteur Keanu Reeves : l’un des personnages est basé sur l’apparence, la voix et la gestuelle de l’artiste célèbre notamment pour son rôle dans Matrix. Il évolue dans un monde futuriste en proie à de nombreux troubles où les humains sont modifiés par la technologie.

«Le sentiment d’y être, de marcher dans les rues du futur, va vraiment vous couper le souffle», a promis l’acteur lors d’une apparition sur scène.

Le jeu devrait être disponible en avril 2020 sur PlaySation 4 et sur Xbox One ainsi que sur PC.

Affaires

Huawei privé des applications de Facebook

SAN FRANCISCO — Facebook a rejoint vendredi les nombreuses entreprises technologiques contraintes de couper tout ou partie de leurs liens avec le chinois Huawei devenu bête noire de Washington : les nouveaux téléphones asiatiques du géant asiatique vont être privés des applications du premier réseau social du monde.

Facebook est «en train d’examiner» les textes officiels des autorités américaines et de «prendre les mesures pour s’y conformer», a indiqué une porte-parole à l’AFP.

Pour l’heure, le groupe a suspendu la fourniture de technologies permettant à Huawei de préinstaller ces applications, a précisé le réseau social qui revendique 2,7 milliards d’utilisateurs sur l’ensemble de ses plateformes.

Les propriétaires actuels de téléphones intelligents Huawei disposant de ces applications (Facebook, WhatsApp, Instagram, Messenger) pourront continuer à les utiliser et à les mettre à jour, a précisé le groupe à l’AFP, confirmant des informations de presse.

Comme beaucoup d’applications populaires, Facebook est préinstallé sur les téléphones intelligents, ce qui suppose que le réseau social collabore technologiquement avec le groupe chinois pour rendre cela possible.

Mais l’administration américaine a interdit le partage de technologies entre groupes chinois et américains, ce qui entraîne des effets en cascade sur tout le secteur technologique.

Des conséquences qui pénalisent du même coup aussi des entreprises américaines, tant les deux économies sont interdépendantes en matière de technologies et tant Huawei est un poids lourd du secteur.

Alors que les États-Unis et la Chine sont embourbés dans une guerre commerciale à coup de droits de douane punitifs, Huawei cristallise en effet en grande partie le conflit, d’autant que les deux puissances sont en concurrence frontale dans le domaine technologique.

Washington a placé mi-mai le groupe chinois, actuellement numéro deux des téléphones intelligents et leader mondial de la 5G — Internet nouvelle génération ultrarapide — sur une liste d’entreprises soupçonnées d’espionner pour le compte de Pékin. Ce que dément fermement le groupe chinois.

Les États-Unis a peu après donné trois mois de délai à Huawei, jusqu’à mi-août, avant d’imposer les sanctions, le temps que les industriels s’adaptent.

Android et puces électroniques

Conséquence de ces sanctions, les coups durs s’enchaînent pour Huawei.

Les sanctions mettent sa survie en péril, car elles le privent de technologies et de composants dont ses appareils ont besoin, depuis le système d’exploitation Android de Google jusqu’aux indispensables puces électroniques sans lesquels ne peuvent fonctionner les cellulaires.

Les groupes américains Qualcomm et Intel notamment, qui figurent parmi les plus importants producteurs de puces électroniques, ont annoncé qu’ils ne fourniraient plus le groupe de Shenzhen (sud de la Chine), à l’issue du sursis de 90 jours accordé par la Maison-Blanche.

Google a aussi indiqué qu’il devait couper les ponts avec Huawei, le privant de fait de l’accès à son système mobile Android et à ses applications. En toute logique, si les sanctions américaines restaient en l’état, les appareils de Huawei pourraient donc perdre l’accès à la boutique en ligne d’applications de Google, le Play Store.

Sans Facebook préinstallé et sans accès au Play Store, impossible pour les propriétaires des futurs téléphones Huawei d’accéder aux applications du réseau social comme à nombre d’autres applications.

Le géant japonais de l’électronique Panasonic ou l’opérateur britannique Vodafone, entre autres, ont aussi annoncé qu’ils allaient devoir suspendre certains aspects de leur collaboration avec le groupe chinois. Pourrait s’ajouter à la liste le Britannique, ARM, qui conçoit des semi-conducteurs utilisés par l’ensemble de l’industrie des télécoms.

En plus des sanctions directes contre Huawei, les États-Unis s’attachent depuis plusieurs mois à convaincre les autres pays de cesser de faire affaire avec le groupe chinois.

En retour, Pékin hausse le ton, notamment en laissant entendre qu’il pourrait bloquer ses exportations de «terres rares», des métaux dont l’industrie américaine a besoin dans de nombreux secteurs de pointe.

La Chine a aussi indiqué jeudi qu’elle donnerait «bientôt» des détails sur sa très attendue liste noire d’entreprises étrangères «non fiables», une mesure destinée à contrer les États-Unis et qui devrait toucher les entreprises ayant déjà annoncé couper les ponts avec Huawei.

Techno

Tinder va devoir partager les données de ses utilisateurs en Russie

MOSCOU — Le gendarme de l'internet russe Roskomnadzor a affirmé lundi que la célèbre application de rencontres Tinder allait désormais devoir partager sur demande les données de ses utilisateurs avec les services de sécurité russes, dont le FSB.

Roskomnadzor tient une liste de services en ligne actifs en Russie qui doivent fournir les données de leurs utilisateurs aux autorités russes, si celles-ci en font la demande.

Techno

iTunes est mort, vive Apple Music et Apple TV

SAN JOSE — Fin d’une époque : Apple a annoncé lundi la fin logique de son célèbre iTunes, logiciel multimédia rendu superflu par ses autres applications de musique ou de vidéo axées sur le streaming, comme Music et TV.

«L’avenir d’iTunes n’est pas une app», mais trois» : Apple Music, Apple Podcasts et Apple TV, a dit lundi Craig Federighi, responsable «logiciels» du groupe lors de la conférence annuelle des développeurs Apple à San Jose en Californie.

Le logiciel, préinstallé dans ses ordinateurs Mac, mais aussi téléchargeable dans un PC, «est remplacé par trois nouvelles applis qui simplifient beaucoup et améliorent la façon dont les usagers Mac découvrent et profitent de leur musique, films, séries et podcasts préférés», a explicité la firme dans un communiqué.

Cette fin était prévisible : iTunes ne subsistait guère plus que sur les Mac, car les iPhone ou iPad disposaient déjà des applications Music, Podcasts et TV.

Dévoilé en 2001, iTunes permet de lire chansons, films, séries, podcasts et de classer ses morceaux en créant des listes de lecture par exemple, le tout en synchronisant depuis son ordinateur les contenus sur les différents appareils de la marque à la pomme.

Sur la boutique en ligne iTunes Store, l’usager pouvait acheter et télécharger, à l’unité, chansons ou albums, ou louer ou acheter films ou séries, un modèle innovant à l’époque, mais rendu en partie obsolète aujourd’hui par le triomphe du streaming sur abonnement, dans lequel Apple a fini par se lancer aussi, avec Apple Music et Apple TV.

Pour beaucoup, le lecteur mp3 iPod et l’iTunes Store avaient puissamment bousculé le monde de la musique en popularisant le téléchargement légal, à l’époque où les sites comme Napster permettaient de télécharger films et chansons sans payer un centime.

Au moment où les ventes d’iPhone patinent, Apple a ainsi confirmé lundi sa volonté de miser sur les services, dont les applications — notamment de streaming — sont une pierre angulaire.

Apple a annoncé récemment le remodelage complet d’Apple TV, qui proposera d’ici quelques mois un abonnement à de la vidéo en streaming, avec des contenus originaux, en plus des achats et locations à la pièce.

Le groupe a aussi annoncé la dernière version de son système d’exploitation mobile iOS13 offrant notamment de nouvelles fonctionnalités destinées à préserver la vie privée des usagers.  

Techno

L’App Store, le talon d’Achille d'Apple?

SAN FRANCISCO — En 2007, Apple révolutionne le monde de la technologie avec son iPhone bourré d’applications mobiles, des applications devenues aujourd’hui incontournables. Douze ans plus tard, «l’App Store» est critiquée de toutes parts: applications intrusives, monopole...

Alors qu’Apple se présente comme le héraut de la protection de la vie privée et veut se renforcer dans les «services» --dont fait partie l’App Store--, ces critiques tombent particulièrement mal pour la firme à la pomme, qui devrait plaider sa cause lundi à l’occasion de sa conférence annuelle des développeurs, à San Jose, en Californie.

Les développeurs conçoivent les applications qui, si Apple les valide, se retrouvent sur l’App Store, seul endroit où les utilisateurs d’iPhone ou d’iPad peuvent les télécharger, d’où certaines accusations de monopole contre la boutique en ligne de la marque.

Cette semaine, le Washington Post et le Wall Street Journal (WSJ) ont mis en lumière le fait que nombre d’applications disponibles sur l’App Store, y compris certaines destinées aux enfants, étaient équipées de «trackers».

Ces petits modules discrets analysent, parfois à un rythme effréné, l’activité de l’usager et envoient des données à des firmes d’analyse de données et de marketing sans que l’utilisateur en soit toujours clairement informé. Ils servent par exemple à améliorer l’application ou à cibler la publicité.

«Bravo, vous avez acheté un iPhone! Vous avez pris une excellente décision en matière de vie privée... jusqu’à ce que vous téléchargiez une “app” depuis l’App Store», ironise la journaliste spécialisée Joanna Stern dans sa chronique.

D’après le WSJ, Apple pourrait d’ailleurs annoncer lundi une limitation de la géolocalisation par les applications pour enfants.

Si les «trackers» sont monnaie courante dans l’univers des applications, l’envoi via un appareil Apple de données telles qu’adresse courriel ou géolocalisation à des entreprises tierces peut sembler quelque peu contradictoire avec le récent slogan publicitaire de l’entreprise: «Ce qui se passe dans votre iPhone reste dans votre iPhone».

Sentant le vent du boulet, Apple est monté au créneau cette semaine avec une nouvelle page sur son site, consacrée à la défense de l’App Store.

«Responsabilité»

«Nous avons créé l’App Store avec deux objectifs: que ce soit un endroit sûr et de confiance pour les clients» et «une formidable opportunité (financière) pour les développeurs», écrit Apple.

«C’est notre +store+. Et nous en assumons la responsabilité», fait aussi valoir la firme, qui assure vérifier 100.000 applications par semaine et en valider 60%.

Le reste est rejeté d’abord en raison de «petits bugs», puis en raison d’»inquiétudes sur la (protection) de la vie privée», dit aussi le géant américain.

De façon générale, Apple affirme que toutes les données personnelles situées dans ses appareils (empreintes digitales, reconnaissance faciale par exemple), notamment lorsqu’elles passent via ses applications maison, y restent et ne sont partagées avec personne.

Quant aux «trackers» dont sont équipées les applications externes, la firme renvoie la balle aux développeurs.

«Pour les données et les services que les “apps” créent de leur côté (Apple) exige des développeurs qu’ils publient clairement leur politique de confidentialité et demandent aux usagers leur autorisation pour la collecte de données», sous peine de se voir exclus de l’App Store, indique une porte-parole interrogée par l’AFP.

Quant aux accusations de monopole, Apple insiste sur le fait que les développeurs ont le choix de diffuser leurs produits via l’App Store ou une boutique concurrente, à savoir essentiellement celle de Google, le Play Store.

Mais difficile pour les développeurs et diverses entreprises de se passer de l’App Store et du milliard de clients Apple dans le monde.

Le Suédois Spotify a déposé en mars une plainte auprès de la Commission européenne contre Apple, qui a sa propre plateforme Apple Music, pour abus de position dominante sur le marché de la musique en ligne.

Il lui reproche notamment de prélever une redevance de 30% (la première année, 15% ensuite) sur les abonnements souscrits directement via l’App Store, renchérissant d’autant le coût pour les utilisateurs.

La Cour suprême des États-Unis a autorisé en mai les consommateurs à poursuivre Apple pour sa gestion de l’App Store.

Selon la presse, Apple devrait annoncer lundi l’arrivée de l’App Store dans ses montres connectées. Avis aux nostalgiques, Apple devrait aussi annoncer la fin de son logiciel iTunes, sacrifié sur l’autel d’Apple Music.

Techno

Huawei: la Chine attise le patriotisme face aux Américains

PÉKIN — Éditoriaux enflammés, films au ton antiaméricain, chanson sur la guerre commerciale : la Chine tente d'attiser le patriotisme de sa population dans un contexte d'attaques tous azimuts des États-Unis et de détérioration des liens bilatéraux.

Le conflit commercial, jusqu'ici mesuré, a viré à l'affrontement verbal ouvert depuis que l'administration Trump a placé la semaine dernière le géant des télécoms Huawei sur une liste d'entreprises suspectées d'espionner pour le compte de Pékin.

Techno

Les géants des médias sociaux seront sur la sellette à Ottawa

OTTAWA — Les géants de la technologie seront sur la sellette cette semaine quand des élus du Canada et de dix autres pays se réuniront pour examiner la meilleure façon de protéger la vie privée de leurs concitoyens et des démocraties à l'ère du Big Data.

Le grand comité international sur les mégadonnées, la protection des renseignements personnels et la démocratie se réunira à Ottawa pendant trois jours à compter de lundi.

Techno

«L’humain et la machine ne feront plus qu’un», prédit une chercheuse

MONTRÉAL — Il est raisonnable de prédire que dans 50 ans, les humains construiront leur propre identité de la même manière que les ordinateurs téléchargent des logiciels, estime la futurologue Martine Rothblatt.

Nous aurons tous alors une sorte d’implant numérique à l’intérieur du corps, prédit-elle. Cet implant nous aidera à «pirater» notre système nerveux et à contrôler les maladies, ou nous permettra par exemple de parler avec un «concierge numérique», dans notre cerveau, qui lira nos courriels et nous aidera à apprendre de nouvelles langues.

«L’humain et la machine ne feront plus qu’un», résume en entrevue Mme Rothblatt à l’issue de son allocution, mercredi, à la conférence «C2 Montréal», qui allie commerce et créativité. Et selon elle, cette perspective ne devrait pas nous effrayer.

Certains de ses collègues du secteur en pleine croissance de l’intelligence artificielle dépeignent un avenir plus sombre - où une super-intelligence surpasserait l’humain jusqu’à menacer tous les êtres vivants sur la planète. La vision de Mme Rothblatt est plutôt lumineuse.

Martine Rothblatt a beaucoup de cordes à son arc: PDG d’une entreprise de biotechnologie, militante pour les droits des transgenres, créatrice des services de radio par satellite Sirius XM. Son entreprise, United Therapeutics, tente de fabriquer des organes artificiels que l’on pourrait transplanter à l’humain et de créer de nouveaux traitements pour les maladies rares.

«Système d’exploitation de la conscience»

Depuis le début de l’évolution, explique-t-elle, la technologie est devenue une extension de l’humain - et cela ne changera pas, les ordinateurs devenant de plus en plus puissants. Mais elle ne craint pas une dérive incontrôlable de l’intelligence artificielle, qui mènerait à une destruction de la planète, car l’ordinateur et l’humain ne feront plus qu’un. «De la même façon que nous avons fusionné avec nos outils dans le passé, nous fusionnerons avec l’intelligence artificielle.»

Mme Rothblatt rappelle que nous compilons déjà sur des «serveurs en nuage» des tonnes d’informations sur nous-mêmes: photos, vidéos, entretiens et données diverses, qui reflètent notre personnalité. Les grandes entreprises de technologie du monde entier se font concurrence pour créer un logiciel qui colligerait et intégrerait efficacement toutes ces données pour les utiliser avec des assistants personnels comme Siri ou Alexa.

Elle prédit que ce n’est qu’une question de temps avant qu’un «système d’exploitation de la conscience» soit créé à partir de ce processus. Les humains seront alors en mesure d’interagir avec une version numérique d’eux-mêmes, téléchargée dans leur esprit, qui serait leur ami, leur guide, leur enseignant et leur moteur de recherche, soutient-elle.

Contrôler un nerf

Sa société United Therapeutics tente actuellement de manipuler le nerf vague, le plus long nerf du corps, qui contrôle des facteurs tels que la fréquence cardiaque, la transpiration, la contraction et le relâchement de l’intestin. Le nerf remonte à la surface en deux points, explique Mme Rothblatt: les deux lobes d’oreille. Des expériences ont montré que des signaux pouvaient être transmis directement au c?ur en stimulant le nerf vague au moyen d’une électrode touchant certaines parties du lobe de l’oreille.

Mme Rothblatt croit que les êtres humains pourront éventuellement télécharger une langue entière dans leur cerveau en portant simplement un casque équipé d’une électrode qui stimule le nerf vague. «Ce sont des choses qui seront omniprésentes dans 50 ans», a-t-elle prédit.

Mais ne vous attendez pas à savoir automatiquement parler chinois en stimulant simplement un nerf. «Vous aurez encore besoin de vous entraîner» afin de savoir comment utiliser les nouveaux symboles téléchargés dans votre tête, a-t-elle précisé.

«L’une des carrières les plus importantes de l’avenir sera celle de «curateurs personnels», prédit Mme Rothblatt: «des concierges qui aideront les gens à intégrer dans leur esprit de nouvelles informations numériques».

La conférence «C2 Montréal», amorcée mercredi, se poursuit jusqu’à vendredi.

Techno

Huawei, dernier front dans l'offensive tous azimuts de Washington contre Pékin

WASHINGTON — L'attaque contre le géant chinois des télécoms Huawei a ouvert un nouveau front dans l'offensive tous azimuts engagée contre la Chine par les États-Unis de Donald Trump, persuadé que seul le rapport de force pourra freiner la montée en puissance de Pékin.

L'administration américaine voit la Chine comme la principale «menace à long terme» et continue de peaufiner sa stratégie pour remporter cette confrontation, dans le sillage du discours tonitruant du vice-président Mike Pence qui, avec des accents dignes de la Guerre froide, avait multiplié à l'automne les accusations contre les dirigeants chinois.