Techno

YouTube agit à son tour contre la propagande de la Chine sur Hong Kong

SAN FRANCISCO — Après Twitter et Facebook, la plateforme vidéo YouTube a annoncé jeudi avoir agi à son tour contre une vaste campagne de propagande menée par les autorités chinoises sur les réseaux sociaux pour discréditer la mobilisation en faveur de réformes démocratiques à Hong Kong.

YouTube a désactivé 210 chaînes après avoir découvert qu’elles agissaient «de manière coordonnée en mettant en ligne des vidéos liées aux manifestations en cours à Hong Kong», a expliqué Shane Huntley, analyste chargé de la sécurité pour Google, qui possède la plateforme vidéo.«Nous avons mis au jour le recours à des VPN et d’autres méthodes pour masquer l’origine de ces comptes», a précisé l’expert. 

Deux autres géants technologiques américains, Twitter et Facebook, avaient porté lundi des accusations similaires contre Pékin, soulignant avoir fermé un millier de comptes actifs liés à cette campagne de désinformation.

«Semer la discorde»

«Ces comptes cherchaient délibérément et spécifiquement à semer la discorde politique à Hong Kong et notamment à saper la légitimité et les positions politiques du mouvement de protestation sur le terrain», a expliqué Twitter à propos des comptes actifs suspendus.

Région semi-autonome du sud de la Chine, Hong Kong traverse depuis juin sa plus grave crise politique, avec des manifestations et autres actions presque quotidiennes pour demander davantage de libertés.

Cela s’est traduit par des menaces d’intervention du gouvernement central chinois, qui a qualifié le mouvement de «terroriste».

Pékin a cependant officiellement laissé les coudées franches à la police locale pour régler la situation. En coulisses, le gouvernement central déploie d’importants efforts pour tenter d’influencer l’opinion, affirment cependant Twitter, Facebook, et désormais Google.

Techno

Huawei ouvre un nouveau front dans la guerre pour le contrôle des cellulaires

PARIS — Avec HarmonyOS, son nouveau système d’exploitation mobile (OS, pour Operating System), le géant chinois des télécoms Huawei ouvre un nouveau front dans la bataille technologique avec les États-Unis en venant concurrencer frontalement Android sur un marché très spécifique, mais extrêmement lucratif.

Le marché des OS pour smartphones se résume aujourd’hui à un duopole 100% américain: d’un côté Apple, avec son iOS qui équipe exclusivement ses iPhones, de l’autre Google, avec Android installé sur la quasi-totalité des concurrents de la firme à la pomme, dont Huawei.

Or ce dernier, confronté à des sanctions américaines, ne pourra bientôt plus profiter des services développés par Google, qui comme les autres groupes technologiques américains n’a plus le droit de commercer avec Huawei. Le groupe chinois se doit donc de tenter le pari d’un OS autonome.

«C’est une puissance mondiale de la recherche aujourd’hui», souligne Stéphane Téral, directeur exécutif de la recherche sur l’industrie mobile pour le cabinet IHS Markit. «Lorsque Huawei s’est lancé en 2011 sur le marché, il y avait du scepticisme, mais ils ont décollé de manière exceptionnelle, ils peuvent imposer un troisième OS sur le marché», estime-t-il.

Ce troisième OS, d’autres ont tenté de le lancer: BlackBerry tout d’abord, dès 1999 pour ses propres téléphones, emportés par l’émergence du smartphone; Microsoft ensuite, en 2010, qui équipera les appareils du finlandais Nokia, lequel avait également raté le virage du smartphone.

Deux expériences arrêtées en 2016 et 2017, qui ont refroidi les ardeurs des plus grands, à commencer par le numéro un mondial du smartphone, le sud-coréen Samsung.

«Samsung y avait pensé, mais sans réellement s’y lancer», rappelle Sylvain Chevallier, associé au sein du cabinet BearingPoint, «mais dans le cas de Huawei, leur marché intérieur leur donne beaucoup de poids, toutes les applications chinoises, WeChat, Alipay, etc, seront compatibles, cela rend la possibilité d’un succès très crédible.»

Un outil de fidélisation 

Dans un pays qui compte plus de 800 millions d’utilisateurs de smartphones, un écosystème d’applications très spécifiques et un patriotisme exacerbé par les récentes tensions commerciales entre les États-Unis et la Chine, Huawei dispose de tous les atouts pour tranquillement faire monter Harmony en puissance.

«Ils disposent d’une plateforme d’un milliard d’utilisateurs potentiels pour tester leur OS, repérer rapidement les erreurs et les corriger, inciter les développeurs d’applications à ne pas se couper de ce marché, puis s’attaquer à un autre marché», détaille Stéphane Téral.

Sylvain Chevallier voit en particulier «clairement un coup à jouer» sur les marchés émergents, comme l’Inde, l’Indonésie ou le continent africain, où le basculement vers le smartphone se fait petit à petit et où les utilisateurs ne sont pas encore habitués à un système d’exploitation particulier.

«Bien plus que les caractéristiques techniques d’un appareil, l’OS est un facteur de fidélisation extrêmement fort, Apple par exemple se maintient principalement grâce à son iOS», souligne-t-il.

D’autant que Huawei pourrait bientôt ne pas être seul et voir les autres constructeurs chinois, Xiaomi, OPPO ou Vivo notamment, basculer leurs appareils sous un système d’exploitation chinois, surtout s’il dispose de l’écosystème d’applications qui va avec et que l’État central les y incite fortement.

Or, les constructeurs venant de l’Empire du Milieu représentent 42% du marché mondial du smartphone, selon le cabinet Counterpoint, et plus de 55% des smartphones sous Android.

De quoi donner des sueurs froides à Google, qui pourrait être un des grands perdants de la guerre commerciale américano-chinoise.

Contacté par l’AFP, le groupe américain n’a pas souhaité commenter.

Mais «il y a une possibilité de voir tous les constructeurs chinois basculer sous cet OS», confirme M. Teral, «c’est ce que tout le monde craint actuellement du côté de Google et cela transformerait même la Silicon Valley».

D’autant qu’Harmony ne se veut pas un système d’exploitation seulement pour les smartphones, mais aussi pour l’ensemble des objets connectés de Huawei, à l’image de sa nouvelle télévision intelligente, présentée le lendemain de son OS.

«Il faut bien avoir en tête que beaucoup d’acteurs, pas seulement en Chine, ne seront pas mécontents de disposer d’une alternative à Android, qu’il s’agisse des opérateurs télécoms pour leurs box, des constructeurs automobiles pour leurs voitures intelligentes, ou d’autres», insiste M. Chevallier.

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40 ans après, le légendaire Walkman existe toujours

TOKYO — Il ressemble désormais à un téléphone intelligent avec un écran tactile, une mémoire et une connexion sans fil : le baladeur audio Walkman du Japonais Sony existe toujours, bien que méconnaissable par rapport à ses débuts il y a 40 ans.

Sorti en 1979, le Walkman inaugural, matricule TPS-L2, était un engin bourré de pièces mécaniques.

«C’était d’une précision impressionnante, au point que je me demande si on saurait le refaire aujourd’hui», confie à l’AFP l’ingénieur Hiroaki Sato, concepteur des plus récents Walkman et un brin nostalgique des anciens, que l’on peut admirer actuellement dans une exposition organisée à Tokyo pour les 40 ans de la gamme.

«J’étais collégien quand le premier modèle est sorti, et je n’ai pas eu les moyens de l’acheter», regrette M. Sato.

Aujourd’hui, ce Walkman premier du nom a l’air d’une antiquité avec son boîtier qu’on devait ouvrir pour y loger une cassette, ses boutons physiques à enfoncer, son casier à piles ou les curseurs pour le volume.

Mais des exemplaires fonctionnels circulent toujours sur le marché de l’occasion, dont un présenté comme neuf et jamais utilisé, vendu la bagatelle de 1,3 million de yens (16 300 $CAN), soit près de 40 fois son prix initial.

«Mecs» et «poupées» 

«Je ne pense pas que les Walkman actuels pourront toujours être utilisés dans 40 ans», déplore l’ingénieur Sato. Car les formats audionumériques seront sans doute bien différents d’aujourd’hui et les batteries rechargeables introuvables.

Il fallait cependant prendre grand soin des modèles à cassette magnétique, pour éviter les pannes d’engrenages. «Je pense que c’est cet entretien régulier qui a fait naître un certain attachement à l’objet», poursuit M. Sato, en manipulant un des tout premiers exemplaires conservés par Sony.

M. Sato parle d’un temps que les moins de 20 ans ne peuvent pas connaître, celui où les psychiatres s’inquiétaient de ces nouveaux comportements, quand en France Léon Zitrone présentait au journal télévisé «des jeunes hommes, et femmes aussi, que l’on voit dans les rues avec un casque sur les oreilles».

Aujourd’hui, ce sont presque ceux qui n’en portent pas qui surprennent. Les casques sont désormais sans fil et les baladeurs sans touche.

«Depuis mon plus jeune âge, les appareils ont des écrans tactiles, pas des boutons», confirme Scott Fung, lycéen de 17 ans, originaire de Hong Kong, les yeux ébahis devant un vieux Walkman exposé à Tokyo.

L’étonnement ne s’arrête pas là : le Walkman numéro 1, né de l’envie d’un des fondateurs de Sony de se divertir avec de la musique dans l’avion, «avait deux prises casques, pour que les couples puissent écouter ensemble de la musique», rappelle M. Sato.

Sur les exemplaires du premier lot, une série très limitée, était même écrit au-dessus de ces prises «guys» et «dolls» («mecs» et «poupées»), une inscription qui ferait peut-être hurler aujourd’hui.

Comme les passagers d’un hélicoptère, les deux utilisateurs pouvaient aussi se parler en appuyant sur la touche orange «hot line». Aujourd’hui, chacun a son téléphone intelligent, sa musique, et les messages s’échangent par écrit.

Plébiscité par les connaisseurs

Après plus de mille variantes de Walkman (Sony a arrêté de compter en 2004) et plus de 420 millions d’exemplaires écoulés, passant successivement de la cassette au CD, puis au MD jusqu’aux mémoires flash, la gamme continue de s’agrandir.

Il existe d’une part des modèles très grand public et, d’autre part, des appareils rassemblant toutes les meilleures technologies audio de Sony, destinés aux mélomanes audiophiles prêts à débourser près de 3000 euros (4450 $CAN) pour une qualité musicale hors pair.

Sony n’est pas le seul sur ce créneau de l’audio haute-résolution : on y trouve aussi la griffe sud-coréenne Astell&Kern, ou les fabricants chinois Cayin, Hiby et iBasso.

La marque japonaise, pionnière de l’écoute de la musique en itinérance, avait un temps perdu de sa superbe, secouée par l’arrivée de l’iPod d’Apple en 2001. Mais elle a recouvré depuis l’oreille des maniaques du son en contribuant à élever la qualité des fichiers audionumériques avec des formats non compressés et des techniques de transmission sans fil améliorées.

«On poursuit toujours la même idée que pour le premier modèle : écouter de la musique à l’extérieur avec la meilleure qualité possible», insiste M. Sato.

Techno

Internet: les petits fournisseurs ont la cote

MONTRÉAL — Plus d’un million de ménages canadiens ont maintenant recours à des fournisseurs Internet de plus petite taille. Et la proportion est en croissance depuis 10 ans.

Dans un rapport dévoilé mercredi et basé sur des données du Conseil de la radiodiffusion et des télécommunications canadiennes (CRTC), le Bureau de la concurrence du Canada indique que la part de marché des fournisseurs de service Internet autres que les grandes compagnies de téléphone et de câblodistribution est passée de 5,5 % à 13 % entre 2008 et 2017.

Comme ces petits fournisseurs se sont concentrés dans les zones plus densément peuplées du sud du Québec et du sud de l’Ontario, le Bureau a pu estimer leur part de marché à 15 à 20 %. Il avance ainsi une part de marché de 18,6 % dans la région de Montréal, de 16,6 % dans la région d’Ottawa et de 16,1 % dans la région du Grand Toronto et de Hamilton.

De façon générale, 87 % des Canadiens abonnés à des services Internet à large bande sont branchés à des réseaux filaires appartenant à une compagnie de téléphone ou de câblodistribution.

Satisfaction

Le rapport, qui inclut un sondage auprès de 2005 ménages canadiens, laisse aussi voir que 90 % d’entre eux se disent satisfaits de leur fournisseur de services Internet actuel — 38 % «très» et 52 % «plutôt» satisfaits.

Et les petits fournisseurs font particulièrement bonne figure. «Les consommateurs qui font affaire avec des concurrents de services de gros se disent plus satisfaits de leur fournisseur que ceux qui font affaire avec des fournisseurs traditionnels», écrit le Bureau de la concurrence dans son rapport, intitulé «Donner du choix — une étude de la concurrence dans l’industrie canadienne des services à large bande».

Les régions moins bien servies

Le Bureau relève toutefois «une importante exception» dans les régions rurales et éloignées du Canada, où les services sont plus restreints et sont plus lents.

«Ainsi, environ 99 % des foyers canadiens des centres densément peuplés ont accès à des services sur bande de 50 Mb par seconde ou plus grâce à des modems câble ou à des réseaux de fibre optique, tandis qu’à peine 37 % des foyers en régions rurales et éloignées jouissent de telles connexions», souligne-t-il.

Le BCC rappelle que le budget Morneau de 2019 prévoyait des fonds pour le déploiement d’internet dans les régions rurales et éloignées du pays. De même, la mise en oeuvre du Fonds pour la large bande du CRTC a récemment débuté, note-t-il.

En matière de coût pour les services Internet, le Bureau rapporte les données du CRTC selon lesquelles les fournisseurs dotés d’installations tirent chaque mois une somme de 58,32 $ par abonné, tandis que leurs concurrents offrent leurs services 15 % moins chers, en moyenne. D’autres études font état de rabais pouvant atteindre 35 % pour certains types de forfaits des concurrents des services de gros.

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Microsoft confirme écouter des conversations d’utilisateurs

SAN FRANCISCO — Le géant américain de l’informatique Microsoft a confirmé mercredi que certaines conversations d’utilisateurs étaient écoutées par ses prestataires afin d’affiner les fonctionnalités de traduction vocale offertes par Skype et son assistant numérique Cortana.

«Microsoft recueille des données vocales pour fournir et améliorer des services de recherche, de commandes vocales, de dictée ou de traduction», a confirmé le groupe à l’AFP, tout en assurant obtenir l’autorisation des clients avant de recueillir leurs données vocales.

L’entreprise a défendu ses pratiques après les révélations du média Vice selon lesquelles les conversations, tenues sur le service de traduction de Skype et écoutées par les prestataires du groupe, pouvaient toucher à des sujets intimes comme le sexe ou la perte de poids.

Microsoft a également soutenu prendre des précautions en matière de protection de la vie privée, notamment en supprimant les informations concernant l’identité des utilisateurs avant de les partager avec les fournisseurs chargés de l’aider à améliorer ses logiciels ou services. Ces prestataires seraient enjoints à respecter les normes de protection de la vie privée établies par la législation européenne.

Cette révélation est la dernière d’une longue série: en mai dernier, Amazon a annoncé l’ajout de fonctionnalités pour demander à Alexa, son assistant vocal, d’effacer ses enregistrements ou d’aveugler la caméra.

Google a de son côté suspendu les écoutes dans toute l’Union européenne pour trois mois, après une demande d’une autorité allemande de protection des données.

La semaine dernière, Apple a aussi interrompu temporairement l’analyse par des employés ou des sous-traitants de conversations enregistrées par son assistant vocal Siri, le temps de «passer en revue» son dispositif.

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Twitter : des données personnelles utilisées sans consentement explicite

PARIS — Le réseau social Twitter a annoncé dans la nuit de mardi à mercredi que des données personnelles de ses utilisateurs avaient été utilisées à des fins publicitaires depuis mai 2018 sans leur consentement explicite.

Le réseau précise que l’erreur a été corrigée lundi et qu’une enquête est en cours pour déterminer combien d’utilisateurs ont pu être concernés, conseillant au passage à ces derniers de revoir leurs réglages en matière de partage des données.

Selon Twitter, cela concerne deux cas de figure particuliers : si un utilisateur a regardé ou cliqué sur une publicité pour une application mobile d’une part, ou en envoyant des publicités basées sur l’appareil utilisé pour se connecter au réseau d’autre part.

«Depuis septembre 2018, nous avons pu vous montrer des publicités basées sur des déductions que nous avons réalisées à partir de l’appareil que vous utilisez, même si vous ne nous en avez pas donné la permission. Les données concernées sont restées aux mains de Twitter et ne concernaient pas des informations comme les mots de passe ou les adresses mail», a expliqué le réseau dans une note explicative publiée sur son centre d’aide en ligne.

Twitter, qui présente ses excuses aux utilisateurs concernés, assure mettre en place les «étapes nécessaires pour nous assurer que cela ne se reproduira plus», et invite ses utilisateurs à contacter son bureau de protection des données via un formulaire.

Ces deux problèmes, liés au respect du consentement explicite des utilisateurs dans l’usage de leurs données personnelles, sont apparus après l’entrée en vigueur, en mai 2018, du Règlement européen de protection des données (RGPD).

Le RGPD a notamment imposé aux plateformes et sites web de s’assurer du consentement explicite des utilisateurs pour collecter leurs données, notamment à des fins de ciblage publicitaire et lorsque cette collecte se fait pour des entreprises tiers.

Le RGPD oblige également toute entreprise victime d’une perte de données personnelles d’en avertir les autorités compétentes du pays où se trouve son siège européen, en l’occurrence pour Twitter l’Irlande, dans les 48 heures suivant la découverte de cette fuite, et les personnes concernées le plus tôt possible.

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La réalité virtuelle, remède à l’isolement des personnes âgées

MIAMI — Nidia Silva, 78 ans, a toujours voulu nager avec des dauphins. Un rêve (quasiment) devenu réalité grâce aux lunettes de réalité virtuelle que lui a fait essayer une association de Miami luttant par ce moyen contre la dépression et l’isolement des personnes âgées.

«C’est un monde inconnu, mais très beau», décrit avec enthousiasme la septuagénaire, qui dit avoir l’impression de se prélasser dans les eaux de Cuba, d’où elle a émigré il y a une vingtaine d’années.

Cette opportunité lui a été offerte par une Française, Alexandra Ivanovitch, venue expérimenter ses lunettes de réalité virtuelle dans un parc du quartier de Little Havana, où de nombreux retraités cubains aiment venir jouer aux dominos.

Son projet, baptisé «VR Genie», est destiné à lutter contre l’isolement auquel les personnes âgées doivent souvent faire face, notamment celles vivant seules ou dans des maisons de retraite offrant peu d’activités.

«Nous utilisons la réalité virtuelle pour exaucer leurs souhaits», explique la Parisienne de 35 ans, docteure en sciences humaines du numérique.

Des bars de La Havane aux plus hauts sommets du monde, la technique leur permet d’oublier l’espace de quelques minutes la touffeur de l’été floridien pour s’échapper vers des contrées souvent inconnues.

«Nous mettons le monde à leur portée», souligne Alexandra Ivanovitch, alors que beaucoup des personnes âgées auprès desquelles elle travaille n’ont plus les capacités physiques ou financières de parcourir la planète.

Proposé par l’association à but non lucratif Equality Lab, le projet «VR Genie» est financé par les autorités locales. L’objectif est de fournir des lunettes de réalité virtuelle aux maisons de retraite du comté, dès que la Française aura davantage étoffé sa «bibliothèque à rêves».

«Très relaxant»

Des études scientifiques ont récemment montré que la réalité virtuelle pouvait aider à combattre la dépression, l’anxiété, le stress post-traumatique et autres problèmes psychologiques.

«Nous savons que l’imagerie mentale ou la méditation peuvent avoir des bénéfices en matière de cognition et d’autres choses de cette nature», indique Aldrich Chan, neuropsychologue à l’université de Miami.

Consultant pour Equality Lab, le scientifique analyse les bénéfices potentiels de la réalité virtuelle dans l’accompagnement des personnes âgées, notamment le fait de réaliser virtuellement leurs derniers rêves.

Une équipe de l’université de Californie à Los Angeles étudie l’usage de la réalité virtuelle dans le traitement de l’anhédonie, un symptôme de la dépression empêchant les personnes qui en sont atteintes de ressentir des émotions positives dans un certain nombre de situations.

La psychiatre Michelle Craske et ses collègues s’emploient à traiter l’anhédonie et à améliorer le bien-être des patients à travers la méditation et les expériences positives vécues dans la réalité virtuelle.

«La plupart des traitements ont jusqu’ici contribué dans une certaine mesure à réduire les symptômes négatifs de la dépression, sans toutefois vraiment aider les patients à devenir plus positifs», relevait en avril la chercheuse dans la revue scientifique STAT.

Selon une étude publiée cette année par Michelle Craske dans le Journal of Consulting and Clinical Psychology, les patients ayant vécu des expériences positives, grâce notamment à la réalité virtuelle, montraient des niveaux inférieurs de dépression, d’angoisse et de stress que ceux traités par la méthode traditionnelle, centrée sur les symptômes négatifs.

Dans le parc de Little Havana, Nidia Silva, ses lunettes sur les yeux, brasse doucement l’air de ses mains, caressant des dauphins imaginaires.

«C’est formidable!», s’exclame-t-elle, imperméable aux parties de dominos qui se jouent autour d’elle. «Vous êtes transporté dans un autre monde, c’est très relaxant».

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Un géant japonais de l'informatique présente sa voiture volante [VIDÉO]

TOKYO — Le géant japonais de l'informatique et de la télécommunication NEC Corp. a présenté lundi une «voiture volante», une grosse machine ressemblant à un drone à quatre hélices qui a plané de façon continue pendant une minute environ.

Le vol d'essai, d'une hauteur de 3 mètres (10 pieds), s'est déroulé dans une gigantesque cage par mesure de précaution, dans un complexe appartenant à l'entreprise japonaise dans la banlieue de Tokyo. Les préparatifs tels que les inspections répétées de la voiture et les mesures de sécurité imposées aux journalistes ont duré plus longtemps que les deux vols de démonstrations.

Le gouvernement japonais soutient le développement des voitures volantes, et souhaite que les gens utilisent ces machines d'ici 2030.

Parmi les efforts financés par le gouvernement, il y a un vaste parcours d'essai pour voitures volantes, construit dans une région dévastée par les catastrophes nucléaires de 2011 à Fukushima, dans le nord-est du Japon.

Mie, une préfecture du centre du Japon qui est aussi un lieu de villégiature fréquemment visitée par les célébrités hollywoodiennes, espère également utiliser des voitures volantes pour relier ses différentes îles.

Des projets similaires voient le jour à travers le monde, tels que Uber Air aux États-Unis.

Une voiture volante de la jeune pousse japonaise Cartivator s'est écrasée lors d'une démonstration en 2017. Tomohiro Fukuzawa, directeur général de Cartivator, qui assistait à l'événement de lundi, a déclaré que les machines de son entreprise volaient plus longtemps ces derniers temps.

NEC figure parmi les 80 sociétés qui financent le développement de la voiture volante de Cartivator. Parmi les autres commanditaires, il y a le groupe Toyota Motor Corp. et la société de jeux vidéo Bandai Namco Holdings.

L'objectif est d'assurer une douce transition de la conduite sur route au vol comme dans le film «Retour vers le futur», bien que d'énormes obstacles restent à surmonter, tels que la durée de vie de la batterie, les réglementations et la sécurité.

Des administrateurs de NEC ont déclaré que leur voiture volante avait été conçue pour des vols non habités afin de faire des livraisons, mais que cette technologie est aussi utilisée dans d'autres secteurs de l'entreprise, tels que les voyages dans l'espace et la cybersécurité.

Un aéronef à décollage et atterrissage verticaux (dont l'acronyme est ADAV) est un véhicule électrique, ou hybride électrique, qui ne nécessite pas de conducteur et qui peut atterrir et décoller verticalement.

Les concepts de voiture volante, qui ressemblent à des drones suffisamment gros pour contenir des humains, offrent des avantages que les hélicoptères n'ont pas. Par exemple, les hélicoptères sont coûteux à entretenir, bruyants et nécessitent des pilotes entraînés. Les voitures volantes sont également utiles pour les secours en cas de catastrophe.

L'entreprise de transport et de covoiturage américaine Uber planifie des vols de démonstration en 2020 et des opérations commerciales en 2023. Elle a choisi Dallas, Los Angeles et Melbourne pour tester Uber Air.

Dubaï s'est également montré agressif dans le secteur des voitures volantes.

Des membres du gouvernement japonais ont déclaré que le Japon avait de bonnes chances de devenir un leader mondial, car le gouvernement et le secteur privé travaillent en étroite collaboration.

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Assistants vocaux : Apple suspend l'écoute d'enregistrements

PARIS — Le groupe américain Apple a annoncé vendredi qu’il suspendait l’analyse par des employés ou des sous-traitants de conversation d’utilisateurs enregistrés par son assistant vocal Siri.

La majorité des entreprises du secteur recourent à de telles pratiques afin d’améliorer la qualité de la réponse offerte.

«Nous suspendons au niveau mondial le programme pour Siri, le temps de le réexaminer en profondeur», a expliqué le groupe dans un communiqué. «Par ailleurs, dans la future mise à jour logicielle, les utilisateurs auront la possibilité de participer, ou non, à l’amélioration du service».

Comme ses concurrents Amazon, Google ou Microsoft, Apple fait analyser par des salariés certains enregistrements captés par Siri afin de s’assurer que le logiciel a interprété les requêtes correctement, une pratique qui concerne moins de 1% des requêtes, assure Apple.

La décision d’Apple fait suite à un article du quotidien britannique The Guardian, basé sur le témoignage de sous-traitants expliquant s’être retrouvés à écouter des enregistrements réalisés par erreur et détenant des éléments personnels voire intimes.

Le groupe basé à Cupertino (Californie) n’est pas le seul montré du doigt concernant ses pratiques: jeudi, une autorité locale allemande a obtenu que Google suspende le même type de pratique dans toute l’Union européenne.

L’Office de protection des données de Hambourg a en effet annoncé que Google s’était engagé auprès de lui à ce que «les transcriptions d’enregistrements vocaux ne soient plus utilisées pendant une période d’au moins trois mois à compter du 1er août 2019», dans tous les pays européens.

Cette autorité estime aussi que les assistants en général, qu’ils soient commercialisés par Google, Amazon ou Apple présentent «un risque élevé pour la confidentialité et la protection de la vie privée des personnes concernées».

Le média belge VRT a révélé en juillet avoir pu écouter plus d’un millier d’enregistrements issus d’appareils situés en Belgique ou aux Pays-Bas, dont 153 captés accidentellement.

Parmi ceux-ci, des utilisateurs discutant de leur vie amoureuse ou de leurs enfants, et fournissant des informations personnelles comme leur adresse.

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Après Elon Musk, Facebook veut relier les cerveaux aux machines

SAN FRANCISCO — Une équipe de chercheurs américains financée par Facebook est parvenue à traduire en mots l’activité du cerveau, via des algorithmes, une étape de plus vers l’ambition partagée par d’autres entreprises, comme celle d’Elon Musk, de créer un lien direct entre le cerveau humain et les machines.

Les scientifiques de l’université californienne UCSF ont publié cette semaine une étude montrant leurs progrès dans la création d’une interface cerveau-ordinateur : l’activité des neurones est transmise à la machine grâce à des implants, et décodée par des algorithmes, dans un contexte déterminé (un choix limité de questions-réponses).

À terme, l’ambition serait d’utiliser une méthode moins contraignante que les implants, comme une paire de lunettes à réalité augmentée, équipée de capteurs et contrôlée par la pensée.

«D’ici une dizaine d’années, la capacité à taper directement depuis notre cerveau sera peut-être considérée comme normale», a expliqué Facebook mardi dans un article en ligne faisant le point sur le projet lancé il y a deux ans. «Il n’y a pas si longtemps, cela relevait de la science-fiction. Maintenant, cette perspective semble atteignable.»

Elon Musk, le fantasque patron de Tesla et de Space X, avait frappé les esprits il y a 10 jours en affirmant que l’entreprise en démarrage Neuralink avait réussi une expérience dans laquelle un singe contrôlait un ordinateur directement depuis son cerveau.

L’entreprise est censée commencer ses tests sur des humains dès 2020, dans le but de combattre certaines maladies affectant le cerveau ou la moelle épinière.

Un objectif de santé qui guide aussi la recherche de l’équipe de l’UCSF : rendre la parole aux personnes rendues muettes à cause de paralysies, de lésions à la moelle épinière ou de maladies neurodégénératives.

«À ce stade, les patients paralysés souffrant de perte de la parole ne peuvent recourir qu’à des technologies basées sur les mouvements des yeux ou les contractions musculaires pour épeler très lentement les mots sur un écran», explique Eddie Chang, neuroscientifique à l’université californienne.

«Pourtant, dans de nombreux cas, la capacité à s’exprimer est toujours présente dans leur cerveau. Nous avons juste besoin de la technologie pour leur permettre de s’en servir de manière fluide.»

Symbiose

L’étude publiée dans la revue Nature Communications détaille comment les scientifiques ont réussi à entraîner la machine pour lui faire traduire les signaux reçus via les implants, pendant que les volontaires parlaient à voix haute. Le système d’intelligence artificielle était guidé par un contexte de questions à choix multiple posées aux personnes.

Le «projet Steno» étudie la possibilité de fabriquer un accessoire connecté permettant de taper sur un écran simplement en imaginant parler dans sa tête. Il est financé par un laboratoire du géant des technologies (Facebook Reality Labs) faisant de la recherche sur les technologies de réalités augmentée et virtuelle.

Doutes

«Nos progrès montrent à quoi pourraient un jour ressembler des interactions avec des lunettes connectées», a tweeté Andrew Bosworth, vice-président de la division Équipements de consommation de Facebook.

Plusieurs experts en neurologie ont cependant exprimé des doutes sur les possibilités réelles de ces technologies, même à moyen terme, étant donné la façon dont nous mobilisons plusieurs parties du cerveau, même pour accomplir des tâches simples.

Cette relation intime dont parle Elon Musk relève «plutôt d’une vision d’un avenir très lointain», estime ainsi Andrew Hires, maître assistant de neurobiologie à l’université de Southern California. «Il n’est pas certain que nous arrivions un jour à ce stade.»

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Huawei et le 5G: Goodale ne croit pas qu'Ottawa décidera avant le scrutin

OTTAWA — Le ministre fédéral de la Sécurité publique, Ralph Goodale, a déclaré mardi que les Canadiens ne sauront vraisemblablement pas avant le scrutin d'octobre si Huawei pourra participer au réseau sans fil 5G de prochaine génération.

Le Canada a besoin de plus d'informations des États-Unis sur la nature exacte de la menace potentielle à la sécurité que poserait le géant chinois de la technologie, a indiqué M. Goodale à La Presse canadienne, mardi. Or, compte tenu du temps qui reste avant le déclenchement de la campagne, au début du mois de septembre, le ministre a soutenu qu'il était peu probable que cette décision soit prise d'ici là.

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16 ans, champions du monde de Fortnite et millionnaires

NEW YORK — Ils ont 16 ans et sont millionnaires; samedi, le Norvégien Emil Bergquist Pedersen, alias Nyhrox, et son partenaire autrichien Thomas Arnould, alias Aqua, ont été sacrés premier duo champion du monde du jeu vidéo Fortnite, avec 3 millions de dollars à la clef.

Les deux adolescents ont emporté deux des six matches de cette première finale de Coupe du monde en duo, organisée à New York, et terminé avec le plus grand nombre de points.

«Je ne sais pas quoi dire. C’est dingue», ont déclaré, chacun à leur tour, les deux vainqueurs, qui repartiront de l’événement avec chacun 1,5 million de dollars (1,3 million d’euros).

Visiblement très soudés, les deux partenaires ont, par deux fois, réussi à se positionner au-dessus des autres joueurs lors des tout derniers instants des parties 4 et 5, ce qui constitue régulièrement un avantage décisif.

Il est, en effet, possible de tirer plus facilement sur les autres gamers se situant en contrebas.

Fortnite consiste à se retrouver sur une île avec d’autres joueurs, le vainqueur étant le dernier survivant. Au fur et à mesure, le périmètre se réduit pour accélérer le dénouement de la partie.

Chaque joueur peut trouver sur l’île des armes et des matériaux de construction, qui lui permettent de dresser des structures pour se protéger des attaques des concurrents.

Avec 51 points au total, Nyhrox et Aqua ont devancé une autre paire européenne, le Néerlandais Rojo et le Britannique Wolfiez (47 points), qui sont également devenus millionnaires samedi.

David Jong, alias «Rojo», 21 ans, et Jaden Ashman, alias «Wolfiez», 15 ans, ont reçu 2, 25 millions de dollars au total, soit 1, 125 million chacun.

L’éditeur du jeu Fortnite, Epic Games, va distribuer au total 30 millions de dollars de prix sur le week-end. Sur l’ensemble de la saison de compétition, l’enveloppe atteint 100 millions de dollars.

Jeu phénomène lancé il y a deux ans seulement, en juillet 2017, Fortnite compte plus de 250 millions de joueurs, selon Epic Games.

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Sprint-T-Mobile: le nouveau géant dans la bataille du 5G

WASHINGTON — La méga-fusion à 26 milliards de dollars entre les opérateurs de téléphonie Sprint et T-Mobile, qui promet une large couverture du territoire en technologie 5G, a reçu vendredi l’approbation des autorités américaines, mais sous conditions.

L’opération doit permettre de créer un numéro 3 capable de rivaliser avec les deux leaders du secteur, Verizon et AT & T, alors que s’amorce la bataille mondiale pour le développement de la 5G, la nouvelle génération ultrarapide de l’Internet mobile.

La fusion, annoncée en avril 2018, «permettra de créer un acteur plus grand et plus audacieux que jamais auparavant», s’est félicité John Legere, pdg de T-Mobile, qui doit rester à la tête de la nouvelle entité.

Celle-ci «apportera au pays le réseau de 5G le plus innovant, des prix plus bas, une qualité inégalée et des milliers d’emplois, tout en débloquant 43 milliards de dollars grâce aux synergies», assure-t-il.

Le ministère américain de la Justice a cependant formulé plusieurs conditions de désinvestissement pour répondre aux critiques sur le risque de concentration du secteur.

Le nouveau groupe, qui marie le second et le troisième opérateur du secteur, va ainsi devoir vendre les activités de téléphonie mobile prépayées à Dish Network, un opérateur de télévision par satellite, et lui donner accès à au moins 20 000 antennes-relais et à des centaines de points de vente.

«Avec cette fusion et le désinvestissement associé, nous étendons la couverture de manière significative car [...] de larges bandes du spectre, actuellement pas ou peu utilisées, deviennent disponibles pour les consommateurs américains sous forme de réseaux 5G de haute qualité», a déclaré Makan Delrahim, de la division anti-monopole du ministère de la Justice.

Consommateurs

T-Mobile, détenu par l’allemand Deutsche Telkom, et Sprint, contrôlé par le japonais SoftBank, avaient annoncé leur projet de mariage il y a plus d’un an. Mais celui-ci a connu de nombreux retards en raison des inquiétudes sur une concentration trop grande des acteurs. Les deux entreprises avaient déjà essuyé un premier échec de leur projet de fusion il y a quelques années.

En début d’année, 14 États américains ont intenté une action en justice pour bloquer l’opération. D’après le ministère de la Justice, cinq d’entre eux se sont finalement ralliés à l’accord annoncé vendredi, qui doit encore recevoir l’aval définitif d’un juge.

Mais plusieurs associations et syndicats ont condamné cette décision.

«Cette fusion est un désastre pour les consommateurs. Les prix vont augmenter, le service va se dégrader, et c’est de la pure spéculation d’affirmer que c’est bien pour la 5G», s’est ainsi indigné Alex Harman de l’ONG Public Citizen.

«Cela va conduire à la suppression de 30 000 emplois sur le sol américain, avec l’élimination des boutiques et fonctions administratives en double», avait calculé en mai Debbie Goldman, de CWA, l’un des principaux syndicats des télécommunications.

Le procureur de l’État de New York, Letitia James, estime de son côté que les promesses formulées par les parties concernées «ne peuvent voir le jour que dans des conditions de vraie concurrence».

99 %

Malgré les critiques, les deux groupes espèrent officialiser leur union au deuxième semestre. Ils compteront environ 127 millions d’abonnés à leurs différents services aux États-Unis, dont quelque 100 millions dans la seule téléphonie mobile.

Le projet de mariage et ses perspectives sur la 5G s’inscrivent dans un contexte de compétition mondiale féroce, notamment face à la Chine, pour le développement de cette technologie, qui permettra de faire fonctionner et relier entre eux la plupart des appareils connectés à l’avenir.

«Deux des priorités principales de la FCC sont de refermer la fracture numérique dans l’Amérique profonde et de faire progresser l’avance américaine en matière de 5G, la prochaine génération de connectivité sans fil», avait noté en mai le régulateur américain des télécoms (FCC) dans un communiqué de soutien à l’opération.

T-Mobile (43 milliards de dollars de chiffre d’affaires en 2018) et Sprint (32 milliards) se sont engagés à couvrir le territoire américain en 5G à 97 % dans les trois ans après leur fusion et à 99 % dans les six ans. 

Techno

Instagram: fini les «likes», fini la tyrannie?

PARIS — Ma photo sur une île grecque plaira-t-elle davantage que la tienne à Venise? Pour mettre fin aux batailles d’ego, Instagram n’affiche plus les likes dans certains pays. Un début de réponse pas forcément suffisant face à la «pression» sociale des réseaux parfois mal vécue par les plus jeunes.

«Instagram anticipe le fait que [si] notre fascination du quantitatif s’estompe, il y a une manière nouvelle de concevoir le lien social», dit à l’AFP le sociologue français Stéphane Hugon, spécialiste notamment d’innovation sociale et des technologies.

Instagram, réseau de partage d’images comptant un milliard d’utilisateurs dans le monde semble avoir pris conscience de la «pression» vécue par certains de ses adeptes.

Son patron Adam Mosseri annonçait début juillet la création de nouveaux outils contre le harcèlement, dont l’apparition d’un message d’avertissement contre les commentaires haineux généré par un logiciel d’intelligence artificielle.

Le réseau teste aussi en parallèle une nouvelle fonctionnalité dans six nouveaux pays (Australie, Italie, Irlande, Japon, Brésil et Nouvelle-Zélande, après le Canada): le nombre total de likes n’est plus affiché sous chaque photo, mais uniquement visible par l’auteur de la publication.

«Nous voulons qu’Instagram soit un lieu où les gens se sentent à l’aise pour s’exprimer», a expliqué une responsable de Facebook, maison-mère d’Instagram, pour l’Australie et la Nouvelle-Zélande, Mia Garlick. «Nous espérons que ce test fera baisser la pression [...] afin que vous puissiez vous consacrer au partage de ce que vous aimez».

Instagram, arène d’une course à la popularité et à la mise en avant de soi? Véridique en Italie, l’un des pays tests où la culture de l’image est très présente selon le sociologue Simone Carlo.

«Sur Instagram, il existe les mêmes addictions que dans la société, se divertir, se montrer, recevoir l’approbation des autres. Ce sont des comportements qui sont présents depuis toujours dans la société italienne», explique à l’AFP l’universitaire milanais, spécialiste de rapports sociaux numériques, même si ce phénomène n’est pas réservé à l’Italie.

«Sur les médias numériques, il y a l’idée de parler de soi-même, de le faire pour satisfaire l’ego», ajoute André Mondoux, sociologue canadien et professeur à l’Université du Québec à Montréal (UQAM).

Les problèmes de mal-être surviennent lorsque «l’attention qu’on reçoit diminue» et qu’il manque ce «temps de jouissance addictif».

En 2017, une étude de la Royal Society for Public Health classait Instagram comme le pire réseau social pour la santé mentale des jeunes au Royaume-Uni, selon 14 critères dont la perception de soi, l’anxiété ou le harcèlement.

Même si les likes disparaissent resteront les photos, parfois trompeuses et dopées aux filtres, d’une fausse réalité socialement parfaite.

Une influenceuse australienne, Essena O’Neil, avait dénoncé en 2015 les tromperies du réseau et témoigné de son mal-être en réécrivant toutes ses légendes pour raconter les dessous de ses clichés.

Lutte aux faux likes

Les sociologues contactés par l’AFP sont partagés sur les effets des actions du réseau social.

Pour Simone Carlo, ne plus se focaliser sur les likes peut améliorer le bien-être des internautes, mais «en même temps l’approbation populaire sera encore disponible pour ceux qui le veulent».

André Mondoux ne voit pas de changement majeur pour l’utilisateur lambda. Il estime pour sa part que la motivation de la plateforme est plus «probablement» de lutter contre les «faux likes» achetés pour accroître artificiellement la popularité de certains influenceurs.

L’objectif d’Instagram est évidemment de contrer «l’économie de la micro-influence», abonde Laurence Allard, maître de conférence à l’université de Lille et l’Ircav à Paris 3.

«On veut moraliser ce business des petits influenceurs, couper court aux faux abonnés et à tout un ensemble de pratiques et d’acteurs qui y sont liés, mais sur lesquels Instagram n’a pas la main», complète la sociologue des usages numériques.

Laurence Allard entrevoit ainsi la fin de la guerre entre influenceurs, mais imagine également «un changement de l’unité de mesure de la popularité», en se basant par exemple sur les «émojis en forme de cœur laissés en commentaire ou le nombre total de commentaires».

Techno

Internet en région: Ottawa investit 85 M $ dans une technologie satellite

OTTAWA — Le gouvernement fédéral consacre 85 millions $ à la mise au point d'une technologie satellite avancée dans l'espoir d'élargir un jour l'accès abordable à internet haute vitesse aux régions les plus difficiles d'accès.

Le financement appuiera un projet aérospatial de la société Télésat, d'Ottawa, visant à construire et à lancer un groupe de satellites coordonnés - une «constellation» - en orbite terrestre basse. Les satellites en orbite basse peuvent fournir des services numériques beaucoup plus rapides, mais il en faut beaucoup plus pour couvrir la même zone.

Techno

Vaste enquête sur les géants du Web

NEW YORK — Les géants des réseaux sociaux, des moteurs de recherche et du commerce en ligne sont-ils devenus trop puissants? Washington a officiellement lancé mardi une vaste enquête pour le déterminer.

Déjà mis à l’index sur les questions du respect de la vie privée et des données personnelles, les colosses de la Silicon Valley se voient aussi de plus en plus reprocher d’être devenus quasi monopolistiques, au détriment de leurs utilisateurs.

Le ministère de la Justice ne nomme pas les entreprises visées par sa procédure, mais semble cibler les sociétés comme Google, Facebook, Twitter ou Amazon, dominantes sur leurs marchés respectifs.

Même s’il vend principalement des iPhones et autres appareils électroniques, Apple pourrait aussi être dans la ligne de mire dans la mesure où le groupe gère, avec l’App Store, une boutique en ligne.

Les autorités veulent déterminer comment ces entreprises sont parvenues à devenir aussi incontournables sur leur marché et si elles ont eu recours à des pratiques «ayant réduit la concurrence, empêché l’innovation ou affecté les consommateurs».

Élus et régulateurs américains de la concurrence fourbissent depuis plusieurs mois déjà leurs armes contre les géants du Web.

Google par exemple est régulièrement soupçonné de favoriser, dans les résultats de son moteur de recherche, ses propres services au détriment de ses rivaux.

La commission judiciaire de la Chambre des représentants a déjà lancé en juin une enquête sur «la concurrence sur le marché numérique», affirmant qu’un «petit nombre de plateformes dominantes et non régulées» avaient «un pouvoir extraordinaire dans le commerce, la communication et l’information en ligne». 

L’agence responsable de la protection des consommateurs (FTC) mène aussi des investigations.

Craintes des internautes

Les autorités expliquent dans un communiqué vouloir «prendre en compte les craintes répandues des consommateurs, des entreprises et des entrepreneurs» qui ont «émis des inquiétudes sur les services de recherche, sur les réseaux sociaux et sur les plateformes de commerce en ligne».

«Sans la discipline d’une compétition significative, les plateformes numériques peuvent employer des moyens qui ne répondent pas aux demandes des consommateurs», a commenté Makan Delrahim, en charge des questions antitrust au ministère américain de la Justice, dans le document.

Les autorités américaines ne sont pas les seules à reprocher leurs pratiques aux mastodontes d’Internet.

Les accusant d’enfreindre les règles de la concurrence, la Commission européenne a déjà infligé trois lourdes amendes à Alphabet, la maison mère de Google, et a annoncé la semaine dernière l’ouverture d’une «enquête approfondie» sur Amazon, qu’elle soupçonne d’utiliser à son avantage les données issues des détaillants indépendants utilisant son site.

Amendes et remèdes

Les régulateurs américains ont, eux, le pouvoir de non seulement imposer des amendes salées en cas de non-respect des règles de la concurrence, mais aussi d’ordonner des remèdes «structurels» afin de garantir plus de compétition sur le marché, y compris des scissions.

Pour l’analyste Dan Ives, de Wedbush Securities, une telle sanction semble toutefois peu probable.

«Ce combat des titans entre Washington et les géants du Web fait plus de bruit que de mal» pour le secteur et «va probablement résulter en quelques modifications du modèle économique plutôt qu’en dissolutions forcées des activités», a-t-il commenté dans une note.

«Je ne pense pas que les États-Unis soient sérieusement enclins à démembrer ces sociétés, parce qu’ils ont encore plus peur que les entreprises chinoises ne deviennent encore plus grosses», a aussi relevé Patrick Moorhead, fondateur du cabinet Moor Insights & Strategy.

Apple et Twitter n’ont pas souhaité commenter.

Google a pour sa part renvoyé à l’audition de son directeur des politiques économiques devant le Congrès la semaine dernière, Adam Cohen. Il y avait alors assuré que le moteur de recherche avait «aidé à faire baisser les prix et à augmenter les choix pour les consommateurs et les commerçants aux États-Unis et dans le monde entier».

Les sociétés concernées pourront en tout cas répondre de ces accusations à l’occasion de la publication de leurs résultats trimestriels, mercredi pour Facebook et jeudi pour Amazon et Alphabet.

Techno

Huawei veut étendre le 4G dans le Nord

OTTAWA — Huawei Canada a annoncé que le gouvernement fédéral lui avait accordé son autorisation pour travailler avec une entreprise de télécommunications du Nord et une entreprise de développement inuite afin d’étendre les services sans fil 4G à haute vitesse dans 70 communautés de l’Arctique et du Nord québécois.

L’annonce faite par Huawei à Ottawa concerne l’extension du service 4G, qui est répandu dans les régions peuplées du sud du Canada, à des régions plus rurales et éloignées du Nord.

Le nouveau projet a été approuvé dans le cadre du Programme fédéral d’examen de la sécurité, conçu pour protéger les infrastructures critiques.

Selon un expert, le gouvernement fédéral a ainsi créé des conditions pour permettre au géant chinois des télécommunications de bénéficier d’un monopole sur l’Internet à haute vitesse dans le Grand Nord.

Michael Byers, un spécialiste des affaires de l’Arctique à l’Université de la Colombie-Britannique, souligne qu’étant donné la petite taille du marché dans le Nord, Huawei aura peu de compétition dans cette région où l’entreprise chinoise dispose d’un avantage concurrentiel en raison de son accès à la main-d’œuvre chinoise bon marché.

«La question est de savoir si une entreprise chinoise peut éventuellement détenir un monopole sur les communications dans les communautés éloignées de l’Arctique canadien», a indiqué M. Byers.

«Non pas parce que c’est une menace pour la souveraineté, mais parce que cela laisse ces communautés très vulnérables dans l’éventualité où les relations entre la Chine et le Canada se détérioreraient», a-t-il ajouté.

Huawei est une entreprise controversée au Canada parce que sa directrice financière, Meng Wanzhou, est au centre d’une bataille diplomatique entre le Canada et la Chine depuis son arrestation à Vancouver en décembre. Mme Meng avait été arrêtée en vertu d’un mandat d’extradition des États-Unis, où elle fait face à des accusations de fraude.

L’important contrat 5G

Huawei attend une décision du gouvernement fédéral pour déterminer si l’entreprise chinoise pourra fournir du matériel pour les réseaux sans fil 5G de prochaine génération dans le reste du pays. Les États-Unis font pression pour que le Canada ne fasse pas affaire avec une entreprise considérée comme un organe des services de renseignements chinois — une allégation que l’entreprise a niée une fois de plus lundi.

«Si vous vous rendez à notre bureau de Kanata, si vous vous rendez à notre bureau de Markham, il est faux de croire qu’il s’agit d’un repaire du docteur Terreur et que nous y travaillons sur le dernier scénario de la fin du monde. C’est un groupe d’ingénieurs qui règlent des problèmes d’ingénierie», a soutenu Alykhan Velshi, vice-président des affaires commerciales de la branche canadienne de Huawei.

Cependant, l’attribution du contrat 5G est étroitement liée au sort de deux Canadiens qui ont été emprisonnés en Chine peu après l’arrestation de Mme Meng. Le gouvernement Trudeau a qualifié d’«arbitraire» l’emprisonnement de l’ex-diplomate Michael Kovrig et de l’entrepreneur Michael Spavor, et beaucoup considèrent leur arrestation comme une mesure de représailles de la part de la Chine. Pékin a également bloqué les importations de certains produits agricoles canadiens tels que le canola, ainsi que les expéditions de viande.

M. Velshi a plaidé que l’entreprise menait ses activités au Canada depuis 2008 sans problème, et qu’elle entretenait une «coopération régulière avec les clients et les agences de sécurité», ce qui inclut l’annonce, lundi, d’un partenariat avec ICE Wireless et Iristel. Il a souligné à plusieurs reprises que l’entreprise était gérée au Canada, soumise aux lois canadiennes, avec une structure transparente.

Une société chinoise avant tout

Selon M. Byers, cette dernière déclaration est «fallacieuse».

«C’est une filiale d’une société chinoise. Elle est donc soumise au contrôle de son siège social. Ce siège est soumis au droit chinois, a-t-il soutenu. Quiconque pense que Huawei est indépendant du gouvernement chinois a tort.»

Pour ces raisons, Ottawa a raison d’avoir des inquiétudes à l’idée de permettre à Huawei de fournir l’équipement de base des nouveaux réseaux 5G, selon M. Byers. Mais il devrait également être préoccupé par la possibilité que Huawei détienne un monopole sur les communications Internet dans l’Arctique canadien, a-t-il soutenu.

Un porte-parole du ministre de la Sécurité publique, Ralph Goodale, a déclaré qu’il ne pouvait pas répondre à des questions sur la manière dont Huawei répondait aux exigences de conformité sur les infrastructures critiques du gouvernement.

Il a ensuite redirigé les questions des journalistes vers le Centre de la sécurité des télécommunications. Le CST est le service canadien d’espionnage électronique, qui relève du ministère de la Défense.

Dans un communiqué, le CST a indiqué qu’il travaillait avec 31 fournisseurs de services de télécommunication représentant plus de 99 % du marché canadien de la téléphonie mobile «afin d’atténuer le risque de cyberespionnage et de perturbation du réseau grâce à l’exploitation des vulnérabilités de la chaîne logistique dans l’actuel 3G/4G/Environnement LTE.»

Le service d’espionnage a ajouté que les accords de non-divulgation lui interdisaient de discuter de ses relations avec «des fournisseurs spécifiques et des sociétés de télécommunications canadiennes».

Techno

Consensus au G7 face au Libra de Facebook

CHANTILLY — Les ministres des Finances du G7 ont trouvé mercredi un consensus pour «agir rapidement» face au «préoccupant projet de cryptomonnaie Libra annoncé par Facebook, mais pas encore sur la taxation des géants du numérique.

«Sur le Libra, nous avons eu une discussion très constructive et détaillée avec un large consensus sur le besoin d’agir rapidement», a indiqué à la presse la présidence française du G7 (Allemagne, Canada, États-Unis, France, Italie, Japon et Royaume-Uni) au terme de la première journée de réunion des ministres à Chantilly, au nord de Paris.

«Nous reconnaissons qu’il y a un besoin d’un nouveau système bancaire et de paiement qui puisse réduire les coûts des échanges entre pays et continents [...], mais nous sommes tous préoccupés par la possibilité qu’il y ait une nouvelle monnaie créée par Facebook», a expliqué une source française.

Après l’avertissement lancé lundi à Facebook par le secrétaire au Trésor Steven Mnuchin, les ministres ont tous exprimé leur préoccupation face à ce projet de crytomonnaie, à l’image du Français Bruno Le Maire et son homologue allemand Olaf Scholz.

«Les conditions ne sont pas réunies pour que le Libra se mette aujourd’hui en place», a affirmé le ministre français, tout en se déclarant ouvert à une discussion sur un «encadrement» ou une «régulation»

Si la France et les États-Unis se sont entendus sur le Libra, ils ne sont pas encore parvenus à se mettre d’accord sur la taxation des géants du numérique, malgré la réunion bilatérale entre M. Le Maire et son homologue américain Steven Mnuchin qui s’est tenue en milieu d’après-midi.

L’approbation la semaine dernière par la France d’une taxe sur les géants du numérique a provoqué l’ouverture d’une enquête aux États-Unis qui pourrait déboucher sur des représailles contre Paris.

L’entretien entre les deux hommes, qualifié de «constructif» par les sources françaises, a été salué par M. Le Maire : «Il est toujours important de s’écouter, d’échanger et d’avancer», a-t-il écrit sur Twitter.

Auparavant, le ministre français avait assuré que Paris ne cèderait pas sur cette taxe et qu’il s’attendait à des discussions «difficiles» avec les États-Unis à Chantilly.

Nuit laborieuse

Au terme de la première journée, les sept pays ne sont effectivement pas parvenus à un consensus, souhaité par la présidence française, qui ouvrirait la voie à un accord mondial à l’OCDE sur la taxation des géants du numérique.

«Nos équipes vont travailler toute la nuit pour y parvenir», a indiqué une source française, qui espère trouver un accord d’ici la fin de la réunion jeudi à midi.

«Je voulais dire à quel point un accord au niveau du G7 est décisif», a déclaré M. Le Maire au début du G7. «Si nous ne trouvons pas d’accord au niveau du G7 sur les grands principes de la taxation du digital aujourd’hui ou demain, franchement ce sera difficile d’en trouver un entre 129 pays à l’OCDE», a-t-il prévenu.

Selon lui, la France a d’ailleurs fait «un geste d’ouverture très important vis-à-vis» des «alliés américains» en acceptant de travailler à l’OCDE «sur la base américaine d’une taxation plus large qui touche toutes les activités numériques de toutes les entreprises».

Face au risque de multiplication de projets de taxation des géants du numérique — par la France, mais aussi d’autres pays comme le Royaume-Uni ou encore l’Espagne —, les États-Unis ont débloqué en début d’année les négociations au sein de l’OCDE, qui n’avaient pas avancé depuis plusieurs années.

En revanche, les sept ministres se sont mis d’accord sur le principe d’une taxation minimale des sociétés, mais sans fixer de taux plancher, un projet porté par la France et l’Allemagne et soutenu par Washington.

«Il y a un vrai accord sur le principe d’une taxation minimale qui est ancré. C’est la toute première fois que ça se produit», a expliqué une source française.

La présidence française du G7 s’est fixé comme objectif de «mettre fin à l’évasion fiscale» qui «permet à des multinationales de réaliser des profits à un endroit et de les déplacer à un autre où les niveaux de taxation sont inférieurs».

Techno

Taxation du numérique: Paris appelle le G7 à ouvrir la voie

PARIS — Le ministre français des Finances Bruno Le Maire a appelé mardi ses homologues du G7 à ouvrir la voie à un accord international sur la taxation des géants du numérique, lors de leur réunion de mercredi et jeudi à Chantilly.

Une semaine après la décision américaine d’ouvrir une enquête concernant la taxe sur le numérique approuvée par la France, le ministre a tenté d’inciter les dirigeants américains à mettre les bouchées doubles pour qu’un accord mondial soit rapidement approuvé à l’OCDE, qui s’est donné jusqu’en 2020 pour y parvenir.

«Je suis profondément convaincu que pendant ce G7, nous serons capables de trouver une solution internationale satisfaisante et que ce consensus [...] ouvrira la voie à un accord à l’OCDE», a affirmé le ministre lors d’une conférence à Paris consacrée aux 75 ans des accords de Bretton Woods.

«C’est le meilleur moyen de régler ce problème», a-t-il ajouté, regrettant que les États-Unis aient lancé une enquête dans le cadre de l’article de la loi du commerce dit «Section 301». Cela pourrait, en fonction des conclusions auxquelles elle aboutit, entraîner des mesures de représailles américaines.

«C’est la première fois dans notre longue relation que le gouvernement américain décide d’ouvrir une telle procédure contre la France», a relevé Bruno Le Maire, rappelant que «la France est un pays souverain et qu’il continuera d’agir en tant que tel».

M. Le Maire a prévu une rencontre mercredi avec son homologue américain Steven Mnuchin juste avant l’ouverture officielle du G7 Finances, une réunion préparatoire du sommet des chefs d’État du G7 qui se tiendra à Biarritz fin août.

Lors de cette rencontre, il «invitera M. Mnuchin à accélérer les efforts pour parvenir à définir la fiscalité du XXIe siècle plutôt que de nous menacer de sanctions et de rétorsions, qui ne sont pas forcément les meilleures politiques entre alliés», a expliqué une source française.

Les deux hommes se sont déjà rencontrés fin juin en marge du sommet du G20 à Osaka et se sont parlé avant l’annonce de l’ouverture de l’enquête américaine.

Chaque fois, le ministre français a rappelé à son interlocuteur que la France retirerait son projet de taxation dès qu’un accord mondial serait trouvé au sein de l’Organisation pour la Coopération et le développement économiques (OCDE).

Face au risque de multiplication de projets de taxation des géants du numérique par des pays comme la France, le Royaume-Uni ou encore l’Espagne, les États-Unis ont débloqué en début d’année les négociations au sein de l’OCDE qui n’avançaient pas depuis plusieurs années.

«Une fiscalité du XXIe siècle»

Pour sa présidence cette année du G7, la France s’est fixé l’objectif de réduire «le décalage entre la réalité économique mondiale et la réalité fiscale» après l’émergence au cours des dernières décennies des GAFA (un acronyme désignant les géants américains Google, Amazon, Facebook et Apple).

«Il faut une fiscalité du XXIe siècle pour le modèle économique du XXIe siècle», a expliqué une source de Bercy.

Un autre dossier épineux figure au menu des grands argentiers de la planète à Chantilly : le projet de monnaie virtuelle Libra du géant américain Facebook, qui suscite de nombreuses préoccupations de la part des ministres et des banquiers centraux.

«Nous ne pouvons pas laisser des entreprises, qui servent des intérêts privés, se doter des moyens de la souveraineté monétaire. Nous devons agir», a assuré M. Le Maire lors de sa conférence.

La présidence française du G7 a également l’ambition de «mettre fin à l’évasion fiscale» qui «permet à des multinationales de réaliser des profits à un endroit et de les déplacer à un autre où les niveaux de taxation sont inférieurs».

M. Le Maire et son homologue allemand Olaf Scholz sont «déterminés à avancer sur des résultats très concrets. Nous avons pour le coup le soutien total des États-Unis», assure-t-on à Bercy, même si l’on écarte tout accord à Chantilly sur un impôt sur les sociétés minimal, qui freinerait l’optimisation fiscale.

Techno

«Nous sommes des humains, pas des robots», clament des milliers de salariés d’Amazon

BERLIN — Des milliers de salariés d’Amazon organisaient lundi un mouvement de contestation coordonnée en Europe et aux États-Unis, dont des débrayages, pour réclamer une amélioration de leurs conditions de travail à l’occasion des journées de super-promotions «Prime Day».

En Allemagne, la grève contre «les promos sur le dos des salaires» a mobilisé «plus de 2000» salariés sur sept sites, a dit à l’AFP Orhan Akman, du syndicat Verdi, le premier syndicat allemand du secteur tertiaire.

Aux États-Unis, les salariés d’un entrepôt d’Amazon dans le Minnesota ont aussi annoncé vouloir profiter de ces journées de super promotions pour mettre en avant leurs revendications en faisant grève au début de l’événement.

«Amazon offre ces rabais aux clients aux dépens des salaires de ses propres employés et en fuyant les négociations collectives», déplore Orhan Akman, du syndicat allemand Verdi.

La direction locale du groupe avait déclaré en amont ne prévoir aucune perturbation dans ses livraisons de commandes.

Lundi, Amazon a assuré être honnête vis-à-vis de ses employés en Allemagne.

«Amazon prouve chaque jour qu’on peut être un employeur honnête et responsable vis-à-vis de ses employés en Allemagne sans accord collectif», a déclaré le groupe dans un communiqué.

Dans les centres allemands, les salaires «sont au plus haut de ce qui est payé pour des emplois comparables», a-t-il ajouté, soulignant que plus de «8000 employés» travaillaient chez Amazon «depuis plus de cinq ans».

En France, la mobilisation concerne le site de Lauwin-Planque, dans le nord, avec une faible mobilisation des 2.500 salariés, selon la direction.

En signe de solidarité, des rassemblements d’employés étaient aussi prévus à Madrid et aux portes de plusieurs sites au Royaume-Uni.

Rareté dans l’histoire syndicale

«Nous avons reçu des informations horrifiantes sur des employés obligés d’uriner dans des bouteilles en plastique faute de pouvoir aller aux toilettes ou sur des femmes enceintes forcées de rester debout et certaines visées par des licenciements», a écrit dans un communiqué le syndicat britannique GMB.

En Pologne, où le conflit social s’est également particulièrement enlisé ces derniers mois, Amazon a annoncé lundi la création de 1000 postes supplémentaires au sein de ses entrepôts et une augmentation du salaire horaire brut pour les nouvelles recrues de 20 zlotys, soit de 4,68 euros.

Depuis 2013, les syndicats européens d’Amazon, qui ont peiné à se faire reconnaître par la direction, se mobilisent régulièrement, de préférence à l’occasion des journées cruciales en termes de ventes comme les Prime Days et le Black Friday.

En 2018, la colère s’est renforcée : une cinquantaine de grèves ont été organisées par différents syndicats en Europe, une rareté dans l’histoire syndicale récente, si l’on exclut le secteur du transport aérien.

En avril, les représentants syndicaux d’Amazon en provenance de 15 pays s’étaient retrouvés pour la première fois à Berlin pour coordonner leur lutte face au géant américain, décrié sur le plan social à travers le monde.

Outre les cadences jugées trop rapides, la surveillance des employés à travers des méthodes contestées de «tracking» (contrôle du temps de travail et des performances) ou la suppression des pauses, les employés d’Amazon Logistics déplorent leurs salaires trop faibles et réclament des conventions collectives ou un dialogue social plus apaisé.

Techno

Réunion sur fond de tensions sur la taxe GAFA

PARIS — Les ministres des Finances du G7 se retrouvent mercredi et jeudi près de Paris sur fond de tensions franco-américaines sur la taxe sur les géants du numérique, mais aussi pour parler du projet de monnaie virtuelle de Facebook.

Officiellement, l’objectif de ce G7 Finances, qui se réunit à Chantilly au nord de Paris sous le titre de «rendre le capitalisme plus juste», est «d’ouvrir la voie entre les sept pays économiquement les plus puissants de la planète vers la réduction des inégalités et la justice fiscale», a expliqué une source française.

Dans les coulisses, cette réunion préparatoire du sommet des chefs d’État du G7, qui se tiendra à Biarritz (sud-ouest) fin août, donnera surtout l’occasion aux alliés des États-Unis de discuter avec l’administration de Donald Trump de la guerre commerciale qui menace la croissance mondiale et de la taxation du numérique.

Une semaine après l’ouverture d’une enquête aux États-Unis sur la taxe sur les géants du numérique approuvée par la France, le ministre des Finances Bruno Le Maire retrouvera en tête à tête le secrétaire au Trésor Steven Mnuchin moins d’un mois après leur rencontre du sommet du G20 d’Osaka (Japon) à fin juin.

Ce sera l’occasion pour M. Le Maire de rappeler à son homologue américain que la France s’est engagée à annuler cet impôt dès qu’un accord mondial sur la taxation du numérique sera trouvé au sein de l’Organisation pour la Coopération et le développement économiques (OCDE), qui s’est donné jusqu’en 2020 pour y parvenir.

Même si les sources françaises soulignent les relations «extrêmement bonnes et très régulières» entre les deux hommes, le ministre français rappellera au secrétaire au Trésor que la France «continuera à décider souverainement des modalités de taxation de la nation française», a expliqué une source de Bercy.

«Nous inviterons M. Mnuchin à accélérer les efforts pour parvenir à définir la fiscalité du XXIe siècle plutôt que de nous menacer de section 301, de sanctions, de rétorsions, qui ne sont pas forcément les meilleures politiques entre alliés», a expliqué la source française.

L’enquête américaine — ouverte sous l’article de la loi du commerce dit «Section 301» — pourrait, en fonction des conclusions auxquelles elle aboutit, entraîner des mesures de représailles américaines.

Pour sa présidence cette année du G7, la France s’est fixé l’objectif de réduire «le décalage entre la réalité économique mondiale et la réalité fiscale» après l’émergence au cours des dernières décennies des géants du numérique, appelés les GAFA, acronyme de Google, Amazon, Facebook et Apple. «Il faut une fiscalité du XXIe siècle pour le modèle économique du XXIe siècle», a expliqué la source de Bercy.

Succession au FMI

Un autre dossier épineux figurera au menu des grands argentiers de la planète à Chantilly : le projet de monnaie virtuelle Libra du géant américain Facebook, qui suscite de nombreuses préoccupations de la part des ministres et des banquiers centraux.

«Nous réaffirmons notre volonté de ne pas laisser une entreprise privée se doter des moyens de la souveraineté monétaire», a assuré la source du ministère des Finances. M. Le Maire avait déjà annoncé publiquement son opposition à Libra.

La présidence française du G7 a également l’ambition de «mettre fin à l’évasion fiscale» qui «permet à des multinationales de réaliser des profits à un endroit et de les déplacer à un autre où les niveaux de taxation sont inférieurs».

M. Le Maire et son homologue allemand Olaf Scholz sont «déterminés à avancer sur des résultats très concrets. Nous avons pour le coup le soutien total des États-Unis», assure-t-on à Bercy, même si l’on écarte tout accord à Chantilly sur un impôt sur les sociétés minimal qui freinerait l’optimisation fiscale.

«Il ne sera pas possible de parvenir à une définition de taux à l’occasion de cette réunion. C’est prématuré. Il faut surtout s’entendre sur le principe», a prévenu la source de Bercy.

À Chantilly, les ministres parleront également de la succession de la Française Christine Lagarde à la tête du FMI, après sa candidature à la Banque centrale européenne (BCE). Ce poste revient traditionnellement à un Européen.

Techno

L’érobotique: l'interaction humain-machine érotique

Les films de science-fiction tels que Blade Runner (1982), Lars and The Real Girl (2007) et Her (2013) anticipent depuis longtemps l'avènement des relations humains-machines. Depuis quelques années la réalité rejoint la fiction.

Alimentés par les avancées en intelligence artificielle (IA) ainsi qu’en robotique sociale, les agents artificiels apprennent de plus en plus à communiquer et à socialiser – transformant ainsi nos sociétés. Toutefois, la recherche sur l'interaction humain-machine demeure embryonnaire, particulièrement dans les domaines de l'intimité et de la sexualité.

C’est pourquoi, en plus de nos recherches sur le sujet, nous mettons progressivement en place des initiatives (francophones et anglophones) visant à remédier au manque de connaissances sur les relations intimes entre humains et machines. Dans cet esprit, nous avons organisé le premier colloque sur l'érobotique lors du 87e Congrès annuel de l'Association francophone pour le savoir. Lors de cet événement, des chercheurs de diverses disciplines (éthique, sociologie, psychologie, sexologie, études médiatiques et féministes) ont abordé divers thèmes allant des représentations médiatiques et genrées des technologies sexuelles à leur potentiel médical et thérapeutique.

Une nouvelle révolution érotique

L’intimité et la sexualité sont parmi les domaines les plus importants à considérer lorsqu’on parle de révolutions causées par l’IA, puisque les technologies émergentes offrent des possibilités croissantes d’interaction entre humains et [agents érotiques artificiels ou érobots] (http: //www.lecre .umontreal.ca / feature / penser-transdisciplinaire-sur-la-robotique-sexuelle /. Le terme érobot caractérise tous les agents érotiques artificiels virtuels, incorporés et augmentés, ainsi que les technologies qui les produisent. Cette définition inclut, sans s’y limiter, les prototypes de robots sexuels, les personnages érotiques virtuels ou augmentés, les applications de partenaires artificiels ainsi que les agents conversationnels (chatbots) érotiques. Le terme érobot est formé du préfixe tiré de l’ erôs (un concept philosophique historiquement riche faisant référence à l'amour, au désir, à la sensualité et à la sexualité, et du suffixe tiré de bot (un agent logiciel) et de robot (une machine capable de réaliser de manière autonome des séries d’actions complexes). Le terme érobot vise à souligner les aspects agentiels et relationnels des nouvelles technologies érotiques et à mettre l’accent sur le fait que les agents artificiels deviennent progressivement des acteurs sociaux à part entière.

Plus que des robots sexuels

L'un des érobots les plus célèbres est le fameux robot sexuel. Cependant, les robots sexuels ne représentent qu’une partie de ce que sont et deviendront les érobots suite aux avancées, aux combinaisons et à l’interconnectivité des nouvelles technologies. Le développement actuel des agents conversationnels (programmes qui interprètent et répondent aux utilisateurs), de la robotique molle (« soft robotics »; un domaine fabriquant des robots semblables aux organismes vivants), de l'infonuagique et de la réalité virtuelle (RV) ou augmentée (RA) exposeront de plus en plus les humains à de nouveaux types des partenaires érotiques.

Ces partenaires se manifesteront à travers diverses interfaces telles que nos téléphones portables, ordinateurs, consoles de jeux vidéo et équipements de RV et RA. Ils apparaîtront sous différentes formes et adopteront des comportements insoupçonnés dans des environnements virtuels. Leur manière de penser et d’apprendre sera fondamentalement différente des humains et permettra une nouvelle gamme de relations érotiques entre humains et machines. Cela aura pour effet de redéfinir le sens que nous attribuons au fait de tomber amoureux ou d’avoir des relations sexuelles.

Et cela, en soi, devrait être considéré comme une révolution érotique justifiant de fonder une nouvelle discipline que nous baptisons l’érobotique.

L'étude scientifique de l’interaction humain-érobot

L’érobotique est un domaine de recherche transdisciplinaire émergeant qui explore notre interaction avec les agents érotiques artificiels, ainsi que les technologies qui les produisent. L’érobotique se concentre sur les aspects sociaux, relationnels et agentiels des agents artificiels et le fait que nous les traitons de plus en plus comme des acteurs sociaux à part entière. C’est pourquoi l’érobotique ne se contente pas d’explorer l'utilisation des technologies de pointe en sexualité. Elle étudie les êtres érotiques artificiels qui émergent de ce type de technologies.

L’érobotique vise surtout à développer des méthodes de recherche théorique, empirique et clinique afin d’étudier l’ensemble des phénomènes liés aux interactions humains-érobots, en s’intéressant à des questions telles que: quels types de relations développerons-nous avec les agents artificiels? Comment les érobots affecteront notre esprit et nos comportements érotiques ou influenceront nos relations interhumaines? Quelles réglementations devraient être mises en place concernant les érobots?

Tel que suggéré concernant l'emploi de jouets, poupées et robots sexuels, l’érobotique s’inscrit dans une approche optimiste et positive de la sexualité et de la technologie. Cela signifie que l’érobotique souligne l'importance du plaisir, de la liberté et de la diversité. L'érobotique vise à développer des technologies qui améliorent notre bien-être individuel et collectif.

Elle s'intéresse aussi aux implications éthiques et sociales des érobots: par exemple, qui devrait être autorisé à interagir avec les érobots, quelles formes et quels comportements devraient être permis et comment transformeront-ils nos normes sociales en matière de sexualité et d'intimité?

Futures applications des érobots

Les érobots pourraient être employés en santé, en éducation et en recherche.

Les érobots pourrait être utilisé pour les personnes qui ont du mal à trouver un partenaire, qui préfèrent les agents artificiels ou qui veulent simplement avoir du plaisir. Les érobots pourraient également être utilisés en contextes médicaux ou thérapeutiques afin de traiter les peurs et les anxiétés liées à l'intimité ou même afin d’aider les victimes de traumatismes à retrouver l’autonomie sur leur corps et leur sexualité.

Les érobots pourraient être utilisés à des fins d'exploration dans le but d'aider les gens à découvrir leurs préférences érotiques. Ils pourraient également être développés de manière à fournir une éducation sexuelle interactive, innovante et validée pas des experts, cela afin d’enseigner le respect, le consentement, la diversité et la mutualité.

Finalement, les érobots pourraient être utilisés comme des outils de recherche standardisés afin d’aider les chercheurs à surmonter certains défis éthiques et méthodologiques liés aux programmes de recherche sensibles (p.ex., en sexualité humaine). Ils pourraient servir à la fois de stimuli et d’outils d’analyse dans les protocoles expérimentaux et réduire les risques associés aux interactions érotiques entre humains.

Un futur collaboratif et transdisciplinaire

Ultimement, afin de maximiser le potentiel des érobots, nous devons établir des collaborations transdisciplinaires pour faire face aux réalités complexes soulevées par l’érobotique. Cela signifie qu'il faut mettre en commun les contributions de l’ensemble des disciplines - de l'ingénierie aux sciences sociales et humaines - ainsi que former des ponts entre le monde académique et le secteur privé.

La collaboration est la clé pour développer une érobotique qui contribuera à notre bien-être individuel et collectif.

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Ce texte est d'abord paru sur le site franco-canadien de The Conversation. Reproduite avec permission.

Techno

Facebook: le régulateur américain en faveur d’une amende de 5 milliards $

WASHINGTON — L’autorité fédérale de régulation américaine a voté en faveur d’une amende de 5 milliards de dollars pour mettre fin dans le cadre d’un accord à l’amiable aux poursuites contre Facebook et ses manquements en matière de données personnelles, croit savoir vendredi le Wall Street Journal.

Les commissaires de l’agence de régulation fédérale, la FTC, ont voté à 3 voix contre 2 en faveur de cette amende, indique le quotidien, citant une source proche du dossier.

Les républicains qui siègent à la Commission sont favorables à l’accord, qui doit encore recevoir l’aval du ministère de la Justice. Les commissaires démocrates ont voté contre.

En général, le ministère de la Justice suit les recommandations du régulateur.

L’accord à l’amiable devrait comporter des clauses imposant des restrictions au premier réseau social du monde sur la façon dont il utilise les données personnelles. Celles-ci représentent son bien le plus précieux dont il tire ses immenses revenus publicitaires.

Facebook s’attendait à une amende de cet ordre et avait annoncé fin avril avoir fait des provisions financières de 3 milliards $. Le groupe avait précisé qu’il s’attendait à devoir payer jusqu’à 5 milliards $.

Même amputé de ces trois milliards de dollars provisionnés, le bénéfice net de Facebook s’était encore affiché à 2,43 milliards $ au premier trimestre.

L’agence de régulation enquêtait pour savoir si Facebook n’avait pas enfreint un accord à l’amiable datant de 2011, selon lequel le réseau social s’engageait au respect des données personnelles et à la transparence quant à leur utilisation.

Le régulateur avait ouvert des enquêtes après l’éclatement en mars 2018 du scandale des fuites de données vers la firme britannique Cambridge Analytica.

Le groupe est depuis plus de deux ans aux prises avec des controverses à répétition, allant de sa manipulation à des fins politiques à la gestion des données de ses utilisateurs.

Élus ou régulateurs tirent à boulets rouges sur le groupe qui fait l’objet de poursuites et d’enquêtes tous azimuts dans plusieurs pays, outre les États-Unis.

Techno

Google admet écouter des enregistrements issus de son assistant vocal

PARIS — Google a reconnu jeudi que ses employés ont accès aux enregistrements de l’Assistant Google, après des révélations du média belge VRT, admettant également qu’il peut enregistrer par erreur sans avoir été volontairement activé par les utilisateurs.

L’entreprise explique que des spécialistes du langage écoutent les enregistrements d’utilisateurs de l’assistant vocal afin d’améliorer sa compréhension des différentes langues et des accents. Un travail «nécessaire à la création de produits comme l’Assistant Google», a-t-elle noté.

Le média belge VRT a indiqué avoir pu écouter plus d’un millier d’enregistrements issus d’appareils situés en Belgique ou aux Pays-Bas, dont 153 captés accidentellement.

Parmi ceux-ci, des utilisateurs discutant de leur vie amoureuse ou de leurs enfants, et fournissant des informations personnelles comme leur adresse.

Google affirme que ses équipes enquêtent sur la fuite de données audio de la part d’un employé qui n’a «pas respecté leur politique de sécurité des données». «Nous procédons à un examen complet de nos dispositifs de sécurité afin d’éviter que cela se reproduise», promet l’entreprise.

Elle indique que ses employés n’ont accès qu’à 0,2 % des enregistrements et que ces derniers ne sont «pas associés aux comptes des utilisateurs».

Normalement, l’Assistant Google ne s’active que lorsque l’utilisateur l’interpelle, en appuyant sur un bouton ou en disant «Hé Google».

L’entreprise admet qu’il peut enregistrer par erreur, quand le logiciel interprète «du bruit ou des mots en arrière-plan» comme étant le mot-clé.

Elle rappelle que les utilisateurs peuvent modifier leurs paramètres pour désactiver le stockage des données audio sur leur compte Google, ou les supprimer automatiquement tous les 3 ou 18 mois.

Avant Google, Amazon avait déjà été critiquée après des révélations sur des employés chargés d’écouter des conversations privées pour, selon l’entreprise, améliorer le système.

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Jouer au golf dans sa cour

Tout amateur de golf a probablement déjà rêvé de pouvoir pratiquer son coup roulé dans sa cour arrière, à quelques pas de sa porte d’entrée. Grâce à l’entreprise Élément vert de Québec, un citoyen de Chicoutimi a récemment vu son rêve devenir réalité avec l’aménagement d’un vert de pratique synthétique, réunissant le meilleur des mondes. Adieu l’entretien quotidien du gazon naturel et bonjour les heures de plaisir.

Le résidant de Saguenay a accepté d’accueillir le journaliste et la photographe du Quotidien pour découvrir cette nouvelle installation, mais pour conserver une certaine vie privée, il a préféré ne pas être identifié. Nous pouvons néanmoins mentionner que le passionné a déboursé 30 000 $ pour se doter d’un vert de golf synthétique.

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Le designer de l'iPhone quitte Apple pour fonder son propre cabinet créatif

iPhone, iMac, iPod... Apple doit presque tous ses succès commerciaux depuis plus de vingt ans à la créativité de sa star, le Britannique Jony Ive, qui a décidé de quitter la marque à la pomme pour fonder son propre cabinet de création.

Le cordon n'est cependant pas coupé : Jonathan Ive, 52 ans, devenu l'un des designers industriels les plus célèbres au monde, continuera à travailler pour le géant technologique via sa nouvelle entreprise, baptisée LoveFrom, qui devrait voir le jour en 2020.

« Jony est une figure singulière dans le monde du design et son rôle dans la renaissance d'Apple est gigantesque, depuis le révolutionnaire iMac en 1998 à l'iPhone » en 2007 ou encore le nouveau siège du groupe en Californie, l'Apple Park, a dit le patron d'Apple Tim Cook, dans un communiqué, à propos de Sir Jonathan, anobli par la reine d'Angleterre il y a quelques années.

Il doit quitter officiellement son poste de chef design d'Apple dans le courant de l'année.

Son départ coïncide avec un moment-clé de l'histoire d'Apple, qui cherche un nouveau souffle dans les services au moment où les ventes d'iPhone patinent.

M. Ive, connu pour ses tenues décontractées, est sans nul doute l'artisan du succès commercial des produits d'Apple, réputés pour leur design soigné, épuré voire minimaliste, comme l'affectionnait le mythique patron-fondateur Steve Jobs.  

Décédé en 2011, Steve Jobs voulait que les produits électroniques soient faciles à utiliser et esthétiquement attrayants, y compris à l'intérieur des appareils, là où le client ne mettrait pourtant jamais un oeil. C'est le duo Jobs-Ive qui a scellé le style esthétique Apple, qui deviendra marque de fabrique et atout marketing majeur.

« Irremplaçable »

« Si j'avais un partenaire spirituel chez Apple, ce serait Jony. Jony et moi imaginons la plupart des produits ensemble,  puis on fait venir les autres en disant "Alors, qu'est-ce que vous en pensez », dit un jour de lui Steve Jobs, selon la biographie référence de ce dernier écrite par Walter Isaacson (2011).

Après la traversée du désert connue par Apple dans les années 1990, le Britannique est celui qui a su mettre en musique les exigences nées de l'imagination féconde de l'ingérable Steve Jobs, en concevant notamment l'iMac. Cet ordinateur de bureau à la coque arrondie, colorée et translucide, signera le début de la renaissance du groupe avant d'autres produits à succès, comme l'iPhone.

Né à Londres en 1967, Jonathan Ive est aussi derrière le lecteur mp3 iPod, l'ordinateur portable ultra fin MacBook Air ou encore la tablette iPad... Mais il a aussi dessiné « l'intérieur » des iPhone : le design du système d'exploitation mobile iOS.

Au début des années 1990, oeuvrant dans le cabinet de design Tangerine, celui qui pensait avoir « de vrais problèmes avec les ordinateurs » tant il les trouvait difficiles à apprivoiser, fut approché par Apple qui cherchait un consultant en design, selon son récit sur le site du Design Museum de Londres.

« Après presque trente ans et d'innombrables projets, je suis particulièrement fier du travail accompli pour créer une équipe de design [...] qui est sans équivalent », a écrit Jony Ive jeudi dans le communiqué d'Apple.

Preuve de sa place incontournable dans l'ADN d'Apple, son départ surprise a été fraichement accueilli par les marchés. Vers 19 h HE, le titre perdait encore 0,75 % dans les échanges électroniques post-clôture.

Son départ « crée un vide » au sein de l'entreprise car « il est clairement irremplaçable et a été l'une des personnes les plus importantes d'Apple ces dernières décennies », confirme l'analyste Daniel Ives, du cabinet Wedbush, tout en notant que la collaboration future entre le cabinet LoveFrom et Apple atténuait le coup pour le groupe.

De fait, M. Ive ne sera pas remplacé au poste de « Chief design officer », ce sont deux responsables actuels du design qui seront aux manettes en interne après son départ.

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Instagram n’espionne pas ses utilisateurs, assure son patron

NEW YORK — Instagram, la populaire application de partage d’images, ne surveille pas les conversations privées de ses utilisateurs pour leur adresser ensuite des publicités ciblées, a affirmé son patron Adam Mosseri dans une interview à CBS diffusée mardi.

«Nous ne regardons pas vos messages, nous n’écoutons pas dans votre microphone, le faire serait extrêmement problématique pour plein de raisons différentes», y affirme-t-il. «Mais j’ai conscience que vous aurez du mal à me croire», ajoute-t-il.

Le patron d’Instagram, filiale de Facebook, était interrogé sur le fait que des publicités sur des produits évoqués lors de conversations privées pouvaient apparaître par la suite sur le fil des utilisateurs en question.

«Il y a deux façons selon lesquelles cela peut arriver», répond M. Mosseri.

«L’une est tout simplement le hasard. L’autre est que vous avez peut-être évoqué un sujet qui vous est venu à l’esprit parce que vous avez interagi avec ce genre de contenus récemment», détaille-t-il.

«Admettons que vous vous intéressiez à la nourriture et aux restaurants. Vous avez vu un restaurant sur Facebook ou Instagram qui vous a plu. Ça vous est resté à l’esprit, peut-être à un niveau subconscient, et ça ressort plus tard», avance M. Mosseri.

La question de la confidentialité des données des utilisateurs de réseaux sociaux est un sujet particulièrement sensible pour la maison mère d’Instagram, Facebook, depuis le scandale planétaire en 2018 des informations d’usagers récupérées par la firme Cambridge Analytica.

M. Mosseri a aussi évoqué lors de cette entrevue le sujet des vidéos au trucage hyper réaliste qui permettent par exemple de faire dire à des personnalités des propos qu’elles n’ont jamais tenus, les «deepfake».

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Beenox: nouveau départ pour le jeu Crash Team Racing Nitro-Fueled

Amateur de jeu vidéo ou nostalgique des années 90 seront ravis: le populaire jeu vidéo Crash Team Racing Nitro-Fueled est complètement «remastérisé». Près de 130 «fans» l’ont essayé en grande primeur tout en faisant de la course de kart. Un lancement ludique et réussi à Québec, signé Beenox.

Il est 9h30. Un autobus jaune attend devant le studio Beenox. Une vingtaine de jeunes, vêtus de t-shirt à l’effigie de leurs jeux vidéo préférés y embarquent. Direction : le KCR Karting Château-Richer pour le lancement du jeu vidéo Crash Team Racing Nitro-Fueled (CTR). Au programme : jouer au jeu et faire du kart.

À leur arrivée, ils reçoivent une cocarde verte, inscrite «fan». Plus de 100 jeunes dans la vingtaine, dont le trois quart sont des étudiants dans le domaine des jeux vidéo, ont les yeux rivés sur les consoles. Ils meurent d’envie d’essayer la nouvelle version de ce jeu de course. Impatients, ils regardent la partie très intense entre les six joueurs. Le plaisir est au rendez-vous.

Pour Frédérick Sundström qui étudie en conception de jeux vidéo au Cégep Limoilou, participer à cet évènement est un grand privilège. «C’est incroyable d’assister à un lancement et de vivre ça avec les créateurs du jeu», explique-t-il. Même constat pour son collègue Jonathan Lacasse qui lui aussi souhaite travailler dans le domaine. «C’est une immersion totale. Le lancement est trippant et en plus on peut poser des questions aux gens de Beenox», indique-t-il, en attendant son tour pour jouer. La table où se trouve les consoles est sur une terrasse avec vue sur la piste de go kart. Assis dans leurs grosses chaises de «gamer», les joueurs sont complètement hypnotisés par leur partie. Ceux qui attendent en file aussi. Ils commentent les bons et les moins bons coups des joueurs.

Un brin de nostalgie

«J’étais tombé en amour avec ce jeu quand il était sorti», explique le directeur créatif et codirecteur du studio Beenox, Thomas Wilson. En «remastarisant» ce jeu, il était extrêmement important d’être à la hauteur des attentes de la communauté, croit le directeur artistique de Beenox, Jason Godbout. «Notre mission était de prendre un jeu qui fonctionnait vraiment bien il y a 20 ans, mais le rendre encore plus extraordinaire», souligne-t-il.

Maxime Lévesque, un «fan» du jeu depuis longtemps, a entendu parler de cet évènement par le biais des réseaux sociaux. «J’ai su que le lancement allait arriver à cause des rumeurs sur le Web. Je me suis tenu au courant sur les réseaux sociaux, et j’ai gagné un concours sur la page Facebook», confie-t-il. Il trouve la nouvelle version extrêmement plaisante. «Je suis un grand fan du classique, j’ai toujours joué à ce jeu», indique-t-il. Le nouvel esthétisme et les nouvelles fonctions sont grandement appréciés des joueurs. «C’est beaucoup plus beau, et on a ajouté des fonctionnalités. On peut faire des courses en ligne, on peut personnaliser son kart et les personnages. On va aussi sortir du contenu additionnel après la sortie du jeu», explique Thomas Wilson.

Du virtuel au terrain

Pour plusieurs, l’idée de faire un lancement de jeu vidéo de course dans un karting est une idée de génie. «Je n’ai jamais vu un lancement aussi investi et aussi proche du jeu, c’est un concept super intéressant», confie l’étudiant en conception de jeux vidéo au Cégep Limoilou Jérémie Lemelin. Pour les organisateurs, il allait de soi de faire cet évènement sur une piste de karting. «C’était évident qu’il fallait inviter des fans à venir essayer le jeu en primeur et qu’ils aient l’occasion de faire la course dans le vrai monde», souligne Thomas Wilson.

Vers 13h, les organisateurs annoncent la partie ultime virtuelle. Les trois fans qui ont eu le meilleur score contre trois développeurs du jeu vidéo. Une foule se rassemble autour d’eux. Armés de leurs consoles, la partie débute. Au premier tour, ce sont les développeurs qui gagnent. Puis au second, l’équipe des fans. Le directeur créatif, Thomas Wilson, commente le match. La tension est palpable. Puis, l’équipe des développeurs l’emporte. L’un des trois fans, Thomas Sassano essoufflé par cette partie est tout de même heureux d’avoir participé à ce défi. «J’adore la refonte de tous les circuits, et au niveau contrôle, on retrouve bien l’ancien sentiment. Il y a quelques différences, mais mineures. Et j’adore le fait qu’ils ont rajouté du contenu», explique cet étudiant à la maîtrise en jeux vidéo à l’Université du Québec à Chicoutimi. Ravis d’avoir passé la matinée à jouer et à conduire un kart, les fans sont reconnaissants d’avoir pu discuter avec les concepteurs du jeu qu’ils ont découvert avec fébrilité. 

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Optel: la traçabilité au bout des doigts [VIDÉO]

En savourant votre barre de chocolat préférée, trois questions peuvent traverser votre esprit : «D’où vient-elle? Contient-elle de l’huile de palme? Nuit-elle à la planète?» Il est maintenant possible de le savoir grâce à un robot sur l’application mobile Messenger qui détaille la traçabilité du produit, une invention du groupe Optel pour permettre au consommateur de faire des choix éclairés.

«Avec une barre de chocolat, on va pouvoir retracer le sucre et le cacao», explique le vice-­président de l’ingénierie et technologie d’Optel, Florent Bouguin. Il démarre l’application Messenger, ouvre l’onglet du robot, puis prend une photo du code-barre inscrit sur l’emballage du chocolat. 

«Le robot s’appelle Concierge. C’est un genre de détective qui utilise des algorithmes. Il va aller chercher les données du produit», continue-t-il. Le robot à l’allure excentrique scanne le tout. Différentes surfaces s’affichent, allant d’ingrédients, aux conséquences environnementales de l’huile de palme et aux conditions de travail des fabricants du produit. Selon Florent Bouguin, les entreprises qui font affaire avec Optel vont promouvoir la transparence de leur chaîne de production. «Cela permet aux entreprises d’avoir une valeur ajoutée à leur produit», détaille-t-il. La traçabilité des produits peut aussi créer une pression sur le marché. 

Un chef de file

«Plus il y a des compagnies qui sont transparentes, plus elles subiront une pression pour l’être aussi, souligne M. Bouguin. Un consommateur qui a le choix entre une barre de chocolat qui a toutes les informations et une autre qui n’a aucune information va préférer la première. On veut être un modèle de capitalisme responsable.»

«La traçabilité est le suivi des matières premières jusqu’à la consommation et le recyclage», explique le chef de la stratégie mines et environnement d’Optel, Ken Fallu. Depuis 30 ans, le groupe Optel est un chef de file dans la traçabilité de la santé, de l’alimentation et des ressources naturelles. 

«Aujourd’hui on trace le cobalt et l’or dans les mines, l’huile de palme et les médicaments. Au niveau consommateur, on la traçabilité des cafés, du whisky et des cartouches d’encre», détaille Ken Fallu. 

Que ce soit par un numéro de série unique sur les produits ou par le biais d’applications mobiles, Optel développe des outils pour s’assurer que la chaîne d’approvisionnement soit transparente. «Dans les mines au Congo, on trace des sacs qui partent de la montagne, et on n’utilise pas de téléphone mobile, car il n’y a pas Internet. On s’adapte en fonction du marché. On utilise plutôt de petits scanneurs avec des feuilles laminées pour collecter l’information», souligne M. Fallu.

Les sols contaminés 

Pour contrer les déversements illégaux de sols contaminés au Québec, le groupe Optel a développé Geotrace, une application mobile qui permet de retracer les matières premières. «On apporte une solution simple et efficace qui fait le suivi de l’excavation à la réception des sols contaminés», indique Ken Fallu. Le gestionnaire de projet inscrit les informations des sols contaminés dans son application, puis fait une authentification par photo. Lors de la réception des sols contaminés au site de traitement, le chauffeur prend une autre photo pour s’identifier. «Le poids exact du chargement sera alors ajouté avec une authentification photo, via l’application mobile GeoTrace, ce qui vient compléter la séquence de traçabilité pour ce chargement», peut-on lire sur le site Web de Optel.

Avec plus de 700 employés dans le monde, dont 500 à Québec, l’entreprise québécoise Optel est un leader en traçabilité.

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Beau temps pour le jeu vidéo à Québec

S’achevait le 13 juin, au Los Angeles Convention Center de Los Angeles, le 25e Electronic Entertainment Expo 2019 (E3). Et la ville de Québec y était largement représentée. La Capitale-­Nationale semble désormais appartenir aux ligues majeures du jeu vidéo.

E3, c’est le plus gros rassemblement de développeurs en Amérique du Nord. On y annonce de nouvelles productions, l’extension d’un programme à télécharger, on y fait la démonstration d’un opus à paraitre : les yeux de l’industrie et de la presse internationale sont rivés sur la convention. Si quelque 66 000 personnes étaient sur place, ce sont des millions qui y assistaient en ligne.

L’événement initié par l’Entertainment Software Association en 1995 se déploie au printemps. «Le E3 était traditionnellement un événement créé pour présenter les jeux qui allaient sortir pour la période des Fêtes, entre Thanksgiving et Noël», explique François Taddei, concepteur en chef de Beenox. Les détaillants devaient alors prévoir l’espace nécessaire sur les étagères pour la réception de la cargaison de jeux et consoles. La fin du printemps était ainsi le moment idéal pour l’industrie. 

L’intermédiaire de la boîte tend toutefois à disparaitre à l’ère de la dématérialisation de l’industrie du jeu vidéo. «Il y cinq ans à peine, 90 % de nos ventes étaient en matériel physique», rappelle Marc-Alexis Côté, producteur senior chez Ubisoft à Québec. Aujourd’hui, ce sont plus de 50 % qui s’écoulent en format numérique. 

Beenox: «Crash team racing nitro-fueled»

À l’orée des vacances d’été, certains tenteront d’introduire une nouvelle génération de joueurs. C’est entre autres le cas du Crash Team Racing : Nitro-Fueled de Beenox, qui sera lancé aujourd’hui au KCR Karting de Château-Richer, mais officiellement sur le marché le 21 juin prochain. «Remaster» de Crash Team Racing paru en 1999 sur PlayStation, il était le premier rival de l’icône de Nintendo, Mario Kart. «Le moment du lancement est propre à chacun, soutient François Taddei. Notre jeu cible les nostalgiques, qui sont souvent rendus avec des enfants.» 

«Depuis une dizaine d’années, on carbure beaucoup à la nostalgie, précise M. Taddei. On a décortiqué les intentions du jeu pour ensuite se l’approprier. Les mécaniques sont les mêmes qu’à l’époque, mais on l’a poussé beaucoup plus loin.»

Un prix de la presse a d’ailleurs été remis au petit nouveau de Beenox lors du E3. Dans la foulée de la convention, le studio a annoncé qu’il prendra part au développement de la version PC de Call of Duty : Modern Warfare avec Infinity Ward.

Gearbox: un DLC pour «Borderlands 2»

Bien que l’événement ne soit plus exclusif à l’industrie depuis 2015, l’E3 serait plus marketing que certaines conventions davantage orientées vers le consommateur comme le Gamescom de Cologne, selon Sébastien Caisse, co-chef de studio chez Gearbox. «Les développeurs parlent aux gens qui vont vendre les jeux. C’est le point de vue des artisans qui est mis de l’avant.»

En attendant le troisième opus de Borderlands 3, prévu le 13 septembre, le studio de Québec a surpris l’industrie au E3 avec la sortie du DLC (extension) Bordelands 2 : Commander Lilith and the fight for Sanctuary. Il s’agit du premier titre entièrement développé par le studio québécois de Gearbox, qui compte quelque 130 employés. 

«C’est le prélude narratif de Borderlands 3 pour clore le deuxième opus lancé il y a sept ans», explique Maxime Babin, directeur du titre et du nouveau DLC. L’extension est revenue du E3 décorée d’une panoplie de mentions. «Malgré les 100 postes disponibles pour tester le jeu, ajoute Fred Rambaud, directeur artistique de Borderlands 3 et du DLC Commander Lilith & the fight for Sanctuary, la file attente ne cessait de s’allonger.»

Ubisoft: «Gods & Monsters»

En clôture de la conférence d’Ubisoft à l’E3, le studio de Québec a surpris l’assistance. Il sera maître d’œuvre d’un nouveau jeu créé, pensé et développé ici : Gods & Monsters. Un jeu de calibre «AAA», comparable à une «production hollywoodienne», selon Marc-Alexis Côté et Jonathan Dumont, respectivement producteur senior et directeur créatif du titre.