Techno

Samsung reporte le lancement de son téléphone pliable

SAN FRANCISCO — Samsung a repoussé le lancement public prévu de son très attendu téléphone pliable, cette semaine, après que des critiques ont indiqué que les appareils qui leur avaient été remis s’étaient brisés.

La société avait prévu de lancer le Galaxy Fold vendredi. Au lieu de cela, il dit qu’il va exécuter plus de tests sur le téléphone et annoncer une nouvelle date de lancement dans les prochaines semaines.

Plusieurs journalistes ont signalé des problèmes avec le téléphone, la semaine dernière, alors qu’ils le testaient. Certains ont dit que les écrans intérieurs du téléphone avaient cessé de fonctionner. D’autres ont retiré une couche de plastique extérieure censée rester en place et protégeant l’écran des égratignures.

Samsung affirme qu’il pourrait y avoir des problèmes lorsque des pressions sont exercées sur les charnières qui ouvrent et ferment le téléphone. Le fabricant a l’intention de trouver des moyens de mieux protéger les écrans.

Le Galaxy Fold est vendu au prix de 2000 $ US.

Techno

Fini le papier pour les physiothérapeutes! Hexfit lance une application

EXCLUSIF / Après les kinésiologues et les nutritionnistes, Hexfit lancera, jeudi, une nouvelle application pour les physiothérapeutes avec des centaines d’exercices et un suivi personnalisé des patients.

Fini les papiers et les dessins pas toujours compréhensibles. Les patients des physiothérapeutes pourront exécuter leurs exercices en toute quiétude grâce à l’application d’Hexfit — disponible sur les cellulaires, les tablettes, et les ordinateurs — et à la présentation animée des exercices. 

La jeune entreprise de Québec a signé des partenariats avec l’Association québécoise de la physiothérapie et Physiopédia pour une créer les exercices, intégrer des données médicales explicatives, et de nombreux filtres.

«L’Association a eu son mot à dire pour la création du logiciel. Nous, on est des développeurs, on avait besoin de leurs connaissances et de leurs besoins pour créer un outil complet», a expliqué le pdg d’Hexfit, Étienne Dubois. «Les physiothérapeutes souhaitaient entre autres pouvoir utiliser leur téléphone. Il n’y a personne qui faisait ça. Ils sont toujours sur leur ordinateur où l’interface est vraiment vieille. C’était quelque chose d’important pour eux», a-t-il poursuivi. 

Hexfit s’était fait connaitre en 2015 avec le lancement d’une application destinée aux kinésiologues et à leurs clients. S’en est suivi peu de temps après une seconde application pour les nutritionnistes. Il aura fallu six mois de travail à l’équipe d’Hexfit pour ajouter la physiothérapie. Ils en ont profité pour optimiser le logiciel. 

«Concernant les filtres, le concept existait déjà avec les kinésiologues. Toutefois, la méthode de recherche d’un kinésiologue et d’un physiothérapeute est vraiment différente. C’est pourquoi nous avons complètement repensé les filtres, les mots clés, les grandes catégories», a-t-il indiqué. L’entreprise a par le fait même ajouté des exercices et modifié le créateur de plan d’exercices pour combler la différence.

Centraliser le dossier du patient

Les professionnels de ces trois corps de métier ont accès à l’ensemble des données des patients, ce qui permet un travail en équipe pour de meilleurs résultats. «Notre objectif est de centraliser le dossier entre les divers professionnels. Si vous voulez par exemple gagner de la masse et que vous voyez un kinésiologue et un nutritionniste, vous pouvez centraliser le dossier. Les deux professionnels vont pouvoir communiquer ensemble et le nutritionniste avec le module de nutrition va pouvoir faire des plans nutritionnels et le kinésiologue des programmes d’exercices», a fait valoir Étienne Dubois. 

«Le dossier appartient aussi au patient. Lorsqu’il change de professionnel, celui-ci a accès à son historique, pas besoin de tout réexpliquer.»

Plus de 3500 kinésiologues et nutritionnistes utilisent Hexfit. L’entreprise s’est également alliée avec plusieurs centres sportifs comme Nautilus Plus et l’Institut national du sport ainsi que des écoles et des équipes nationales canadiennes. On retrouve plus de 8000 exercices sur l’application et de nombreux plans alimentaires. 

L’application est disponible dans 21 pays et cinq millions d’exercices sont utilisés chaque mois.

Prochaine étape pour Hexfit, créer des applications pour les chiropraticiens, les massothérapeutes, et les ostéopathes.

Techno

Ubisoft offre la version numérique de Notre-Dame d’«Assassin’s Creed» en guise de réconfort

Alors que la cathédrale Notre-Dame de Paris, ravagée par les flammes, se prépare à des années de reconstruction, un jeu vidéo conçu à Montréal peut apporter un peu de réconfort virtuel à ceux qui souhaiteraient revisiter l’église, de sa flèche à ses tours, en passant par sa voûte caverneuse.

Les artistes et les historiens responsables du jeu Assassin’s Creed Unity, paru en 2014, ont passé 14 mois à parcourir des photos, des vidéos et des plans architecturaux afin de recréer un modèle numérique si réaliste que certains se sont demandé s’il pourrait aider à la reconstruction de la cathédrale du XIIsiècle.

L’historien Maxime Durand, de l’éditeur de jeux Ubisoft, doute que les plans numériques de la société soient nécessaires à ces efforts, mais il espère que le jeu puisse malgré tout contribuer à la rénovation, si ce n’est qu’en rappelant aux gens la beauté de la structure.

«Je crois que les architectes n’auront pas besoin de nos plans numériques pour reconstruire la cathédrale», a-t-il affirmé lors d’une entrevue téléphonique.

«Ceci dit, si la reconstruction que nous avons faite pour le jeu peut servir à enthousiasmer les gens pour sa reconstruction, si elle peut permettre à une personne de la visiter [virtuellement] en attendant de pouvoir y aller un jour [...] ce serait déjà notre contribution.»

M. Durand souligne que ce ne serait pas la première fois que l’art contribuerait à la rénovation de Notre-Dame.

Le roman de Victor Hugo Notre-Dame de Paris paru en 1831, a permis de faire mieux connaître la cathédrale gothique, qui était alors négligée depuis un certain temps. Le livre a conduit à un important projet de restauration et à la construction de sa flèche, qui s’est effondrée lundi.

Un demi-million d’euros

Victor Hugo espérait que son roman «enthousiasmerait les gens à propos du monument, ce qui a notamment contribué à revitaliser le monument, à le rénover de la façon dont nous le voyons de nos jours», explique M. Durand.

Ubisoft n’a pas précisé si elle avait proposé ses plans numériques pour faciliter les efforts de reconstruction. Mais mercredi, le concepteur français de jeux vidéo a annoncé qu’il ferait don de 500 000 euros, soit un peu plus de 750 000 $, pour la reconstruction et qu’il permettrait aux gens de télécharger gratuitement la version pour ordinateur de son jeu Unity pendant une semaine.

«Les jeux vidéo peuvent nous permettre d’explorer des lieux d’une manière que nous n’aurions jamais imaginée autrement», a expliqué l’entreprise dans un communiqué. «Nous espérons, avec ce petit geste, offrir à chacun l’occasion d’apprécier notre hommage virtuel à cette pièce monumentale d’architecture.»

La cathédrale est la pièce maîtresse du jeu qui se déroule pendant la Révolution française. Elle a été recréée principalement par l’artiste Caroline Miousse, qui a travaillé pendant 14 mois avec une équipe comprenant M. Durand et un artiste en textures.

Ensemble, ils ont étudié des photos, des vidéos et des plans architecturaux modernes et historiques pour créer une version tridimensionnelle de la structure pouvant être examinée sous tous les angles.

M. Durand assure que «l’hommage» du jeu à la cathédrale est grandement fidèle à la réalité, à quelques exceptions près. Par exemple, les artistes ont choisi d’inclure la célèbre flèche de l’église, même si celle-ci n’a été reconstruite que quelques décennies après l’époque où se déroule le jeu.

Actualités

Les jeux vidéo, un véritable sport ?

Les gamers professionnels qui s’entraînent pour participer à des compétitions d’e-sports « vont parcourir, avec leur main droite [en contrôlant la souris], l’équivalent de cinq à neuf kilomètres sur un tapis roulant en une heure ».

C’est ce que conclut Thierry Karsenti, titulaire de la Chaire de recherche du Canada sur les technologies en éducation à l’Université de Montréal, au terme de deux études scientifiques sur le sport électronique.

Alors que les réactions sont mitigées quant à la reconnaissance des e-sports en tant que sport officiel, M. Karsenti souligne que lorsqu’ils sont pratiqués de façon compétitive, les jeux vidéo peuvent être considérés comme un véritable sport.

« En fin de compte, les cyberathlètes font plus d’efforts physiques qu’un professionnel du tir à l’arc ou même du golf, par exemple, et ces deux activités sont reconnues comme des sports olympiques », indique-t-il.

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Le gaming, une réelle profession

Williams Aubin — également connu sous le pseudonyme Zayt — est un gamer professionnel québécois qui se spécialise dans le populaire jeu vidéo Fortnite. En l’espace de seulement huit mois, le jeune homme originaire de Saint-Donat, dans Lanaudière, a remporté plus de 200 000 $ sur la scène compétitive du e-sport. Le 3 mars dernier, il s’est vu couronné champion d’un tournoi de Fortnite réunissant cent joueurs parmi les meilleurs au monde, à Katowice, en Pologne. Lui et son compatriote américain Ghost SAF ont empoché une somme de 80 000 $. Un beau cadeau pour Zayt au lendemain de son 19e anniversaire.

Techno

Avec les enceintes connectées, des conversations pas si privées

PARIS — «Alexa, quel temps fera-t-il demain à Paris?» La question au programme d'assistance vocal d'Amazon est anodine, mais a-t-on envie pour autant qu'elle tombe dans une oreille humaine? De récentes révélations sur le géant américain soulignent de nouveau l'opacité sur l'utilisation des données personnelles sur internet.

Neuf heures par jour, des équipes d'Amazon basées de Boston au Costa Rica en passant par l'Inde ou la Roumanie écoutent des milliers de fichiers audio captés par Alexa, l'assistant vocal d'Amazon, via les enceintes Echo. C'est ce qu'ont révélé à l'agence Bloomberg deux employés basés à Bucarest.

Ces oreilles humaines ne sont pas mentionnées de manière explicite dans les conditions d'utilisation d'Amazon, qui évoque simplement des enregistrements utilisés pour «améliorer l'expérience».

Plusieurs offres d'emploi «d'analyste de données» basées à Bucarest étaient vendredi en ligne sur la plate-forme «Amazon Jobs».

Une autre, pour un métier de «responsable qualité», toujours en Roumanie, souligne qu'Alexa, qui «écoute chaque jour des milliers de gens parler de différents [...] a besoin de notre aide pour donner du sens» à ces enregistrements.

«Nous n'annotons qu'un nombre extrêmement faible d'interactions provenant d'un ensemble aléatoire de clients afin d'améliorer l'expérience de nos clients», a réagi Amazon dans une déclaration transmise à l'AFP.

«Les employés n'ont pas d'accès direct à des informations qui leur permettraient d'identifier une personne ou un compte», assure la société.

En Europe, un règlement contraignant de protection des données, en vigueur depuis mai, est censé limiter la quantité de données transmises et donne notamment la possibilité aux utilisateurs de demander à les récupérer et les effacer.

Chez Google et Apple, qui selon Bloomberg ont également recours à des oreilles humaines, des processus d'identifiants aléatoires doivent permettre en principe qu'aucune information personnelle ne soit transmise dans les enregistrements.

Amazon propose d'effacer les enregistrements, mais ne mentionne pas la possibilité d'interrompre la transmission des enregistrements.

«Les conditions générales d'utilisation sont écrites par des armées de juristes, elles ont pour but de protéger l'entreprise juridiquement, pas d'informer le consommateur», met en garde Caroline Lancelot-Miltgen, enseignante et chercheuse à Audencia, spécialiste des questions de données personnelles.

«C'est aux consommateurs de dire stop. Mais ils voient les bénéfices immédiats de ces objets sans avoir conscience des risques», pointe-t-elle.

De rares alternatives 

Avoir une enceinte connectée serait donc comme placer un micro chez soi. Doit-on donc peser chaque mot prononcé en présence d'un assistant vocal?

En principe, non. Les objets connectés sont configurés pour se mettre en marche - et enregistrer - uniquement lorsqu'on les interpelle.

Mais l'assistant vocal peut confondre certains sons avec le mot-clé censé l'activer.

Selon l'enquête de Bloomberg, qui donne l'exemple d'une femme chantant sous la douche ou d'un enfant qui pleure, ces enregistrements involontaires ne sont pas rares. Mais deux personnes interrogées disent aussi avoir intercepté des sons pouvant indiquer une agression sexuelle.

«La voix est une donnée biométrique. Le vrai danger c'est l'usurpation d'identité à travers la copie de l'empreinte vocale. Ce n'est pas de la science-fiction!», met en garde Rand Hindi, membre du Conseil national du numérique. Mais aussi fondateur de Snips, une start-up qui propose des assistants vocaux fonctionnant sans internet.

Selon lui, le risque de constituer «une base de données de voix correspondant à tous les utilisateurs d'Amazon facile à croiser avec une autre base de données externe» est un danger bien réel.

Qui dit polémique, dit aussi marché potentiel. De rares alternatives aux assistants vocaux des poids lourds américains, à l'image de Snips, tentent en effet de profiter de la défiance face aux scandales secouant les GAFA (Google, Apple, Facebook, Amazon).

L'Américain Winston Privacy ou le néerlandais Scalys proposent par exemple des boîtiers qui sécurisent et cryptent les communications avec les objets connectés. D'autres comme Smarte ont eux développé un module capable de bloquer les micros d'Amazon Echo.

Des initiatives aux parts de marché encore minces face aux géants: à eux seuls, les assistants vocaux d'Amazon et de Google pèsent toujours plus de 60% du marché mondial, selon le cabinet d'études Canalys.

Techno

L’antenne du futur est arrivée à Québec

Le futur du téléphone intelligent est arrivé discrètement à Québec, planté sur le toit d’un immeuble du parc technologique.

La première antenne 5G de la capitale a été installée sans fanfare, cet hiver, au-dessus d’un immeuble du 1405, boulevard du Parc technologique, qui abrite notamment l’Unité Mixte de Recherche en sciences urbaines et le centre de design de la compagnie Thales.

Techno

Six groupes suprémacistes canadiens exclus de Facebook et d’Instagram

OTTAWA — Six groupes et individus canadiens impliqués dans des organisations faisant la promotion de la «haine organisée» ont été bannis de Facebook par le réseau social. Parmi ceux-ci figure l’ancienne candidate à la mairie de Toronto Faith Goldy.

Facebook a aussi exclu de ses pages le groupuscule suprémaciste Canadian Nationalist Group et son président Kevin Goudreau, l’Aryan Strikeforce, les Wolves of Odin et les Soldiers of Odin.

Après un examen du contenu de leurs pages, Facebook a conclu que les six entités tentaient de promouvoir la haine, comme le proscrit la politique de l’entreprise sur les personnes et organisations dangereuses.

«Les individus et les organisations qui propagent la haine, attaquent ou appellent à l’exclusion d’autres personnes sur la base de leur identité même n’ont aucune place dans nos services», a indiqué Facebook dans un communiqué.

Mme Goldy avait présenté une couverture favorable au rassemblement des suprémacistes de Charlottesville pour le site Rebel Media en 2017. Elle avait été congédiée par l’entreprise pour avoir participé à des balados sur le site Internet d’un groupe néonazi.

En février, elle a été l’une des personnes qui ont prononcé des discours lors du périple d’un convoi de camionneurs protestant contre la taxe sur les émissions de carbone et pour la construction d’oléoducs au Canada. Certains avaient profité de l’occasion pour lancer des messages suprémacistes et dénoncer les immigrants. 

Techno

Snapchat mise sur les jeux, les séries et les partenariats

LOS ANGELES — Jeux vidéo exclusifs et intégrés à sa messagerie, partenariats avec d’autres applications, séries originales ultra-courtes au format téléphone intelligent: Snapchat, réseau social prisé des adolescents, a lancé jeudi de multiples innovations pour tenter de se démarquer de ses concurrents, et enfin gagner de l’argent.

Snapchat est né en 2011 de la volonté de permettre aux amis de se parler «mais l’amitié, c’est plus que les messages qu’on échange. C’est aussi les expériences que l’on partage», d’où l’idée de développer des jeux vidéos multijoueurs pour téléphones intelligents, un marché de 77 milliards de dollars l’an dernier, a expliqué Will Wu, responsable produit chez Snapchat.

«Nous avons voulu créer quelque chose qui rappelle les jeux de société en famille le week-end, qui donne l’impression de jouer à la console avec des amis, manettes à la main», a-t-il ajouté lors d’un «sommet» organisé à Los Angeles par Snapchat pour ses centaines de «partenaires», dont certains ont contribué à développer ces nouveaux jeux vidéo.

Les six jeux lancés jeudi par Snapchat permettent à plusieurs personnes, amies sur la messagerie, de jouer en temps réel tout en échangeant des messages écrits ou vocaux.

Comme «Bitmoji Party», développé en interne par Snap et très inspiré par la «Wii Party» de Nintendo, ils mettent en scène les «bitmoji». Ces petits personnages 3D, censés être à l’image de l’utilisateur, sont l’une des marques de fabrique de Snapchat.

Contrairement à d’autres jeux multijoueurs sur mobile, «Bitmoji Party peut être lancé directement depuis la barre de discussion, ce qui vous permet de jouer avec vos amis instantanément, pas besoin d’installation» depuis une autre application, souligne Will Wu.

Outre «Bitmoji Party», Snapchat propose dans l’immédiat cinq autres jeux, tous multijoueurs.

Les développeurs externes de ces jeux, dont l’offre a vocation à s’étoffer, devraient être financés via de la publicité intégrée.

«Nouvelles façons de créer» 

Pour enrichir son contenu et développer son réseau, Snapchat a également annoncé jeudi des partenariats avec des applications tierces qui auront accès à certaines fonctionnalités.

Par exemple, les montres connectées Fitbit utiliseront les personnages bitmojis de l’utilisateur sur leur écran et un abonné à Netflix pourra directement publier un message sur Snapchat concernant sa série favorite. Quant aux utilisateurs de l’appli de rencontres Tinder, ils pourront prochainement mettre leur «story» Snapchat sur leur profil.

Snapchat va par ailleurs continuer à étoffer son offre de séries exclusives gratuites lancée en octobre dernier. Il s’agit de véritables oeuvres de fiction, avec un début et une fin, mais très rythmées et très courtes (3 à 5 minutes par épisode). Et toutes sont filmées verticalement pour s’adapter à l’écran d’un téléphone intelligent.

«L’écriture sur mobile doit être différente (...) et nécessite de nouvelles façons de créer», insiste Sean Mills, responsable des contenus originaux chez Snapchat, qui note que les adultes américains passeront plus de temps sur leur mobile que devant leur télévision en 2019.

L’écran de ces «Snap originals» peut être ainsi scindé en deux, pour rendre compte simultanément des points de vue différents des deux adolescents de Two Sides, en pleine séparation amoureuse.

Adolescents encore les héros de Can’t talk now («je peux pas te parler maintenant»), soap opéra pour mineurs mettant en scène le quotidien d’élèves de 3e du point de vue de leurs vidéos.

D’autres séries vont explorer en vrac la vie des ventilateurs de baskets (Sneakerheads) ou la question raciale aux États-Unis (While Black).

Le réseau social n’abandonne pas pour autant ce qui a fait son succès, les filtres de réalité augmentée et autres effets visuels comiques (oreilles de lapin, visage du Joker...), avec des fonctionnalités nouvelles comme le suivi de la main ou la reconnaissance des animaux de compagnie.

Des lieux emblématiques, comme la Tour Eiffel et Buckingham Palace, ont aussi été ajoutés pour produire des trucages loufoques.

Snapchat compte près de 190 millions d’abonnés actifs quotidiens (DAU).

L’application est présente chez près de 75% des Américains âgés de 13 à 34 ans, selon le patron de Snapchat, Evan Spiegel.

«Nous touchons plus de 13-24 ans que Facebook ou Instagram aux États-Unis, au Royaume-Uni, en France, au Canada et en Australie», a-t-il affirmé jeudi.

Snapchat n’a jamais dégagé de bénéfice depuis sa création.

Au dernier trimestre 2018, la société californienne a accusé une perte de 192 millions de dollars, pour un chiffre d’affaires de 390 millions.

Techno

Intelligence artificielle: encore du pain sur la planche pour le Canada

MONTRÉAL — À moins d'une semaine d'une conférence sur l'intelligence artificielle (IA) qui se tiendra Montréal, un nouveau rapport suggère que le Canada a encore du pain sur la planche en matière de rétention des cerveaux.

Préparé par l'entreprise québécoise Element AI, le document relève que 38 pour cent des 880 spécialistes ayant obtenu un doctorat au pays travaillent actuellement pour une société étrangère, ce qui est supérieur à la moyenne de 27 pour cent.

À l'inverse, le Canada a accueilli 185 experts en provenance de l'étranger, souligne le «Rapport mondial 2019 sur les talents en IA» qui a été publié cette semaine.

Selon le cofondateur de l'entreprise québécoise ayant vu le jour en 2016 et qui compte désormais 500 employés, Jean-François Gagné, il n'y a pas un exode des cerveaux au Canada malgré la proportion de spécialistes à l'emploi d'une compagnie établie à l'extérieur.

«Il y a encore des efforts à faire, mais nous avons effectué d'importants progrès depuis cinq ans, a-t-il dit au cours d'un entretien téléphonique, jeudi. La preuve, c'est que des compagnies américaines (comme Google et Facebook) ouvrent des laboratoires à Montréal.»

Selon M. Gagné, l'efficacité de la rétention ira en s'améliorant au fur et à mesure que l'on commercialisera des découvertes effectuées au Québec et au Canada.

Ce sont les compagnies établies aux États-Unis qui semblent avoir attiré le plus grand nombre des 880 chercheurs canadiens recensés par Element AI, avec 255, devant le Royaume-Uni, avec 40 personnes.

À l'échelle mondiale, le rapport estime qu'il y avait 36 524 spécialistes de ce secteur au début de 2019, en hausse de 66 pour cent sur un an, alors que le nombre d'articles scientifiques publiés a progressé de 19 pour cent.

D'après le document, le Canada se classe dans le top 5 de l'industrie, derrière les États-Unis, la Chine, le Royaume-Uni et l'Allemagne.

Toutefois, il semble que les universités canadiennes ne forment que quatre pour cent des experts internationaux, contre 44 pour cent pour les Américains et 11 pour cent du côté des Chinois. M. Gagné estime néanmoins que cette performance est notable.

«C'est assez spécial compte tenu du contexte très concurrentiel, a-t-il expliqué. On ne parle pas d'une science qui est marginale, mais qui est au coeur de la stratégie des pays. Que le Canada puisse tirer son épingle du jeu, c'est exceptionnel.»

Le rapport souligne également que les femmes sont sous-représentées car celles-ci ne constituaient que 18 pour cent des chercheurs ayant publié ou contribué à des conférences internationales.

M. Gagné estime que cela démontre qu'il y a un coup de barre à donner pour que tous puissent avoir un «droit de parole» en matière d'intelligence artificielle, «une science appelée à grandement modifier les sociétés».

«Il y a des défis à surmonter en matière d'accessibilité à l'IA dès un jeune âge, a expliqué le dirigeant d'Element AI. Il faut effectuer une promotion de la science en utilisant des véhicules qui représentent les intérêts de tous, dont les femmes.»

La semaine prochaine, le World Summit AI réunira près d'un millier de représentants du secteur de l'IA, dont 60 conférenciers, comme le professeur de l'Université de Montréal et directeur scientifique de l'Institut québécois d'intelligence artificielle Yoshua Bengio.

Des représentants de géants comme Google, Amazon, LinkedIn et Pinterest prendront également part à l'événement.

La semaine dernière, une étude de l'Institut de recherche et d'informations socio-économiques (IRIS) suggérait que rien ne garantissait que les millions de dollars d'argent public injectés par les gouvernements provincial et fédéral allaient générer des retombées qui profiteront à tous.

Selon les calculs des chercheurs, plus de 2,5 milliards $ ont été allongés par Québec et Ottawa depuis 2017.

Techno

Des Québécois aident Alexa à se familiariser avec le français d’ici

MONTRÉAL — Amazon a eu recours à des milliers de Québécois pour aider Alexa, son assistante virtuelle, à comprendre les subtilités du français québécois, de l’accent distinctif, des expressions en joual et du «franglais».

On peut désormais juger des résultats puisque l’option de la langue française québécoise pour Alexa est disponible depuis le 21 mars.

Un de ces testeurs, Hans Laroche, raconte qu’ils ont reçu gratuitement un appareil Echo. On leur a demandé d’interagir fréquemment avec cet appareil en lui posant des questions, en l’assistant pour effectuer des tâches ménagères et en écoutant de la musique, des livres audio ou même les nouvelles. Chaque semaine ou toutes les deux semaines, ils exprimaient leurs commentaires afin d’aider les concepteurs à affiner davantage l’algorithme et ses capacités linguistiques.

M. Laroche, qui gère une page Facebook pour les admirateurs québécois d’Alexa, se dit impressionné par la façon avec laquelle l’appareil a répondu à ses demandes.

«C’est quand même assez surprenant les choses qu’Alexa peut comprendre en canadien-français. La langue française de France était disponible depuis un certain temps, mais pour un Québécois, ce n’est pas tout à fait le même langage qu’on utilise.»

À titre d’exemple, il mentionne la tendance des Québécois à franciser des verbes anglais comme «checker» ou «canceler» au lieu de «vérifier» ou «annuler».

«Si Alexa est en français de France, si je lui dis ‘cancelle le timer’, Alexa ne comprendra pas. Si je suis en canadien-français, alors elle va comprendre ce que je veux dire.»

M. Laroche a noté qu’Amazon avait encore du chemin à faire, car des concurrents tels que Google Assistant ont le français québécois dans leurs paramètres.

Selon le grand patron d’Alexa au Canada, Nicolas Maynard, enseigner à l’assistant virtuel le français a été un défi difficile à relever à cause de la complexité de la langue, de la prévalence des homonymes, des contractions et du vocabulaire qui peut varier d’une région à l’autre.

Il fallait s’assurer que Alexa comprenne bien les commandes formulées par sa clientèle franco-québécoise.

M. Maynard dit que si les Français utilisent autant, voire davantage, de mots anglais que les Québécois, les flexions sont aussi très différentes.

«La prononciation des mots anglais au Québec est beaucoup plus proche de la prononciation anglaise qu’en France, constate-t-il. Si on demande à un Français de nommer une chanson américaine, on entendra clairement l’accent français; si on le demande à un Canadien 1/8français3/8, on obtient une prononciation très proche de l’anglais.»

Si Alexa comprend l’argot local, sa voix a reçu un accent conçu pour être le plus neutre possible tout en restant celui d’un Québécois.

«Je pense que c’est plus ou moins un accent montréalais, mais vous me le direz», juge M. Maynard.

Il a ajouté qu’il était également important de veiller à ce que le service vocal soit doté des connaissances générales de chaque région en permettant de répondre aux questions de base sur la politique et la culture.

En conséquence, Alexa peut réciter le poème «Le Vaisseau d’or» du célèbre auteur québécois Emile Nelligan, et a un répertoire de blagues à raconter à la demande.

Guillaume Dufour, fondateur du groupe de passionnés Alexa Quebec, était également l’un des premiers utilisateurs de la version expérimentale «bêta». Lui aussi s’est dit impressionné par la capacité d’Alexa de comprendre les commandes en plusieurs langues, notamment lorsqu’il demande en français de jouer une chanson en anglais.

M. Dufour dit n’avoir remarqué qu’un seul «petit problème». Il a constaté que certaines des blagues d’Alexa sont racontées avec «une intonation un peu saccadée qui ne suit pas tout à fait le rythme de la langue française». Autre problème: Alexa a parfois tendance à être trop bilingue, communiquant la météo «avec parfois des mots en français et parfois en anglais, mais lus avec un accent francais-canadien».

M. Maynard dit que Alexa n’a pas fini son éducation.

Il refuse de dire le nombre de Québécois qui utilisent Echo ou autres appareils Alexa, mais il soutient que l’algorithme fondé sur l’intelligence artificielle de l’assistant virtuel continuera à absorber de nouvelles données et à affiner ses capacités.

«Le lancement n’est que le début du travail», a-t-il lancé.