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Techno

Un super ordinateur virtuel pour trouver un vaccin au coronavirus

WASHINGTON — Des dizaines de milliers de joueurs, de «mineurs» de bitcoin et d’entreprises participent à un effort sans précédent de mise en commun de ressources informatiques, pour accélérer la recherche de traitements contre le nouveau coronavirus.

«C’est un remède fantastique contre la sensation d’impuissance qu’on a en ce moment», s’enthousiasme Pedro Valadas, un avocat au Portugal qui coordonne l’un des plus gros contributeurs, une communauté en ligne de 24 000 fans de PC et de jeux vidéo.

Le projet «Folding@Home», mené par des biologistes informatiques, relie des milliers de machines entre elles pour créer un super ordinateur virtuel.

C’est censé être l’ordinateur le plus puissant au monde, capable d’effectuer des trillions de calculs chaque seconde, qui doivent permettre comprendre la structure du virus.

Plus de 400 000 personnes ont déjà téléchargé l’application de partage de données et de ressources informatiques ces dernières semaines, d’après Greg Bowman, professeur de biochimie et de biophysique moléculaire à la Washington University de Saint-Louis, où le projet est centralisé.

«Beaucoup d’entre nous ont souffert ou vu des proches souffrir. Le fait que n’importe qui depuis chez soi, avec son ordinateur, puisse jouer un rôle pour aider à la lutte la maladie, pour bien commun, c’est vraiment motivant», commente Pedro Valadas

Choloroquine

Le projet est né à l’université de Stanford, dans la Silicon Valley, il y a 20 ans. Il s’agissait de mettre en commun des capacités de calcul informatique pour mener des simulations à grande échelle sur les maladies, et notamment sur le processus de «repliement des protéines», qui joue un rôle dans la mortalité de certains pathogènes.

«Les simulations nous permettent d’observer comment chaque atome évolue», explique Greg Bowman.

Les chercheurs veulent trouver des sortes de «poches» dans le virus, où des molécules thérapeutiques peuvent s’insérer, pour le désarmer.

Greg Bowman a confiance dans cette méthode de conception de médicaments via l’informatique, car elle a déjà permis de trouver une cible dans le virus Ebola, et parce que le Covid-19 a une structure similaire au virus du SRAS, qui a fait l’objet de nombreuses études.

«Si nous trouvons qu’une molécule déjà existante peut se loger dans une de ces “poches” […], nous pourrons aussitôt l’utiliser» pour concevoir un traitement, explique-t-il.

Parmi les molécules existantes envisagées, il cite la chloroquine, traitement contre le paludisme potentiellement efficace dans la lutte contre le nouveau coronavirus.

Comme des bitcoins

Le projet «Folding@Home» a permis de porter les capacités informatiques de ce super ordinateur virtuel à 400 pétaflops — un pétaflop correspond à un million de milliards de calculs par seconde —, ce qui le rend trois fois plus puissant que les meilleurs super ordinateurs dans le monde.

«En principe il n’y a pas de limite à la puissance de calcul que nous pouvons utiliser», assure Greg Bowman.

N’importe qui possédant un ordinateur un peu récent, ou même une console de jeu PlayStation, peut contribuer en installer l’application, et choisir quelle recherche ils souhaitent soutenir. Plusieurs grandes entreprises participent, comme GitHub (Microsoft), un service d’hébergement internet.

«C’est comme fabriquer des bitcoins, mais au service de l’humanité», résume Quentin Rhoads-Herrera, de la société de cybersécurité Critical Start, qui fournit un ordinateur spécialement conçu pour décrypter les mots de passe utilisés dans le projet.

Le fabricant de processeurs et cartes graphiques Nvidia a de son côté appelé les «gamers» à collaborer. Les fans de jeux vidéo sont souvent bien équipés en puissance de calcul, pour avoir un bon rendu audio et visuel.

«La réponse a été extraordinaire : des dizaines de milliers de personnes se sont ralliées au projet», s’est félicité Hector Marinez, un porte-parole de Nvidia.

D’autres superordinateurs sont utilisés pour des projets similaires. Le Oak Ridge National Laboratory se sert par exemple du meilleur supercalculateur du géant américain de l’informatique IBM.

Début mars, ce laboratoire a annoncé avoir identifié 77 composés potentiels qui pourraient se lier à la principale protéine du coronavirus pour désarmer le pathogène.

Techno

Comment nettoyer ses gadgets électroniques

NEW YORK — Vous vous lavez les mains un nombre incalculable de fois par jour pour repousser le coronavirus. Vous devriez aussi laver cette prolongation de votre main où prolifèrent les bactéries — votre téléphone.

Des tests effectués par des chercheurs démontrent que le virus peut survivre deux ou trois jours sur des surfaces de plastique ou d’acier inoxydable. Les centres de contrôle et de prévention des maladies des États-Unis recommandent de nettoyer toutes les surfaces qui sont touchées fréquemment chaque jour, notamment les téléphones, les claviers et les tablettes numériques.

Mais un nettoyage incorrect pourrait endommager votre téléphone. Il faut éviter d’égratigner la surface ou de permettre à l’humidité de se faufiler à l’intérieur de l’appareil. Il ne faut pas asperger pas directement son téléphone avec un nettoyant, l’immerger dans une solution de nettoyage, utiliser des canettes d’air comprimé destinées au nettoyage des claviers ou avoir recours à des produits abrasifs.

Commencez plutôt par éteindre votre téléphone et débrancher tous les fils. L’appareil ne devrait pas être en recharge au moment du nettoyage.

On peut utiliser des lingettes Clorox ou des lingettes contenant 70 % d’alcool, qu’on peut trouver en pharmacie, pour essuyer son téléphone. Apple, qui met en garde contre l’utilisation de nettoyants domestiques sur ses téléphones, recommande de procéder «délicatement». Il est aussi possible de vaporiser du désinfectant sur des serviettes de papier, mais, encore une fois, jamais sur le téléphone lui-même.

Plusieurs agences de santé publique recommandent de nettoyer les téléphones pour freiner la progression du virus, qui a infecté près de 140 000 personnes à travers le monde et fait plus de 5000 morts.

La plupart des gens ne présentent que des symptômes modestes, mais les personnes âgées ou celles qui ont des problèmes de santé, sont particulièrement vulnérables.  La Presse canadienne

Techno

Le studio de Québec Squeeze créera cinq épisodes d’une série Marvel

Le géant Marvel Studios a confié au studio de Québec Squeeze la création de cinq épisodes de sa nouvelle série attendue What If...! La sortie exclusive est prévue au printemps 2021, sur la plateforme Disney+.

What If...! sera la première série d’animation faisant partie du populaire univers cinématographie Marvel (MCU). Le même univers qui nous a présenté les célèbres Iron Man, Capitaine America et Thor. 

«Les dirigeants de Marvel cherchaient un studio d’animation de classe mondiale, capable de les aider à définir un style frais et unique tout en conservant l’essence de leur marque», indique Denis Doré, président et cofondateur de Squeeze.

Depuis plusieurs années, l’entreprise québécoise voyage à Los Angeles, à la recherche de nouveaux clients. L’été dernier, ils ont eu leur première rencontre avec l’équipe de Marvel.

«On tentait de communiquer avec eux depuis un moment. On leur a donc présenté notre portfolio. Nous avons senti que le courant passait et que notre proposition leur plaisait. On avait de la belle ambition depuis le jour 1… On a monté les marches une par une. On a toujours voulu travailler avec les meilleurs au monde.

Ensuite (sous un contrat exigeant le secret des discussions), Squeeze a effectué quelques tests pour gagner la confiance de Marvel.

«On a commencé à travailler et à proposer des idées qui correspondaient à leur vision artistique. Ils sont tombés en amour avec ce qu’on leur proposait.

Prochaine étape

Depuis les débuts de Squeeze en 2011, les fondateurs Denis Doré et Patrick Beaulieu souhaitaient travailler avec les plus grands. Ils s’étaient souvent imaginé le partenariat avec Marvel. Une étape après l’autre, ils ont pu obtenir cet accès privilégié dans l’univers d’un des plus grands acteurs du divertissement au monde. 

«Ils sont venus voir les studios et rencontrer les équipes. On devait apprendre à se connaître. Ils voulaient se sentir en confiance côté créatif, les contacts humains sont fondamentaux», explique Denis Doré. 

Le contrat a officiellement commencé cet automne. Squeeze reçoit les tableaux d’histoire et les scriptes de Marvel, puis crée les images dans ses studios de Québec et Montréal. Quelque 80 employés travaillent sur le projet. 

«C’est drôle parce qu’on était dans les travaux d’agrandissement quand ils sont venus, c’était le bordel! Mais ils aiment ça, ils voient qu’on est en pleine croissance», raconte le président de Squeeze.

On promet que la série What If...! conduira le public dans des territoires inexplorés.

«C’est sûr que le fait de parler de cette association, ça vient s’ajouter à notre capital de crédibilité et de réputation. On est très fiers et l’objectif est toujours de faire briller le Québec à travers le monde», termine Denis Doré.

Lui et son équipe comptent aussi Disney, Universal, Warner et Ubisoft parmi ses clients, pour ne nommer que ceux-ci.

Le studio Squeeze produit également ses propres créations originales. Notamment la franchise Cracké, lancée en 2016. Elle a été diffusée dans 210 pays et territoires en plus de cumuler plus de 325 millions de visionnements sur les plateformes numériques à travers le monde, incluant la Chine.  

Techno

Tinder est bien plus qu’une appli de rencontre

Récemment, les concepteurs de l’application de rencontre Tinder ont annoncé que de nouvelles fonctionnalités de sécurité seraient ajoutées au fil de l’année 2020. Outre l’ajout de renseignements de sécurité supplémentaires, ces mises à niveau comprennent l’intégration d’une caractéristique permettant aux utilisateurs de contacter les services d’urgence au moyen de l’application lorsqu’ils se sentent mal à l’aise ou ont besoin d’aide.

Étant donné que de nombreux utilisateurs, en particulier les utilisatrices, subissent du harcèlement, du sexisme et des comportements menaçants sur Tinder, ces mesures destinées à contrer de tels problèmes sont plutôt bien vues.

L’équipe de Tinder a en outre mentionné dans son blogue que les mises à niveau incorporeraient une technologie d’intelligence artificielle (IA) pour valider les photos de profil : «La fonctionnalité permet aux membres de s’autoauthentifier via une série de poses prises en selfie en temps réel, qui sont ensuite comparées aux photos existantes du profil via une technologie d’intelligence artificielle assistée par l’humain.»

Alors qu’auparavant, la connexion de Tinder à Facebook servait à valider l’identité des utilisateurs, l’appli permet dorénavant à ces derniers de s’inscrire sans avoir à lier leur compte Tinder à Facebook. Les nouvelles fonctionnalités – notamment la validation des photos au moyen d’une technologie d’IA – visent à accroître la confiance des utilisateurs quant à l’identité de leur vis-à-vis.

Authentification des utilisateurs

Nous savons déjà que les gens ont tendance à tricher un peu dans la description qu’ils donnent d’eux-mêmes dans les applis de rencontre, et ce, afin de contrer les perceptions idéalisées quant à l’âge, à la taille et au poids d’un partenaire potentiel. De plus, les utilisateurs choisissent de livrer certains détails ou éléments concernant leur apparence, et d’en omettre d’autres afin d’éviter le racisme, le sexisme ou l’homophobie.

Depuis longtemps, les gens s’approprient les technologies de manière à les intégrer dans leur vie. Appelé « domestication », ce processus atteint son résultat au moment où l’on ne se rend plus compte de la présence de la technologie, parce que l’on fonctionne en complète symbiose avec elle. Par exemple, après avoir programmé un haut-parleur intelligent pour faire jouer vos chansons favorites après le travail, il se peut que vous ne remarquiez plus du tout la présence de l’appareil au moment d’arriver à la maison et de commencer à chantonner.

Dans notre étude dont nous avons récemment publié le compte rendu, nous avons découvert que les gens utilisent Tinder de toutes sortes de façons étonnantes dans leur quotidien. Toutefois, les plates-formes et les applis comme Tinder sont avant tout des technologies sociales. Et quand des membres s’en servent d’une manière inattendue, les autres utilisateurs le remarquent. Or, les mises à niveau ou les nouvelles fonctionnalités de Tinder peuvent rendre plus difficiles, voire impossibles, certaines de ces utilisations innovantes.

Au-delà des rencontres, notre étude a révélé qu’il existe un équilibre fragile entre la façon dont les applis orientent le comportement des utilisateurs et la manière avec laquelle les gens rendent cette technologie efficace à différentes fins.

Des directives propres à chaque appli

Quand un médecin prescrit un médicament, celui-ci est accompagné d’une monographie et de directives d’utilisation. De façon similaire, beaucoup d’applis sont assorties d’un objectif déclaré. Dans le magasin d’applications Apple, Tinder est décrite comme une application destinée à « faire de nouvelles rencontres ». Cette autodescription est en quelque sorte la notice d’utilisation de l’application.

Dans la couverture que font les grands médias de Tinder depuis son lancement comme dans son utilisation quotidienne, les gens ont plutôt tendance à voir l’appli comme un moyen d’organiser des rendez-vous galants et des rencontres sexuelles occasionnelles. C’est l’utilisation à laquelle Tinder s’attend de ses abonnés.

Parfois, les gens utilisent un médicament pour autre chose que ce qui est inscrit sur l’étiquette. C’est ce que les pharmacologistes appellent un « usage non indiqué » (en anglais, « off-label use ») c’est-à-dire non conforme à la monographie du produit. C’est un terme accrocheur. D’ailleurs, le journaliste Jeff Bercovici a transposé une première fois ce terme dans le monde des technologies lorsqu’il faisait état, dans un article, des utilisations méconnues que l’on fait des plates-formes.

Facebook et Twitter hébergent une vaste gamme d’activités utilisateurs. Or, dans notre étude, nous nous interrogeons sur ce à quoi ressemble un « usage non indiqué » dans une appli comme Tinder, dont les objectifs sont clairement exposés. Et puis, comment se présente un usage non indiqué lorsque d’autres utilisateurs s’attendent à ce que l’application réponde à des besoins fixés d’avance ?

« Faire glisser » pour sensibiliser, politiser ou s’enrichir

Nous avons examiné une série d’articles d’actualité où il est question de la façon dont les gens utilisent Tinder à des fins autres que les rencontres, avec ou sans lendemain. Dès le début de nos travaux en 2016, nous avons repéré plusieurs articles sur des gens qui faisaient campagne au nom de politiciens à l’approche des élections présidentielles américaines.

Nous avons également mis au jour plusieurs campagnes de sensibilisation, notamment en matière de santé, des petites annonces, des textes promotionnels sur des spectacles locaux, des textes d’humour et même des œuvres d’art subversives.

Dans le cadre d’entrevues choisies avec des adeptes d’usages non indiqués sur Tinder, nous avons constaté que ces derniers offrent souvent un contenu qui vient enrichir l’usage auquel on s’attend – c’est-à-dire pour les rencontres et les rapports sexuels. Par exemple, dans une campagne antitabac, on avait décidé d’axer le message sur l’idée que le tabac est peu séduisant. On y mettait en scène deux profils différents de la même personne, l’un où on voyait la personne fumer, et l’autre, où elle ne fumait pas. On arguait que les utilisateurs faisaient glisser vers la droite (c’est-à-dire « aimaient ») beaucoup plus souvent le profil non-fumeur que fumeur.

Les gens ont aussi trouvé des façons créatives d’utiliser certaines fonctionnalités de Tinder. Le responsable d’une campagne contre le trafic du sexe a construit des profils où l’on demande aux utilisateurs de rester à l’affût de signes qui pourrait évoquer des activités sexuelles non consensuelles. Dans cette campagne, on recontextualisait la fonctionnalité des photos pour l’adapter à un mode de récit, afin de faire passer le message. Or cette approche risque fort d’être détectée et interdite par le nouveau logiciel de validation de photos de Tinder.

Toutefois, ce ne sont pas tous les membres de Tinder qui se réjouissent de ces usages non indiqués. Plusieurs utilisateurs ont interpellé une organisatrice de campagne de Bernie Sanders, lui faisant remarquer qu’elle utilisait l’appli de la mauvaise façon, et la menaçant de la signaler. L’organisatrice de campagne, de même qu’une femme qui vend des suppléments nutritionnels ont affirmé avoir souvent reçu des messages hostiles d’hommes frustrés de constater qu’elles n’étaient pas à la recherche d’un partenaire pour une soirée romantique ou une relation sexuelle.

* * * * *

Ce texte est d'abord paru sur le site franco-canadien de The Conversation. Reproduit avec permission.

Techno

OfficiumLIVE: un «Uber de l’administration» pour les entrepreneurs [VIDÉO]

«Faites ce que vous aimez». Voilà le souhait des deux cofondateurs à la tête d’OfficiumLIVE, un assistant destiné aux travailleurs indépendants et aux entrepreneurs. Leur mission? Soulager ces quelque 570 000 travailleurs autonomes québécois de leurs tâches administratives afin qu’ils se concentrent sur «l’important».

Le téléphone sonne chez la coiffeuse du coin, mais les deux mains occupées à couper les cheveux d’un client déjà sur place, la coiffeuse rate l’appel… et une autre cliente potentielle. Pour éviter aux travailleurs autonomes de vivre cette situation et bien d’autres, Bruno-Pierre Privé a fondé OfficiumLIVE. Le logiciel, mis sur pied par cet ancien entrepreneur en informatique, articule une palette d’opérations administratives, gérées à distance.

«Le travailleur autonome vit les mêmes problématiques que les grandes entreprises, mais il est seul au combat pour tout gérer. Il est assujetti aux mêmes lois que les autres, mais il n’a pas la compétence ni les outils pour y arriver», décrit M. Privé. Ces travailleurs indépendants représentent pourtant environ 15 % de la population active des pays industrialisés. Un nombre qui, aux dires de M. Privé, sera appelé à croître dans les années à venir. 

Une production décuplée

Entre tenue de livres, taxes ou impôts, prise d’appels téléphoniques et de rendez-vous, la gestion se fait par une assistante à distance avec des frais de service facturés de la minute à chaque utilisation. Avec des adjointes un peu partout au Québec, OfficiumLIVE se considère comme un «Uber de l’administration». 

«Les gens qui se partent en affaires, pour la grande majorité, ils veulent vivre leur lifestyle. Le côté administratif, ça les écœure. Un service comme le nôtre, ça n’existe pas ailleurs. C’est pour ça qu’on est là», exprime-t-il. 

«Tu as toujours une facture qui traîne dans la voiture, dans le porte-gobelet quand tu es en affaires. Mais quand on propose à nos clients : “Et si tu prenais en photo ta facture et que tu t’arrêtais là, pour toute la vie”. Ils n’en reviennent pas, c’est complètement nouveau», ajoute Arnaud Bertrand, cofondateur de l’entreprise. 

Depuis 2017, OfficiumLIVE existe dans sa formule actuelle, axée sur la prise en charge complète. Dès 2007, un logiciel était offert, mais les travailleurs autonomes devaient eux-mêmes l’opérer.

«C’est un véritable retour sur l’investissement, c’est-à-dire que le temps que les entrepreneurs ne passent plus à faire des tâches administratives, ils peuvent servir plus de clients et faire plus de ventes», note M. Bertrand. «Ils veulent des résultats, en se concentrant sur ce qu’ils aiment faire. On leur offre un humain qui les connaît et qui travaille pour eux pour répondre à leurs besoins, à l’intérieur d’un système où tout est automatisé», poursuit-il. 

Vision et projets en Europe

«On s’est rendu compte qu’à 75 %, les travailleurs autonomes n’ont pas de compte entreprise. La santé financière doit passer par la segmentation», constate Arnaud Bertrand, ex-banquier lui-même. OfficiumLIVE a donc récemment annoncé le prélancement d’une néobanque, une banque en ligne, destinée aux travailleurs autonomes français. 

Une opération en effet possible seulement en Europe, grâce à l’open banking, où des applications et des services sont développés en ligne autour d’institutions financières. Cette percée pourrait leur permettre de rejoindre une portion des 10 millions de travailleurs indépendants français.

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Affaire des iPhones ralentis: Apple accepte de payer jusqu’à 500 M$ US

SAN FRANCISCO — Apple a accepté de payer jusqu’à 500 millions de dollars US (666,88 M$) aux détenteurs d’anciens modèles de l’iPhone, qui accusent le géant technologique d’avoir orchestré des baisses de performance pour inciter les utilisateurs à acheter des modèles plus récents.

«Après deux années de contentieux et de lutte acharnée, les parties sont parvenues à un accord», a indiqué vendredi une cour de San Jose, en Californie.

En décembre 2017, Apple avait présenté des excuses pour avoir délibérément ralenti certains de ses iPhones pour compenser le vieillissement de leur batterie et éviter qu’ils ne s’éteignent de façon intempestive.

Le groupe avait néanmoins nié toute tentative d’obsolescence programmée.

«Nous n’avons jamais fait, et jamais ne ferons quelque chose pour raccourcir intentionnellement la durée d’existence d’un produit Apple ou encore réduire la qualité de nos produits pour amener à en changer», avait alors affirmé la marque à la pomme.

Selon l’accord provisoire conclu vendredi, Apple paiera au moins 310 millions de dollars US (413 M$), et jusqu’à 500 millions, pour payer les avocats des plaignants et compenser les propriétaires américains d’iPhone (gammes iPhone 6, 7 et SE).

Ceux-ci recevront environ 25 dollars US (33,34 $) par téléphone intelligent acheté, en fonction du nombre de personnes qui feront les démarches pour obtenir ce dédommagement. Les avocats devraient récupérer plus de 90 millions $US (120 millions $).

Apple n’a pas répondu dans l’immédiat à une requête de l’AFP.

En France, la firme américaine a été sanctionnée le mois dernier pour n’avoir pas prévenu que des mises à jour pouvaient ralentir les vieux iPhones.

Elle a écopé d’une amende de 25 millions d’euros (37 millions $) au terme d’une enquête qui révèle des «pratiques commerciales trompeuses par omission», mais ne retient pas l’accusation d’obsolescence programmée.

Apple doit également faire amende honorable en publiant pendant un mois un communiqué sur son site. «Nous sommes heureux de cette issue», a réagi le groupe qui évite ainsi un procès.

Dans l’affaire américaine, l’accord doit être approuvé lors d’une audience début avril. 

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Au royaume capitaliste de la Silicon Valley, la gauche est reine

SAN FRANCISCO — La Silicon Valley, royaume de Google, Apple et Facebook, n'a pas peur des idées socialistes de Bernie Sanders, au contraire : le candidat de 78 ans semble avoir la cote auprès des employés de la tech, même s'il effraie un peu leurs patrons.

Alors que la Californie et 13 autres États vont voter mardi (pour le «Super Tuesday»), le sénateur indépendant arrive en tête des donations venues des secteurs «Internet» ou «Communications et électronique», d'après le Center for Responsive Politics.

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Cortex: pour des sommets encore plus hauts [VIDÉO]

Le fondateur de Cortex et son associé ont accordé une dernière entrevue avec ce nom d’entreprise. IIs ont aussi capturé une dernière photo avec leur logo. Le studio d’innovation numérique de Québec fusionne avec la firme montréalaise nventive, mais le nom est la seule chose qu’ils perdront dans cette union; pour le reste, tout est à gagner.

«On devient une seule et grande famille. L’objectif de l’entreprise c’est de réaliser un maximum d’impact, notre plus grande force de frappe va nous permettre de résoudre des problèmes technologiques de plus grande envergure, ça va nous permettre d’avoir une position nord-américaine de plus en plus importante», indique Jean-Michel Lebeau, le nouveau vice-président exécutif de Québec et associé chez nventive. 

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Semaine NumériQC: aide financière de 900 000 $ sur trois ans de la Ville de Québec [VIDÉO]

La Ville de Québec a annoncé lundi une aide financière de 900 000 $ sur trois ans à la Semaine numériQC, ce qui permettra la tenue de l’événement en 2020, en 2021 et en 2022.

Cette annonce d’aide financière, accordée dans le cadre du volet Soutien aux organismes d’entrepreneuriat, de développement économique et d’accompagnement d’entreprises de la Vision entrepreneuriale Québec 2023, a été faite en présence de Pier-Luc Lachance, conseiller municipal dans Saint-Roch–Saint-Sauveur, de Dominic Goulet, directeur général de Québec numérique, du ministre délégué à la Transformation numérique gouvernementale, Éric Caire et de Carl-Frédéric De Celles, président du CA de Québec numérique. 

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Droit à la déconnexion: Jean Boulet se dit soucieux, mais n'entend pas légiférer

Alors que de plus en plus de travailleurs se sentent forcés de rester branchés à leurs cellulaires en tout temps, le ministre du Travail, Jean Boulet, tient à mettre le holà.

Il a confié en entrevue à La Presse canadienne être assez «préoccupé» par le «potentiel d'abus» pour mener des travaux dans son ministère sur le droit à la déconnexion, même s'il n'est pas question pour l'instant de légiférer dans le domaine.

Son message : un patron peut exiger que son employé reste connecté en dehors des heures de travail, à condition que ce soit «utile et nécessaire» et que l'employé soit rémunéré en conséquence. «Je ne veux pas assister à des dérapages.»

Sans vouloir forcer les entreprises du Québec à adopter une politique de déconnexion, qui limiterait l'utilisation des outils numériques, il leur demande d'amorcer une réflexion sur le sujet, qui fait de plus en plus l'objet de discussions animées, ici comme ailleurs.

En 2017, la France a innové en adoptant une loi sur le droit à la déconnexion, qui inclut la mise en place par l'entreprise de dispositifs de régulation de l'utilisation des outils numériques, en vue d'assurer le respect des temps de repos et de la vie familiale.

Selon l'Ordre des conseillers en ressources humaines agréés du Québec, le droit à la déconnexion a également été porté à l'attention du législateur en Belgique, en Italie, en Allemagne, en Corée du Sud et aux Philippines.

Le gouvernement sud-coréen a pris les grands moyens : il débranche les ordinateurs le vendredi à 19 heures, afin de forcer les fonctionnaires à quitter leurs bureaux, selon les informations compilées par l'Ordre.

En mars 2018, Québec solidaire déposait un projet de loi similaire à celui de la France, qui prévoyait par contre des amendes pouvant aller jusqu'à 30 000 $ pour les entreprises récalcitrantes. La pièce législative est morte au feuilleton.

En entrevue, le ministre Boulet est clair : même s'il est préoccupé par le potentiel d'abus et «l'usage déraisonnable» des outils numériques professionnels, pas question pour lui de ressusciter le projet de loi solidaire ni d'en présenter un nouveau.

Il cite notamment un rapport d'experts présenté aux ministres du Travail lors d'une rencontre à Fredericton, au Nouveau-Brunswick, il y a deux semaines. Le rapport recommande au gouvernement fédéral, qui revoit actuellement ses normes du travail, de ne pas légiférer.

«Je ne veux pas imposer, je ne veux pas m'immiscer dans les processus de négociation collective ou même dans les processus de négociation individuelle», a déclaré M. Boulet, un avocat en droit du travail, en entrevue à son cabinet.

«Mais c'est sûr que comme ministre du Travail, de l'Emploi et de la Solidarité sociale, je peux m'exprimer : […] Il faut que chaque entreprise fasse la réflexion qui est appropriée à ses besoins et s'assure que ce qui est demandé aux employés est utile et nécessaire.»

À défaut de légiférer, M. Boulet a demandé à son ministère de recenser dans les conventions collectives les clauses où le droit à la déconnexion a été négocié entre syndicats et employeurs «pour pouvoir m'en inspirer et approfondir ma réflexion».

Cela le mènera à «prononcer des conférences» et à «s'exprimer sur ce droit-là à la déconnexion au Québec», a-t-il dit. «Ça génère énormément d'intérêt avec la multiplication des outils, la complexité des environnements de travail et le foisonnement du télétravail.»

Jean Boulet n'en reste pas moins convaincu de la nécessité de bien rémunérer les personnes qui font du travail «effectif» en dehors des heures normales sur leurs appareils numériques, que ce soit à temps simple ou à temps supplémentaire.

«Ça peut être requis de demeurer connecté, mais mon opinion, c'est qu'il doit y avoir une forme de rémunération. […] Pour moi, ça m'apparaît fondamental.»

Pas de cas d'abus répertoriés, mais...

Pour l'heure, aucun cas d'abus, où l'on obligerait une personne à demeurer connectée alors que ce n’est ni utile ni nécessaire, n'a été rapporté au ministre. Mais «il y en a peut-être», nuance-t-il, en promettant d'être aux aguets.

D'après lui, ce sera éventuellement aux tribunaux de se saisir des cas où, par exemple, un employé subirait des mesures disciplinaires parce qu'il a décidé de fermer son iPhone le soir à la maison.

Il se questionne d'ailleurs sur la provenance de cette pression souvent ressentie par les Québécois de rester rivés à leurs appareils en tout temps. Qui met la pression ? L'employeur ou l'employé ? «C'est vraiment une bonne question», se limite-t-il à dire.

Par ailleurs, Jean Boulet maintient n'avoir jamais vu de réclamation pour maladie professionnelle, ou pour recevoir une indemnité de remplacement du revenu à la suite d'une allégation comme quoi l'épuisement ou la dépression était liée à l'obligation de rester connecté.

«Est-ce que ça peut arriver ? Tout est possible. Il faut demeurer vigilant certainement aux incidences de l'obligation intensive d'une connexion.»

Pour l'instant, il n'est pas nécessaire, selon lui, d'imposer une formation obligatoire en milieu de travail sur l'usage raisonnable des outils numériques. Il serait également prématuré de déployer une campagne de sensibilisation gouvernementale.

Techno

L'hypertrucage: une grave menace pour notre sécurité et la démocratie

L'utilisation de l’hypertrucage peut parfois nous enchanter ou nous étourdir par le biais de ses représentations expertes dans les industries du divertissement et des jeux et dans les campagnes de marketing comme celle de la récente publicité de Loto-Québec.

Mais le sinistre visage de cet hypertrucage, ou deepfakes, une forme de désinformation qui utilise des algorithmes d'apprentissage automatique pour créer des enregistrements audio et vidéo de personnes réelles prononçant et exécutant des choses qu'elles n'ont jamais dites ou faites, est une menace sérieuse pour la sécurité des personnes et la démocratie.

Aujourd'hui, tout le monde peut créer ses propres fausses nouvelles et les diffuser. La propagande en ligne est plus trompeuse et plus manipulatrice que jamais.

Les deepfakes sont en train de devenir rapidement impossibles à distinguer de la réalité.

Il est plus urgent que jamais de détecter la désinformation alimentée par des utilisations non éthiques des médias numériques, des données massives et de l'intelligence artificielle, et leur diffusion par les médias sociaux.

Les pays doivent éduquer et équiper leurs citoyens. Les éducateurs doivent également relever de réels défis pour aider les jeunes à développer leur discernement face aux deepfakes. Pire, si les jeunes manquent de confiance pour trouver et évaluer des informations publiques fiables, leur motivation à participer à notre société démocratique ou à s'y fier sera de plus en plus menacée.

Saper la démocratie

Il est maintenant possible de générer une vidéo d'une personne qui parle et fait des expressions faciales à partir de quelques images ou même d'une seule image du visage de cette personne. Les applications « face swap » qui consistent à permuter des visages telles que FaceApp ou Zao et les applications de synchronisation labiale telles que Dubsmash sont des exemples d'outils de base accessibles et conviviaux que les gens peuvent utiliser sans aucune connaissance en matière de programmation ou de codage.

Le potentiel d'utilisation des deepfakes comme arme augmente de manière alarmante et des dommages importants peuvent être anticipés puisque n'importe qui peut créer des contenus explicites sans le consentement d'autrui.

On s'attend à ce que les gens utilisent les deepfakes pour faire du cyberharcèlement, détruire des réputations, faire du chantage, diffuser des discours de haine, inciter à la violence, perturber les processus démocratiques, diffuser des désinformations à des publics ciblés et commettre des cybercrimes et des fraudes.

Détection des deepfakes

Il y a plus de dix ans, l'analyste Internet et spécialiste des nouveaux médias Clay Shirky a déclaré que « La seule véritable façon de mettre fin au spam est d'arrêter la communication par e-mail ». La fermeture d'Internet serait-t-elle le seul moyen de mettre fin à la propagande des deepfakes en 2020 ?

Les principaux acteurs se sont aventurés à trouver une réponse aux menaces des hypertrucages.

Facebook a annoncé le 6 janvier qu'elle « renforcera sa politique à l'égard des vidéos manipulées trompeuses qui ont été identifiées comme des deepfakes ». L’entreprise affirme qu'elle supprimera les médias manipulés qui ont été « édités ou synthétisés - au-delà des ajustements pour la clarté ou la qualité - d'une manière qui n'est pas apparente pour le public » et si les médias sont « le produit de l'intelligence artificielle ou de l'apprentissage automatique qui fusionne, remplace ou superpose le contenu d'une vidéo, le faisant apparaître comme authentique ».

La nouvelle fait suite au deepfake challenge de Facebook, qui vise à concevoir de nouveaux outils pour détecter les contenus médiatiques manipulés. Ce défi est soutenu par Microsoft, un consortium sur l'intelligence artificielle et un fonds de 10 millions de dollars.

À la fin octobre, le PDG de Facebook, Mark Zuckerberg, a témoigné lors d'une audition de la commission des services financiers de la Chambre des représentants des États-Unis à Washington sur les plans de cryptomonnaie de la société, où M. Zuckerberg a été confronté à des questions sur ce que la société fait pour empêcher les deepfakes.

L’Agence des projets de recherche avancée de la Défense (DARPA) du Département Américain de la Défense travaille sur l'utilisation de types d'algorithmes spécifiques pour évaluer l'intégrité des médias visuels numériques.

Certains chercheurs discutent de l'utilisation des réseaux neuronaux convolutionnels - un ensemble d'algorithmes qui reproduit approximativement le cerveau humain, conçu pour analyser l'imagerie visuelle et reconnaître les modèles - pour détecter les incohérences entre les multiples trames dans les deepfakes. D'autres proposent des algorithmes pour détecter les visages entièrement générés par la machine.

Hani Farid, expert en informatique légale et judiciaire et l'une des principales autorités en matière de détection de fausses photos, et son étudiante Shruti Agarwal de l'Université de Californie à Berkeley développent un logiciel qui utilise les caractéristiques subtiles de la façon dont une personne parle pour distinguer cette personne de la version contrefaite.

Farid collabore également très étroitement avec Hao Li, pionnier d’ hypertrucage, pour faire face au problème croissant de l'hypertrucage à la portée de la main.

La communauté juridique canadienne a publié des articles qui détaillaient des motifs d'action pour contrer la menace de de l'hypertrucage

La nation de YouTube

Et si nous nous réveillions demain matin avec un faux-semblant de Greta Thunberg, la personnalité de l'année 2019 du magazine Time, accusant une organisation spécifique d'être le principal catalyseur du changement climatique ? Est-ce que les jeunes seraient sceptiques face à cette information ?

Nous vivons dans une ère numérique où beaucoup de gens s'attendent à ce que chaque réponse soit trouvée par une recherche sur Google, une vidéo sur YouTube ou Vimeo ou un discours sur TED. À peu près tous les jeunes Canadiens âgés de 15 à 24 ans utilisent l'internet quotidiennement. La plupart suivent les nouvelles par le biais des médias sociaux comme Facebook, Twitter et Instagram.

En 2017, 90 pour cent des Canadiens âgés de 18 à 24 ans étaient des utilisateurs actifs de YouTube.

Selon Statista, une société qui fournit des données sur le marché et les consommateurs, « en mai 2019, plus de 500 heures de vidéo étaient téléversées sur YouTube chaque minute », ce qui équivaut à « environ 30 000 heures de contenu nouvellement téléchargé par heure ». La société rapporte qu'entre 2014 et 2019, « le nombre d'heures de contenu vidéo téléversé toutes les 60 secondes a augmenté d'environ 40 pour cent ».

De nombreux utilisateurs des médias sociaux âgés de 18 à 24 ans reconnaissent aujourd'hui les agendas et les algorithmes qui se cachent derrière les messages qui s'affichent sur leurs murs. Dans le cadre de ma thèse de doctorat, j'ai étudié comment 42 participants de ce groupe d'âge comprenaient les réfugiés dans un contexte où leur image était profondément influencée par la propagande des médias sociaux, les fausses nouvelles et la désinformation. J'ai découvert que beaucoup d'entre eux avaient envie de devenir des influenceurs et de perturber les commentaires publics et les messages générés par les médias, ce qui est fait écho aux campagnes de sensibilisation ou d'activisme menées aujourd'hui par les jeunes.

Le phénomène des fausses nouvelles est un nouveau défi critique auquel les jeunes et tous les participants à notre démocratie sont confrontés.

L'éducation pour la résilience

Au Canada, Journalistes pour le droits humains (JDH) a annoncé un nouveau programme, financé par Héritage Canada, pour former les journalistes et « lutter contre la désinformation par le renforcement des médias et l'état de préparation des citoyens au Canada ».

Les éducateurs peuvent jouer un rôle clé dans la lutte contre la fausse nouvelle. L'un de leurs défis consiste à s'assurer que les jeunes développent des compétences critiques en matière d'éducation aux médias tout en continuant à explorer des ressources crédibles en ligne et à renforcer leurs capacités et leurs connaissances pour participer aux structures démocratiques.

Les éducateurs peuvent suivre les étapes que j'ai identifiées dans le modèle « Get Ready to Act Against Social Media Propaganda ». En commençant par expliquer les positions sur un sujet controversé ciblé par la propagande des médias sociaux, les éducateurs peuvent aider les jeunes à discuter de la façon dont ils perçoivent et reconnaissent les deepfakes. Ils peuvent explorer les origines du contenu, les personnes ciblées, la réaction que ce contenu suscite et les personnes qui le soutiennent.

Les éducateurs peuvent également discuter du rôle et de la responsabilité des jeunes pour répondre et s'opposer à la désinformation. Ils peuvent identifier des stratégies numériques potentielles à poursuivre dans ce processus. Une génération de citoyens numériques bien équipée pourrait être notre meilleure chance.

* * * * *

Ce texte est d'abord paru sur le site franco-canadien de The Conversation. Reproduit avec permission.

Techno

Apple allonge la liste des entreprises perturbées par le coronavirus

SAN FRANCISCO — Apple n’atteindra pas ses objectifs de ventes ce trimestre à cause de l’épidémie du nouveau coronavirus, signe que le ralentissement de la production et de la consommation en Chine affecte de plus en plus sérieusement les grands groupes. 

La crise sanitaire pèse aussi bien sur l’offre que sur la demande. Le géant des technologies cite des difficultés d’approvisionnement en iPhones, fabriqués en Chine, et la demande pour ses produits alors que ses magasins sont fermés dans le pays.

Fin janvier, lors de la publication de résultats records grâce à une forte demande pour la gamme d’iPhone 11 sortie avant les fêtes, Apple avait déjà souligné que l’épidémie entraînait des incertitudes.

Le groupe avait donc donné une fourchette de prévision de chiffre d’affaires pour son deuxième trimestre plus large que d’habitude, entre 63 et 67 milliards de dollars.

Mais l’entreprise américaine n’envisage plus d’y parvenir, même si la production en Chine «commence à reprendre».

Apple a des sous-traitants dans la région de Wuhan, l’épicentre de l’épidémie, mais aussi des fournisseurs alternatifs.

«Le retour aux conditions normales prend plus de temps que nous n’avions anticipé», détaille le groupe californien, évoquant une «pénurie d’iPhones qui va temporairement affecter nos revenus dans le monde».

Le secteur du luxe touché 

En termes de demande, l’entreprise précise qu’elle n’a diminué qu’en Chine.

«Nous sommes en train de rouvrir progressivement nos magasins et nous allons continuer, de la façon la plus régulière et la plus sûre possible», précise Apple, ajoutant que ses bureaux, centres d’appel et magasins en ligne n’ont jamais cessé de fonctionner.

Depuis l’apparition de la maladie en décembre à Wuhan (centre), plus de 1.800 personnes sont décédées et plus de 72.300 ont été contaminées en Chine continentale, selon les derniers chiffres officiels publiés mardi.

«Nos pensées vont d’abord vers les communautés et les individus les plus touchés par la maladie (...). Apple va plus que doubler sa donation précédemment annoncée pour soutenir cet effort historique de santé publique», a déclaré le groupe américain.

La directrice générale du Fonds monétaire international, Kristalina Georgieva a chiffré l’impact à 0,1-0,2 points en moins pour la croissance mondiale, mais a souligné qu’il était encore très difficile d’évaluer l’impact pour l’économie.

Apple n’est pas le premier groupe à modifier ses prévisions à cause de la pneumonie virale.

La semaine dernière, Pernod Ricard a révisé à la baisse son objectif annuel de résultat opérationnel courant organique, car la Chine est son deuxième marché, où il réalise 10% de ses ventes.

L’industrie du luxe est particulièrement concernée. Kering (Gucci, Yves Saint Laurent, etc) a ainsi enregistré une forte baisse de ses ventes en Chine continentale et la maison d’habillement Burberry a averti d’un «impact négatif important».

Pertes pour Disneyland 

Plusieurs constructeurs automobiles sont aussi affectés par le bouclage de la ville de Wuhan. Le deuxième constructeur chinois, Dongfeng, y est implanté, tout comme de multiples sous-traitants, ainsi que les français Renault et PSA.

Le japonais Toyota et l’allemand Volkswagen ont eux dû retarder la reprise de la production dans leurs usines d’assemblage.

Le constructeur de véhicules électriques haut de gamme Tesla a annoncé, lors de la publication de ses résultats fin janvier, que sa méga-usine de Shanghai devrait être fermée sur injonction du gouvernement chinois, ce qui causerait des retards dans la production du Model 3 et pourrait légèrement affecter les profits trimestriels du groupe.

Disney a de son côté estimé que ses parcs d’attractions à Shanghai et à HongKong pourraient perdre 280 millions de dollars en tout, s’ils restent inaccessibles pendant 2 mois.

À Bruxelles, le président de l’Eurogroupe, cénacle des 19 ministres des Finances de la zone euro, a dit lundi s’attendre à un impact «temporaire» du nouveau coronavirus sur la croissance européenne.

«L’apparition et la propagation du coronavirus et son impact sur la santé publique, les vies humaines et l’activité économique sont une source de préoccupation croissante», avait souligné jeudi la Commission européenne dans un communiqué.

Techno

Google négocie des accords de licence avec des médias

SAN FRANCISCO — Google a entamé des négociations pour arriver à des accords de licence avec des éditeurs de presse, afin d’atténuer les critiques qui accusent le géant californien de tirer des bénéfices indus de leurs informations, selon des sources proches des discussions.

Les négociations entre le moteur de recherche et des organes de presse ne font que commencer, les éditeurs concernés étant pour la plupart en France et dans d’autres pays européens, d’après ces sources.

Payer pour des informations serait un revirement pour le géant de la Silicon Valley, très critiqué par les médias ces dernières années pour afficher leur contenu dans les résultats de recherches – et engranger les revenus publicitaires qui leur sont associés sans contrepartie.

Contacté par l’AFP, Google a indiqué vendredi chercher des façons nouvelles d’aider les éditeurs.

« Nous voulons aider les gens à trouver du journalisme de qualité – c’est important pour une démocratie bien informée et cela aide à soutenir un monde des médias durable », a déclaré Richard Gingras, vice-président de Google pour l’information, dans un communiqué.

« C’est un sujet qui nous est cher, et nous discutons avec des partenaires et cherchons des façons nouvelles d’élargir notre coopération avec les éditeurs ».

Selon le Wall Street Journal, Google réfléchit à des accords pour développer des informations « premium ».

Google a toujours refusé de payer pour les liens vers des articles qui apparaissent dans les résultats de recherches, et n’a pas changé de position sur ce point, ont indiqué à l’AFP des sources au courant du dossier.

La firme californienne fait valoir qu’elle génère du trafic vers les sites d’information, et aide ainsi leurs éditeurs à engranger des recettes publicitaires.

Via son programme Google News Initiative, le géant travaille déjà avec des éditeurs pour stimuler leur audience et leurs abonnés payants.

Confronté à des critiques similaires, Facebook a lancé en octobre un fil d’actualités dédié au journalisme « de qualité », afin de soutenir la presse et d’endiguer le flot de désinformation.  

Le président de Facebook, Mark Zuckerberg, avait alors indiqué que certains médias partenaires de cette opération seraient rémunérés, mais sans préciser combien ni selon quelles formules.

Les négociations lancées par Google interviennent alors que le géant de la tech est sous pression pour respecter une directive européenne qui a créé un « droit voisin », similaire au droit d’auteur, au bénéfice des éditeurs et agences de presse.

Google a indiqué l’an dernier qu’il ne paierait pas les médias européens pour l’utilisation de leurs articles, images ou vidéos en France, premier pays à ratifier la directive, ouvrant la porte à une action en justice contre le géant.

Pour se mettre en conformité avec la loi française, il a imposé de nouvelles règles : les sites d’infos doivent accepter que le moteur de recherche utilise gratuitement des extraits de leurs infos dans ses résultats.  

Plusieurs organisations de presse dont l’AFP ont déposé plainte contre Google sur la question du « droit voisin » auprès de l’Autorité de la concurrence. Cette dernière pourrait rendre sa décision en mars.

Techno

Une majorité de Canadiens pour l'interdiction de Huawei dans la 5G

Une majorité de Canadiens souhaite que le géant chinois des télécoms Huawei ne joue aucun rôle dans le déploiement de la technologie mobile 5G au Canada, selon un sondage publié mardi.

Alors que les États-Unis incitent fortement leurs alliés à bannir Huawei des futurs réseaux 5G, 56 % des Canadiens croient aussi que le Canada devrait interdire une participation de l'entreprise chinoise dans ce déploiement technologique, selon ce sondage de l'institut Angus Reid.

Techno

Téléphones intelligents: Samsung baisse les prix et monte en gamme

SAN FRANCISCO — Samsung a présenté mardi quatre nouveaux téléphones intelligents, dont un pliant, sous le signe de la convergence entre 5G, intelligence artificielle et internet des objets, avec l’objectif de reprendre la première place dans la course aux meilleures ventes.

Le géant sud-coréen des télécoms domine le marché des téléphones intelligents, mais au dernier trimestre 2019, Apple a vendu plus de téléphones que lui - 74 millions contre 70 millions pour Samsung, d’après le cabinet IDC - grâce au succès de l’iPhone 11 lors de la période des Fêtes.

Technologiquement, Samsung a repris plusieurs longueurs d’avance sur son concurrent américain, notamment grâce à l’intégration de la capacité à utiliser les réseaux 5G, en option sur sa nouvelle gamme phare, les Galaxy S20.

«Ils essaient clairement de faire levier sur leur élan côté 5G en tant qu’opérateur téléphonique», remarque Caroline Milanesi, analyste chez Creative Strategies.

La Corée du Sud est le pays le plus avancé au monde en termes de déploiement et d’usages de la nouvelle génération de communications mobiles.

«C’est le premier téléphone avec la véritable 5G, qui marche quel que soit le type de fréquences», continue-t-elle. «Donc du point de vue du consommateur, ce sont les seuls téléphones intelligents compatibles avec les évolutions du réseau à venir».

«Risqué» 

Après les Galaxy S10, aussi présentés à San Francisco il y a un an, Samsung passe directement aux Galaxy S20, S20+ et S20 Ultra, tous équipés de la définition en 8K. Le modèle «Ultra» comporte un zoom allant jusqu’à 100x.

Tous incluent la 5G en option et seront disponibles à la vente le 6 mars à partir de 1000 dollars pour le S20 et de 1400 dollars pour le S20 Ultra.

Samsung a annoncé en parallèle une baisse de ses prix pour la gamme S10, qui démarre désormais à 600 dollars.

«Les prix diminuent, les expériences s’améliorent, c’est ce qu’il faut pour repasser en tête dans la course, je ne pense pas qu’Apple aura quelque chose de similaire avant 3 à 5 ans», a commenté Patrick Moorhead, analyste de Moore Insight & Strategy.

La marque américaine ne propose pas encore la 5G sur ses smartphones, et aucun n’est pliant.

«J’ai l’impression qu’Apple craint un peu de prendre des risques ces temps-ci», ajoute Patrick Moorhead. «Les téléphones pliants restent un pari risqué, à cause des frictions».

L’entreprise sud-coréenne lance elle son deuxième téléphone intelligent du genre, le Galaxy Z Flip. Optimisé pour passer des appels vidéo, de forme carrée une fois fermé en deux, il ressemble à miroir de poche.

Il  sera mis en vente à compter du 14 février à partir de 1380 dollars, et succède au Galaxy Fold, dévoilé il y a un an, qui avait connu quelques déboires.

«Sexy» 

Cette fois, l’écran est en verre ultra fin, et «il est si durable que vous pouvez le replier plus de 200 000 fois», a assuré Rebecca Hirst, directrice du groupe pour le Royaume-Uni.

«Vous défiez les règles de la physique chaque fois que vous l’ouvrez. C’est une icône, un téléphone intelligent pour les gens qui veulent se démarquer», s’est-elle enthousiasmée.

Selon l’analyste Jack Gold, Samsung couvre désormais tout le marché, du bas de gamme au haut du panier. «Ces appareils vont faire un massacre du côté des joueurs. Or l’usage «jeux vidéo» est celui qui grandit le plus rapidement sur le marché des téléphones intelligents aujourd’hui, avant les réseaux sociaux», commente-t-il. «Quant au Flip, il est juste cool et sexy.»

Le groupe sud-coréen a par ailleurs annoncé plusieurs partenariats. Les propriétaires d’un des 4 nouveaux téléphones intelligents auront ainsi accès à des bonus sur la plateforme de streaming Netflix.

Les Galaxy Z Flip et les trois S20 incluront quatre mois d’abonnement à YouTube Premium, la version payante de la plateforme de vidéos de Google, et Google Duo devient l’interface d’appels vidéo par défaut sur ces appareils.

«Étant donnée les difficultés avec Huawei en ce moment, ils ont sans doute vu l’intérêt de renforcer leur relation avec Google», note Caroline Milanesi, en référence aux tensions commerciales entre les États-Unis et la Chine, qui nuisent au géant chinois des télécoms sur le marché américain.

Du côté des accessoires connectés, Samsung sort de nouveaux écouteurs sans fil, les galaxy Buds+, en vente le 14 février à 150 dollars.

Techno

Faut-il s’inquiéter de l’hypertrucage?

MONTRÉAL — L’hypertrucage (deepfake en anglais) a fait son entrée dans le quotidien des Québécois ces derniers jours sous les traits, paradoxalement, de l’une des personnalités les plus crédibles du Québec moderne, en l’occurrence Bernard Derome.

La publicité de Loto-Québec dévoilée récemment pour souligner le 50e anniversaire de la société d’État a ainsi mis à contribution les nouvelles technologies utilisant l’intelligence artificielle pour faire revivre le présentateur de nouvelles tel qu’il apparaissait en 1970, lorsqu’il a commencé à œuvrer au Téléjournal de Radio-Canada.

Bien que la publicité elle-même ait été reconnue pour ce qu’elle est, c’est-à-dire un rappel de l’époque avec un sourire, son apparition n’est pas sans inquiéter les spécialistes de la désinformation.

«C’est clair que c’est une publicité et qu’on n’essayait pas de faire passer ça comme une vraie vidéo d’époque et de tromper les gens», reconnaît d’emblée le journaliste Jeff Yates, spécialiste de la désinformation à l’émission Les Décrypteurs.

Le risque de la banalisation

«Mais ce qui m’inquiète avec ça, c’est la banalisation de cette technologie. Il y a des entreprises de marketing, maintenant, qui recherchent des spécialistes en deepfake parce qu’on se rend compte que cette technologie-là peut être intéressante pour des campagnes de marketing. Est-ce que ça vient encore brouiller la frontière entre la réalité et l’imposture? Il faut se poser la question», prévient-il.

Or, la banalisation présente des risques dont tout le monde est bien conscient, à commencer par Bernard Derome lui-même.

«Évidemment que c’est dangereux! On peut faire n’importe quoi, on peut dire n’importe quoi. Il n’y a pas de limite. [...] On est en danger tout le temps, c’est certain. Je suis très au fait de tout ça et je suis très inquiet de ce qui se passe», affirme-t-il au bout du fil lorsque rejoint par La Presse canadienne.

Aujourd’hui âgé de 76 ans, Bernard Derome n’a rien perdu de sa vivacité d’esprit ou de son sens de l’humour et de l’autodérision.

«Ils se sont payé ma tête et j’accepte volontiers qu’on se paie ma tête. Je leur ai dit d’y aller à fond, de pousser. J’ai le sens du ridicule!» dit-il en éclatant de rire alors qu’il raconte avoir passé plusieurs heures en studio pour faire en sorte que sa voix soit parfaitement synchronisée aux images de son visage que la technologie a plaquées sur celui d’un acteur choisi pour sa carrure similaire à celle qu’il avait il y a 50 ans.

Le nécessaire consentement

La participation du présentateur vedette est d’ailleurs cruciale pour Jeff Yates.

«M. Derome a donné son consentement, il a fait la voix. On n’a pas tenté de détourner son visage contre son gré. Le danger, c’est quand c’est fait contre le gré de la personne; prendre un politicien et lui faire dire n’importe quoi par exemple.»

Alex Bernier, directeur de la création à l’agence Sid Lee qui a conçu la publicité, va plus loin : «S’il n’y a pas de consentement, c’est là que ça pourrait aller jusqu’à devenir quelque chose de criminel de faire ça. Ça peut certainement atteindre la réputation de quelqu’un de façon sauvage. Si c’est réglementé — et je pense que rapidement on va devoir réglementer ça — s’il y a consentement, c’est seulement à ce moment que ça devrait être accepté.»

«On ne pensait jamais qu’il allait dire oui, raconte le concepteur publicitaire. Même lui était complètement contre l’idée de faire de la publicité comme journaliste. Il n’est pas davantage pour maintenant, mais on traite ça comme un hommage. Et c’est davantage la prouesse technique, le côté surprenant de la chose qui l’a attiré : il nous a répété plusieurs fois qu’il n’avait jamais accepté de faire de la publicité, mais qu’il était fier de participer à ceci parce que c’était quelque chose qui n’avait jamais été fait.»

Bernard Derome rappelle d’ailleurs au cours de l’entretien que «c’est moi qui ai fait la bataille à Radio-Canada pour que les journalistes ne fassent pas de publicité. Je me suis battu pour ça et j’ai gagné. [...] Peut-être que je déroge à quelque chose pour lequel je me suis battu, mais au fond c’est bien plus pour saluer les gens et dire oui, 1970 a été un moment important pour moi.»

Mais il admet candidement avoir été séduit par l’originalité de la chose.

«J’ai vu cette bande de jeunes chez Sid Lee, très créatifs, très intelligents, très inventifs. J’ai eu beaucoup de plaisir à échanger avec eux. Ils m’ont proposé cette affaire-là. [...] Je trouve ça très flatteur, mais c’est tellement inventif de voir aller ces jeunes-là. C’est brillant. Ils ont superposé ma tête de 1970 sur son visage.»

L’effet pervers de la prolifération

Malgré le résultat fort réussi de cette prouesse technique, tant sur le plan visuel que sur le plan publicitaire, ni l’agence Sid Lee, ni Loto-Québec n’ont l’intention de récidiver.

«On ne croit pas que ça va être quelque chose de notre côté qu’on va utiliser de façon répandue pour nos prochaines publicités non plus», affirme Patrice Lavoie, directeur des affaires publiques chez Loto-Québec.

«On comprend très bien que c’est une technologie qui peut être utilisée à mauvais escient. En ce qui nous concerne, c’était quelque chose de sympathique, un clin d’œil à l’actualité dans le cadre de notre 50e anniversaire. Il ne faut pas chercher de midi à 14h et nous donner une intention malsaine.»

Alex Bernier abonde dans le même sens. «Absolument pas!» répond-il sans hésitation lorsqu’on lui demande s’il a l’intention d’utiliser cette technologie à nouveau pour une campagne publicitaire. «J’ai l’impression qu’on va rapidement avoir fait le tour de ça en publicité et nous, on n’a pas l’intention de réutiliser ça ailleurs.»

N’empêche qu’elle va proliférer une fois le dernier obstacle technologique franchi : «À ce moment-ci, la grande barrière qui demeure en place pour les deepfake, c’est que ça ne reproduit pas la voix. Il faut un imitateur, mais il y a des technologies qui sont en développement pour être capable de reproduire la voix. On peut présumer que ça venir», estime Jeff Yates.

Et le risque d’une éventuelle prolifération et, donc, banalisation, permettra éventuellement non seulement de créer des faussetés, mais aussi de nier la vérité. Un politicien, par exemple, qui se ferait prendre à dire une énormité pourrait invoquer l’hypertrucage pour clamer haut et fort qu’il n’a jamais dit ça.

Et comme l’illustre Jeff Yates, le public risque d’y perdre son latin.

«Pas besoin de créer un deepfake; juste le fait que ça existe, tu peux justement remettre en question n’importe quoi. On en a eu un super bel exemple récemment avec la vidéo de lancement de campagne de Jean Charest (à la direction du Parti conservateur). Quand c’est sorti, il y a plein de monde qui criait au deepfake sur les réseaux sociaux, mais c’était une vraie vidéo qui avait été publiée sur le Web par erreur.

«Le fait que cette technologie existe a déjà des effets dans le discours sur les réseaux sociaux. Ça permet déjà à des gens de remettre en question des éléments visuels en se disant que ce n’est peut-être pas vrai», souligne-t-il.

Pour Bernard Derome, l’inquiétude est tout à fait justifiée et imposera une profonde réflexion dans le domaine de l’information.

«On est tous conscients de cette espèce de transition. La technologie fait en sorte qu’on est obligés de repenser la façon d’exercer le métier aussi. Il faut s’assurer qu’on a des garde-fous. Il faut s’assurer qu’on arrive finalement avec l’histoire vraie», dit-il.

Techno

Irokko: nouvelle app québécoise pour l’environnement

«Ce n’est pas le projet d’une entreprise, mais celui de chacun de nous». Saliou Diallo a récemment pris la planète sous son aile. Il remet maintenant le sort de la Terre entre les mains de tous avec Irokko, une application mobile québécoise qui permet de compenser ses émissions de CO2 en plantant des arbres. Et le visionnaire ne compte pas s’arrêter là.

Profil créé, émissions de CO2 calculées et arbres plantés. Voilà le projet de l’homme d’affaires établi au Québec en 2008. «C’est le temps d’agir pour tout le monde», soutient-il fermement. D’aussi loin qu’il se souvienne, Saliou Diallo pose des gestes concrets pour l’environnement au quotidien. Comme plusieurs citoyens, sa famille et lui portent une attention particulière à ce qu’ils consomment et à ce qu’ils jettent.

Or, jugeant qu’il avait attendu assez longtemps que les gouvernements se positionnent face aux enjeux climatiques, celui qui est diplômé des Hautes études internationales (HEI) de l’Université Laval a lui-même lancé son entreprise avec l’appui de quelques partenaires d’affaires. Le modèle innovant sur lequel il travaille depuis 2015 propose une «solution concrète, à un défi global» : le reboisement. Selon M. Diallo, l’arbre demeure à ce jour le meilleur allié pour capter le carbone. On en couperait toutefois 15 milliards annuellement. 

Ce sont donc des organismes tels que la Fédération québécoise des coopératives forestières, Arbre Canada et la SOCODEVI qui l’appuient notamment pour le reboisement au Québec, au Canada et à l’étranger. 

«Il faut que les gens puissent agir sans attendre les décisions gouvernementales, a-t-il martelé. Le vrai pouvoir c’est nous qui l’avons : c’est nous qui élisons les hommes politiques, c’est nous qui consommons pour les multinationales. Nous sommes 7 milliards dans le monde. Je ne peux pas croire qu’il n’existe pas 7 milliards de solutions face aux défis climatiques.»

Une tonne de CO2, deux arbres plantés

Ainsi, il a soumis son propre remède aux changements climatiques pour atteindre son objectif, qu’il qualifie lui-même d’idéaliste. 

Une application, traduite en six langues, qui permet aux utilisateurs, n’importe où ils se trouvent, de mesurer l’étendue de leur émission de gaz à effet de serre et de calculer le nombre d’arbres qu’ils devraient planter pour rétablir leur carboneutralité. 

À ce jour, Irokko compte quelque 150 utilisateurs en provenance d’une vingtaine de pays. Ce faisant, un peu plus de 2000 arbres ont déjà été plantés à New Richmond en Gaspésie, ainsi qu’au Pérou, depuis avril 2019. 

«Les gens ont le choix du lieu où planter leur arbre. Ils peuvent par la suite suivre sa croissance avec notre géolocalisation et ils reçoivent même une photo de leur plant», mentionne le fondateur d’Irokko.

Un futur vert

«On ne peut pas lutter contre les changements climatiques à partir d’un seul pays. Il faut trouver des manières d’engager les gens pour qu’ils aient le plaisir et la fierté de poser des gestes», soutient M. Diallo. Pour lui, le changement passe donc par la solution plutôt que par la culpabilisation.

Âgé de 37 ans, l’homme originaire de Guinée espère donner aux générations futures un environnement sain, en atteignant son objectif de reboiser dans chaque pays du monde. Jusqu’à présent, des arbres peuvent être plantés au Canada, au Québec, au Guatemala et au Pérou. 

Ce n’est pas tout. Il vise prochainement la France, l’Asie et l’Afrique pour y importer ses connaissances en matière d’environnement. 

À l’international, la jeune entreprise s’est même distinguée lors de la COP25 à Madrid en 2019, lorsqu’elle a été lauréate de «l’initiative jeunesse de lutte contre les changements climatiques» portée par l’Institut de la francophonie pour le développement durable (IFDD).

Saliou Diallo souhaite aussi éventuellement tâter le terrain auprès de dirigeants de grands événements d’envergure internationale comme le Festival d’été de Québec, afin qu’ils emboîtent le pas vers la carboneutralité.

Techno

Enquête Google: justice fédéral et États pourraient s’unir

WASHINGTON — Le ministère américain de la Justice et les États fédérés qui, chacun de leur côté, enquêtent sur d’éventuelles pratiques anticoncurrentielles de Google pourraient joindre leurs forces à l’issue d’une réunion prévue cette semaine, affirme le Wall Street Journal dimanche.

Les ministres de la Justice d’au moins sept États fédérés, qui se sont alliés pour mener une enquête sur d’éventuelles pratiques anticoncurrentielles du géant de la recherche et de la publicité en ligne, doivent rencontrer dans la semaine à Washington des juristes du ministère fédéral, qui a ouvert une enquête similaire, précise le quotidien citant plusieurs sources anonymes.

Elles indiquent qu’il s’agira d’abord d’échanger des informations, mais pourrait éventuellement aboutir à une collaboration étroite sur ce dossier.

Le groupe des ministres des États fédérés sera mené par Ken Paxton du Texas.

Google domine largement la publicité en ligne aux États-Unis avec environ 36 % de parts de marché suivi par Facebook à 19 %.

Outre cet aspect, les enquêtes portent aussi sur le moteur de recherche et Android, le système d’exploitation mobile.

En raison de l’envergure du dossier et des moyens gigantesque qu’Alphabet, la maison-mère de Google, peut consacrer à sa défense, les deux parties vont discuter de la division du travail.

La justice fédérale et fédérée ne sont pas les seules à enquêter sur les pratiques des géants de l’internet.

L’agence chargée de la protection des consommateurs et de la concurrence, la FTC, mène l’enquête sur Facebook et les effets sur les concurrents du rachat d’Instagram et de WhatsApp.

Au Congrès, la commission judiciaire de la Chambre des représentants enquête sur les pratiques des quatre grands connus sous leur acronyme de GAFA.

Techno

La Croix-Rouge veut apprendre aux joueurs de Fortnite à sauver des vies

NEW YORK — Parvenir à sauver des vies plutôt qu’à en prendre : tel est le but du nouveau mode proposé par le très populaire jeu en ligne Fortnite et développé en collaboration avec le Comité international de la Croix-Rouge (CICR).

Baptisé Liferun, ce mode fait découvrir aux joueurs les quatre activités principales effectuées par les travailleurs du CICR à travers le monde : soigner les civils, reconstruire les infrastructures essentielles, déminer, et distribuer de l’aide aussi rapidement que possible.

Trois joueurs connus, Dr. Lupo, Lachlan et One Shot Gurl, devaient présenter et étrenner dimanche le nouveau mode au salon du jeu vidéo PAX South à San Antonio, au Texas, détaille l’organisation humanitaire dans un communiqué diffusé dimanche.

La communauté des «gamers» «a une importance grandissante» et le CICR a développé cette nouvelle approche «afin de susciter des conversations sur son travail dans les pires zones de conflit du monde», souligne l’organisation.

«Les jeux vidéo sont depuis longtemps des plates-formes traditionnelles de divertissement et de réseaux sociaux, et nous savons que de nombreux joueurs sont également des soldats actuels, passés ou futurs, des officiers de l’armée, des membres de groupes armés, des PDG d’entreprises, des avocats et des dirigeants politiques», remarque Jennifer Hauseman, directrice de la communication et de la gestion de l’information au CICR, citée dans le communiqué.

«Nous devons leur parler de manière intelligente et engageante pour leur expliquer que les civils souffrent beaucoup dans les conflits, ajoute-t-elle.

Le CICR, dont l’un des objectifs est de promouvoir le respect du droit international humanitaire, avait déjà noué un partenariat avec le studio Bohemia interactive pour intégrer des messages sur le droit humanitaire dans le jeu Arma 3.

Lancé en juillet 2017, Fortnite est rapidement devenu un vrai phénomène culturel et compte maintenant 250 millions de joueurs.

Techno

Pourquoi les bracelets connectés ne vous donnent pas tout le crédit que vous espérez

Janvier est le moment de l’année où beaucoup de gens prennent des résolutions - pour aussitôt les briser. Dans la majorité des pays occidentaux, faire plus d’exercice est la résolution numéro un. Mais seulement 10 pour cent vont s’y tenir réellement. Or, une façon de persévérer dans ses bonnes intentions est de pouvoir les mesurer.

Et une façon fort simple de le faire est de porter un bracelet connecté, aussi appelé moniteur d’activité ou encore, traqueur d’activité. Dans les faits, presqu’un adulte sur cinq en utilise un.

Les bracelets connectés sont non seulement utiles pour l’activité physique, mais aussi pour toute une panoplie d’informations comme la fréquence cardiaque ou les habitudes de sommeil. Mon équipe de recherche utilise les données de ces appareils avec des capteurs intelligents à domicile pour aider les personnes âgées à vivre de façon sécuritaire et autonome. Nous étudions également les données de ces appareils ainsi que les dossiers médicaux électroniques et les données génomiques pour étudier les causes du diabète gestationnel. De nombreux autres chercheurs utilisent ces moniteurs pour mieux comprendre l’impact des modes de vie sur la santé.

Malheureusement, j’ai constaté dans mes recherches sur l’informatisation des soins de santé que les moniteurs d’activité ne donnent peut-être pas tout le crédit que leurs utilisateurs méritent. Par ailleurs, dans certains cas, la sécurité et la confidentialité des données pourraient être compromises.

Donner du crédit quand il le faut

Les personnes qui utilisent les bracelets connectés sont parfois frustrées par les informations obtenues à la suite de leurs activités, ce qui pousse des utilisateurs à les abandonner. Par exemple, des personnes dont les mouvements de bras sont plus limités que la moyenne nous ont signalé, à mon équipe de recherche et moi-même, que les moniteurs d’activité ne consignent pas leurs activités avec exactitude. Cela peut également se produire chez ceux qui n’ont pas des mouvements « standards », par exemple parce qu’ils se traînent les pieds.

Ce manque de « crédit » est particulièrement notoire pour les personnes qui marchent tout en gardant leurs bras immobiles – avec une poussette ou en tenant un bébé. Les nouvelles mères signalent également des problèmes de précision en ce qui concerne leurs habitudes de sommeil. Lorsqu’elles se réveillent plusieurs fois par nuit, le lendemain matin, l’appareil leur indique qu’elles « dorment légèrement ». Cela peut être frustrant lorsque la nouvelle mère veut utiliser ces données pour négocier avec son partenaire le temps passé avec les enfants ! L’appareil lui crédite plus de sommeil qu’elle n’en obtient réellement.

Ces inexactitudes sont logiques d’un point de vue technique. Lorsqu’un poignet est immobile, comme cela arrive si on circule avec une poussette, le logiciel ne peut pas détecter les changements de mouvement à partir du capteur de l’accéléromètre au poignet. L’appareil recherche les changements de mouvements de haut en bas, d’avant en arrière et d’un côté à l’autre.

Les chercheurs ont également montré que 500 pas ou moins peuvent être enregistrés sans porter l’appareil, ce qui montre que les moniteurs peuvent parfois surcomptabiliser l’activité. Dans le cas de la détection du sommeil, la plupart des gens ne se réveillent pas plusieurs fois par nuit, de sorte que les algorithmes utilisés par les bracelets peuvent rejeter de courtes salves de mouvements.

Les entreprises qui fabriquent les moniteurs d’activité détiennent une propriété intellectuelle sur leur produit. Les algorithmes qui évaluent les mouvements ou le sommeil ne sont pas partagés publiquement. Il n’existe actuellement aucun mécanisme permettant de donner une rétroaction sur ce qui a été détecté. Imaginez qu’une personne puisse appuyer sur un bouton et dire à un moniteur d’activité : « Hey, je me suis réveillé trois fois ce soir ! »

Puisque les gens ne reçoivent pas le crédit qu’ils méritent pour certaines de leurs activités, je m’inquiète du type de données sur le mode de vie que nous, chercheurs, pouvons évaluer avec précision à partir d’un produit porté lors de nos recherches.

Si les moniteurs qui suivent la condition physique introduisent des données inexactes sur les pas et le sommeil dans les algorithmes, alors les gens prendront des décisions relatives à la santé en se basant sur des données inexactes.

Qui possède vos données ?

En général, les consommateurs évaluent les informations qu’ils obtiennent d’un moniteur d’activité en transférant leurs données sur une application. La plupart des gens supposent que lorsqu’ils transfèrent ces données, elles ne sont pas partagées à grande échelle, et certainement pas à l’entreprise qui possède l’appareil ou à l’application. Mais rien n’est moins sûr.

Une entreprise pourrait modifier ses conditions de service – que la plupart ont de la difficulté à comprendre selon plusieurs études – et décider de rendre les données sur leur santé accessibles à des tiers. Par exemple, ces données pourraient être vendues afin d’aider les employeurs à comprendre notre condition physique et notre productivité. Par ailleurs, les compagnies d’assurance pourrait favoriser certains clients ou au contraire, refuser de couvrir certains soins à d'autres. Bien qu’il n’y ait aucune preuve de cette pratique, je crois que les consommateurs doivent savoir que c’est une possibilité réelle dans un avenir pas si lointain.

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Ce texte est d'abord paru sur le site franco-canadien de The Conversation. Reproduit avec permission.

Techno

Microsoft s'engage à être «carbonégatif» d'ici 2030

Microsoft s'engage à devenir 100 % «carbonenégative» d'ici 2030 en éliminant plus de carbone de l'environnement qu'elle n'en émet.

Le chef de la direction, Satya Nadella, a affirmé jeudi que l'engagement se réaliserait «non seulement pour nos émissions directes, mais également pour l'ensemble de notre chaîne d'approvisionnement».

C'est une avancée majeure par rapport aux précédents engagements verts de Microsoft. Le géant technologique avait précédemment indiqué que ses centres de données seraient alimentés à 60 % en électricité renouvelable d'ici la fin de l'année dernière. Des groupes environnementaux ont cependant souligné qu'il n'avait pas réussi à rivaliser avec des concurrents tels que Google et Apple, en s'appuyant trop sur l'achat de crédits d'énergie renouvelable pour compenser ses émissions de carbone.

«Microsoft est vraiment au milieu du peloton», a observé Elizabeth Jardim, responsable de campagne pour Greenpeace USA. «Pas un étudiant avec des 'A', mais manifestement pas un étudiant qui ne fait rien.»

Mme Jardim a estimé que l'annonce de jeudi témoignait d'une approche «plus sérieuse et holistique» et que Microsoft «comprenait la science du climat et le rétrécissement de la fenêtre d'action».

Microsoft s'était précédemment donné comme objectif intermédiaire d'utiliser 70 % d'énergie renouvelable d'ici 2023. Il vise maintenant 100 % d'énergie renouvelable pour tous ses centres de données et bâtiments d'ici 2025. Google et Apple ont déjà indiqué avoir atteint le cap des 100 %.

L'annonce de Microsoft a été programmée avant le rassemblement de la semaine prochaine au Forum économique mondial de Davos. Les tendances catastrophiques comme le réchauffement climatique et l'extinction des espèces animales devraient être au coeur de la conférence.

«La neutralité ne suffit pas»

Microsoft est responsable d'environ 16 millions de tonnes métriques d'émissions par an, a indiqué son président et directeur juridique, Brad Smith. Cette estimation comprend non seulement la consommation d'énergie du réseau mondial de centres de données de Microsoft, mais aussi les émissions liées à la fabrication de composants électroniques pour ses appareils et aux gens qui branchent leurs consoles de jeu Xbox à la maison.

«En matière de carbone, la neutralité ne suffit pas», a fait valoir M. Smith. «Nous devons nous mettre au zéro net.» Cela signifie éliminer de l'atmosphère tout le carbone que l'on émet, a-t-il précisé.

L'engagement d'inclure les émissions de la chaîne d'approvisionnement fait suite à une décision similaire d'Apple. Microsoft affirme qu'il mettra en place de nouvelles procédures l'année prochaine pour pousser ses fournisseurs à réduire leur empreinte environnementale, de la même manière qu'il a demandé à certains d'entre eux d'offrir à leurs employés des congés payés et des congés parentaux.

Microsoft élargit également la portée d'une redevance perçue depuis 2012 pour facturer ses propres divisions pour chaque tonne de carbone qu'elles émettent.

Après avoir atteint son objectif 2030, Microsoft entend supprimer d'ici 2050 toutes ses émissions dans l'environnement depuis la création de l'entreprise en 1975.

Mais Mme Jardim a estimé que Microsoft minait ses objectifs climatiques en étant la principale société technologique impliquée dans les partenariats avec des sociétés pétrolières et gazières, notamment en leur fournissant des services d'infonuagique et d'intelligence artificielle pour les aider à accélérer l'extraction de combustibles fossiles.

Microsoft a également annoncé le lancement d'un fonds de 1 milliard $ US pour mettre au point une technologie de réduction et d'élimination du carbone.

Techno

Le studio multimédia Noctura revient du CES de Las Vegas [VIDÉO]

L’entreprise de Québec Noctura a visité le Consumer Electronics Show (CES) de Las Vegas la semaine dernière.

Une bonne manière de connaître les tendances et de bâtir des liens d’affaires. Le CES rassemble dans un même lieu des inventions futuristes et des gadgets de toutes les fonctions. Les deux fondateurs de Noctura en ont vu de toutes les couleurs. 

«L’objectif était de faire une veille technologique, de voir les grandes tendances et ce qui se passe dans le monde. [...] On a vu des trucs intéressants et des technologies qu’on utilise déjà, mais qui sont plus poussées», raconte la présidente de Noctura Miriam Bard-Dumont. 

Elle et Dave Massicotte ont fondé l’entreprise en août 2017, ils utilisent les arts de la scène et la technologie pour créer des expériences uniques. Leur liste de créations s’allonge rapidement, il est possible de voir leur travail sur leur site Web noctura.ca

«On a vu l’étendue de cette foire d’innovation, on parcourt 15 km par jour juste pour voir les nouvelles tendances», ajoute le directeur de création, M. Massicotte. Les deux fondateurs reviennent à Québec la tête pleine d’idées, et prêts à travailler sur de projets. 

Techno

Les aînés connectés, des couches aux lunettes

LAS VEGAS — Comment répondre au vieillissement de la population et au manque de ressources humaines pour s’occuper des personnes âgées isolées, malades ou dépendantes? Avec des capteurs «intelligents», répondent les entreprises de la technologie au salon de l’électronique de Las Vegas, qui se terminait vendredi.

Sol intelligent

En cas de chute, le sol connecté de Technis est le premier au courant. Il peut même prédire des pertes d’équilibre.

Sous la moquette, des capteurs de pression calculent le nombre de pas, la fréquence d’utilisation des toilettes, et analysent la manière de se déplacer des personnes, grâce à l’intelligence artificielle (IA). Ils transmettent ensuite les informations au personnel médical.

Couche connectée

Elle analyse les urines, prend la température et retrouve les pensionnaires égarés : Smardii est un petit disque qui coûte 99 $ et s’attache sur l’avant de la protection, elle-même équipée de capteurs jetables.

L’entreprise en démarrage basée à Miami a déjà signé des contrats avec plusieurs maisons de retraite aux États-Unis, en France et en Italie.

«Comme les gens sont mobiles, il faut une solution sur la personne, qui englobe tout», explique Sébastien Gaddini, le fondateur de Smardii.

Et l’idée de porter des capteurs dans une zone aussi intime? «Quand on vous demande si vous préférez qu’on mette plusieurs jours à détecter une infection urinaire ou que ce soit instantané, le choix est vite fait», répond-il.

Pyjama en veilleuse

La marque japonaise Xenoma conçoit des pyjamas «intelligents», avec ou sans rayures, qui analysent la qualité du sommeil.

En journée, ils peuvent faire alliance avec l’enceinte connectée, qui encourage à faire de l’exercice.

Selon Xonoma, ces capteurs intégrés au tissu permettent de récupérer des informations à distance et de façon «imperceptible».

Montre préventive

«Savez-vous que maman a moins mangé cette semaine que la semaine dernière?»

La montre CarePredict sait où vous vous trouvez, combien de temps vous mettez à manger ou à vous laver les dents. Et elle partage les infos avec vos proches ou votre équipe soignante.

Portée de façon préventive, elle repère les changements d’habitude. Une baisse d’appétit ou d’activité peut indiquer le début d’une dépression, par exemple.

Pas d’écran sophistiqué sur la montre, juste un bouton qui sert à communiquer, comme un talkie-walkie.

«Cela ne dérange pas les gens, car la montre ne partage pas d’informations intimes», assure Jerry Wilmink, responsable des ventes de CarePredict.

Un perroquet sur l’épaule

Perché sur le dossier du fauteuil roulant, la caméra en forme de perroquet coloré observe de ses pupilles électroniques l’entourage de la personne handicapée ou âgée, qui le contrôle depuis une tablette armée à l’accoudoir.

«De cette façon, elle peut voir même les gens derrière elle, sur son écran», précise David Hojah, cofondateur de Loro («perroquet», en espagnol).

En cas de difficulté à s’exprimer, Loro prend le relais et parle pour le patient.

L’IA du logiciel reconnaît les objets dans le champ de vision de la personne et l’aide à formuler des phrases plus rapidement, en prédisant ses besoins (Je voudrais... «une bouteille d’eau», par exemple).

Quelques dizaines de personnes ont adopté le perroquet à ce stade. Il coûte 1000 $ et requiert un abonnement mensuel.

Lunettes branchées

Elles n’adouciront pas la chute mais pourront alerter les secours. Les lunettes Ellcie Healthy ont des verres pour la vue et des capteurs qui détectent les «chutes brutales ou molles».

Plafond sensible

Dans la Sekisui House, c’est le plafond qui joue les espions, grâce à des capteurs qui détectent les battements du cœur. En cas d’arrêt cardiaque, ils alertent des agents qui appellent les secours et déverrouillent la porte pour eux après avoir vérifié leur identité grâce aux caméras sur le palier.

«Contrairement aux médicaments qu’il faut penser à prendre et aux accessoires qu’il faut penser à porter, vous n’avez pas besoin de vous préoccuper de la technologie, elle est intégrée dans votre environnement», remarque Brian Anthony, professeur du Massachusetts Institute of Technology invité par la marque.

Comme les astronautes

Le cofondateur d’Ejenta a conçu l’intelligence artificielle qui surveille les données biométriques des astronautes de la NASA pendant leurs sorties dans l’espace et communique avec eux pour leur dire, par exemple, qu’ils seront bientôt à court d’oxygène.

Ejenta a mis en place ce système pour des patients de 85-90 ans : leur technologie récupère les données de tous les capteurs et accessoires connectés disponibles et informe en conséquence les personnes et leur équipe soignante. Elle peut aussi répondre aux questions.

«C’est dans cette direction que va l’avenir», affirme Rachna Dhamija, cofondatrice.

«Tous les capteurs vont générer des données et nous aurons besoin de plateformes comme celle-ci pour les exploiter.»

Affaires

Consumer Electronics Show de Las Vegas: la cuisine mijotée à la technologie

LAS VEGAS — Après les fours connectés et les assistants vocaux qui nous dictent les recettes, l’intelligence artificielle (IA), la blockchain et la robotique envahissent à leur tour les cuisines.

Au salon des technologies de grande consommation de Las Vegas, où se dessinent certaines tendances d’un futur plus ou moins proche, même les réfrigérateurs deviennent «intelligents», c’est-à-dire connectés et pourvus d’IA pour anticiper les besoins des humains.

GE Appliances, une entité du chinois Haier, a par exemple présenté un logiciel intégré à un micro-ondes qui suggère des recettes en fonction de la nourriture contenue dans le frigo.

«Vous pouvez voir tout ce que vous avez à manger et recevoir des recommandations, afin de moins gaspiller», indique Jeremy Miller de GE Appliances.

Si en plus le système est couplé avec un four et des plaques compatibles, le logiciel surveillera aussi la cuisson en fonction des choix du consommateur.

Pour les cuistots d’extérieur, Weber a dévoilé une application et un grill connecté, qui utilise l’IA pour que la viande soit cuite à point ou saignante juste comme vous l’aimez, le fromage de la pizza bien fondu et la dinde de Noël juteuse à souhait.

C’est du moins la promesse de Chris Scherzinger, directeur de Weber-Stephen Products.

«Avec nos 70 ans d’expérience dans les grills, nous avons développé des algorithmes capables de savoir à quel moment exactement l’intérieur du steak est cuit», assure-t-il.

Couper les oignons

Les chefs plus paresseux pourront bientôt faire appel à des robots pour leur faciliter les tâches fastidieuses, comme couper les oignons.

«Julia», un appareil conçu par CookingPal, est aussi connectée à une plateforme qui suggère des recettes, mais elle va plus loin, en s’occupant des préparations.

D’après la société basée à Hong Kong, «Julia» peut peser, couper, cuire et même nettoyer derrière elle.

«Tout le monde déteste découper les oignons», remarque Anna Khomenko, directrice du marketing chez CookingPal, ajoutant que le robot remplace plusieurs ustensiles et appareils.

La start-up californienne PantryOn propose de son côté d’installer un système qui s’adapte à tous les frigos ou remises pour signaler quels ingrédients sont sur le point de manquer.

Contrairement à d’autres solutions similaires, PantryOn se base sur le poids, et «elle peut établir une liste de courses que vous pouvez commander sur l’appli», précise la fondatrice, Fadi Shakkour.

Ingrédients dernier cri

Les technologies ne sont pas en reste du côté des ingrédients. Pour ceux qui se soucient de l’origine des produits, plusieurs entreprises se servent désormais de la blockchain pour assurer la traçabilité.

La blockchain (chaîne de blocs), popularisée par la monnaie virtuelle bitcoin, est un protocole informatique permettant à une communauté d’utilisateurs de tenir en ligne une sorte de grand registre commun, infalsifiable.

Au CES, le groupe IBM montre comment il s’en sert avec ses partenaires (producteurs et distributeurs) pour garantir l’intégrité des produits à toutes les étapes, avec une appli qui retrace le parcours du café jusqu’aux plantations.

Cette initiative s’inscrit dans le programme «Food Trust» («confiance en la nourriture») de la firme, qui utilise la blockchain non seulement pour authentifier l’origine des aliments, mais aussi déterminer à quel moment un élément pathogène est apparu dans la nourriture.

Pour Impossible Foods, les ingrédients sont tout trouvés : les plantes. L’entreprise spécialisée dans les substituts à la viande est venue pour la deuxième fois au CES, faire goûter cette fois son substitut au porc, entièrement végétarien.

Les visiteurs en ont mangé sous différentes formes, des saucisses vegan aux raviolis chinois.

«Impossible Foods a percé le code moléculaire de la viande, en commençant par la viande de boeuf hachée», raconte le directeur exécutif Patrick Brown. «Maintenant nous accélérons notre expansion avec un portfolio de produits parmi les plus appréciés au monde»

«Nous ne nous arrêterons pas tant que nous n’aurons pas éliminé le besoin d’avoir des animaux dans la chaîne alimentaire», a-t-il ajouté.

Techno

Immersion, interaction et 8K, les impératifs des nouvelles télés

LAS VEGAS — Toujours plus grandes, plus belles et plus connectées : les télévisions se doivent d’être des bijoux technologiques constamment renouvelés si elles veulent garder leur place de choix dans le salon déjà envahi par de nombreux autres écrans.

Les leaders du marché ont présenté leurs dernières innovations cette semaine au CES de Las Vegas, la grand-messe annuelle de l’électronique et des technologies.

Tous ont dû adopter la très haute définition dite 8K pour leurs modèles de luxe, car le petit écran est devenu trop grand pour la 4K, notamment à partir des formats de 165 cm en diagonale.

Les téléviseurs sont cependant un peu en avance sur les producteurs de contenu et les chaînes de distribution.

Les fabricants espèrent donc que la disponibilité des écrans en 8K sur le marché et l’appétit des consommateurs pour le cinéma à la maison, les événements en direct et les nombreuses séries des différents services de streaming vont motiver les groupes de médias à sauter le pas.

La chaîne japonaise NHK a ainsi prévu de diffuser les Jeux olympiques de Tokyo (été 2020) en 8K.

«Il faut que tous les acteurs de l’industrie travaillent ensemble pour vraiment se rendre compte du potentiel de la très haute définition et lui faire honneur», estime Tony Wang, patron de Skyworth TV.

L’année de la 8K

«La 8K est en plein développement, c’est donc le meilleur moment pour lancer un écran dans cette résolution, juste quand les spectateurs vont pouvoir en profiter», a-t-il ajouté.

Du moins les spectateurs aisés. Le groupe chinois, bien établi sur son marché domestique, a dévoilé des téléviseurs haut de gamme qu’il va vendre sur les marchés américain et européen : le Q91 de 190 cm en diagonale, avec la 8K, coûtera ainsi 5999 $ aux États-Unis.

Samsung, de son côté, travaille avec YouTube et d’autres partenaires pour pouvoir diffuser des contenus en 8K directement sur ses télés les plus chères, d’après Joe Stinziano, le vice-président exécutif de Samsung Electronics America.

Il a prédit que 2020 serait une «année tournant» pour que la 8K se répande plus largement dans les foyers.

L’année dernière, la demande pour les écrans plats n’a pas atteint les niveaux attendus, notamment à cause des tensions entre la Chine et les États-Unis et d’un ralentissement de l’économie mondiale, d’après le cabinet IHS Markit.

Mas pour cette année, il table sur une «croissance robuste».

«Bien qu’il y ait encore des incertitudes à cause de la guerre commerciale sino-américaine, la demande pour les écrans plats devrait augmenter grâce à des prix historiquement bas et grâce aux différents événements sportifs qui ont lieu les années paires», analyse Ricky Park, directeur de recherche et spécialiste du secteur.

Pour rester dans la course, les téléviseurs se sont aussi adaptés aux usages numériques ultra connectés. Beaucoup intègrent les assistants vocaux d’Amazon, Google ou Apple, et offrent des fonctionnalités adaptées au streaming via les plateformes de films et séries ou de jeux vidéo.

Les derniers modèles présentés au CES comportent des caractéristiques techniques très avancées en termes de graphisme et de son, pour satisfaire les joueurs, avides d’immersion.

«Les moniteurs de jeu sont devenus un moteur de croissance important pour nous», remarque Joe Stinziano de Samsung.

Les télévisions deviennent aussi de plus en plus interactives. Équipées de caméras, elles peuvent servir à passer des appels vidéo avec plusieurs personnes, situées dans des endroits différents.

Sur certains modèles, le Sud-Coréen LG propose aux spectateurs de poser des questions sur les programmes (sport, infos, films) et d’obtenir des réponses en temps réel.

À partir de cette année, les propriétaires d’un téléviseur connecté webOS pourront même acheter des objets qu’ils voient à l’écran dans les émissions partenaires, grâce à une technologie développée par la jeune pousse TheTake.

Techno

Le patron d’Apple a gagné moins d’argent en 2019

SAN FRANCISCO — Le patron d’Apple, Tim Cook, a gagné 11,6 millions de dollars en 2019, contre 15,7 millions en 2018, à cause de performances financières en léger retrait par rapport à l’année précédente.

Le salaire de base du dirigeant du géant technologique s’élève à 3 millions de dollars par an, auxquels s’ajoutent un bonus et des compensations diverses, d’après un document déposé vendredi auprès de l’autorité des marchés américaine. 

En 2019, la firme de Cupertino n’a atteint «que» 128 % de ses objectifs, donnant un bonus de 7,7 millions de dollars à Cook. Apple a engrangé 260 milliards de revenus nets en 2019. 

Techno

Google ne respecte plus ses principes éthiques, selon un ex-directeur

SAN FRANCISCO — L’ancien directeur des relations internationales de Google accuse le géant d’Internet d’avoir abandonné ses valeurs morales fondatrices et de se rendre complice de violations des droits de la personne dans certains pays, comme la Chine ou l’Arabie saoudite.

«Défendre les femmes, la communauté LGBTQ, mes collègues de couleur et les droits humains m’ont coûté ma carrière», raconte Ross LaJeunesse dans un article publié jeudi sur la plateforme Medium.

«Je n’avais pas besoin de preuves supplémentaires que la devise [et mot d’ordre de Google], “ne pas faire de mal”, ne reflétait plus véritablement les valeurs de l’entreprise. Ce n’était plus qu’un outil marketing comme d’autres».

L’ancien responsable des relations avec les diplomates et la société civile avait rejoint la société californienne en 2008. Il est parti en mai 2019, d’après son profil LinkedIn.

Dans son récit, il revient en détail sur la collaboration de Google avec la Chine, interrompue en 2010 par les fondateurs Larry Page et Sergey Brin, notamment à cause de l’augmentation de la censure. Il estime que Google ne prend plus en considération le respect des droits de la personne dans le développement de nouveaux produits ou la signature de nouveaux contrats, comme c’était le cas avant.

«Il y a une différence de taille entre vendre des espaces publicitaires [...] et travailler avec le gouvernement chinois sur l’intelligence artificielle ou héberger des applications du gouvernement saoudien, y compris Absher, qui permet aux hommes de pister et contrôler les déplacements des membres féminins de leur famille», assène-t-il.

«Notre soutien aux organisations de défense des droits de l’Homme est sans faille», a réagi une porte-parole de Google sollicitée par l’AFP. Dans le cadre de la réorganisation qui a eu lieu au sein du groupe, «Ross s’est vu proposer un nouveau poste au même niveau et avec la même rémunération, qu’il a refusé. Nous lui souhaitons de réussir dans ses ambitions politiques», a-t-elle précisé.

Ross LaJeunesse, marié à un homme, est en effet candidat aux élections pour devenir l’un des deux sénateurs de l’État du Maine.

Dans son récit, il reproche aussi à Google sa culture d’entreprise, intolérante selon lui à l’égard des femmes, des personnes non blanches et des minorités sexuelles. 

Techno

Internet: l’ONU ouvrira en 2020 des négociations sur un traité international

NATIONS UNIES— À l’initiative de la Russie, accusée de vouloir « museler » internet, l’Assemblée générale de l’ONU a adopté vendredi une résolution controversée prévoyant la rédaction d’un traité international contre « le recours aux technologies de communication et d’information à des fins criminelles ».

Ce projet a été combattu en vain par les États-Unis, les Européens et des ONG qui le voient comme un moyen de pouvoir restreindre l’utilisation d’internet et la liberté d’expression sur les réseaux sociaux.

La résolution, qui prévoit la création en 2020 d’un comité intergouvernemental chargé de la rédaction du futur traité, a été adoptée par 79 pays. Soixante États ont voté contre, 33 pays se sont abstenus.

Outre la Chine, le Belarus, le Cambodge, la Corée du Nord, la Birmanie, le Nicaragua et le Venezuela étaient co-parrains de cette résolution.

Aucune échéance n’a encore été fixée pour approuver le futur traité.

«Avec l’idée d’une convention mondiale, les Russes veulent au passage imposer des restrictions sur l’internet », déplore un diplomate occidental s’exprimant sous couvert d’anonymat.

Un traité restrictif pourrait faciliter l’arrêt des accès à internet et renforcer le contrôle de ses utilisateurs dans certains pays, craignent des experts.

Moscou s’est défendu de toute arrière-pensée, Pékin a évoqué un «vide juridique» à combler.

«C’est une mauvaise idée si l’objectif est de développer une convention qui permette à des pays de légalement fermer internet et de pratiquer la censure tout en criminalisant la libre expression », résume Louis Charbonneau, de l’ONG Human Rights Watch.

«Nous espérons que les États s’opposeront aux tentatives d’États répressifs de museler plus facilement les critiques », précise-t-il à l’AFP, en relevant que les co-sponsors du texte constituent « une galerie de pays les plus répressifs sur Terre».  

À ce jour, un seul instrument international contraignant existe en matière de cybercriminalité. Il s’agit de la Convention sur la cybercriminalité, également appelée Convention de Budapest, entrée en vigueur en 2004.  

À la différence du texte mondial envisagé par la Russie, cette convention n’a qu’une portée régionale. Elle sert de référence pour les pays européens qui se dotent d’une législation sur la cybercriminalité et de cadre pour la coopération internationale parmi les États signataires.

Si un nouveau texte est approuvé, il pourrait à terme rendre caduque la Convention de Budapest, s’inquiètent aussi les détracteurs de l’initiative russe.

Techno

Spotify va se passer de publicités politiques en 2020

WASHINGTON — Spotify a déclaré vendredi qu’il suspendait les publicités à caractère politique à partir de début 2020, alors que d’autres géants de l’internet ont également pris des mesures sur le sujet à l’approche des élections américaines.

La plateforme suédoise de musique en ligne, dont une bonne partie des utilisateurs se trouve aux États-Unis, dit avoir pris cette décision faute de moyens suffisants pour évaluer correctement ces publicités par rapport au risque de désinformation.

Les grands réseaux ont dû se positionner cet automne sur ce sujet brûlant. À moins d’un an du scrutin présidentiel, les élus et candidats démocrates les accusent en effet de laisser-faire quand des responsables politiques, dont Donald Trump, répandent des contre-vérités.

Facebook a choisi d’exempter les annonces politiques de son programme de vérification des faits (fact-checking), soutenant que les réseaux n’ont pas à jouer le rôle de censeurs politiques.  

Twitter a réagi en bannissant toutes les publicités à caractère politique, et Google a seulement imposé des restrictions sur le ciblage trop affiné des électeurs pour ce type de publicités.

«À ce stade, nous n’avons pas […] les systèmes et outils nécessaires pour examiner ces contenus et les valider de façon responsable », a déclaré un porte-parole de Spotify à l’AFP. « Nous réévaluerons cette décision au fur et à mesure que nos capacités évoluent.»

L’information a été révélée par Advertising Age, qui avait remarqué que Bernie Sanders, aspirant à l’investiture démocrate, et le Comité national républicain diffusaient des publicités sur Spotify, un service populaire notamment chez les adolescents et jeunes adultes.

Difficile cependant de connaître l’importance de ces annonces pour la plateforme, qui dérive principalement ses revenus des abonnements payants.

Spotify comptait au 30 septembre 248 millions d’utilisateurs mensuels, dont 113 millions d’abonnés.  

L’entreprise ne divulgue pas ses chiffres par marché, mais d’après des sources du Wall Street Journal, 26 millions d’Américains souscrivaient au service en février.  

En comptant « les utilisateurs du service gratuit avec publicités, Spotify a plus d’utilisateurs en tout aux États-Unis qu’Apple Music (28 millions) », écrivait le quotidien en avril.

Techno

Amazon, Apple et Google veulent faire parler la même langue aux équipements de maison

NEW YORK — Alexa, l’assistant numérique d’Amazon, devrait bientôt pouvoir discuter avec Siri, celui d’Apple : c’est en tout cas l’objectif de l’alliance annoncée mercredi par trois géants de la tech (Amazon, Apple, Google) et la fondation Zigbee Alliance.

Ce partenariat doit permettre la création d’une nouvelle norme pour que les équipements de maison connectés puissent parler la même langue.