Techno

L’intelligence artificielle au service des entreprises

Mirego lance jeudi matin une coentreprise spécialisée dans les solutions basées sur l’utilisation de l’intelligence artificielle et adaptées aux entreprises engagées dans la transformation numérique de leur compagnie.

En créant Hectiq.AI en collaboration avec Martin Laprise, physicien et scientifique de données, la mission de la nouvelle entité sera d’apporter des solutions d’affaires aux sociétés à l’aide d’outil d’analyses des données de masse (Big Data), des algorithmes et des systèmes d’apprentissage profond (deep learning et machine learning).

Techno

Instagram dépasse le milliard d’utilisateurs

SAN FRANCISCO — Avec désormais un milliard d’utilisateurs, Instagram profite de son succès auprès d’un jeune public friand de partages de photos et de vidéos, et compte amplifier le mouvement avec une nouvelle plateforme dédiée à des vidéos longues d’une heure, mordant encore davantage sur le terrain de YouTube.

Alors que le réseau possédé par Facebook ne revendiquait que 800 millions d’utilisateurs en septembre dernier, «nous avons désormais une communauté d’un milliard d’utilisateurs», a lancé mercredi le patron et co-fondateur de la plateforme, Kevin Systrom, lors d’un show à San Francisco, en dévoilant IGTV, une application dédiée au format vidéo.

Le réseau rejoint ainsi les messageries WhatsApp et Messenger, eux aussi détenues par Facebook, qui ont déjà dépassé ce seuil symbolique. Instagram —devenu un phénomène culturel à part entière— dépasse ses rivaux Twitter et Snapchat.

Avec 2,2 milliards d’utilisateurs, Facebook reste le roi des réseaux sociaux, mais son succès s’essouffle auprès des jeunes.

«Nous avons débuté avec des photos (de format) carré, puis nous avons lancé la vidéo en 2013. Depuis, la vidéo a explosé», a-t-il continué, ajoutant que la «façon dont nous regardons la vidéo a changé».

Selon le cabinet eMarketer, 181,7 millions d’Américains regarderont de la vidéo au moins une fois par mois cette année, une hausse de 6,1 % par rapport à l’an dernier.

Changements d’habitudes 

Et ce sont en particulier les plus jeunes qui sont le vecteur de ces changements d’habitudes, qui suscitent plus largement un vaste bouleversement du secteur traditionnel des médias et du divertissement, menacé par les géants technologiques, de Facebook à Google en passant par Amazon ou Netflix.

«Les adolescents regardent moins la télévision, mais davantage les vidéos de créateurs en ligne», a souligné M. Systrom, en référence au succès des vidéos de marques ou de vedettes d’internet, professionnels ou amateurs.

Bien décidé à miser encore davantage sur ce créneau très porteur, Instagram a donc lancé mercredi une application distincte appelée IGTV, qui permet à tous les utilisateurs de publier des vidéos allant jusqu’à dix minutes — contre 1 minute jusqu’ici— et à certains «créateurs» disposant d’un grand nombre d’abonnés d’aller jusqu’à une heure.

L’application est accessible soit de façon autonome soit directement depuis Instagram.

Comme YouTube, IGTV va proposer des «chaînes» où les utilisateurs pourront retrouver les vidéos de leurs «créateurs» préférés. Conçue pour le mobile, IGTV propose des vidéos en format vertical et occupant tout l’écran du téléphone intelligent.

Si IGTV ne propose pas de publicités, l’idée est de fidéliser d’augmenter le nombre d’abonnés, de les fidéliser et de renforcer leurs interactions sur l’application, a aussi expliqué le responsable lors d’un point presse, sans exclure à terme qu’il y ait des publicités sur cette plateforme.

Selon la société eMarketer, Instagram va générer des revenus publicitaires de près de 5,5 milliards de dollars cette année soit un bond de 70 % par rapport à l’année dernière, grâce aux nombreuses marques et entreprises qui publient sur le réseau.

Intagram vient ainsi encore plus directement concurrencer la plateforme de partage de vidéos YouTube, détenue par Google, et qui connaît également un succès grandissant.

«Ils forment leurs opinions» 

Selon un sondage réalisé par le Pew Research Center paru fin mai, 51 % des ados américains entre 13 et 17 ans utilisent Facebook contre 85 % pour YouTube, 72 % pour Instagram ou encore 69 % pour Snapchat.

Les adolescents sont une cible de choix pour les annonceurs, car c’est un bon moyen de s’assurer leur fidélité à long terme, explique à l’AFP Debra Williamson, analyste spécialisée dans les réseaux sociaux pour eMarketer.

«Ils ne dépensent pas autant d’argent que leurs parents, mais ils forment (à cet âge-là) leurs opinions à propos des marques qu’ils aiment, des services qu’ils aiment», dit-elle.

Plus tard, «quand on décide de là où on va habiter, de quelle voiture on va acheter, toutes ces choses se sont décidées pendant votre adolescence», insiste Mme Williamson.

Lancé en 2010, Instagram a été acheté en 2012 par Facebook pour environ 1 milliard de dollars.

Facebook mais aussi Twitter ou Snapchat, notamment, ont eux aussi déjà commencé à renforcer leur offre en vidéo, en les mettant davantage en valeur ou en diffusant des contenus originaux.

Techno

Préparez-vous pour l'«Internet des vaches»

MONTRÉAL — Préparez-vous pour l'«Internet des vaches».

Des générations d'agriculteurs misent sur la transmission d'un savoir-faire et d'une expertise familiale pour cultiver des aliments, mais le secteur s'approche d'un point de rupture marqué par une technologie canadienne d'intelligence artificielle.

L'intelligence artificielle aide déjà les producteurs agricoles à travers le pays pour améliorer les rendements, réduire les coûts et minimiser les impacts sur l'environnement.

Par exemple, au lieu d'étendre des fertilisants partout sur des acres de champs ou d'arroser d'herbicides des vergers entiers, les producteurs peuvent maintenant cibler des endroits précis pour maximiser les interventions.

SomaDetect Inc., de Fredericton au Nouveau-Brunswick, se prépare à distribuer l'automne prochain des systèmes commerciaux qui vont permettre d'analyser le lait à la ferme.

Le producteur obtiendra des rapports produits à l'aide de l'intelligence artificielle pour l'aider à maximiser sa rentabilité. Ils pourront aussi surveiller leurs troupeaux grâce à l'«Internet des vaches».

Des senseurs installés dans chaque box de l'étable permettent d'identifier chacune des vaches, d'analyser leur lait et d'informer rapidement le producteur avec des données sur la teneur en protéines et en gras, la présence de maladie, le taux d'hormones liées à la reproduction et la présence de résidus antibiotiques.

«Nous en sommes à la quatrième révolution en agriculture et l'intelligence artificielle est absolument essentielle», soutient la cofondatrice de l'entreprise Bethany Deshpande.

Cependant, Mme Deshpande reconnaît que la technologie en est à ses balbutiements alors que les agriculteurs commencent à peine à se familiariser avec le potentiel d'amélioration qu'elle peut générer sur leurs opérations.

Assistant virtuel aux cultivateurs

La firme montréalaise Motorleaf Inc. a mis au point un système capable d'accumuler des données sur la production en serre puis à se servir de l'intelligence artificielle et d'algorithmes d'apprentissage machine pour identifier des courbes de croissance à l'intérieur de la serre.

Ces informations peuvent ensuite permettre d'aider à prévoir la valeur des futures récoltes.

Pour le président Alastair Monk, qui a cofondé Motorleaf il y a deux ans avec l'ingénieur agricole Ramen Dutta, c'est comme fournir un assistant virtuel aux cultivateurs.

«Tous ces ingrédients sont mélangés dans une grande soupe et au bout de la chaîne il sort un algorithme spécifique à la serre, qui permet de prendre des décisions éclairées plutôt que d'y aller au hasard et de prendre des risques», décrit M. Monk.

AFFAIRES

Coup d'œil sur le nouveau Assassin's Creed

Ça y est! Ubisoft vient de dévoiler Assassin’s Creed Odyssey pendant le sommet du jeu vidéo, le E3 à Los Angeles. Le projet a été créé à Québec et piloté par le studio du quartier Saint-Roch.

Cette aventure qui se déroule dans la Grèce antique à l’époque de la guerre du Péloponnèse opposant Sparte et Athènes (431 av. J.-C.) sera en même temps un jeu et un cours d’histoire agrémenté des légendes de l’époque et de personnages mythiques et mythologiques.

La sortie du jeu de catégorie triple A est prévue pour le 5 octobre.

Quelque 400 employés du studio de Québec ont mis l’épaule à la roue à un moment ou l’autre au cours des trois dernières années. Au moins 200 à 300 autres employés des autres studios d’Ubisoft dans le monde y ont aussi collaboré.

Même si Ubisoft ne veut donner aucun chiffre quant aux coûts de cette super production, il est raisonnable de penser que l’investissement frôle les 80 à 100 millions de dollars.

L’équipe de création sous la direction Jonathan Dumont a mis au point un jeu qui devrait procurer de nombreuses nuits blanches aux amateurs de cette série comptant un 11e titre. Une bonne centaine d’heures de jeu serait nécessaire pour parcourir les tableaux et compléter toutes les quêtes.

Hippocrate, Périclès et compagnie

La portion de jeu en démonstration passera entre des milliers de mains, mais Le Soleil a pu jouer quelques heures lors d’une présentation sous haute surveillance et presque aussi secrète que les discussions lors du G7 !

Au moment de se lancer dans l’aventure, le joueur aura le choix d’incarner un personnage masculin ou un personnage féminin. Jonathan Dumont assure que les deux personnages ont les mêmes avantages, les mêmes capacités et les mêmes choix pour progresser dans leurs habiletés.

Tout au long de la quête, le joueur devra faire des choix pour son mercenaire qui pourra se battre pour Sparte ou pour Athènes. Et encore, les choix à faire influenceront le cours de l’histoire. 

Par exemple, tuer des gens devant Hippocrate ne rendra pas le joueur très sympathique. D’autres personnages, comme Périclès ou Socrate, mériteront d’être écoutés attentivement pendant le parcours.

Encore, lors des dialogues avec les meneurs des quêtes, le joueur aura à choisir des options qui influenceront l’attitude de ses partenaires. Par exemple, si le mercenaire se met à faire des carnages un peu partout, il est assuré que les autres mercenaires voudront sa tête, ce qui rendra plus difficile la poursuite de l’objectif principal.

En Grèce pour s’inspirer

Quant au jeu comme tel, on constate la qualité du graphisme des villes, des bâtiments et le réalisme des personnages. D’ailleurs, comme il l’avait fait à Londres pour la création Assassin’s Creed Syndicate, Jonathan Dumont, avec des membres, de son équipe a visité la Grèce pour s’inspirer du mode de vie, de l’histoire tout en visualisant les ruines pour créer un univers le plus réaliste possible.

Le mode de jeu comporte quelques modifications avec les boutons pour les combats, mais il est assez facile de s’ajuster en progressant dans l’aventure avec les boutons des actions spéciales pour les combats.

Parmi les éléments agréables, lors la visite des îles grecques, il y a le retour des combats naval comme dans Black Flag. Il faut constituer son équipage et combattre l’ennemi en comprenant adéquatement les techniques de navigation pour éperonner les navires et les délais pour tirer les flèches de feu.

Ça sera long l’attente jusqu’au 5 octobre!

Voir des images du jeu Assassin's Creed Odyssey

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Techno

Se désintoxiquer de son cellulaire

NEW YORK — Pourquoi vérifions-nous ce qui se passe sur Facebook, Instagram et Twitter alors qu’on voulait simplement savoir quel temps il fera demain?

Il s’avère que la dépendance au téléphone intelligent est intentionnelle. Pensez au flux constant de notifications, aux jeux de couleurs dans les applications et à tous les «j’aime», aux abonnés et aux trophées qu’on peut remporter. Nos téléphones et nos applications sont conçus pour nous procurer des récompenses et un sentiment de bien-être à court terme, pour nous inciter à les utiliser encore plus longtemps - au détriment de la lecture, du plaisir ou simplement de l’ennui.

Certaines entreprises réagissent aux préoccupations des clients et des experts. Le prochain système d’exploitation de Google, par exemple, sera livré avec un mode «wind down» («on se prépare à fermer»); l’écran devient automatiquement gris à une heure désignée avant de se coucher. Une autre fonction mettra automatiquement votre téléphone en mode «Ne pas déranger» si vous le retournez face cachée contre une table.

Mais la plupart des téléphones Android n’obtiendront pas ce système, Android P, avant la fin de cette année ou même l’année prochaine, voire pas du tout. Et on ne sait pas si Apple prévoit des fonctionnalités similaires pour l’iPhone.

Pour l’instant, voici quelques façons de lutter contre la dépendance à votre téléphone intelligent.

Limitez vos notifications

Vous avez remarqué ces points rouges sur les iPhones et les téléphones Samsung qui indiquent combien de messages, d’actualités ou de mises à jour d’applications il vous reste à lire? Bien sûr que oui.

«Le rouge est une couleur qui attire immédiatement notre attention», souligne le Centre pour une technologie humaine, une organisation qui favorise une relation plus saine et moins dépendante avec la technologie.

D’autres téléphones Android dotés du système d’exploitation le plus récent, Oreo, ont des points plus petits. Il n’y a pas de chiffres, et les couleurs sont plus subtiles, mais le concept est le même: vous inciter à ouvrir l’application.

Pour neutraliser le piège sur les iPhones et les téléphones Android les plus récents, accédez aux paramètres de votre téléphone et désactivez les points, connus sous le nom de «pastilles», pour toutes les applications, sauf pour celles qui vous intéressent le plus. Il peut s’agir d’applications de messagerie que vous utilisez avec des amis ou de services d’actualités dont vous souhaitez recevoir des alertes de dernière minute. Mais avez-vous vraiment besoin d’un point rouge pour les 2346 courriels non lus que vous avez?

Vous pouvez également désactiver les notifications poussées («push»), application par application.

Avec Facebook, vous devez accéder aux paramètres de l’application pour désactiver les dizaines de catégories de notifications, telles que les «mises à jour de vos amis depuis votre dernière connexion». Désactiver une catégorie désactivera également les points rouges de cette catégorie.

Désintoxiquez-vous régulièrement

Cela peut être aussi simple que d’aller aux toilettes sans votre téléphone ou de l’éteindre pendant les heures de repas ou pendant une journée de congé. Laisser votre téléphone derrière aide votre cerveau à se «réinitialiser».

Si vous avez besoin d’une motivation pour vous désintoxiquer, essayez Moment, une application qui suit automatiquement l’utilisation quotidienne de votre iPhone ou iPad chaque jour. Ce n’est pas parfait, car la minuterie repart chaque fois que votre écran est déverrouillé, même si vous êtes loin de votre appareil. Pourtant, les résultats vont probablement vous surprendre. Pour Android, il existe une application appelée QualityTime.

Définissez un calendrier

Nir Eyal, l’auteur de Hooked: How to Build Habit-Forming Products, compare les humains aux souris de laboratoire dans une expérience portant sur les récompenses aléatoires. Il s’avère que les souris répondent «le plus voracement à des récompenses aléatoires», a écrit M. Eyal en 2012.

Les applications de médias sociaux ont perfectionné l’art des récompenses aléatoires. Vous ne savez pas quand vous recevrez une demande d’ami ou quelque chose du genre, ou même si vous verrez un nouveau message d’un ami. Vous comprenez un peu mieux pourquoi vous avez constamment envie d’ouvrir votre compte Facebook ou Instagram?

Prévoyez un moment précis chaque jour pour vérifier Facebook — ou votre courriel, ou vos messages instantanés. Puis résistez à la tentation jusqu’au prochain moment prévu.

Dans le même ordre d’idée, essayez de supprimer l’application Facebook de votre téléphone et visitez uniquement le site à partir d’un ordinateur. Cela pourrait aider à réduire la tentation d’y retourner toute la journée.

Éteignez AutoPlay

Regarder de multiples vidéos une après l’autre peut parfois être amusant, mais ça ne devrait pas être un comportement habituel. Des services comme YouTube et Netflix lancent souvent la prochaine vidéo automatiquement. Éteignez cette fonction dans les paramètres. Autrement, il est facile de perdre toute notion du temps pendant une frénésie Stranger Things.

Achetez-vous un réveille-matin

Il n’y a pas si longtemps, nous pouvions nous réveiller sans nos téléphones, en utilisant un appareil magique appelé le réveil-matin. Achetez-en un.

Le Centre pour une technologie humaine suggère de bannir les téléphones de votre table de chevet, voire de la chambre entière. Cela devrait permettre un meilleur sommeil, en partie parce que la lumière bleue émise par votre téléphone peut retarder la production de mélatonine par votre corps, qui aide à dormir la nuit. Mais s’endormir après un dernier «j’aime» sur Facebook ou être anxieux après avoir lu un article peut également perturber votre sommeil.

Alors, mettez votre téléphone un peu plus loin et qui sait, vous pourriez même vous réveiller et dire bonjour à votre partenaire au lieu de vérifier votre téléphone avant même de sauter du lit.

Techno

Facebook: la vie privée des Canadiens bientôt mieux protégée

TORONTO — Les utilisateurs de Facebook au Canada et ailleurs recevront bientôt une nouvelle alerte concernant la protection de leur vie privée, à la veille de l’entrée en vigueur de règles beaucoup plus strictes à ce sujet sur le territoire de l’Union européenne.

Le responsable de la protection de la vie privée du géant des médias sociaux a déclaré jeudi sur un blogue que le nouveau type d’alerte de Facebook invitera les utilisateurs à revoir les détails de ce qu’ils ont choisi de partager.

Les alertes personnalisées indiqueront notamment quelles informations politiques, religieuses et relationnelles les utilisateurs ont choisi d’inclure dans leurs profils.

Facebook affichera également un résumé des fonctionnalités activées, telles que la reconnaissance faciale ou les annonces basées sur les données des partenaires, mais pas les fonctionnalités qui ont déjà été désactivées ou qui n’ont jamais été activées.

L’annonce intervient un jour avant que l’Union européenne n’active son Règlement général sur la protection des données (RGPD), qui prévoit des amendes pour toute entreprise qui viole le droit à la vie privée d’un résident de l’UE.

L’adoption de la norme RGPD par Facebook à travers le monde survient au moment où la compagnie doit encore composer avec les retombées du scandale Cambridge Analytica.

Le patron de Facebook, Mark Zuckerberg, s’est excusé à plusieurs reprises, notamment auprès des législateurs européens mardi à Bruxelles, pour la façon dont le réseau social a été utilisé pour produire de fausses nouvelles et interférer avec les élections.

Monde

Zuckerberg s'excuse au Parlement européen

BRUXELLES — Le patron de Facebook, Mark Zuckerberg, a présenté mardi ses excuses devant le Parlement européen, comme il l’avait fait devant les parlementaires américains, pour les lacunes de son réseau social dans la protection des données de ses utilisateurs, illustrées par le scandale Cambridge Analytica.

Costume sombre et cravate bordeaux, M. Zuckerberg est apparu souriant, mais un peu raide, assis à côté du président du Parlement Antonio Tajani, attentif aux questions des chefs de groupes politiques de l’assemblée.

L’audition à Bruxelles s’est déroulée devant un public restreint, mais a finalement été diffusée en direct sur internet, sous la pression de plusieurs formations politiques.

Fausses informations, ingérences de l’étranger dans des élections ou développeurs utilisant de façon mal intentionnée les informations personnelles : Facebook n’a pas pris ses responsabilités.

«C’était une erreur, et je suis désolée», a reconnu M. Zuckerberg dans son introduction. Comme déjà à Washington le mois dernier.

«Il est devenu évident, au cours des deux dernières années, que nous n’avons pas fait assez pour empêcher que les outils que nous avons créés soient aussi utilisés à des fins préjudiciables», a admis le jeune patron milliardaire.

Les nouvelles excuses du fondateur de Facebook lui ont valu d’être tancé par Guy Verhofstadt, le chef des libéraux (groupe ALDE). «Ça fait déjà trois fois depuis le début de l’année», lui a-t-il lancé, s’interrogeant sur le degré de contrôle qu’il exerce sur son entreprise.

«Il y a un gros problème qui ne se résout pas en disant qu’on va le résoudre soi-même», a insisté M. Verhofstadt.

Contrôle et responsabilité

La présence à Bruxelles de Mark Zuckerberg intervient à trois jours de l’entrée en vigueur vendredi d’une législation européenne visant à mieux protéger les données personnelles des Européens, l’une des plus avancées dans ce domaine.

Le patron de Facebook a assuré que son réseau social partageait entièrement les trois principes au coeur du nouveau règlement européen : «Contrôle, Transparence et Responsabilité».

«Nous allons encore plus nous soumettre à ces règles sévères», a-t-il promis : Facebook offrira le même degré de contrôle à «tous ses clients» dans le monde. Notamment la possibilité d’effacer son historique de la même façon que l’on peut effacer ses «cookies» sur internet.

«Cela va prendre du temps pour faire face à tous les changements à effectuer. Mais je m’engage à le faire bien et à réaliser les investissements nécessaires pour garder les gens en sécurité», a affirmé M. Zuckerberg, ajoutant que cela était pour lui «toujours plus important que de maximiser nos profits».

Antonio Tajani a remercié le jeune Américain de sa présence, à un an des élections européennes de 2019. «Nous aimerions que chaque voix s’exprime en toute liberté», a-t-il plaidé. «Nous devons protéger les données personnelles des citoyens (qui sont) devenues une ressource d’une valeur inestimable», a observé l’Italien.

De son côté, Mark Zuckerberg a reconnu que Facebook avait été «trop lent à identifier l’ingérence russe» dans la présidentielle américaine de 2016, mais a précisé que sa société travaillait avec les gouvernements européens en vue des prochaines échéances électorales.

Lien social

Son réseau reste selon lui un lien social important, des dizaines de milliers de personnes ayant eu recours à son outil de crise «Safety check» au moment des attentats jihadistes à Berlin, Londres, Paris ou Bruxelles.

Le mois dernier, les parlementaires américains avaient déjà soumis le milliardaire à une pluie de questions pour comprendre comment la firme Cambridge Analytica avait pu exploiter à leur insu, à des fins politiques, les données de dizaines de millions d’utilisateurs de Facebook.

«Il y a plus d’utilisateurs de Facebook dans l’UE qu’aux États-Unis et les Européens méritent de savoir comment leurs données sont traitées», a argué la commissaire européenne à la Justice, Vera Jourova.

Selon des chiffres communiqués par Facebook à la Commission européenne, les données de «jusqu’à 2,7 millions» d’Européens ont pu être transmises de «manière inappropriée» à la firme Cambridge Analytica, impliquée dans la campagne pour la présidentielle de Donald Trump.

Mme Jourova a plusieurs fois remercié ironiquement Mark Zuckerberg ces dernières semaines pour avoir prouvé par ce scandale à quel point des règles strictes s’imposaient, malgré les réticences des grands acteurs d’internet, grands consommateurs de données personnelles.

À Washington, M. Zuckerberg avait même qualifié d’»étapes positives» les nouvelles règles strictes qui entrent en vigueur le 25 mai dans l’UE.

Le «Règlement général sur la protection des données» (RGPD) va créer ou renforcer des droits individuels et imposer des obligations strictes aux entreprises qui collectent ou traitent des informations personnelles d’Européens, où qu’elles soient établies.

Le lendemain de sa visite à Bruxelles, M. Zuckerberg doit faire partie de la cinquantaine de dirigeants de grandes entreprises du numérique reçus à Paris par le président français Emmanuel Macron.

Techno

Protection de la vie privée: des organisations veulent démanteler Facebook

WASHINGTON — Une coalition d'organisations a annoncé lundi une campagne pour démanteler Facebook, qui possède Instagram, Messenger et WhatsApp, arguant que le réseau social tentaculaire «a trop de pouvoir sur nos vies et sur notre démocratie».

Ces groupes ont créé un site Internet et une page Facebook pour recueillir des soutiens à une pétition destinée à la Commission américaine du commerce, exigeant que le réseau social scinde ses services et «impose des règles strictes sur la vie privée».

«Facebook et [son pdg] Mark Zuckerberg ont amassé une quantité effrayante de pouvoirs», souligne la coalition sur son site. Ses membres sont les mouvements Demand Progress, MoveOn, SumOfUs ou encore Citizens Against Monopoly, Jewish Voice for Peace et Muslim Grassroots Movement.

«Facebook décide de manière unilatérale des informations que des milliards de personnes à travers le monde voient chaque jour. Il achète ou provoque la faillite de concurrents potentiels pour préserver son monopole, tuant l'innovation et le choix», estiment ces militants.

«Il nous traque presque partout où nous allons sur Internet, à travers nos téléphones portables, et même où nous nous rendons dans le monde réel», fustigent-ils.

Facebook reste sous le feu des critiques depuis l'éclatement mi-mars du scandale retentissant Cambridge Analytica, du nom de cette firme britannique liée à la campagne présidentielle de Donald Trump en 2016 aux États-Unis, qui a mis la main sur les données de 87 millions d'utilisateurs de Facebook à leur insu.

Facebook «évolue dans un environnement concurrentiel où les gens utilisent nos applications de même que les services gratuits offerts par bien d'autres» applications, a réagi un porte-parole du réseau social.

«En moyenne, une personne utilise huit applications différentes pour communiquer et rester connectée», a-t-il fait valoir dans une déclaration écrite.

Lors de son audition devant le Congrès américain en avril, Mark Zuckerberg avait déclaré ne pas avoir le sentiment que Facebook était en situation de monopole.

Le réseau social compte plus de deux milliards d'utilisateurs à travers la planète, contre plus d'un milliard pour chacune de ses applications Messenger et Whatsapp.

Cette initiative intervient alors que Mark Zuckerberg doit être auditionné mardi devant le Parlement européen au sujet de Cambridge Analytica.

Techno

BKOM Studios fait tourner les têtes

Le studio de jeux vidéo BKOM Studios fait tourner les têtes des investisseurs chinois. La boîte de la capitale a signé un partenariat avec le distributeur Seasun Games.

Ce contrat de trois ans pourrait représenter des investissements jusqu’à 10 millions $ de la part de Seasun. L’argent servira à propulser la première production originale de BKOM, soit Little Lords of Twilight, sur la scène internationale.

La collaboration entre Seasun Games, propriété en partie du géant chinois Tencent, et BKOM permettra au titre de rejoindre les auditoires d’une cinquantaine de pays, entre autres en Chine, estime la direction de BKOM.

«L’intérêt d’un distributeur de classe mondiale comme Seasun Games confirme que notre jeu fait véritablement bande à part et c’est un honneur de prendre part à ce partenariat. Ensemble, nous allons rendre le jeu encore meilleur», indique Frédéric Martin, président-directeur général et fondateur de BKOM Studios. 

C’est dans le cadre de l’événement annuel Game Developers Conference à San Francisco que M. Martin a entamé sa relation d’affaires avec des responsables de chez Seasun Games.

«Ce qui est intéressant, c’est le fait qu’avec ce partenariat, BKOM demeure 100 % québécois. La propriété intellectuelle du jeu demeure également québécoise», explique M. Martin. «En retour de leur investissement, Seasun va obtenir une part des revenus», poursuit-il. 

Une nouvelle mouture du jeu devrait être disponible à partir de cet automne. Le grand patron de BKOM envisage même d’ici 2019 de décliner l’univers de Little Lords of Twilight sur de nouvelles plateformes, comme Xbox ou PlayStation, pour ne nommer que celles-là. 

«Nous travaillons aussi déjà sur un autre jeu qui exploite les mêmes personnages et le même univers», révèle M. Martin. «Nous souhaitons également développer un partenariat avec un producteur de jouets afin de créer des produits dérivés de notre marque», poursuit-il. 

Embauches

Pour l’heure, Little Lords of Twilight est disponible depuis 2016 sur Google Play, App Store et Steam. Le jeu attire plusieurs dizaines de milliers de joueurs chaque mois, principalement en provenance de l’Amérique du Nord et de l’Europe.

«On va pouvoir aspirer maintenant à l’Asie. Nous avons un partenaire qui connaît bien ce marché», note l’homme d’affaires.

Mentionnons que les personnages qui ont différents pouvoirs sont inspirés de l’imaginaire créatif des enfants de M. Martin, alors qu’ils inventaient avec leur père des histoires avant d’aller au lit. 

«C’est un jeu de stratégie. Il y a un cycle jour et nuit. Chaque fois qu’on passe d’un cycle à l’autre, nos personnages se transforment», raconte le président.

BKOM Studios, dont le siège social est basé dans Lebourgneuf, développe depuis deux décennies des jeux et des expériences interactives pour des joueurs de l’industrie du jeu et du divertissement. 

La compagnie compte 85 employés. La famille devrait atteindre les 100 travailleurs d’ici la fin de l’année. Si tout se déroule selon les plans de la direction, plusieurs autres dizaines de cerveaux devraient être embauchées d’ici 2020.

Au cours des prochaines semaines, BKOM Studios prévoit retirer le jeu Little Lords of Twilight des plateformes de vente afin de procéder aux modifications pour la nouvelle version.

Techno

La Galerie symphonique: une expérience immersive au coeur de l’OSQ

Les élèves de l’école Saint-Édouard de Beauport ont pu découvrir mercredi matin la nouvelle expérience que propose l’Orchestre symphonique de Québec avec sa Galerie symphonique que l’on qualifie de projet unique au monde.

Il s’agit d’une plateforme éducative, une application interactive conçue comme un jeu vidéo pour rendre l’expérience de l’écoute d’une pièce symphonique en voyageant au cœur de l’orchestre pour entendre les instruments un à un ou dans leur ensemble.

Sur la page de la Galerie symphonique, les utilisateurs peuvent télécharger un extrait d’une pièce et explorer tout ce qui se passe comme s’ils déambulaient sur la scène pendant que les musiciens jouent de leur instrument.

En même temps, on peut consulter des informations sur les familles d’instruments, les compositeurs, le chef, le métier de musicien. «Accessible aux enseignants, cet outil est idéal pour familiariser les élèves avec l’univers de la musique symphonique ou préparer la venue au concert via le numérique», notamment «pour les écoles qui participent aux Matinées symphoniques, des concerts réservés aux jeunes du primaire et du secondaire», indique le communique de l’OSQ.

La Galerie symphonique a été développée par l’Orchestre symphonique de Québec, en collaboration avec SAGA et Version 10.

Le Soleil a pu faire l’essai de l’outil sur une page Web. Les effets sont particulièrement impressionnants dans une expérience immersive lorsque l’on prend le temps d’apprécier la prestation avec des écouteurs de qualité.