Selon Éric Caire, porte-parole de la CAQ en matière de transports, le gouvernement Marois s'apprête à réduire sa participation financière dans le transport collectif pour refiler la facture aux automobilistes.

Taxe sur l'essence : la CAQ craint un «scénario apocalyptique»

Un «scénario apocalyptique» de hausse de taxe sur l'essence fait craindre le pire pour les automobilistes au député caquiste Éric Caire.
En point de presse jeudi, le député de La Peltrie a répété ses inquiétudes du printemps sur une éventuelle ponction supplémentaire à la pompe dans les poches des conducteurs.
«Je vous dis apocalyptique parce qu'évidemment les automobilistes québécois sont déjà les plus taxés en matière d'immatriculation de permis de conduire, ils sont les deuxièmes plus taxés au Canada sur la taxe sur l'essence», a déclaré M. Caire.
Le député analyse le report «pratiquement hypocrite» de la politique de mobilité durable par le ministre Sylvain Gaudreault, «malgré le fait qu'elle soit prête», comme le signe qu'une baisse du financement provincial du transport collectif se prépare. La CAQ s'attend à ce qu'on en demande plus aux automobilistes.
Le ministre Gaudreault a déjà évoqué la taxe sur l'essence comme une façon de diversifier les sources de revenus des municipalités. Certaines le demandent. Pour Éric Caire, si des maires souhaitent vraiment hausser leurs revenus, «ils ont les outils en main pour augmenter les taxes municipales». Il craint que le PQ refasse «une espèce de commission scolaire II» en réduisant son financement et en obligeant les maires à augmenter leurs taxes. «Ça, c'est de la sous-traitance d'augmentation de taxes», soutient le député Caire.
L'attachée de presse du ministre Gaudreault, Marie-Ève Imonti, a assuré jeudi qu'il n'y a «aucune hausse de taxes envisagée, il n'y a pas de discussion là-dessus et on est un peu surpris» par le point de presse de M. Caire. Pourtant, le ministre a lui-même plusieurs fois évoqué la taxe sur l'essence dans le cadre de la négociation d'un nouveau pacte fiscal avec les municipalités. «Ces négociations devraient reprendre bientôt, mais pour le moment, il n'y a aucune hausse de taxe envisagée», a réitéré la porte-parole. La politique de mobilité durable n'a pas été reportée puisque le ministre travaille toujours dessus, affirme-t-elle.
La taxe québécoise sur le carburant est de 19,2 ¢ le litre, la taxe fédérale est de 10 ¢ le litre, et un autre 3 ¢ le litre s'ajoute dans le grand Montréal. La TPS et la TVQ s'appliquent aux taxes sur l'essence.