Airbnb gère la présentation des logements, les réservations et les paiements de voyageurs désirant loger dans des maisons privées plutôt que dans des hôtels.

Taxe d'hébergement: Airbnb s'entend avec Québec

Après plusieurs mois de négociations, Airbnb versera au gouvernement du Québec la taxe sur l'hébergement de 3,5 %. Ce qui aurait représenté 3,7 millions $ pour 2016.
L'annonce de l'entente entre la plateforme Web d'hébergement et le provincial aura lieu aujourd'hui lors d'un point de presse à Montréal en compagnie de la ministre du Tourisme, Julie Boulet, l'adjoint parlementaire du ministre des Finances, André Fortin, et la gestionnaire de la politique publique pour Airbnb au Canada, Alex Dagg.
Depuis plusieurs années, le gouvernement du Québec cherche des solutions afin de permettre un combat à armes égales entre les hôteliers et les utilisateurs d'Airbnb désirant louer leur logement. Au printemps 2017, le provincial a instauré la loi 67 visant à mieux encadrer l'hébergement touristique, notamment l'utilisation des plateformes de réservation en ligne. 
Aujourd'hui, pour être conformes à la loi, les détenteurs de logements utilisant entre autres des outils de réservation comme Airbnb doivent obtenir leur permis de la Corporation de l'industrie touristique du Québec (CITQ). L'attestation doit respecter les conditions du règlement municipal d'urbanisme de la Ville où l'édifice est situé. Les propriétaires doivent également déclarer leurs revenus.
Grogne dans l'industrie
Malgré ces modifications, la compagnie Airbnb ne payait jusqu'à présent aucune taxe au Québec ce qui créait la grogne dans les rangs de l'industrie hôtelière. Rappelons que pour chaque nuitée, les propriétaires d'hôtels ou de gîtes doivent charger sur la facture de leurs clients 3,5 % en taxe d'hébergement. L'argent sert par la suite à faire notamment la promotion des destinations touristiques de la province à l'étranger.
Dorénavant, Airbnb, qui a déjà quelques centaines d'ententes similaires à travers le monde, entre autres à San Francisco, chargera 3,5 % aux particuliers effectuant une réservation sur son site pour une nuitée au Québec. Le montant sera inclus dans la facture. L'entreprise américaine versera par la suite les sommes dues au gouvernement. L'argent ira dans les coffres de l'Alliance de l'industrie touristique du Québec. 
Selon des données du site Inside Airbnb, on compte présentement 1085 logements entiers et 794 chambres individuelles à louer dans la capitale. Le marché de la Ville de Québec représente des revenus annuels d'environ 16 millions $ et 178 000 nuitées par année. L'entreprise devrait débourser environ 560 000 $ en taxe d'hébergement. 
Plusieurs hôteliers avec qui le Soleil a discuté ont souligné qu'il y a encore beaucoup de travail à faire dans ce dossier. «C'est une bonne nouvelle. Airbnb fait son bout de chemin», affirme une source. «Il est toutefois important de mentionner que ce n'est pas parce qu'on débourse 3,5 % en taxe qu'on est automatiquement légal. Il faut également avoir la classification», poursuit-elle.
Il s'agit d'un premier accord du genre entre Airbnb et une province canadienne.