La 3e Avenue à Limoilou détient un taux d’inoccupation commercial de 0,9%, le plus bas de toute la ville de Québec.

Taux d’inoccupation commercial: la 3e Avenue conserve sa couronne

Les entrepreneurs doivent faire la file pour installer leurs pénates sur la 3e Avenue, à Limoilou. L’artère commerciale conserve sa couronne du plus bas taux d’inoccupation commercial dans la grande région de Québec.

Pour une troisième année consécutive, le taux d’inoccupation de la 3e Avenue est d’environ 1 %, selon une étude de la firme de conseils immobiliers CAPREA. En 2018, il a été plus précisément de 0,9 %.

«La 3e Avenue est un bel exemple de redéveloppement. Les commerces qui s’y sont installés au cours des dernières années se sont mariés avec la clientèle du secteur. Ils répondent bien à la demande du quartier», indique au Soleil l’évaluateur agréé Christian-Pierre Côté, président de CAPREA.

À titre de comparaison, le boulevard Wilfrid-Hamel est l’endroit dans la capitale où on retrouve présentement le plus d’espaces vacants dans des bâtiments déjà construits. Le taux a grimpé cette année de 3,2 % pour atteindre 12,5 %. 

«Il y a eu plusieurs constructions sur le boulevard Wilfrid-Hamel et malheureusement, certains locaux n’ont pas encore trouvé preneur. C’est un secteur spécial. Il y a beaucoup de commerces en lien avec l’automobile», note le président.

Plusieurs espaces sont aussi disponibles du côté de Saint-Augustin-de-Desmaures (route 138, 13,5 %). 

M. Côté avance comme théorie que les nouvelles constructions réalisées au cours des cinq dernières années dans ce secteur ont dévalisé en partie de leurs commerces de proximité des immeubles plus âgés.

Taux «confortable»

Selon le président de CAPREA, une artère commerciale est habituellement «confortable» avec un taux qui oscille entre 5 % et 10 %. 

Il donne comme exemple le boulevard l’Ormière qui a connu une belle progression. Son taux d’inoccupation est passé de 6,7 % à 4,8 %.

«On voit que les commerces s’adaptent de mieux en mieux à la demande des résidents. Il y a eu beaucoup de constructions dans ce secteur, mais on voit que les nouveaux locaux ont été absorbés».

Le Clap y ouvrira notamment en décembre un complexe de huit nouvelles salles de cinéma. L’entreprise s’est installée dans l’ancien bâtiment de la compagnie Marius Garon.

À l’inverse, toujours selon l’analyse de la firme, le secteur du centre de Sainte-Foy — les avenues Maguire et Myrand ainsi que la route de l’Église — a éprouvé des difficultés à dénicher des locataires au cours des derniers mois. 

Le taux d’inoccupation est passé entre 2017 et 2018 de 7,8 % à 10,3 %.

Le Café Krieghoff, situé sur l’avenue Maguire, a notamment fermé ses portes au printemps dernier. Depuis 2014, plusieurs locataires ont déploré l’impact de l’installation de parcomètres sur cette artère commerciale.

Un projet de réaménagement de l’avenue Maguire, qui devrait permettre l’aménagement de terrasses sur la voie publique, devrait toutefois démarrer à l’été 2019. Ce qui pourrait donner un second souffle à ce secteur, estime M. Côté.

Quant au quartier Saint-Roch, la rue Saint-Joseph est demeurée avec un taux d’inoccupation similaire à celui de 2017, soit de 9,4 %.

Pour information, en 2016, ce taux était de 5,6 %. Comme quoi plusieurs joueurs ont quitté le quartier où comme La Champagnerie, ils ont fait faillite. 

«Dans Saint-Roch, plusieurs commerces ont encore de la difficulté à s’adapter à la clientèle du secteur», estime M. Côté. «Il y a tout de même de beaux succès».

Si on regarde pour l’ensemble de la capitale, la popularité des artères commerciales auprès des gens d’affaires est demeurée relativement similaire au cours de la dernière année. Le taux d’occupation est passé de 93,2 à 92,6 %.