La taux de chômage affichait, le mois dernier, 3,3 %. Un mois plus tôt, il montrait 3,9 %.

Taux de chômage à 3,3 % à Québec: du jamais vu!

À 3,3 % en janvier, le taux de chômage dans la région de Québec a atteint un creux historique.

Une réalité qui s’explique à la fois par la vigueur de l’économie régionale et par la baisse du nombre des personnes à la recherche active d’un gagne-pain.

Économiste principal à Québec International, Louis Gagnon a beau fouiller dans ses papiers, il n’arrive pas à trouver un taux de chômage aussi bas dans la région depuis 2001.

Par rapport au mois de décembre 2017, le taux de chômage dans la région métropolitaine de recensement (RMR) de Québec — qui couvre essentiellement le territoire des villes de Québec et de Lévis — a diminué de 0,6 point de pourcentage, passant de 3,9 % à 3,3 %.

Tel est l’un des constats faits par Statistique Canada qui dévoilait, vendredi, les données mensuelles de son Enquête sur la population active.

«Selon mes premières recherches, le taux de chômage avait fracassé la barre du 4 % en décembre 2008 pour s’établir à 3,8 %», explique Louis Gagnon au Soleil.

Il a fallu ensuite attendre en août (3,8 %) et en septembre (3,9 %) 2017 pour assister à la répétition d’une telle performance.

À l’échelle canadienne, la région de Québec demeure la championne de l’emploi.

Sa plus proche rivale, Vancouver, affiche un taux de chômage de 4,1 %. Suivent, dans l’ordre, Ottawa (5,2 %), Winnipeg (5,7 %), Montréal (5,8 %), Toronto (5,9 %), Edmonton (7,2 %) et Calgary (7,6 %).

Le marché de l’emploi commence donc l’année 2018 sur les chapeaux de roues dans la région de Québec.

En janvier, il s’est créé pas moins de 4700 emplois.

Le taux d’emploi s’est aussi amélioré, fait remarquer l’économiste principal de Québec International. Il affichait 66,3 % en janvier. C’était la première fois, depuis 2015, qu’il franchissait la barre de 66 %. Précisons que le taux d’emploi mesure la proportion de personnes disposant d’un emploi parmi celles en âge de travailler.

En janvier, il y avait un grand total de 452 200 emplois dans la région de Québec. Il n’y en a jamais eu autant depuis 2014.

«L’ensemble des secteurs économiques de Québec a contribué à la création d’emplois», constate Louis Gagnon en prenant soin de mentionner qu’il sera «difficile» de maintenir une telle cadence tout au long de l’année.

Sous la barre du 3 % ?

Du même souffle, il n’écarte pas la possibilité que le taux de chômage chute sous la barre du 3 % à un moment donné au cours des prochains mois.

Il rappelle que le sondage publié, plus tôt cette semaine, par Québec International sur le niveau de confiance des dirigeants d’entreprise révélait que 77 % des patrons prévoyaient réaliser des embauches en 2018 pour assurer la croissance de leurs activités.

Avec un taux de chômage aussi bas, le défi sera de taille pour les employeurs. Les chercheurs d’emploi, notamment chez les 25 à 54 ans, sont trop peu nombreux pour répondre à la demande. Les données de Statistique Canada le montrent clairement: le bassin de main-d’oeuvre disponible se vide à vue d’oeil dans la région de Québec.

Des pertes d’emploi au Québec et au Canada

La Belle Province a enregistré une perte de 17 400 emplois en janvier. Le taux de chômage a grimpé de 5 % à 5,4 % entre décembre 2017 et janvier 2018.

Pour l’ensemble du pays, il y a eu une perte de 88 000 emplois le mois dernier. Le taux de chômage est passé de 5,8 % à 5,9 %.

«Considérant la vive progression de l’emploi observée au cours des derniers mois, il était inévitable que le marché du travail reprenne son souffle un jour ou l’autre. Cela dit, la tendance de l’emploi demeure très bonne et le taux de chômage se maintient près de son creux historique depuis 1976. Cette vitalité du marché du travail engendre de plus en plus de pressions haussières sur les salaires, ce qui pourrait accentuer les craintes inflationnistes», signale l’économiste principal du Mouvement Desjardins, Benoit P. Durocher.

Il rapporte que le recul enregistré en janvier faisait suite à 17 hausses mensuelles consécutives pour une création totale de 600 900 emplois, soit une moyenne de 35 300 postes par mois.