Hydro-Québec procédera à l'installation des compteurs intelligents dans les résidences des Cantons-de-l'Est d'ici le mois de septembre.

Tarifs d'Hydro-Québec: une hausse «beaucoup trop élevée»

La hausse des tarifs d'électricité est «beaucoup trop élevée par rapport à l'inflation», dénonce la Coalition des associations de consommateurs du Québec (CACQ), alors que les Québécois verront leur compte d'Hydro-Québec grimper dès mardi.
Hydro demandait, dans sa requête tarifaire amendée, une hausse de 5,8 % pour 2014, la Régie de l'énergie a finalement autorisé une hausse moyenne des tarifs d'électricité de 4,3 % pour les clients résidentiels, hausse effective dès mardi. Cette augmentation devrait procurer 418 millions $ en revenu supplémentaire à la société d'État, dont 207 millions $ avant taxe proviendront des clients résidentiels.
La CACQ estime que l'augmentation des tarifs entraînera des problèmes financiers dans plusieurs ménages dès cette année et que «la situation ne va que s'amplifier dans le futur».
«Perte de pouvoir d'achat»
«Ce qu'il serait souhaitable, c'est que la hausse soit limitée à l'évolution des prix en général», soutient Richard Dagenais, porte-parole de la CACQ. «Pour 2014, on prévoit 1,5 % d'inflation. On pense que la hausse ne devrait pas être plus élevée que cela, sinon cela crée une perte de pouvoir d'achat pour les consommateurs et une augmentation des problèmes d'endettement.» La hausse tarifaire de 2013 (2,4 %) avait aussi surpassé le taux d'inflation (0,7 %).
La hausse accordée à Hydro-Québec amène une augmentation des tarifs de 1,4 % (140 millions $); cette hausse est toutefois compensée par des gains d'efficience exceptionnels (réduction des coûts, gains de productivité), en bonne part imposés par le gouvernement, en 2013 et 2014 de l'ordre de 160 millions $. La hausse due à l'indexation du tarif patrimonial (comprise dans le 4,3 %) est de 0,8 % cette année (71 millions $), mais devrait augmenter et hausser les tarifs de l'ordre de 1 % par année dans l'avenir.
La CACQ s'oppose à l'indexation du tarif patrimonial parce qu'elle juge que «cela équivaut à une taxe régressive imposée pour rembourser une partie de la dette du gouvernement, alors que les clientèles d'Hydro-Québec n'en sont pas responsables», note l'organisation dans son communiqué. De même, elle considère comme injuste la hausse du taux de rendement, alors «qu'Hydro-Québec présente peu de risques et voit toujours le plus gros de sa dette garantie par le gouvernement».
Entre la première hausse autorisée par la Régie de l'énergie en 2004 et 2014, les tarifs d'électricité ont augmenté de 25,6 %, alors que l'IPC au Québec a grimpé de 21,3 %.
La semaine dernière, Hydro-Québec, qui compte 2,8 millions de clients résidentiels, avait révélé au Soleil que l'écart de température d'environ - 2 °C observé pour l'hiver 2014 [de novembre 2013 à février 2014] représentait en moyenne une hausse de la facture de 7 % par rapport à cette même période l'année dernière.