Tarifs d'électricité: soupir de soulagement à Deschambault

«À Deschambault, on avait déjà des projets qui avançaient et pour lesquels il a fallu prendre du recul, qu'on avait mis sur la glace. Maintenant, on va pouvoir aller de l'avant.»
<p>Le président d'Alcoa Canada, Martin Brière, en compagnie du directeur de l'aluminerie de Deschambault, Sylvain Poissant<span> </span></p>
De passage à l'aluminerie de Deschambault, le président d'Alcoa Canada Groupe produits primaires, Martin Brière, a répété jeudi qu'il était «heureux et soulagé» du résultat des négociations avec le gouvernement du Québec concernant les tarifs d'électricité. L'ancien directeur de l'usine a même été ovationné par les employés à son arrivée.
Depuis octobre, devant la menace de fermeture des trois alumineries québécoises de la multinationale si on ne parvenait pas à une entente, les
550 travailleurs de Deschambault vivaient dans l'incertitude. Mardi, les sourires sont réapparus sur les visages quand on a confirmé que le contrat d'approvisionnement était renouvelé jusqu'en 2030.
En contrepartie du tarif de 3,3 ¢ qui entrera en vigueur l'an prochain - plutôt que les  4,3 ¢ initialement prévus -, Alcoa s'est engagée à investir 250 millions $ sur cinq ans à Baie-Comeau, à Bécancour et à Deschambault. Dans Portneuf, ce sont 50 millions $ qui seront consacrés à l'amélioration de la compétitivité des installations d'ici 2020.
«Le projet du nouveau four à cuire, d'une valeur de 60 à 70 millions $, sera réalisé, ce qui constitue une bonne nouvelle parce que c'est un investissement bon pour 20 à
25 ans. On poussera aussi à d'autres niveaux le Centre d'excellence du Groupe mondial produits primaires d'Alcoa situé à Deschambault», a résumé M. Brière.  
Véritable plaque tournante du transfert d'expertise de la multinationale partout sur la planète, le Centre d'excellence mène, depuis 2008, différentes activités de recherche, de formation, d'expérimentation et de déploiement des meilleures pratiques destinées à l'ensemble de ses usines.
«L'entente favorisera entre autres les initiatives en cours concernant l'innovation des cuves. Il y a également un projet d'automatisation sur lequel nous travaillons et on repoussera, grâce au Centre, la limite sur l'augmentation de l'ampérage. Il s'agit d'initiatives en recherche et développement qui profitent à tous», précise le président.
Pour sa part, le directeur général de l'aluminerie de Deschambault, Sylvain Poissant, confirme que l'annonce lui permettra de concrétiser les embauches qui avaient été planifiées avant le début de la période de négociation avec le gouvernement Marois. «C'est un gros poids qui vient d'être enlevé», a-t-il réagi.    
«De l'oxygène»
De son côté, le maire de Deschambault-Grondines et président du Centre local de développement de Portneuf, Gaston Arcand, parle d'une «excellente nouvelle, d'une bouffée d'oxygène, même si on était confiant parce qu'on avait des contacts et qu'on savait que les négociations allaient bon train. Tout Portneuf en ressort gagnant».
 L'élu estime que l'aluminerie, à titre de plus important employeur privé de la MRC, génère pas moins de 1700 emplois directs et indirects sur le territoire. «Avant de vendre l'électricité à perte ou à prix coûtant, le gouvernement doit considérer l'aide qu'il peut apporter pour supporter certaines entreprises», s'est-il permis d'ajouter.