Dans un communiqué publié mardi, Alcoa n'a pas précisé les conditions tarifaires dont ses installations québécoises bénéficieront.

Tarifs d'électricité d'Alcoa: l'absence d'entente inquiète la région de Baie-Comeau

Même si les négociations se poursuivent entre Québec et la multinationale Alcoa au sujet des tarifs d'électricité payés par la compagnie à partir de janvier 2015, la région de Baie-Comeau commence à s'inquiéter du silence radio dans ce dossier.
«Les discussions se poursuivent toujours. Ça progresse, mais on ne peut en dire plus pour l'instant», a laconiquement lancé la porte-parole d'Alcoa Canada, Lysane Martel. L'entreprise, qui a menacé de fermer ses trois alumineries québécoises si elle n'obtient pas satisfaction, souhaite toujours en arriver à une entente d'ici la fin du premier trimestre.
Pour la Chambre de commerce de Manicouagan et la Confére nce régionale des élus (CRÉ) de la Côte-Nord, ces négociations ne doivent pas se limiter aux tarifs d'électricité, le point sur lequel la compagnie insiste. Elles doivent également inclure la modernisation de l'aluminerie Alcoa, un projet de 1,1 milliard $ annoncé en 2002, mais reporté trois fois depuis. Les tarifs seuls ne pourront sauver l'usine baie-comoise, estiment les deux organismes.
«Nous croyons que l'usine de Baie-Comeau a une capacité de production insuffisante pour demeurer compétitive à long terme», a notamment déclaré le président de la Chambre, Bernard Filiatrault, qui s'interroge sur les intentions réelles d'Alcoa à Baie-Comeau. «L'ajout de capacité par une modernisation à moyen terme est inévitable pour assurer la pérennité des emplois.»
«Une entente portant sur la question des tarifs d'électricité et la modernisation des installations de Baie-Comeau apparaît comme la seule avenue viable à moyen et long termes», soutient pour sa part Micheline Anctil, présidente de la CRÉ de la Côte-Nord.
Modernisation à discuter
Le député de René-Lévesque et whip en chef du gouvernement, Marjolain Dufour, a assuré que le dossier de la modernisation fait partie des négociations. «On sait qu'Alcoa est en demande sur la question des tarifs préférentiels, mais il faut que l'avenir des installations soit discuté. Si Alcoa n'avait pas aussi cette intention, il n'y aurait probablement pas de négociations», a-t-il lancé.
«Mme [Pauline] Marois l'a dit et redit : on n'a pas les moyens de perdre 3000 travailleurs et leurs familles», a ajouté M. Dufour, qui s'est dit en accord avec les sorties de la Chambre de commerce et de la CRÉ. «Il faut consolider les acquis et assurer la pérennité à long terme des usines.»
En soulignant que les échanges se déroulent bien, le whip en chef a toutefois signalé qu'il serait surprenant qu'un dénouement dans ce dossier soit annoncé la semaine prochaine, lors de la vague d'annonces gouvernementales qui seront faites en Mauricie et au Centre-du-Québec. Outre Baie-Comeau, Alcoa possède des alumineries à Deschambault et Bécancour.