Stoyan Napoleonov et son épouse Zori poursuivent l'expansion de leur commerce avec l'ouverture le 4 avril d'une succursale de la charcuterie et d'un restaurant. Pour eux, c'est ainsi qu'ils s'intègrent dans la société québécoise.
Stoyan Napoleonov et son épouse Zori poursuivent l'expansion de leur commerce avec l'ouverture le 4 avril d'une succursale de la charcuterie et d'un restaurant. Pour eux, c'est ainsi qu'ils s'intègrent dans la société québécoise.

Stoyan Napoleonov, l'artisan charcutier tenace et déterminé

Yves Therrien
Yves Therrien
Le Soleil
Le parcours de Stoyan Napoleonov n'est pas une ligne droite, mais une route sinueuse, celle de la ténacité d'un immigrant qui a choisi de faire sa place au Québec.
L'Artisan Charcutier prend donc de l'expansion. Stoyan Napoleonov, cet homme originaire de Bulgarie qui a fait des pieds et des mains pour venir au Canada et mis des années d'efforts à créer son emploi, ouvrira un restaurant de poulet à la portugaise et une succursale de sa charcuterie rue Saint-Jean, au coin de Turnbull.
Pour la deuxième fois, il a reçu l'aide du Fonds d'emprunt Québec pour donner un nouveau tournant à son entreprise qui existe depuis quatre ans. Et il a reçu l'aide de la Banque de développement du Canada, de la Fondation canadienne des jeunes entrepreneurs et du CLD de Québec.
Mais avant d'avoir ces prêts, la première mise de fonds pour son expansion est venue de sa famille. Bien qu'il soit en affaires depuis quatre ans, certaines semaines ont été difficiles. Sa femme Zori a dû l'épauler, sans salaire pour maintenir l'entreprise à flot.
En même temps, il a dû demander l'aide de Fondation canadienne des jeunes entrepreneurs par le programme de soutien aux travailleurs autonomes et d'Emploi-Québec avec l'aide aux travailleurs autonomes à faible revenu. «Sans cela je n'aurais pas pu m'en sortir», affirme-t-il.
Admettant que la localisation de la charcuterie sur le chemin de la Canardière n'était probablement pas idéale, il affirme qu'il a pu compter sur une clientèle fidèle qui se permettait de faire de longs détours pour acheter ses produits de charcuterie. Ce sont même des clients réguliers qui lui conseillaient de se rapprocher de la haute ville, rue Saint-Jean ou avenue Cartier.
Plus visible et accessible
Alors, en ouvrant un nouveau comptoir et un restaurant de type portugais rue Saint-Jean, le 4 avril, il estime qu'il sera plus visible et plus accessible à une clientèle qui ne le connaissait pas. En même temps, il voulait faire un cadeau à Zori, qui rêvait d'ouvrir un restaurant depuis son arrivée au Canada en 2005.
Huit ans plus tard, un second rêve se réalise, ponctué parfois de moment nostalgique. La Bulgarie leur manquait, mais avec les deux enfants nés ici, Alizéa et David, ils savaient aussi que l'avenir était meilleur de ce côté-ci de l'Atlantique.
Mais la Bulgarie a fait un pas vers eux, car depuis quelques mois, Rayka, la mère de Stoyan, est venue donner un coup de main à son fils. Ayant travaillé dans le rembourrage toute sa vie, elle a pris sa retraite sans perdre ses habiletés. Les nouvelles banquettes du restaurant refaites à partir des matériaux récupérés, la peinture, les rideaux sont du fait à la main. Le restaurant Poulet portugais sera plus qu'un commerce, mais une histoire de famille, car pendant la semaine de relâche les enfants de Stoyan étaient présents, chacun voulant donner un coup de main.
«Pendant que nous étions au Portugal, avant de pouvoir venir au Canada, ma femme travaillait dans un restaurant de poulet portugais, souligne Stoyan avec un trémolo dans la voix. Elle aussi a le droit de voir son rêve se réaliser.»
En plein chantier, il raconte comment il a fait venir le système de cuisson au charbon de bois du Portugal, et la fameuse hotte à installer dans une conversation entrecoupée de coup de téléphone de quelques fournisseurs parce qu'il doit gérer la fin des travaux s'il veut ouvrir les portes de l'entreprise familiale le 20 mars, quelques semaines plus tard que prévu.
Stoyan est un tenace passionné. Il aime le travail bien fait et le contact avec les clients. Pendant qu'il parle du goût de poulet ou des côtes levées qui n'a rien de comparable, il lance que le style commande au comptoir a été voulu pour limiter la facture au minimum pour le client. Ce qu'il veut, ce sont des clients satisfaits. Son but ce n'est pas le profit à tout prix, mais voir un client sourire avec le goût de revenir demain.
Stoyan Napoleonov parle plusieurs langues, et le français n'a pas été la langue la plus simple à apprendre, et les coutumes du Québec, pas toujours les plus faciles à interpréter. C'est un homme tenace et déterminé qui fait tout pour faire sa place ici à Québec, parce que c'est ici qu'il a choisi de vivre avec sa famille.