L’économie américaine a encore créé 250 000 nouveaux emplois en octobre, plus que prévu, et le taux de chômage est resté à 3,7 %, son plus bas niveau en 48 ans.

Statu quo de la Fed sur les taux d’intérêts

WASHINGTON — La Banque centrale américaine (Fed) devrait maintenir le statu quo sur les taux d’intérêt, deux jours après un scrutin législatif important, alors que l’économie affiche une belle santé.

Le Comité monétaire de la Fed (FOMC) devrait laisser les taux au jour le jour inchangés dans la fourchette de 2 % à 2,25 % à l’issue d’une réunion jeudi, selon les estimations des marchés.

Pour la dernière fois, ce sera une réunion monétaire sans conférence de presse du président de la Réserve fédérale Jerome Powell.

Celui-ci a décidé à partir de décembre de s’adresser à la presse après chaque rendez-vous monétaire, ce qui donnera davantage de flexibilité à la banque centrale pour agir et s’expliquer sur les taux quand elle le veut.

Si l’on en croit les instruments financiers à terme mesurés par CME-Group, les acteurs financiers sont sûrs à 92,8 % que la Fed ne touchera en tout cas pas au coût du crédit cette semaine.

«Je ne pense pas que les élections jouent un rôle là-dedans. La Fed a été jusqu’ici sur un rythme de hausses trimestrielles» et elle devrait terminer l’année sur la même cadence en choisissant d’effectuer un tour de vis monétaire lors de la réunion suivante des 18 et 19 décembre, a indiqué Tim Duy, professeur d’économie à l’université d’Oregon et spécialiste de la Fed.

Hausse des salaires

Le président Donald Trump, mécontent des relèvements des taux qui renchérissent les prêts et font grimper le dollar, a vigoureusement critiqué la Fed de façon répétée, la traitant de «folle» et de «risque» pour l’économie. Mais les marchés vont scruter le vocabulaire du communiqué pour voir si la banque centrale a pris acte de la hausse des salaires qui a nettement pointé son nez dans le rapport sur l’emploi vendredi et qui pourrait signaler une résurgence de l’inflation.

«La croissance des rémunérations nous dit que le marché du travail se comporte normalement et qu’il n’est plus un mystère à résoudre», a commenté Tim Duy.

Création d’emplois

Jusqu’ici, la décennie de stagnation des salaires malgré un taux de chômage de plus en plus bas rendait les économistes perplexes. L’économie a encore créé 250 000 nouveaux emplois en octobre, plus que prévu, et le taux de chômage est resté à 3,7 %, son plus bas niveau en 48 ans.

Les salaires ont finalement grimpé de 3,1 % sur un an le mois dernier (avant de prendre en compte une inflation de 2 %), ce qui représente un sommet depuis neuf ans.

«L’accélération des augmentations de salaires va attirer l’attention de la Fed et ils ne vont pas aimer cela», a pour sa part assuré l’économiste indépendant Joel Naroff.

Il conseille de chercher dans le communiqué «des commentaires sur les salaires» : «Cela indiquera clairement si la Fed va relever les taux en décembre et en 2019», a-t-il affirmé.

D’autres observateurs doutent que la Fed en dise davantage. «On ne s’attend pas à des changements majeurs» dans le communiqué «vu qu’ils paraissent satisfaits de leur plan de continuer à relever progressivement les taux», a estimé Paul Ashworth de Capital Economics dans une note.

De nombreux membres du FOMC, dont le nouveau numéro deux de la banque centrale Richard Clarida, ont ainsi réitéré ces dernières semaines la voie monétaire tracée depuis quelques mois, prônant la poursuite de hausses graduelles pour prévenir une accélération des prix.