Malgré le faible taux de création d'entreprises au Québec, James Eaves, coconcepteur du programme Startup Fuze, considère que le Québec a «tout pour devenir une grande ville d'entrepreneurs.»

Startup Fuze: l'étincelle de démarrage

Comment devenir entrepreneur et lancer son entreprise avec des bases solides? C'est la question sur laquelle se sont penchés les concepteurs du programme Startup Fuze de la Faculté des sciences de l'administration de l'Université Laval (FSA ULaval), espérant offrir aux entrepreneurs en devenir les outils nécessaires afin de diminuer leur risque d'échec et de les sensibiliser aux besoins grandissants à Québec en entrepreneuriat.
«Québec manque de start-up», lance d'entrée de jeu James Eaves, coconcepteur du programme Startup Fuze de FSA ULaval. «D'après des études, le Québec a un des plus bas taux de création d'entreprises au Canada. C'est dommage, car les Québécois ont tout pour devenir une grande ville d'entrepreneurs.»
Startup Fuze, qui a complété cet été avec succès sa session «prototype», est un programme en anglais de quatre semaines offert par FSA ULaval, qui permet aux étudiants entrepreneurs de développer une idée et d'en évaluer les possibilités sur le marché afin de parvenir à créer leur propre entreprise. C'est un programme qui s'adresse autant aux nouveaux venus qu'aux finissants.
Au cours des quatre semaines, les 27 étudiants inscrits provenant du Canada, du Chili, du Mexique et des États-Unis ont rencontré de grands joueurs du monde de l'entrepreneuriat, notamment Kourosh Karimkhany (chef d'opération à HipMunk), Shervin Hawley (chef de création à IBM) et Dylan Ratigan (concepteur et animateur de plusieurs émissions de télévision nationale américaine).
«Les trois hommes sont revenus à Québec par la suite, car ils cherchent une façon pour y investir. Ils voient Québec comme un centre d'innovation», soutient M. Eaves, professeur à FSA ULaval et résident du Québec depuis cinq ans. «Ils sont là pour conseiller les étudiants et les aider à aller à la prochaine étape de leur parcours. Ils permettent aux participants et au programme de se créer des liens avec Boston, New York, Californie, et Montréal... avec des start-up parmi les plus importants dans le monde. Ils seront de retour l'année prochaine.»
Valider son idée
Afin de valider son idée et de s'assurer du réalisme de son projet, l'étudiant doit suivre plusieurs étapes qui lui permettront peut-être d'éviter de gaspiller de l'argent et des ressources dans un projet qui pourrait faire chou blanc au final.
«L'étudiant trouve une idée, il n'est pas obligé d'en avoir une lorsqu'il commence le cours. Par la suite, il sort dans la rue pour discuter avec les gens de son projet et avec le feedback qu'il reçoit, il change et adapte son idée pour après retourner de nouveau la valider dans la rue. L'objectif est qu'il arrive à la fin avec un prototype de son produit», soutient Patrick Hurley, directeur du Centre des activités internationales à la Faculté et coordonnateur de la Summer Business University qui a été le théâtre de la première expérience Startup Fuze.
«C'est une nouvelle façon de voir l'entrepreneuriat. Au lieu de s'asseoir sur un plan d'affaires tout seul dans son coin, sans savoir si l'idée est bonne ou non, nous amenons les gens à créer une idée et à la valider en même temps. Une fois que l'idée est solide, on peut créer le plan d'affaires et avancer. C'est l'étincelle de départ qu'on offre», renchérit M. Hurley.
Véritable succès
La première expérience du programme Startup Fuze a été un véritable succès au grand bonheur de ses concepteurs. «Au début du cours, nous avions demandé aux étudiants : Qui pense ou souhaite devenir entrepreneur? Seuls deux étudiants ont levé la main. Lors de la dernière semaine, après avoir travaillé et appris les concepts, nous avons reposé la même question et tous sauf un ou deux ont levé la main.»
Les fondateurs de Startup Fuze espèrent voir leur projet se répéter au cours des prochaines années un peu partout, à la Ville de Québec, dans d'autres écoles et l'offrir plus qu'une fois par année. À long terme, ils espèrent pouvoir créer une vingtaine d'entreprises en démarrage dans différents domaines.
«L'année prochaine, on veut ajouter plus d'outils de business vers la fin du programme afin que l'étudiant ayant une idée solide ait les outils nécessaires pour pousser son idée à une autre limite», conclut M. Hurley. «Après notre programme, les entrepreneurs sont en mesure d'avancer plus facilement, car ils connaissent mieux le produit, le public et les besoins.»