Swati Mylavarapu, responsable du développement de Square au Canada

Square: la nouvelle façon de payer

Dans les bureaux de Square, l'image d'un vase de verre de couleur turquoise trône un peu partout sur les murs pour rappeler aux employés les origines de la compagnie. Derrière ce vase, un objectif: simplifier la vie des gens en facilitant le commerce.
L'histoire de Square est d'abord celle de Jim McKelvey, un informaticien originaire de St. Louis, au Missouri, possédant une petite boutique d'art où il souffle du verre. Tanné de perdre des ventes parce qu'il n'acceptait pas la carte de crédit, il s'est allié à un de ses amis, Jack Dorsey, pour pallier son problème. Il se trouve que celui-ci est, par ailleurs, le cofondateur du réseau social Twitter...
Cette histoire, qui date d'il y a cinq ans, Swati Mylavarapu prend plaisir à la raconter. La responsable du développement de Square au Canada était l'une des conférencières vedettes du Web à Québec, un événement rassemblant des centaines de décideurs, professionnels, gestionnaires, développeurs et étudiants de l'industrie du numérique.
«Simplicité. Vous allez souvent m'entendre dire ce mot durant cette conférence, car c'est là toute l'essence de notre produit. Nous avons voulu réinventer, repenser le commerce», soutient avec assurance Mme Mylavarapu.
Des quelque 1,1 million de petites entreprises enregistrées au Canada, seulement le tiers acceptent le crédit. Les frais engagés, la technologie encombrante et la paperasserie exigée rebutent souvent les plus petits joueurs à offrir ce mode de paiement. Or, les Canadiens possèdent un total de 88 millions de cartes de crédit... «Maintenant, vous comprenez pourquoi nous sommes si excités à développer notre marché au Canada», lance la jeune femme d'affaires, qui a fait ses classes à Harvard et à Oxford.
«Nous sommes partis de la prémisse que tout le monde devait pouvoir accepter les paiements par carte de crédit, peu importe où et à quel moment. Nous voulions éliminer les irritants des terminaux traditionnels, qui sont gros, lourds, chers, lents et parfois difficiles à manipuler.»
C'est grâce au travail des meilleurs designers et ingénieurs des technologies de l'information de Silicone Valley - dont certains sont des anciens d'Apple - que Square est parvenu à créer son petit lecteur mobile de carte de crédit, qui se branche tout simplement dans la prise audio d'un téléphone intelligent (iPhone ou Androïd) ou d'un iPad. La compagnie, qui émet gratuitement ses petits lecteurs «carrés», se garde un pourcentage fixe de 2,75 % sur chaque transaction.
En octobre, alors que l'entreprise californienne célébrait son premier anniversaire en sol canadien, quelque 90 000 marchands s'étaient enregistrés sur le site de Square Canada. Au Québec seulement, Square a permis le traitement de 25 millions $ en transactions à plus de 17 000 particuliers et entreprises.
Réticences
«Parfois, j'ai des clients qui sont un peu plus réticents parce qu'ils croient que je vais cloner leur carte. Mais je leur montre le logo officiel de Square et leur explique comment ça marche et finalement tout se passe bien. En plus, je peux leur envoyer un reçu par courriel où ils ont toutes les informations sur la transaction et sur moi», raconte Christian Roy, un propriétaire de taxi qui utilise la technologie Square depuis environ un an. «Je n'ai jamais rien voulu savoir des terminaux traditionnels, parce qu'il n'y a pas une semaine où je n'entends pas sur les ondes que d'autres chauffeurs ont des problèmes avec Interac. Avec Square, ça prend trois secondes et ça passe. En plus, l'argent est déposé dans mon compte dans les 48 heures.»
Micaël Minguy-Bédard, associé chez Option Design, une agence de communication de Québec, compte lui aussi parmi les premiers commerçants à avoir adopté Square dans la capitale. «Ça marche super bien pour les petits projets, mais maintenant qu'on travaille davantage sur des projets de plusieurs milliers de dollars, on utilise plus le mode de paiement par chèque, qui peut être postdaté.»
En aucun cas, ces commerçants ont affirmé pouvoir conserver les données sur leurs clients. Sur son site, Square explique qu'elle «chiffre les transactions au moment où la carte est glissée dans le lecteur et segmente les données une fois [que] celles-ci [se trouvent] dans nos serveurs».
En plus des États-Unis et du Canada, Square est également implanté au Japon.