La boutique de Souris Mini dans le Vieux-Québec fermera ses portes d'ici le 4 février.

Souris Mini fermera huit boutiques

D’ici le 4 février, Souris Mini fermera huit boutiques au Québec, dont celle de la rue Saint-Jean dans le Vieux-Québec.

Une décision qui s’inscrit parmi les premières mesures de restructuration adoptées par l’entreprise de Québec spécialisée dans la vente de vêtements, de meubles, d’accessoires et de cosmétiques pour les enfants.

Par ailleurs, des investisseurs se sont pointés le bout du nez, ces dernières semaines, pour examiner la possibilité d’investir dans Souris Mini ou encore pour s’en porter acquéreurs.

Souris Mini et ses filiales Les Boutiques Souris Mini et Souris Mini International, rappelons-le, se sont placés, le 1er décembre, sous la protection de la Loi sur les arrangements avec les créanciers des compagnies. L’entreprise qui fait travailler environ 350 personnes, dont 255 dans ses 29 boutiques, est dans une mauvaise passe financière et doit 17 millions $ à ses créanciers.

La semaine dernière, le contrôleur désigné par le tribunal a déposé, devant la Cour supérieure, son premier rapport sur l’état de la situation chez Souris Mini. Les propriétaires Annie Bellavance et Steeve Beaudet sont déterminés à présenter un plan d’arrangement à leurs créanciers au printemps. La semaine dernière, la Cour supérieure a prolongé jusqu’au 31 mars le délai permettant à Souris Mini de peaufiner son plan de redressement.

Treize boutiques non rentables

Le rapport du contrôleur Andrew Adessky de la firme Richter Groupe Conseil révèle que les dirigeants de Souris Mini ont identifié 13 boutiques non rentables. «Des avis de résiliation ont, à ce jour, été envoyés relativement à huit boutiques», écrit-il dans son rapport datant du 12 janvier consulté par Le Soleil.

En plus de la boutique de la rue Saint-Jean dans le Vieux-Québec, sept autres établissements sont visés par cette mesure de redressement soit ceux des Galeries de Hullà Gatineau, du Carrefour du Nord-Ouest à Val-D’Or, des Promenades Drummondville, aux Factoreries Tremblant à Mont-Tremblant, du Méga Centre Notre-Dame à Laval, des Galeries Rive-Nord à Repentigny et du Centre commercial Fairview à Montréal.

«La fermeture de ces boutiques est prévue entre le 15 janvier et le 4 février et les loyers seront acquittés jusqu’à ce que les locaux soient vacants», précise le contrôleur en signalant que les préavis de licenciement avaient été émis aux employés touchés par les fermetures.

En ce qui a trait aux cinq autres boutiques jugées non rentables, Souris Mini est en discussion avec les propriétaires des centres commerciaux dans l’espoir d’apporter des amendements aux baux «qui, si les locateurs y consentaient, pourraient permettre à ces commerces de recouvrer leur rentabilité et, le cas échéant, d’éviter leur fermeture.»

Toujours dans un effort de redressement de sa situation financière, Souris-Mini a réduit ses frais administratifs notamment en abolissant dix postes à son siège social situé sur la rue Esther-Blondin à Québec. L’objectif est de réduire les dépenses annuelles d’environ 1,3 million $.

Par ailleurs, Souris Mini examine le bien-fondé de vendre HFM, sa division d’uniformes scolaires.

Des programmes d’escomptes ont aussi été mis en place pour liquider les stocks excédentaires dans l’espoir de générer des liquidités.

Par ailleurs, dans son rapport, le contrôleur note que des «investisseurs potentiels» s’étaient manifestés pour investir des sous dans Souris-Mini ou pour en faire l’acquisition. «Il est prématuré à ce stade de commenter sur les suites qui pourraient être données à ces approches préliminaires.»

Perte de 1,4 million $ en 2017

Selon le document du contrôleur transmis à la Cour supérieure, les difficultés financières de l’entreprise fondée en 1986 résultent de la baisse des ventes en boutique due au ralentissement économique généralisé dans le commerce au détail compensée par une augmentation des ventes de liquidation d’inventaire en ligne à moindre marge; des taux de change défavorables, d’une baisse marquée de la marge brute depuis 2015 et de l’endettement élevé (17 millions $) de Souris Mini.

Pour l’année financière terminée le 31 mars 2017, la perte nette du détaillant s’élevait à 1,4 million $.

«La situation financière de Souris Mini a continué à se détériorer au cours de la période du 1er avril au 20 octobre 2017, les ventes d’automne 2017 étant en deçà de ses attentes. En effet, pour la période de sept mois terminée le 28 octobre 2017, Souris Mini a subi une perte d’exploitation de 1,7 million $».

De plus, Andrew Adessky prend soin de mentionner que les ventes en ligne avaient bondi de 8 % comparativement à la même période en 2016. «Il est important de noter que le succès des ventes en ligne se fait, dans plusieurs cas, au détriment des ventes dans les boutiques avec une marge brute inférieure.»