La fondatrice de Souris Mini, Annie Bellavance

Souris Mini: de nouveaux actionnaires à la rescousse

La chaîne de magasins de vêtements, de meubles et d’accessoires pour enfants Souris Mini peut de nouveau respirer. Son processus de restructuration est terminé. Un plan d’expansion vers l’ouest est dans les cartons et de nouveaux actionnaires se joignent à la famille.

C’est ce qu’on peut lire entre autres dans des documents de la Cour supérieure du Québec récemment publiés par le syndic Richter.

Les nouveaux propriétaires seront les entités Gestion Steeve Beaudet, une propriété des copropriétaires actuels de la bannière Steeve Beaudet et Annie Bellavance, la Financière Micadco, appartenant à l’homme d’affaires Michel Cadrin, et le groupe Gestion Natand (Denis Dussault).

Ces compagnies seront copropriétaires à parts égales de Souris Mini. La Cour supérieure a dernièrement donné le feu vert pour ce changement de garde.

Selon l’analyse du Contrôleur responsable du dossier, la seule autre alternative à cette transaction était «une faillite immédiate», suivie «d’une liquidation des actifs».

Pour Mme Bellavance,  il s’agit de la fin d’une longue épreuve. L’enseigne s’était placée sous la protection de la Loi sur les arrangements avec les créanciers des compagnies en décembre dernier. En mai, les dettes de Souris Mini était de l’ordre de 20,7 millions $.

«Nous sommes contents que cela soit terminé. On va pouvoir se remettre à travailler encore plus fort. [...] Cela n’a pas été facile, le commerce au détail est en ce moment dans un brouhaha total» note la femme d’affaires, qui concède que les derniers mois n’ont pas été de tout repos.

Surtout que la première entente pour obtenir du financement est tombée à l’eau. Le Fonds de solidarité FTQ et BDC Capital, deux anciens partenaires, ont préféré ne pas réinjecter d’argent.

En 2015, le Fonds avait investi 6 millions $ pour soutenir le plan d’expansion de l’entreprise. Sa créance s’élevait à 2,2 millions $ en décembre. Pour BDC Capital, la dette était de 5,56 millions $ et de 3,83 millions pour BDC.

Jusqu’au 15 mai, Souris Mini, BDC Capital et le Fonds de solidarité FTQ étaient toujours des partenaires d’affaires. Une entente de principe pour un financement temporaire de 750 000 $ — qui demeurait conditionnelle à son approbation — était sur la table.

Toutefois, en mai, BDC Capital a informé Souris Mini de son refus de procéder selon l’entente de principe. Le Fonds s’est par la suite aussi retiré. Ce qui a forcé la direction à dénicher rapidement de nouveaux actionnaires «compte tenu des besoins pressants de liquidité».

«Le Fonds était prêt à réinvestir dans l’entreprise. Nous avons déposé une offre. Pour des raisons externes, le réinvestissement du Fonds n’a pas pu se réaliser», avance le porte-parole Patrick McQuilken.

Le Fonds de solidarité FTQ aura perdu au total 6,2 millions $ dans cette aventure.

«Nous ne nous entendions pas sur des principes de base. Nous n’avons pas eu le choix de prendre notre plan B. Il a fallu trouver des gens du côté privé qui croyaient en nous et en notre entreprise», renchéri Mme Bellavance.

Emplois conservés

La nouvelle direction conservera  les 240 employés et assumera les contrats d’emploi. Ils reprendront entre autres les magasins ainsi que les contrats avec les établissements scolaires pour la vente d’uniformes.

Pour la suite, Souris Mini prévoit injecter 3 millions $ afin d’augmenter sa présence à travers le Canada et sur le Web. La compagnie réalise actuellement des études de marché. Toronto est entre autres sous la loupe.

«Nous sommes à élaborer un plan stratégique 360  qui permettra d’optimiser nos activités afin d’être plus concurrentiels dans notre marché», révèle Mme Bellavance. «On pense faire des magasins plus petits avec de la marchandise qui va rouler un peu plus vite. Nous voulons également des écrans pour montrer nos produits. On veut des sites plus modernes».

«On veut des boutiques phares à l’extérieur du Québec pour se faire connaître. Notre concept doit être transportable d’un endroit à l’autre», poursuit la femme d’affaires, précisant que pour le Québec «un ou deux autres magasins» pourraient ouvrir dans la région de Montréal.

Ce plan de croissance devrait démarrer dès le printemps prochain.

Dans le cadre de son plan de restructuration, le détaillant a fermé dix boutiques. L’entreprise compte aujourd’hui 19 magasins.