«Ce n’est pas aussi gros que le vendredi fou, mais c’est vraiment une grosse journée», a indiqué une porte-parole de Shopify au sujet du jour 1 de la vente du cannabis au Canada.

Solides ventes de pot sur Shopify

TORONTO — Les boutiques de cannabis en ligne alimentés par le logiciel de commerce électronique de Shopify traitent collectivement plus de 100 commandes à la minute, a indiqué la société d’Ottawa, signe de la forte demande pour la drogue dont l’usage récréatif a été légalisé mercredi.

Depuis la légalisation du cannabis récréatif au Canada, à minuit dans la nuit de mardi à mercredi, les sites web des gouvernements et les portails de détaillants privés gérés par Shopify ont traité «des centaines de milliers», a indiqué la vice-présidente de l’entreprise, Loren Padelford.

Ces magasins en ligne ont vu des «millions de visiteurs» du Canada et du monde entier dans les heures qui ont suivi leur lancement à minuit une, heure locale.

«Pour les 12 premières heures d’ouverture et le nombre de magasins en activité, c’est un assez gros chiffre», a souligné Mme Padelford.

Les Canadiens d’âge adulte sont désormais en mesure d’acheter du cannabis non médical en ligne ou dans des magasins physiques à travers le pays. Cela marque un changement radical dans la politique du pays en matière de drogue et ouvre la voie à ce que certains prévoient être un énorme et lucratif marché. 

Selon un rapport du cabinet de conseil Deloitte, sa valeur pourrait atteindre 4 milliards $ dès la première année.

La plupart de ces achats initiaux de cannabis se feront en ligne, puisque le nombre de succursales physiques reste relativement peu élevé et que ceux-ci ne sont pas répartis de façon égale sur le territoire canadien. Par exemple, alors que Terre-Neuve-et-Labrador compte plus de 20 points de vente ouverts, les Ontariens ne peuvent acheter du pot récréatif qu’en ligne d’ici à l’ouverture de magasins de détail privés, l’année prochaine.

L’Ontario, la Colombie-Britannique, Terre-Neuve-et-Labrador et l’Île-du-Prince-Édouard - où les ventes en ligne de cannabis passeront par des portails gouvernementaux - ainsi que certains détaillants privés d’autres provinces utilisent Shopify pour leurs sites de commerce électronique. 

Au Québec, la gestion des sites internet de la Société québécoise du cannabis (SQDC) a été confiée à Orckestra, une filiale de Technologies Interactives Mediagrif.

La demande était forte pour de nombreuses boutiques en ligne gouvernementales, y compris AlbertaCannabis.org, qui devaient placer leurs clients dans une file d’attente virtuelle peu après minuit pour éviter une panne.

Le site web, développé avec l’américaine OnX Enterprise Solutions, a été «rigoureusement testé», mais le nombre croissant d’utilisateurs «a tout simplement dépassé nos attentes», a déclaré une porte-parole de la commission des jeux, des alcools et du cannabis de l’Alberta. La file d’attente avait été complètement traitée à 0 h 50, a-t-elle précisé.

Le site web de l’Ontario, quant à lui, a également enregistré une bonne activité et traité plus de 38 000 commandes après son lancement, a indiqué mercredi le premier ministre Doug Ford à l’assemblée législative provinciale.

Mme Padelford a indiqué que dans l’ensemble, les volumes de visiteurs et de ventes «importants» étaient attendus, et Shopify ne voyait aucun problème technique.

«Ce n’est pas aussi gros que le vendredi fou, mais c’est vraiment une grosse journée (...) Ce sont de grands magasins avec un volume important et constant.»

L’action de Shopify a cédé mercredi 10,02 $, soit 5,3 pour cent, pour clôturer à 178,89 $ à la Bourse de Toronto.