Jean-François Cauchon et André L'Espérance

Soft dB brise le silence

Du bruit, Soft dB n'en fait pas beaucoup. «C'est dans notre ADN de ne pas faire de bruit», pousse André L'Espérance, fondateur et président de cette discrète entreprise technologique du quartier Montcalm, à Québec.
L'obtention récente d'un contrat d'une valeur de 22 millions $ pour une durée de cinq ans auprès d'un spécialiste américain en bureautique l'amène, pour une rare fois, à briser le silence.
L'acoustique est le domaine d'expertise de Soft dB et de sa quarantaine d'employés.
Son terrain de jeu, c'est le monde.
Ses clients viennent du Canada, des États-Unis, du Mexique, de l'Europe, de l'Asie et de l'Australie.
Quelques noms? 
Bombardier, Boeing, Honeywell, Nokia, Verizon, Wells Fargo, Cisco, IBM, T-Mobile, MasterCard, Ernst & Young et la NASA.
Soft dB, c'est aussi, plus près de chez nous, l'écran acoustique installé en bordure de l'autoroute Laurentienne.
Le Grand Théâtre de Québec l'écoute quand vient le temps d'améliorer l'acoustique de ses salles.
Constructeurs, architectes et ingénieurs font appel à son expertise pour la conception d'immeubles de bureaux. 
Outre des services d'expert-conseil pour l'optimisation acoustique d'installations commerciales et industrielles, l'entreprise fondée en 1996 conçoit, fabrique et commercialise aussi des instruments spécialisés de mesure acoustique qui permettent, entre autres, d'identifier et de cartographier la présence de sources de bruit suspect.
Toutefois, le pain et le beurre de Soft dB, c'est le masquage sonore.
Trop de bruit, pas assez de bruit!
Son système de masquage sonore SmartSMS-NET - fruit de quelques bons coups de génie qui ont été brevetés -représente 70 % des revenus annuels de Soft dB qui s'élèvent à 10 millions $.
«Notre système de masquage sonore, c'est le joyau de notre porte-folio», s'enthousiasme le vice-président Jean-François Cauchon qui est aussi l'un des six actionnaires de l'entreprise. «Le contrat de 22 millions $ que nous venons de décrocher auprès d'un revendeur texan illustre bien le fait que notre technologie a fait ses preuves et qu'elle répond à un besoin, notamment avec la popularité des environnements de travail offrant des aires ouvertes.»
Le masquage sonore vient régler les problèmes causés par un bruit de fond trop élevé - ou même trop faible - dans un bureau.
Comment?
En introduisant un son neutre, donc doux et non dérangeant, dans l'espace de travail.
Un son ne dépassant pas 45 décibels - la voix humaine «normale» produit entre 60 et 75 décibels - qui peut prêter à confusion, à première écoute, avec le ronronnement du système de ventilation.
«Le masquage sonore permet de diminuer les distractions sonores, d'assurer une meilleure confidentialité des conversations et d'accroître le confort des travailleurs et, bien souvent, leur productivité», explique André L'Espérance, un ingénieur détenant un doctorat en acoustique de l'Université de Sherbrooke.
Le son est produit par des haut-parleurs branchés à un amplificateur et placés dans l'espace libre entre le faux plafond et le plancher supérieur.
Les bruits de fond et les distractions sonores, notamment les conversations entre collègues, sont souvent une cause de distraction. «C'est encore plus vrai dans le cas d'un environnement à aires ouvertes, dans lequel un travailleur peut être distrait par des conversations se déroulant à dix mètres de distance de lui», signale Jean-François Cauchon.
«Et qui parle de distraction parle aussi de baisse de la concentration, d'accroissement de la frustration et de perte de productivité.»
L'absence de bruit n'est guère mieux. 
«Un environnement de travail silencieux avec un faible bruit de fond peut réduire la confidentialité des conversations. Les sons voyagent sans entrave. Les conversations privées peuvent alors être entendues. À peu près tous les collègues peuvent écouter les appels téléphoniques, et ce, même si la personne se trouve dans un espace fermé», mentionne André L'Espérance.
Réduire les coûts de construction
La technologie de Soft dB se démarque par le fait qu'elle est gérée par un «système de réglage adaptatif» qui identifie les variations de bruit ambiant en temps réel. 
Des capteurs dissimulés dans le plafond analysent constamment les bruits dans l'espace de travail.  Ils mesurent le bruit perturbateur et le système règle automatiquement le volume de masquage en fonction de ce bruit. «Dans un espace bruyant, le son de masquage augmente lorsque le bruit des conversations augmente. Il diminue lorsque l'endroit retrouve son calme», explique Jean-François Cauchon.
Ce dernier fait remarquer que Desjardins a été parmi les premiers clients de Soft dB. L'institution cherchait une technologie qui allait permettre d'assurer la confidentialité des échanges entre un client et un commis alors que des dizaines de personnes s'entassent dans la file d'attente.
Le masquage sonore permet aussi de faire baisser les coûts de construction.
«Normalement, pour obtenir une bonne confidentialité entre les bureaux privés, les cloisons doivent être construites jusqu'à la dalle structurale», fait remarquer M. Cauchon. «Avec le masquage sonore, les cloisons entre les bureaux peuvent arrêter au plafond suspendu sans pour autant compromettre la confidentialité entre les bureaux.»
Pour savoir davantage, voir le site de l'entreprise : softdb.com