Investissement Québec a déboursé 105 000 $ depuis 2011 pour des parties de golf.

Sociétés d’État: 165 000 $ en parties de golf

Depuis 2010, nos sociétés d’État ont déboursé plus de 165 000 $ en rondes de golf. Et c’est Investissement Québec qui a le plus profité des verts avec des dépenses de plus de 105 000 $.

Selon les données obtenues en vertu de la Loi sur l’accès à l’information, Hydro-Québec a déboursé 18 802,87 $, la Société des alcools du Québec (SAQ) 24 620 $ et Loto-Québec 16 186 $ pour la même période de temps.

Il est toutefois important de mentionner que les données pour l’année financière 2010-2011 d’Investissement Québec ne sont pas disponibles en raison de la fusion de l’organisation avec la Société générale de financement (SGF). Ce qui ferait probablement grimper encore la facture.

«Les Québécois ont un seuil de tolérance beaucoup moins élevé lorsqu’il s’agit de leur argent. Là, c’est l’argent des contribuables qui est dépensé pour faire des parties de golf. C’est difficilement justifiable», déplore le directeur de la Fédération canadienne des contribuables (FCC), Carl Vallée.

Ce dernier concède toutefois qu’en affaires, les contrats se négocient parfois à l’extérieur des bureaux, soit dans des lieux publics.  

«C’est maintenant à ces sociétés de nous faire la démonstration que nous avons eu un retour sur ces investissements. Est-ce que cela a donné des résultats concrets? Si la réponse est oui, il serait intéressant de le savoir pour pouvoir juger. Autrement, on présume que c’est un gaspillage d’argent et avec raison», répond-il, demandant des explications.

Moins de dépenses

Fait intéressant, depuis 2013, les sociétés d’État semblent avoir serré la vis à leurs employés, cadres et membres de la haute direction.

Pour 2017, Loto-Québec indique au Soleil avoir délaissé les terrains de golf pour ses démarches de développement d’affaires, la SAQ et Hydro-Québec ont dépensé respectivement 360 $ et 317,87 $ et la facture pour Investissement Québec a été de 8150 $.

«Les démarches de développement d’affaires ont simplement été menées autrement que dans le cadre de parties ou de tournois de golf», note Isabelle Fontaine, directrice principale des affaires publiques chez Investissement Québec. Cette société d’État avait déboursé 23 540 $ en 2011-2012 et 27 610 $ en 2012-2013 pour entre autres participer à des tournois.  

À titre de comparaison, du côté de la Caisse de dépôt et placement du Québec, l’ensemble des dépenses pour des parties de golf a été entre 2010 et 2016 de l’ordre de 8659 $.

Selon M. Vallée, les dîners d’affaires et les parties de hockey ou de golf ne sont pas à bannir. Il faut toutefois trouver un juste équilibre. Et démontrer les bénéfices.

«Les sociétés d’État ont l’obligation d’être le plus transparentes possible. Ils devraient ouvrir leurs livres et nous démontrer que ces réunions ont eu les résultats escomptés. J’imagine qu’à l’interne, il y a un processus pour inviter un partenaire d’affaires potentiel. J’espère qu’il y a une certaine évaluation des chances de succès pour l’ensemble des contribuables. Il serait intéressant d’avoir les critères à l’interne pour obtenir le feu vert de la direction», dit-il.

Au Québec, le prix pour une partie de golf de jour, tout dépendamment de la qualité du terrain, peut varier entre 35 $ et 100 $.