Sites de réservations en ligne: les Hôtels Jaro refusent d'embarquer

«Jamais vous ne me verrez adhérer à un de ces sites!» lance Jacques Robitaille, propriétaire des Hôtels Jaro, qui regroupe sept établissements à Québec. L'homme d'affaires est d'avis que les autres hôteliers de la région doivent l'imiter et s'affranchir d'Expedia ou de Booking.com.
Il ne s'en cache pas, ses hôtels roulent bien. Et ce, même s'ils ne sont pas affichés sur les sites de réservation en ligne comme c'est le cas de la plupart de ses confrères. «On n'a jamais voulu embarquer», explique M. Robitaille, dans une rare entrevue accordée au Soleil. C'est que le sujet lui tient à coeur et avec sa fille Marlène, ils travaillent fort afin de se battre contre les multinationales qui réussissent quand même à leur voler une partie de leur clientèle. 
Les Hôtels Jaro ont leur propre site de réservation en ligne et, donc, leurs chambres ne devraient pas apparaître ailleurs. Mais Marlène Robitaille a eu la désagréable surprise de trouver sur Internet une entreprise offrant des nuitées dans l'un des établissements sous sa supervision. Le comble? Lorsqu'on tente d'y effectuer une réservation, il n'y a aucune disponibilité. Pire encore? D'autres hôtels sont suggérés pour les dates réclamées. 
Vérification
Une fois, Mme Robitaille s'est fâchée et a appelé l'entreprise en question. Au bout du fil, la réceptionniste l'a mise en attente, le temps de soi-disant contacter l'hôtel pour voir s'il y avait des lits disponibles. Évidemment, il n'y en avait pas. Sans surprise, l'agence n'a jamais appelé l'hôtel puisque c'est sa propriétaire qui était là pour répondre. 
«Ils volent ton site Internet, ils volent tes photos», dénonce Jacques Robitaille, qui réfléchit aux recours possibles pour faire cesser ces pratiques. Il est d'avis que les autres hôteliers de Québec devraient cesser d'encourager ces entreprises, qui font d'énormes profits sur leur dos. «À la longue, ça serait beaucoup plus rentable pour eux. Et le monde va continuer à venir à Québec», argue-t-il. «L'argent sort du pays», déplore par ailleurs celui qui estime que les gouvernements devraient se pencher sur leur cas. 
De son côté, sa fille milite pour changer la législation canadienne pour éviter qu'un hôtelier se fasse voler son nom. Avec des groupes d'hôteliers du Québec et de la région, elle a rencontré le ministre canadien responsable du Tourisme, Maxime Bernier, qui n'a rien pu faire pour eux. «Il faudrait retirer la clause de parité, avoir une réglementation sur le pourcentage de commission réclamé et revoir les lois pour que l'argent reste au Québec», énumère celle qui n'entend pas baisser les bras.