Sirop d'érable: sus aux appellations bidon

L'harmonisation des définitions du sirop d'érable devrait permettre de mieux contrôler les termes bidon qui ont pour effet de leurrer les consommateurs, en particulier sur les marchés étrangers, croit Yvon Poitras, vice-président de l'Institut international du sirop d'érable, l'organisation à l'origine de ce projet.
Que faut-il penser, par exemple, du «sirop à l'érable bio» qui a obtenu le titre de «saveur de l'année 2010» en France? Choisi à l'aveugle lors de tests réalisés auprès d'un jury de 120 consommateurs, selon une vidéo accessible sur Internet, le Canadian Maple Hut contient du sirop de riz, du sucre de canne, de l'eau, 5 % de sirop d'érable et de l'arôme naturel. Cela n'empêche pas son distributeur, Bernard Michaud, d'orner sa bouteille d'une cabane à sucre traditionnelle dans un paysage de neige, sur laquelle est apposée la feuille d'érable canadienne rouge.
Bernard Michaud est également distributeur de véritable sirop d'érable pur sous la marque Maple Joe, très populaire en France.
Mais avec le «sirop à l'érable», tout est en place pour que le consommateur qui n'y connaît pas grand-chose n'y voie que du feu et soit persuadé d'acheter du vrai sirop d'érable, croit Simon Trépanier, directeur adjoint de la Fédération des producteurs acéricoles du Québec.
«On a vérifié la réglementation en France pour l'étiquetage, il n'y a rien qui encadre ça, c'est décourageant», dit-il.
Le fait de s'en aller vers une réglementation qui vise la standardisation du produit devrait permettre de mieux contrôler ce type de marketing, croit-il lui aussi.
Dans le cas du «sirop à l'érable bio», il se dit particulièrement agacé par l'utilisation d'une image de cabane à sucre. «Par chance, au Québec, c'est réglementé. On ne peut pas utiliser une image de cabane à sucre pour un produit succédané.»
La France n'est qu'un marché parmi d'autres, et la Fédération ne peut contrôler les pratiques commerciales à la grandeur de la planète, regrette-t-il.