Peter Simons a salué l'initiative de Québec solidaire, qui a déposé son projet de loi mercredi, et a appelé le gouvernement Couillard à au moins s’en inspirer.

Simons appuie QS sur le commerce en ligne

L’homme d’affaires Peter Simons se dit d’accord avec un éventuel salaire minimum à 15$ l’heure, mais encore faudrait-il que les entreprises ayant pignon sur rue ici ne fassent plus face à une concurrence déloyale à travers Internet.

M. Simons était aux côtés des trois députés de Québec solidaire, mercredi, à l’Assemblée nationale. Amir Khadir venait de présenter un projet de loi visant à assujettir les entreprises vendant des biens et des services en ligne à la taxe de vente québécoise et à l’impôt. La Constitution canadienne donne au Québec le pouvoir d’agir en ce sens.

Le grand patron des magasins Simons a salué cette initiative de Québec solidaire. Il a appelé le gouvernement Couillard à au moins s’en inspirer. Les projets de loi provenant des partis d’opposition sont généralement ignorés par les gouvernements en place, mais ils leur servent parfois de sources d’inspiration.

«C’est facile d’être d’accord avec le 15$ de l’heure, a exprimé Peter Simons. Le problème, c’est qu’il faut investir dans les technologies et la robotique pour être capable d’avoir la productivité concurrentielle pour le faire.» Or, actuellement, la concurrence du commerce en ligne correspond à un «désavantage» s’élevant à 30%, calcule-t-il.

S’il était adopté, le projet de loi de Québec solidaire ferait en sorte qu’une entreprise «n’ayant pas de présence physique au Québec, mais y ayant une présence numérique significative, serait considérée comme ayant un établissement au Québec». Elle le serait dès lors qu’elle aurait un chiffre d’affaires de plus de 30 000 $.

Les entreprises concernées — elles ou celles émettant des cartes de crédit — seraient tenues de percevoir la taxe de vente du Québec. Les pénalités correspondraient à un minimum de 30% du montant des achats effectués.

Ailleurs dans le monde

Marwah Rizqy, de l’école de gestion de l’Université Sherbrooke, estime que le Québec, à travers QS, «fait preuve de leadership en déposant un premier projet de loi» du genre au Canada.

Québec solidaire a également reçu l’appui du Conseil québécois du commerce de détail. «Si une telle initiative aboutissait, le Québec emboîterait le pas à d’autres juridictions dans le monde qui ont déjà légiféré sur la question, a déclaré le pdg du groupe, Léopold Turgeon. Nous n’attendons qu’une seule chose: que tous les commerçants, qu’ils soient d’ici ou d’ailleurs, soient soumis aux mêmes règles du jeu.»

Récemment, l’Assemblée nationale a adopté à l’unanimité une résolution parlementaire demandant que la TVQ soit «perçue auprès de l’ensemble des entreprises étrangères offrant des produits et des services en ligne».

«Je serais ravi comme citoyen de voir tous les partis travailler ensemble pour un changement que je considère essentiel pour le Québec», a dit Peter Simons.