Le premier ministre du Canada, Justin Trudeau, serre la pince au président de LNG, Andy Calitz.

Shell donne son feu vert à un énorme projet de gaz liquéfié en Colombie-Britannique

VANCOUVER — L'approbation finale d'un important projet de gaz naturel liquéfié de 40 milliards $ dans le nord de la Colombie-Britannique - le plus important projet privé de l'histoire du Canada - démontre que d'importants projets de développement des ressources peuvent être réalisés dans la province, a fait valoir mardi le chef de la direction de LNG Canada.

L'avenir des grands projets énergétiques britanno-colombiens s'est récemment retrouvé au coeur des débats en raison de l'opposition du gouvernement provincial néo-démocrate au pipeline Trans Mountain. Mais Andy Calitz a estimé que le projet d'usine de gaz naturel liquéfié à Kitimat, sur la côte de la Colombie-Britannique, et le pipeline de 670 kilomètres qui l'accompagne montrent la voie à suivre.

«Cela confirme le fait qu'en Colombie-Britannique, les projets peuvent être réalisés s'ils sont planifiés de la bonne manière», soit en prenant le temps de développer les relations appropriées avant d'aller de l'avant avec les projets, a souligné le grand patron de la coentreprise.

«LNG Canada prouve aujourd'hui que la Colombie-Britannique (...) et le Canada peuvent monétiser nos importantes ressources en gaz naturel à faible coût, que nous pouvons accéder à de nouveaux marchés en Asie, que la Colombie-Britannique et le Canada peuvent attirer des investissements étrangers, que la Colombie-Britannique et le Canada peuvent réaliser des projets énergétiques concurrentiels et se positionner sur la carte mondiale des pays exportateurs d'énergie.»

Le premier ministre canadien Justin Trudeau a affirmé que le projet démontrait qu'il était possible de soutenir l'exportation de ressources énergétiques au Canada tout en tenant compte de l'environnement, une position qu'il a souvent défendue.

«Nous ne pouvons pas construire de projets énergétiques comme nous le faisions dans le passé, où l'environnement et l'économie étaient considérés comme des forces opposées», a affirmé M. Trudeau.

«Au 21e siècle, nous n'avons pas à choisir entre un environnement sain et une économie forte. Ils doivent aller de pair.»

Les cinq partenaires du projet de gaz naturel liquéfié ont convenu d'une coentreprise de 40 milliards $. M. Trudeau a noté que la somme allongée était l'investissement le plus important du secteur privé dans l'histoire du Canada.

Les partenaires - Royal Dutch Shell, Mitsubishi, la malaisienne Petronas, PetroChina et Korean Gas - avaient reporté leur décision d'investissement finale en 2016 en invoquant une chute des prix du gaz naturel.

Chaque entreprise sera responsable de fournir son propre approvisionnement en gaz naturel et commercialisera individuellement sa part de gaz naturel liquéfié.

La première livraison de gaz naturel liquéfié devrait avoir lieu avant le milieu de la prochaine décennie.

M. Calitz a précisé que le projet avait reçu le soutien du gouvernement de la Colombie-Britannique, des collectivités autochtones locales et de la communauté de Kitimat - et que LNG Canada était prête à entamer la construction.

Le premier ministre de la Colombie-Britannique, John Horgan, a estimé que le projet aiderait une région de la province qui a besoin d'emplois.

«Il s'agit d'une occasion générationnelle pour le nord de la Colombie-Britannique, une occasion qu'il ne faut pas laisser passer», a-t-il affirmé.

Mais le chef du Parti vert provincial, Andrew Weaver, a qualifié cette annonce de «profonde déception».

«L'ajout d'une nouvelle source aussi massive de gaz à effet de serre signifie que le reste de notre économie devra faire encore plus de sacrifices pour atteindre nos objectifs climatiques», a-t-il souligné dans un communiqué.

Le gouvernement néo-démocrate minoritaire de M. Horgan ne gouverne que grâce au soutien du Parti vert et le premier ministre a indiqué que la province comprenait le défi que présentait le projet pour atteindre ses objectifs en matière de changement climatique, mais prévoyait de travailler avec les entreprises pour réduire les émissions.

En vertu du plan climatique de la Colombie-Britannique, la province a accepté de réduire ses émissions de carbone de 40 % par rapport à 2007 d'ici 2030. Le plan prévoyait également que la taxe sur le carbone soit augmentée de 5 $ la tonne le 1er avril, chaque année jusqu'en 2022.