Unique titulaire d'un lot de 20 kilomètres carrés qui le place parmi les plus grands propriétaires fonciers privés de Sept-Îles, l'Américain Macy Block - ici accompagné de sa femme - souhaite aujourd'hui s'en départir.

Sept-Îles: gigantesque propriété cherche investisseur

Avis aux investisseurs : un riche Américain met en vente un gigantesque terrain de 20 kilomètres carrés situé à... Sept-Îles. Aussi surprenant que cela puisse paraître, Macy Block, qui vit aujourd'hui en Ohio, a acquis en 1958 des terres dans le secteur de l'ancien village de Moisie, à l'entrée est de la ville. Un site au potentiel énorme, aux dires de l'octogénaire.
Âgé dans la trentaine à l'époque, Macy Block voyait grand pour la région, qui se développait au rythme effréné du développement minier et hydroélectrique. «Avec en plus sa position stratégique, j'étais convaincu que le monde entier se tournerait vers Sept-Îles», se rappelle l'homme, qui a fait fortune dans les nouvelles technologies. «J'étais certain que ce serait une belle opportunité.»
M. Block allonge alors moins d'une centaine de milliers de dollars pour acquérir le site avec son partenaire, Morten Gibson. Vers les années 90, les Américains rachètent aussi les terrains d'une ancienne usine, ce qui leur permet d'agrandir considérablement leur propriété. Depuis le décès de M. Gibson, il y a une quinzaine d'années, M. Block est l'unique titulaire du lot, ce qui le place aujourd'hui parmi les plus grands propriétaires fonciers privés de Sept-Îles, aux côtés des géants miniers Cliffs et IOC.
«C'étaient des visionnaires», raconte l'avocat Luc Dion, représentant de l'homme d'affaires au Canada. «Dans ce temps-là, on faisait beaucoup miroiter aux États-Unis ce qui se passait sur la Côte-Nord, avec entre autres la construction de la voie maritime. Sept-Îles naissait littéralement durant ces années.» Le village de Moisie, maintenant fusionné, bouillonnait aussi avec sa base militaire, autour de laquelle s'articulait une centaine d'hommes.
Modeste Klondike
«On disait même que Sept-Îles atteindrait 100 000 de population en l'an 2000», se souvient l'avocat. Avec le recul, force est de constater que le Klondike promis a été beaucoup plus modeste. «Sept-Îles ne s'est pas développé aussi rapidement qu'elle aurait dû, en tout cas, pas à son plein potentiel», se désole l'Américain. M. Block a même profité de l'annonce du Plan Nord, en 2008, pour redonner un souffle à ses terrains, mais en vain.
«J'en ai fait la promotion partout à travers le monde, dans les magazines et sur Internet, dit-il. Je pense que les gens sous-estiment Sept-Îles.» C'est d'ailleurs sur un site Web lui appartenant qu'il annonce la mise en vente du lot. L'une de ses vidéos promotionnelles mettant en valeur les différents attraits économiques de la région a récemment refait surface sur les réseaux sociaux. «C'est un homme qui a offert une confiance particulière à Sept-Îles, et qui lui a donné une vitrine exceptionnelle, gratuitement», a rajouté M. Dion.
Peu d'intéressés
Jusqu'à tout récemment, Macy Block revenait sur la Côte-Nord chaque année pour jeter un oeil à ses terrains. Dans ses rêves, il souhaite développer un secteur immobilier en bordure de mer et donner une vocation industrielle sur les terres un peu plus au nord. «J'espère vivre assez longtemps pour voir naître un projet à cet endroit», laisse tomber l'homme de 87 ans, reconnu à Colombus pour son apport au développement immobilier de la ville.
Les intéressés ne se bousculent pas au portillon, selon l'Américain, qui confie n'avoir aucun acheteur potentiel pour l'instant. Impossible également de connaître le prix de vente de la propriété. «Ça pourrait dépendre de la vocation qu'on lui donnerait», précise Luc Dion. La valeur municipale atteindrait néanmoins plus d'un million de dollars. M. Block paye d'ailleurs des taxes à Sept-Îles tous les ans.
Avec la collaboration de Steeve Paradis