Il y a 20 ans, dans le sous-sol de la maison familiale à Sainte-Foy, Sébastien Vachon terminait ses études en géographie et mettait en place les bases de Korem avec un collègue de l'université.

Sébastien Vachon de Korem: un homme d'affaires qui s'ignorait

Rien ne prédestinait Sébastien Vachon à devenir chef d'entreprise. Il n'y avait pas de modèle d'entrepreneur dans sa famille immédiate ou élargie. Pourtant, depuis 20 ans, il dirige Korem avec succès.
Il dit lui-même que l'école n'était pas sa grande passion. Pourtant, dans cette période, il menait des projets à terme.
En terminant ses études en géographie, il fonde le 3 décembre 1993 Korem avec un collègue de l'université.
C'était l'époque où la géomatique tenait le haut du pavé. Pourtant, géomaticien comme informaticien sont devenus des termes génériques pour décrire des fonctions dans un mode technologique rempli de spécialités.
C'est la cartographie qui a fini par prendre le dessus avec la démocratisation des cartes avec Google et la démocratisation des outils informatiques. En 1993, il était possible d'acheter des ordinateurs performants pour quelques milliers de dollars.
Depuis, Korem se spécialise dans les technologies de géolocalisation, de solutions logicielles de traitement des données qui aident les directions d'entreprise à prendre des décisions stratégiques à partir de la cartographie.
Sébastien Vachon s'est servi de son expertise de géographe, celui qui explique des phénomènes, pour ajouter des informations sur les cartes géographiques de manière à les transformer en outil pertinent pour des assureurs, l'industrie des télécommunications ou celui du commerce de détail, par exemple.
«Nous n'avons pas développé un nouveau marché, explique-t-il en entrevue. C'est le marché qui évoluait et qui cherchait des réponses à ses nouveaux besoins en définissant l'offre de service. Nous étions dans le bon chemin.»
L'aventure se poursuit depuis 20 ans dans le créneau de l'intelligence d'affaires et de la gestion du risque à partir des cartes dans lesquelles Korem ajoutent des informations pour éclairer les entreprises à prendre des orientations.
Depuis quelque temps, c'est le monde du mobile qui suscite l'intérêt pour avoir accès aux données de partout.
La bulle technologique
Korem est née au moment où la bulle technologique était en expansion, où les fonds étaient plus faciles à obtenir. Juste avant l'éclatement de cette bulle, Sébastien Vachon allait rencontrer un homme d'affaires de Montréal, Jan Oosterwaal, qui est devenu son mentor en même temps que le président du conseil d'administration de la compagnie.
Ce sont les conseils de Jan Oosterwaal qui aideront au succès de Korem, qui devait se sortir d'une situation où les pertes dépassaient largement les revenus, se rappelle l'homme d'affaires avec de l'émotion dans la voix.
Il faudra deux ans pour corriger la situation et revoir le fonctionnement de la boîte. Deux ans de déficit en 20 ans, c'est une tempête à traverser, mais ce n'est pas la fin de l'aventure. «Lorsqu'il y de la poussière dans l'escalier, il faut faire le nettoyage en commençant par le haut et non à la base, exprime-t-il. Dans l'entreprise, c'est la même chose. S'il y a un problème, il faut réaffirmer les valeurs, la vision et les objectifs de l'entreprise à partir de la direction. C'est au patron et à la direction d'assumer le leadership en entraînant avec conviction le reste de l'équipe à sa suite.»
Les actions du deuxième fondateur ont été rachetées par des employés qui lui ont fait confiance à un moment critique. Outre M. Vachon, huit employés détiennent les parts de Korem qui réalise presque 70 % de son chiffre d'affaires aux États-Unis.
Korem a mis en ligne il y a quelques jours cette vidéo pour son 20e anniversaire: http://goo.gl/hXyBC4
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Il faut des vedettes en affaires
Heureux des succès de son entreprise et de la fidélité de ses employés, Sébastien Vachon est un peu plus critique lorsqu'il songe aux interventions de l'État dans le monde des technologies.
«Outre Louis Têtu et Jacques Topping, qui sont des stars dans le monde des technologies, nous n'avons pas tant d'étoiles de deuxième génération d'entrepreneurs parce que les gouvernements saupoudrent leur aide ici et là, soutient le pdg de Korem. Pourtant, on choisit et on pousse sur ceux que l'on veut voir champions aux Jeux olympiques, mais dans le monde des affaires, on ne le fait pas.»
Pour lui, le Québec manque de modèles dans le monde des affaires, des gens dont la notoriété et le succès sont connus de tous et rayonnent sur tous, car ces entrepreneurs de premier plan créent de la richesse et des emplois tout en mettant le Québec au premier plan.
«Ici, j'ai parfois l'impression qu'on nous traite comme si on voulait nous donner une chance alors que nos preuves sont faites. Si on peut pousser un athlète à gagner la médaille d'or, il faut donner le même traitement aux gens d'affaires pour que ce prestige crée un effet d'entraînement.»
Il faut mousser la fierté. Il faut mettre les champions à l'avant-scène, affirme avec conviction celui qui a choisi de s'établir dans Saint-Roch et d'y rester. Pas question d'aller à l'étranger où il fait la majorité de ses affaires.
Même s'il n'a pas une entité comme le comité olympique pour le pousser plus loin et plus haut, Sébastien Vachon est loin de lâcher prise. Au contraire, avec détermination, il affirme qu'il fera tout pour être sur la plus haute marche du podium.