Le chef conservateur Andrew Scheer a fait campagne à Montréal, vendredi, devant les invités de la Chambre de commerce du Montréal métropolitain.

Scheer promet d’améliorer la sécurité des données personnelles

MONTRÉAL — L’élection fédérale n’est pas encore déclenchée, mais cela n’a pas empêché le chef conservateur Andrew Scheer de venir faire campagne à Montréal, vendredi, devant les invités de la Chambre de commerce du Montréal métropolitain.

M. Scheer a profité de l’occasion pour annoncer son intention d’implanter des mesures visant à protéger les données personnelles des citoyens s’il est élu.

Ces mesures comprennent une réglementation plus serrée pour encadrer la cueillette de données par les géants du Web, limiter la quantité de renseignements qu’ils récoltent et les obliger à rendre plus compréhensibles les ententes de consentement qu’ils présentent aux consommateurs.

Une telle réglementation viserait également à établir des normes sur l’usage sécuritaire et éthique de l’intelligence artificielle et l’Internet des objets afin d’assurer une protection de la vie privée des citoyens.

«Nous allons établir le droit des consommateurs d’accéder à toute donnée sur leur compte recueillie par les entreprises», a-t-il ajouté.

Andrew Scheer prévoit également mettre sur pied un comité d’experts de l’industrie pour définir des normes de cybersécurité et imposer des pénalités aux entreprises qui ne s’y conforment pas. Enfin, il promet qu’un comité ministériel aura la responsabilité, entre autres, de mettre à l’épreuve la sécurité informatique des différents ministères sur une base trimestrielle.

Corridor énergétique

Andrew Scheer a aussi remis de l’avant l’idée d’un corridor énergétique national, une voie terrestre par laquelle transiteraient tant le pétrole et le gaz naturel de l’Ouest vers l’Est que l’hydroélectricité du Québec vers l’Ouest.

Le chef conservateur mise sur la possibilité de trouver un passage qui ferait consensus au sein des provinces, des territoires et des communautés autochtones et qui, une fois établi, permettrait le développement de tels projets plus rapidement.

«C’est un projet ambitieux, j’en suis conscient», a reconnu le chef conservateur alors que le corridor susceptible de créer un tel consensus reste à établir.

Équilibre budgétaire : un an plus tard

Sans surprise, le Parti conservateur continue de décrier les déficits accumulés des budgets du gouvernement libéral.

Devant la demande de la Chambre de commerce de revenir à l’équilibre budgétaire, Andrew Scheer a prévenu qu’il ne pourrait y arriver en quatre ans, mais qu’il lui faudrait une année de plus en raison de l’ampleur du manque à gagner.

Il persiste à dire qu’il peut y arriver sans effectuer de coupes dans les services gouvernementaux, mais n’a promis que de préserver l’Allocation canadienne pour enfants, les prestations aux personnes âgées et les transferts aux provinces en matière de santé et de programmes sociaux.

Pas d’intervention pour SNC-Lavalin

Interrogé par le président de la Chambre de commerce, Michel Leblanc, pour savoir s’il entendait une fois au pouvoir négocier un accord de réparation pour SNC-Lavalin ou chercher à obtenir une forme d’entente à l’amiable, Andrew Scheer s’est réfugié derrière l’indépendance du pouvoir juridique.

Il a réitéré la position qu’il maintient depuis le début de la saga du géant québécois de l’ingénierie. «C’est primordial dans une démocratie basée sur l’indépendance juridique que les politiciens ne s’ingèrent pas dans les poursuites criminelles, et ma position est claire : SNC-Lavalin va avoir l’opportunité de présenter leur cas, mais ce sont les agents de Cour qui vont décider. Nous ne voulons pas vivre dans un pays où les politiciens peuvent appeler les procureurs, les juges et les officiels de Cour pour s’ingérer ou influencer une décision», une déclaration qui lui a valu de tièdes applaudissements menés par le groupe de députés et candidats conservateurs qui l’accompagnaient dans la salle.

Son allocution a été interrompue brièvement par un militant qui s’était introduit discrètement à l’intérieur et qui s’est levé à peu près à mi-chemin pour accuser Andrew Scheer d’être un «criminel climatique». L’homme a été rapidement reconduit à l’extérieur par les services de sécurité.

Andrew Scheer a pris la chose avec philosophie, répliquant qu’il était «très heureux de vivre dans un pays où les gens peuvent s’exprimer et faire connaître leurs préoccupations», ce qui lui a valu, cette fois, une salve d’applaudissements bien sentis.