Selon des données tirées du site SAQ.com, les internautes pouvaient acheter 4096 produits, entre autres, des vins, des bières, des champagnes et des spiritueux, soit 33 % des produits offerts en magasin.

SAQ.com: une offre toujours limitée

Près de quatre ans après son lancement, le programme en ligne Cliquez, achetez et ramassez de la Société des alcools du Québec (SAQ) n’offre toujours aux consommateurs que 33 % des produits disponibles dans les magasins, a constaté Le Soleil.

Mardi, selon des données tirées du site SAQ.com, les internautes pouvaient acheter 4096 produits, entre autres, des vins, des bières, des champagnes et des spiritueux.

Quant à l’inventaire à travers le réseau des succursales de la société d’État, il s’élevait à 12 513 produits.

Rappelons que lors du lancement du nouveau programme en mars 2015, la direction avait pourtant promis un accès à la majorité des produits. L’un des objectifs derrière cette mesure était d’offrir aux amateurs de vins la possibilité de se procurer une bouteille, même si cette dernière n’était pas disponible dans leur région.

Même le dernier rapport annuel de la SAQ mentionne que l’organisation «se taille une place de choix parmi les meilleurs de la planète avec son offre en ligne de plus de 12 000 produits». Le hic, c’est que cette donnée représente l’offre sur toute une année, répond la SAQ.

Selon la direction de la société d’État, «pour une question de logistique», le site SAQ.com est considéré et géré comme une succursale à part entière avec son entrepôt. Ce qui explique son inventaire limité.

«Comme pour une succursale, lorsqu’un produit n’est plus disponible en ligne, il n’apparaît plus dans l’inventaire. [...] Il s’agit tout de même de notre point de vente le plus complet», indique la porte-parole Linda Bouchard. «Nous ne nous limitons pas à un certain pourcentage, c’est que certains produits sont en quantité limitée», poursuit-elle.

Fausse route

Selon l’éditeur du magazine Web vinquebec.com, Marc André Gagnon, la SAQ fait fausse route en limitant ainsi son offre sur le Web et elle se prive de revenu considérable.

Il faut dire que depuis plusieurs années, les ventes en ligne d’alcool aux particuliers sont en croissance à travers le Québec. En 2015-2016, sans tenir compte des commandes des restaurateurs, elles avaient été de 19,9 millions $. Pour les deux années suivantes, elles ont grimpé à 25,7 millions $ et à 38,8 millions $.

«L’offre est actuellement insuffisante sur le site SAQ.com. Il nous avait promis que tous les vins seraient disponibles. Si on compare avec les grandes chaînes du commerce de détail, le consommateur peut retrouver en ligne tous les produits disponibles dans l’ensemble des points de vente. C’est un non-sens», déplore M. Gagnon.

«La SAQ aurait intérêt à mousser davantage son service sur Internet, cela serait moins dispendieux, surtout lorsqu’on pense aux frais pour la distribution des produits à travers le réseau», poursuit-il.

Le programme en ligne Cliquez, achetez et ramassez permet aux consommateurs de récupérer leurs produits en succursales. Ils peuvent également se faire livrer leur commande à leur domicile ou à leur bureau moyennant un tarif fixe de 12 $. La livraison est toutefois gratuite pour les achats de plus de 75 $.

«Je ne comprends pas pourquoi il n’y a pas de progression dans l’offre. Lorsque je regarde l’inventaire, il y a parfois des vins qui ne se vendent pas dans certaines succursales. La SAQ pourrait les renvoyer à l’entrepôt et les offrir en ligne. Je ne sais pas si c’est une question d’espace ou un manque de main-d’œuvre. C’est peut-être aussi des pressions qui proviennent des succursales», s’interroge M. Gagnon.

En 2016, l’ancien pdg, Alain Brunet, affirmait que son organisation souhaitait éventuellement doubler l’offre de produits en ligne, notamment grâce à l’importation privée de bouteilles à l’unité.

«C’est toujours dans les cartons», dit Mme Bouchard. «Je n’ai toutefois pas encore d’échéancier».

À titre de comparaison, la direction de la Société québécoise du cannabis (SQDC) a choisi d’offrir lors de son lancement en octobre dernier le même nombre de produits en ligne que dans ses magasins, et ce, malgré également un défi d’approvisionnement.