SAQ : 50 M$ en heures supplémentaires en cinq ans

En cinq ans, la Société des alcools du Québec (SAQ) a déboursé plus de 50 millions $ en temps supplémentaire, dont 8,9 millions $ pour l'année financière 2016-2017.
Les données obtenues en vertu de la Loi de l'accès à l'information indiquent que les travailleurs du Syndicat des employés de magasins et de bureaux de la SAQ (SEMB-SAQ) ont encaissé pour l'année financière terminée au 31 mars 5,9 millions $, une diminution de 12 % par rapport à la période précédente. Les travailleurs de la SAQ qui cotisent au Syndicat des travailleurs et travailleuses (STTSAQ) ont quant à eux reçu 2 millions $, une augmentation de 21 %. Le 1 million $ restant est réparti entre les deux autres syndicats et les cadres de la société d'État.
Au total, ce sont 3955 employés et cadres qui ont été rémunérés pour du temps supplémentaire l'an dernier, comparativement à 4218 en 2015-2016 et 4254 en 2014-2015.
Depuis quelques années, à la suite des cibles budgétaires du gouvernement, la SAQ, qui compte plus de 7000 employés, cherche à alléger ses finances. Plusieurs postes de cadres et d'employés ont été coupés, également les magazines Tchin Tchin et Cellier, qui ont été remplacés par la publication Le goût de partager. Seulement au cours des 15 derniers mois, près de 280 postes ont été abolis à travers le réseau. 
Tendance à la baisse
Ce resserrement de la ceinture se reflète aussi sur le nombre d'heures supplémentaires payées par la société d'État, notamment lors de périodes de fort achalandage, par exemple, durant le temps des Fêtes. Il s'agit de la première fois depuis plusieurs années que la facture pour du temps supplémentaire passe sous la barre des 9 millions $. Et cette tendance à la baisse devrait se poursuivre, avance la SAQ.
«Les heures supplémentaires sont gérées de façon très, très rigoureuse chaque année. Il y a eu une baisse dernièrement, car nous revoyons nos façons de faire pour optimiser nos opérations. On va continuer de s'ajuster», indique au Soleil le porte-parole Renaud Dugas. 
«On fait ça en fonction des besoins de l'entreprise et de l'achalandage en succursales, mais nous nous assurons de toujours maintenir un service à la clientèle de qualité», poursuit-il, précisant qu'à la SAQ, le montant du temps supplémentaire payé varie d'un syndicat à l'autre. «Ce n'est pas nécessairement du temps double, il y a également du temps simple.»
Pour la présidente du Syndicat du personnel technique et professionnel de la SAQ (SPTP-SAQ), Sandrine Thériault, il est important de surveiller que les coupes des derniers mois n'entraînent pas une importante charge supplémentaire de travail auprès des employés. 
«Pour l'instant, avec les chiffres que nous avons obtenus, il n'y a pas d'impact sur le temps supplémentaire. C'est certain que c'est une période de reconstruction», note celle qui a vu son nombre de membres passer de 700 à 500 en l'espace de deux ans. «On va suivre de près, surtout au niveau de la surcharge de travail. Nous avons régulièrement des rencontres avec les dirigeants des différentes divisions. Pour le moment, nous avons une bonne écoute des gestionnaires», conclut-elle.
Vendredi, la SAQ a déposé son rapport financier pour l'exercice 2016-2017. Les ventes de la société d'État ont atteint 3,1 milliards $, une augmentation de 1,6 %. La SAQ a remis au gouvernement 1,086 milliard $ (+1,8 %), soit 7,7 millions $ de plus que la cible fixée par le gouvernement.