Jacques Lajoie a été nommé leader en santé et en sécurité du travail, catégorie travailleurs, lors du Gala national des Grands Prix et santé et sécurité du travail.

Santé et sécurité au travail: vingt-cinq ans d'efforts récompensés

La mort de collègues de travail au fil des ans n'aura pas été vaine pour Jacques Lajoie, qui s'engage depuis 25 ans à consacrer tous ses efforts à la prévention des accidents. Le représentant en prévention de l'usine de bouletage d'ArcelorMittal à Port-Cartier, sur la Côte-Nord, a vu son travail souligné de belle façon.
M. Lajoie a obtenu le titre de Leader en santé et en sécurité du travail, catégorie travailleurs, lors du 11e Gala national des Grands Prix santé et sécurité du travail, tenu mercredi soir au Centre des congrès de Québec sous l'égide de la Commission des normes, de l'équité, de la santé et de la sécurité du travail (CNESST).
M. Lajoie, qui aura 59 ans dans les prochains jours, a déjà été confronté à la perte de cinq confrères dans des accidents de travail, dont quatre chez ArcelorMittal. Le premier accident, survenu au début des années 80 dans une tourbière, l'a profondément marqué. «C'est un chum qui est décédé. En plus, j'ai dû vivre l'enquête du coroner comme témoin.»
Environ 10 ans plus tard, cette fois à la mine du Mont-Wright, près de Fermont, il voit disparaître un autre collègue. «Cette fois-là, je me suis dit : assez, c'est assez. J'ai décidé de m'impliquer», relate M. Lajoie, qui a fait son arrivée à l'usine de Port-Cartier en 2010 à titre d'opérateur de machinerie lourde.
Prévention au quotidien
Depuis ce second accident, Jacques Lajoie n'a pas inventé un procédé qui évite les accidents ou n'a pas dessiné de machine miracle, mais il fait de la prévention au travail sa priorité quotidienne. Il a suivi de la formation, amorcé de nombreux projets, créé et participé à nombre de comités, autant du côté patronal que syndical, et pousser pour que tous les travailleurs aient droit à un milieu de travail sain et sécuritaire.
«En matière de prévention, je suis un fervent partisan du paritarisme. On réussit à faire avancer les choses quand autant l'employeur que les travailleurs collaborent. La sécurité n'a rien à voir avec la couleur de ton casque [de sécurité]», lance le lauréat, qui souligne qu'il est primordial d'impliquer les travailleurs dans la recherche de solutions adaptées à leur réalité en milieu de travail.    
À quelques années de la retraite, Jacques Lajoie consacre une partie de son temps au développement de la relève sur le terrain. La compagnie souhaite assurément que son successeur soit aussi passionné par son sujet que M. Lajoie, qui n'hésite pas à rentrer régulièrement au travail à 5h, «question de pouvoir rencontrer les gars du quart de nuit avant de commencer la journée».
Autant le syndicat, qui a présenté la candidature de M. Lajoie aux Grands Prix SST, que la direction d'ArcelorMittal à Port-Cartier se réjouissent pour le récipiendaire. La direction locale fera d'ailleurs connaître au siège social de Londres l'accomplissement de Jacques Lajoie, un geste que le principal intéressé accueille en toute modestie. «En santé-sécurité, le plus important, ce n'est pas ce qu'on a fait, c'est ce qui reste à faire», a-t-il conclu.