Le premier ministre François Legault a eu sa rencontre annuelle avec les quatre centrales syndicales, mercredi.

Salaires trop élevés: les syndicats dénoncent Legault

Les chefs syndicaux dénoncent en cette Journée internationale des travailleuses et travailleurs la sortie du premier ministre François Legault qui déplorait les salaires trop élevés des syndiqués québécois.

M. Legault a choisi le 1er mai pour demander aux syndicats d’être «plus raisonnables». Il a fait ce commentaire lors de la période des questions à l’Assemblée nationale, mercredi, quelques heures avant sa rencontre annuelle avec les quatre centrales syndicales.

Répondant au chef libéral intérimaire, Pierre Arcand, sur le conflit de travail qui perdure depuis 15 mois à l’Aluminerie de Bécancour (ABI), il a affirmé vouloir créer plus d’emplois dans le secteur manufacturier.

Or, selon M. Legault, le problème, c’est que le coût de la main-d’œuvre dans certaines entreprises manufacturières du Québec est plus élevé qu’aux États-Unis.

Donc, a-t-il conclu, «je pense qu’il va falloir faire un appel aux syndicats, puis incluant aux Métallos, pour être plus raisonnables».

M. Legault a enchaîné en rappelant que dans le cas d’ABI, le salaire moyen est de 92 000 $ par année. Les travailleurs en lock-out de l’aluminerie sont parmi les 9 % des personnes les mieux payées au Québec, a-t-il exposé. «Il va falloir être raisonnables si on veut créer plus d’emplois payants», a-t-il alors répété.

Quand un syndicat en demande trop, il y a un risque de perdre des emplois, selon lui.

«C’est bien sûr qu’en cette journée de la Fête des travailleurs, c’est un peu désolant que le premier ministre tienne ces propos-là», a réagi le président de la FTQ, Daniel Boyer, au sortir de la rencontre avec M. Legault, mercredi après-midi.

Il s’étonne par ailleurs que le premier ministre ait pris position dans le conflit à Bécancour, en tranchant en faveur de la partie patronale. «Je pense que ce n’est pas la job du premier ministre, on ne s’attend pas à ça du premier ministre», a-t-il déclaré.

Incohérences

M. Legault répète depuis des années qu’il veut créer des emplois payants rémunérés à «25 $, 30 $ ou 40 $» de l’heure, des emplois «de qualité». De tels emplois permettraient entre autres d’attirer des candidats dans les régions.

Mercredi, M. Boyer a dit avoir identifié des «incohérences» dans le discours du chef caquiste.

«On lui a soulevé certaines incohérences, bien évidemment, parce que si on veut augmenter le salaire moyen, et qu’on nous dit qu’à 90 000 $ par année vous êtes trop payés, et qu’on ne veut pas augmenter le salaire minimum, bien évidemment comment on va faire pour augmenter le salaire moyen?» a déclaré le chef syndical. 

«Donc, veut veut pas, il va falloir augmenter le salaire minimum un moment donné, et il ne faut pas se plaindre que des gens aient une bonne job et gagnent 90 000 $ par année, il y a une incohérence là-dedans», a-t-il renchéri.

Daniel Boyer était accompagné des présidents de la CSN, Jacques Létourneau, de la CSQ, Sonia Éthier, et de la CSD, Luc Vachon.