Salaire minimum: hausse faible à venir, malgré le retard

Il y aura bel et bien une hausse du salaire minimum le 1er mai au Québec, même si le gouvernement Marois tarde à la décréter. Le Conseil des ministres sera finalement saisi du dossier d'ici un mois, a-t-on indiqué au Soleil.
Pour la première fois depuis des années, le gouvernement du Québec n'a pas annoncé durant le mois de décembre la traditionnelle hausse à venir du salaire minimum, qui prend généralement effet en mai de chaque année.
Si aucune indication officielle n'est parvenue à ce jour là-dessus, ce n'est pas qu'il n'y aura pas d'augmentation en 2014, garantit-on. Non plus que son entrée en vigueur sera repoussée à juin, juillet ou à l'automne prochain - malgré le plus court délai qui sera cette fois accordé aux entreprises pour en tenir compte.
Un «calcul politique»
On expliquait depuis des années qu'il fallait annoncer la hauteur de la majoration en décembre - quatre ou cinq mois à l'avance, donc - pour permettre aux entreprises de se retourner, «de budgéter ce qui s'en vient».
Le 15 décembre 2011, par exemple, la ministre du Travail d'alors, la libérale Lise Thériault, avait annoncé que «le taux général du salaire minimum» au Québec serait porté de 9,65 $ à 9,90 $ l'heure à compter du 1er mai 2012 (et à 8,55 $ pour les employés percevant des pourboires). Le 20 décembre 2012, la ministre péquiste Agnès Maltais avait fait savoir que le taux général serait majoré à 10,15 $ à partir de mai 2013 (et à 8,75 $ pour les employés à pourboire).
Le retard pris pour décider et annoncer la prochaine augmentation serait dû à un «calcul politique», selon certains. Il s'agirait pour le gouvernement Marois de maximiser l'impact de cette annonce à un moment plus électoralement propice, d'après les tenants de cette thèse.
Une hypothèse qualifiée de totalement farfelue au cabinet de la ministre du Travail, de l'Emploi et de la Solidarité sociale, Agnès Maltais, où l'on rappelle que des dossiers comme celui des retraites ont accaparé de très nombreuses heures l'automne dernier. Le temps a tout simplement manqué, soutient-on.
365 000 personnes
Au Québec, les hausses du salaire minimum profitent directement à quelque 365 000 personnes. Environ 210 000 d'entre elles sont des femmes.
Pour le Front de défense des non-syndiqués, le salaire minimum d'une personne travaillant 40 heures par semaine devrait se situer à 11,47 $ l'heure, si l'on voulait offrir l'équivalent du «seuil de faible revenu» calculé par Statistique Canada. Et de 13,11 $ pour une personne travaillant 35 heures par semaine, un nombre d'heures correspondant davantage à la réalité d'aujourd'hui.
La grande majorité des salariés payés au salaire minimum travaillent dans le secteur des services : dans l'hôtellerie, le commerce de détail et la restauration.
En Ontario, le salaire minimum passera à 11 $ l'heure en juin.
Tout laisse croire que l'augmentation du salaire minimum à venir au Québec, actuellement à 10,15 $, sera faible.