Salaire minimum à 15 $: les employeurs préparent leurs arguments

Voyant la campagne en faveur du salaire minimum à 15 $ prendre de l'ampleur au Québec, des représentants d'employeurs fourbissent leurs armes, de crainte que le gouvernement soit tenté de céder aux pressions.
La Presse canadienne a appris que la Fédération canadienne de l'entreprise indépendante a lancé une pétition sur la question et une campagne de lettres adressées à la ministre du Travail, Dominique Vien.
Au cours d'une entrevue mardi, sa vice-présidente principale, Martine Hébert, a insisté sur le fait que même étalée sur plusieurs années, une hausse du salaire minimum de 10,75 $ à 15 $ l'heure reste «une hausse de 40 pour cent» et que cela «ne sera pas sans conséquences» sur l'emploi et les heures de travail.
De son côté, le Conseil du patronat a mandaté une firme pour faire une «recherche exhaustive» sur la question en consultant notamment les employeurs du Québec, a indiqué au cours d'une entrevue Yves-Thomas Dorval, son président-directeur général.
Il affirme que jusqu'ici, il avait senti que le gouvernement Couillard n'allait pas céder à la pression. Mais il souligne que parfois, la pression populaire monte tellement que le gouvernement est tenté de plier. Et il s'en inquiète.
Vendredi dernier, les membres de la campagne 5-10-15 ont lancé 10 journées d'action dans le but d'accroître la pression pour obtenir ce salaire minimum à 15 $ le plus rapidement possible.