Quelque 200 personnes se sont réunies lundi soir dans le quartier Saint-Roch afin de réclamer le salaire minimum à 15 $ l'heure.

Salaire minimum à 11,25 $ l'heure: insuffisant pour vivre dignement, selon l'IRIS

Depuis lundi, le taux général du salaire minimum au Québec est de 11,25 $ l'heure. Un bond de 50 ¢. Pas suffisant pour vivre «dignement», constate l'Institut de recherche et d'informations socioéconomiques (IRIS).
Selon l'IRIS, le salaire «viable» en 2017 devrait s'établir à 13,15 $ l'heure. 
Dans le cas des personnes seules qui dépendent essentiellement de leur revenu pour vivre et qui ne peuvent pas recourir aux différents stabilisateurs économiques (transferts fiscaux et crédits d'impôt) offerts par les gouvernements, notamment aux ménages avec enfants, le salaire «viable» devrait se situer aujourd'hui à 15,04 $ l'heure.
Sans l'aide de l'État, «les personnes seules à bas salaire se retrouvent avec un revenu constitué essentiellement d'un salaire insuffisant pour se sortir de la pauvreté», affirme l'IRIS dans une étude intitulée Les conditions d'un salaire viable au Québec qui vient tout juste d'être publiée et qui rappelle qu'il en coûte plus cher pour vivre à Sept-Îles qu'à Québec ou à Montréal.
L'IRIS compare les personnes seules à faible salaire à des «laissées pour compte.»
«Il n'est pas surprenant de constater que le taux de personnes seules inscrites sous le seuil de la mesure de faible revenu est nettement plus élevé - entre 25 et 33 % durant la période de 1976 à 2011 - que pour l'ensemble des personnes au Québec, soit environ 15 % .»
Pour chiffrer le salaire «viable», l'IRIS établit d'abord le panier de dépenses de base des ménages.
Une fois ce panier établi, les chercheurs calculent combien la personne doit gagner par année - son salaire brut - pour qu'après impôts, transferts et cotisations, elle puisse atteindre ce seuil.
Ce processus permet d'arriver au revenu disponible dont doit disposer un ménage - qu'il s'agisse d'une personne seule, d'un couple avec deux enfants ou d'une personne monoparentale avec enfant - pour vivre «dignement», selon l'Institut de recherche et d'informations socioéconomiques.
L'IRIS a créé l'indice du salaire «viable» en 2015. Il comprenait à l'origine deux villes, soit Québec et Montréal. Au fil des ans, d'autres municipalités se sont ajoutées. D'abord, Saguenay, Trois-Rivières et Sept-Îles en 2016. Puis, cette année, Gatineau et Sherbrooke.
Plus cher à Sept-Îles
C'est à Sept-Îles, selon l'IRIS, qu'un ménage de quatre personnes devra gagner plus d'argent pour vivre «décemment», soit 56 634 $.
Suivent, dans l'ordre, Saguenay (54 830 $), Montréal (52 745 $), Québec (52 060 $), Gatineau (51 714 $), Sherbrooke (50 162 $) et Trois-Rivières (49 849 $).
Si le coût du panier de dépenses est plus élevé à Sept-Îles qu'à Québec, c'est principalement en raison des coûts pour la nourriture (11 527 $ contre 9862 $) et pour l'utilisation du véhicule (11 577 $ contre 7198 $ incluant le transport en commun à Québec).
L'IRIS fait remarquer que le coût du panier de dépenses a diminué au cours des dernières années partout dans la Belle Province en raison, notamment, d'une baisse moyenne du coût de la nourriture et de la consommation d'essence nécessaire pour faire rouler son véhicule.
Le revenu annuel nécessaire pour une personne seule varie entre 21 894 $ et 29 058 $. Celui pour une personne monoparentale avec un enfant inscrit dans un centre de la petite enfance s'échelonne de 30 988 $ à 38 208 $.
À Québec, le salaire «viable» d'un couple avec deux enfants est de 9,95 $ l'heure, celui d'une personne monoparentale de 11,22 $ et celui d'une personne seule de 15,16 $.
En deux mots
Salaire «viable»: Le salaire «viable» est un salaire horaire qui permet à un travailleur en emploi à temps complet de gagner assez d'argent pour satisfaire ses besoins de base ainsi que ceux des personnes à sa charge. Il doit aussi permettre au travailleur de se doter d'une marge de manoeuvre.