Bombardier Transport et Siemens Mobility Rail Solutions, qui fabriquent des trains et de l'équipement de signalisation ferroviaire, seraient regroupées au sein d'une coentreprise.

Rumeur de fusion des activités ferroviaires de Bombardier et Siemens

Les rumeurs entourant la possibilité d'un regroupement des divisions de matériel roulant de Bombardier (TSX:BBD.B) et du géant allemand Siemens AG ont reçu un accueil généralement favorable de la part des analystes financiers, qui demeurent toutefois prudents dans leurs commentaires.
Selon l'agence Bloomberg, qui cite des sources anonymes, les deux multinationales ont entamé des discussions plus tôt cette année afin de regrouper Bombardier Transport - dont le siège social se trouve à Berlin, en Allemagne - et Siemens Mobility Rail Solutions, une coentreprise qui fabrique des trains ainsi que de l'équipement de signalisation ferroviaire.
Cette transaction, dont la valeur pourrait atteindre environ 14 milliards $, permettrait aux deux entreprises de mieux concurrencer des rivaux chinois comme CCRC.
Sur le parquet de la Bourse de Toronto, l'action de Bombardier s'est envolée de 15 cents, soit 6,76 %, pour clôturer à 2,37 $. À la Bourse de Francfort, le titre de Siemens a clôturé à 128,30 euros (181,60 $CAN), en hausse de 0,56 %.
Une entente pourrait être conclue vers le milieu de l'année, avance l'agence américaine, qui précise qu'aucune décision n'a été prise de part et d'autre. De plus, une éventuelle transaction devrait obtenir l'aval des autorités antitrust ainsi que des syndicats des deux sociétés en Europe, qui s'opposeront à d'éventuelles réductions de personnel.
Bombardier (TSX:BBD.B) s'est refusé à tout commentaire, tout comme la Caisse de dépôt et placement du Québec (CDPQ), qui détient 30 % de Bombardier Transport. Il n'a pas été possible de rejoindre Siemens ainsi que la société française Alstom, l'autre joueur majeur de l'industrie en Europe.
«Une telle association serait bénéfique pour Bombardier Transport étant donné qu'elle serait mieux outillée face à ses concurrents chinois, qui augmentent la présence de façon agressive à l'étranger», estime Benoit Poirier, de Desjardins Marchés des capitaux.
De son côté, Chris Murray, d'Altacorp Capital, ne s'est pas montré étonné des rumeurs, soulignant que Bombardier allait, un jour ou l'autre, participer à la consolidation de l'industrie ferroviaire en Europe.
«Siemens permettrait à Bombardier de mettre la main sur une part de marché intéressante en Europe, a expliqué M. Murray au cours d'un entretien téléphonique. Dans certains secteurs, l'entreprise allemande est en concurrence directe avec Bombardier, mais dans d'autres, elle est complémentaire.»
L'analyste n'écarte pas la possibilité de voir un troisième partenaire, en l'occurrence la société française Alstom, s'ajouter, ce qui permettrait de créer un «champion européen».
Quant à lui, Walter Spracklin, de RBC Marchés des capitaux, a estimé, dans une note, qu'un regroupement entre les divisions de Bombardier et Siemens se traduirait par d'importantes synergies - qui n'ont pas été chiffrées - ainsi que la création d'un joueur capable de mieux rivaliser avec ses concurrents chinois.
Pour l'exercice 2016 terminé le 31 décembre, Bombardier Transport avait généré des revenus de 7,6 milliards $ US, en baisse de 9 %, alors que son résultat avant impôts et intérêts fléchissait de 15 %, à 396 millions $ US. Le carnet de commandes était demeuré relativement stable, à 30 milliards $ US.
Plus qu'une rumeur
Ce n'est pas la première fois qu'un regroupement des divisions de matériel roulant de Bombardier et Siemens est évoqué, puisqu'en 2015, le Wall Street Journal avait avancé un scénario similaire qui avait été nié par l'entreprise québécoise. Le mois dernier, un site français avait avancé que Bombardier était intéressé à une partie du capital d'Alstom. En 2014, Siemens avait tenté sans succès de mettre la main sur la société française.
Lorsque Bombardier avait cédé 30 % de Bombardier Transport à la CDPQ, la transaction attribuait une valeur de 5 milliards $ US à sa division de matériel roulant.
Au moment de l'annonce de l'entente, en novembre 2015, le président et chef de la direction de Bombardier, Alain Bellemare, n'avait pas écarté que la compagnie puisse participer à la consolidation du secteur ferroviaire, alors que le bas de laine des Québécois avait dit qu'il ne comptait pas s'opposer à des «occasions créatrices de valeur».
Dans les détails de la transaction, la Caisse, qui peut nommer trois des sept membres du conseil d'administration de BT Holdco - qui chapeaute tous les actifs de Bombardier Transport - indiquait que son approbation serait requise à «l'égard de certaines actions et questions de gouvernance», comme des «modifications en profondeur de la nature de l'entreprise».
«La structure d'une transaction serait probablement complexe compte tenu de participation de la Caisse, souligne M. Poirier, de Desjardins. Toute entente demanderait l'approbation de la Caisse et devrait se conformer à ses besoins entourant le rendement minimal.»