Trop à l'étroit dans son usine de Saint-Jean-Port-Joli, l'entreprise spécialisée dans la transformation du métal en feuille va construire une nouvelle unité de production satellite à L'Islet.

Rousseau Métal prend de l'expansion

La croissance des affaires a fini par rattraper Rousseau Métal, de Saint-Jean-Port-Joli, qui doit construire une nouvelle unité de production satellite à L'Islet.
La direction de l'entreprise garde le secret sur le montant de l'investissement qui sera réalisé dans la municipalité voisine.
Un projet de plusieurs millions de dollars, assure toutefois la coordonnatrice du marketing, Mélissa Barrette.
Les travaux de construction de l'usine de 80 000 pieds carrés débuteront sous peu. Une cinquantaine de travailleurs devraient s'y affairer à compter de l'automne.
«C'est simple, nous n'avons plus suffisamment d'espace disponible à Saint-Jean-Port-Joli pour prendre de l'expansion», explique Mme Barrette. Des restrictions liées au zonage agricole empêchent Rousseau Métal d'ajouter un seul pouce de plus à son usine principale de 183 000 pieds carrés.
Déjà présent sur les marchés canadien et américain, Rousseau Métal effectue, depuis quelques années, une percée au Mexique et au Royaume-Uni. 
Les premiers résultats sont encourageants et l'entreprise spécialisée dans la transformation du métal en feuille entend accélérer la cadence et vise une meilleure pénétration de ces deux nouveaux marchés. Sans oublier la poursuite de la conquête du marché américain.
C'est pourquoi l'ajout de production devenait une priorité pour l'entreprise familiale fondée en 1950 par André Rousseau.
Aujourd'hui, c'est le petit-fils de ce dernier, Charles-Alexandre Paré, qui est l'actionnaire majoritaire de la compagnie, en partenariat avec Michel Lacombe. En 2015, ils ont racheté les parts de Simon-Pierre Paré et de Jovette Rousseau. Des employés font aussi partie de l'actionnariat de l'entreprise, qui fait travailler 350 personnes.
L'art de se démarquer
Le pain et le beurre de Rousseau Métal, c'est la fabrication de cabinets, de systèmes d'étagères industrielles, de tables et de postes de travail. Pour l'industrie de l'automobile, entre autres, l'entreprise fournit des centres de travail adaptés pour les techniciens des concessionnaires ainsi que des coffres à outils mobiles.
La concurrence de Rousseau Métal provient essentiellement des États-Unis, où quelques gros joueurs se livrent une forte compétition.
Pour se démarquer dans son marché, l'entreprise québécoise mise à fond sur la recherche et le développement.
«Nous avons des employés qui se consacrent exclusivement à l'amélioration de nos produits», explique Mélissa Barrette. Et des produits, le catalogue de Rousseau Métal en compte des milliers. «D'autres employés se creusent les méninges pour développer de nouveaux produits. Nous en amenons des dizaines et des dizaines sur le marché chaque année.»
L'entreprise parvient aussi à se faire remarquer grâce à son site Internet, qui vient d'être choisi comme le plus convivial pour ses clients à l'occasion d'une importante foire commerciale qui se tenait, au début du mois, à Las Vegas. Jamais une entreprise canadienne n'avait décroché un prix à cet événement couru par des centaines de sociétés provenant d'une quarantaine de pays. 
Évidemment, le défi de la main-d'oeuvre est constant chez Rousseau Métal.
Pas facile de trouver à Saint-Jean-Port-Joli des spécialistes du service à la clientèle s'exprimant en anglais et en espagnol.
Pas facile, non plus, de dénicher des travailleurs spécialisés alors que les centres de formation professionnelle n'en diplôment pas suffisamment.
«La difficulté, c'est d'attirer les travailleurs. Une fois qu'ils arrivent chez nous, ils restent. Notre taux de roulement n'est pas épouvantable. À ce chapitre, nous arrivons à bien tirer notre épingle du jeu», affirme Mélissa Barrette.
Enfin, pour la petite histoire, André Rousseau, le fondateur de Rousseau Métal, a été ministre de l'Industrie et du Commerce sous Jean Lesage entre 1960 et 1962. Il a aussi été le représentant du gouvernement du Québec, de 1963 à 1968, au sein du conseil d'administration de l'Expo 67.