Altice USA souhaitait mettre le grappin sur Atlantic Broadband, la division américaine de Cogeco Communication. Rogers avait les yeux tournés sur les activités canadiennes.
Altice USA souhaitait mettre le grappin sur Atlantic Broadband, la division américaine de Cogeco Communication. Rogers avait les yeux tournés sur les activités canadiennes.

Rogers se dit déçue de ne pas avoir pu négocier avec Cogeco

Julien Arsenault
La Presse canadienne
Même si Rogers et Altice USA ont allongé 11,1 milliards $ pour acquérir Cogego et sa principale filiale, le destin en a voulu autrement, a affirmé mercredi le grand patron du géant ontarien des télécommunications, qui doit maintenant se pencher sur son investissement dans la société québécoise.

Dans le cadre d’un événement virtuel organisé par RBC Marchés des capitaux, mercredi, Joe Natale a exprimé sa déception de ne pas avoir pu dialoguer avec la famille Audet - l’actionnaire de contrôle de l’entreprise familiale fondée en 1957 - ainsi que les conseils d’administration à propos d’une «offre formidable».

«Il n’y avait pas d’appétit pour aller de l’avant», a lancé le président et chef de la direction de Rogers, lorsqu’interrogé par l’analyste Drew McReynolds.

L’offre hostile bonifiée de l’entreprise ontarienne et de la société américaine venait à échéance mercredi. La famille Audet, dont l’appui était essentiel, et les conseils d’administration de Cogeco et Cogeco Communications avaient opposé des fins de non-recevoir à la première proposition, présentée au début du mois de septembre, ainsi qu’à la deuxième offensive, le 18 octobre.

Dans une déclaration envoyée par courriel, une porte-parole de Cogeco, Nancy Bouffard, a souligné qu’il n’y avait eu «aucun changement» depuis la dernière sortie publique de la compagnie établie à Montréal.

«Nous maintenons notre (objectif) sur la croissance de notre entreprise et la création de valeur à long terme pour toutes nos parties prenantes», a-t-elle fait valoir.

Altice USA a également indiqué par courriel que le dossier est clos.

Les yeux seront maintenant tournés sur la décision que prendra Rogers au sujet de ses participations respectives de 41 % et 33 % des actions avec droit de vote subalterne de Cogeco et Cogeco Communications. Des analystes s’attendent à ce que l’entreprise vende en partie ou en totalité ce bloc.

«Nous sommes à la croisée des chemins et nous prenons des décisions en matière d’allocation en ce qui a trait à la 5G (...) nous retournerons donc vers notre conseil d’administration pour discuter de nos prochaines étapes», a lancé M. Natale.

Celui-ci a ajouté que Rogers continuerait d’accroître son empreinte dans le marché québécois, où elle est présente depuis 35 ans. L’entreprise a par ailleurs annoncé l’expansion de son réseau 5G à Candiac et Boisbriand.

Altice USA souhaitait mettre le grappin sur Atlantic Broadband, la division américaine de Cogeco Communication. Rogers avait les yeux tournés sur les activités canadiennes.

Gestion Audem, qui contrôle Cogeco et Cogeco Communications grâce à ses actions à droit de vote multiple, a toutefois toujours fermé la porte à une vente.

Altice USA et Rogers proposaient 123 $ pour chacune des actions subalternes restantes et 150 $ pour chaque titre de Cogeco. À la Bourse de Toronto, mercredi, l’action de la société québécoise a clôturé à 77,56 $, en baisse de 26 cents, tandis que celle de sa principale a retraité de 1,25 $ pour terminer à 99,55 $.