Le président de Rocky Mountain, Ramon Dutil, ne veut pas être le plus gros du marché, mais le meilleur.

Rocky Mountain: à la conquête du marché des vélos électriques

La marque canadienne Rocky Mountain travaille sur la fabrication de vélos de montagne électriques depuis déjà 10 ans. À l’inverse de ses compétiteurs, elle développe sa propre technologie de moteurs pour son vélo, et ce, dans son centre de recherches situé à Saint-Georges de Beauce.

Les autres marques de vélos électriques achètent des moteurs d’autres compagnies pour ensuite essayer d’adapter le vélo à la machine. On s’éloigne alors de la sensation de conduire un vélo de montagne. 

«La compétition est dans le monde entier, ce sont en fait les fabricants de moteurs. On a créé un système pour notre vélo et c’est ce qui nous a permis de nous différencier des autres marques dès le départ», indique le président de Rocky Mountain, Raymond Dutil.

La marque possède deux centres de recherches au Canada. Celui de Vancouver est utilisé pour l’aspect mécanique, c’est là qu’ils essaient les vélos, parce que c’est l’endroit où se trouvent les montagnes. 

Puis l’autre centre, celui de Saint-Georges, est utilisé pour l’aspect électrique et propulsion. Les ingénieurs d’ici y travaillent pour créer la meilleure machine adaptée. 

En 2017, Rocky Mountain lançait son vélo Altitude PowerPlay 90 en Europe, là où le marché est très avancé. Depuis 2018, les vélos se vendent au Canada et depuis janvier dernier, aux États-Unis. 

«Depuis que j’ai acheté Rocky Mountain en 1997, on se concentre complètement sur le vélo de montagne. On a vraiment laissé tomber le vélo urbain. Je ne veux pas être le plus gros, je veux être le meilleur.»

Leader de l’industrie

Selon M. Dutil, la marque canadienne se trouve dans le top 5 des meilleurs fabricants de vélos à assistance électrique. Il espère d’ailleurs rester au sommet. 

«On est déjà à l’avant avec notre technologie, mais ça se développe vite. Il faut continuer à se développer pour améliorer notre produit.»

Le Altitude PowerPlay 90 a d’ailleurs remporté la palme du meilleur vélo de montagne à assistance électrique décerné par le magazine français Vélo Vert, très réputé en Europe, en juin dernier.

Croissance

Le président indique que les vélos à assistance électrique représentent 15 % de ses ventes pour le moment. Dans cinq ans, il croit que ce chiffre s’élèvera à 50 %

«Le phénomène a explosé dans les dernières années, indique le chef de la commercialisation, Patrick Ménard. Ce qu’on a vu en Europe dans les dernières années c’est la déclinaison des plateformes traditionnelles, les vélos de montagne réguliers, et l’augmentation des vélos électriques.»

M. Ménard croit que le Québec suit l’Europe. L’assistance électrique transforme le sport pour le mieux.

«Tout est optimisé pour le vélo. Notre gamme n’est pas large, on veut absolument qu’ils aient une conduite similaire au vélo régulier. Pour des raisons de conduite, on veut maintenir l’ADN de Rocky Mountain. On ne veut pas s’éloigner du sport, mais on ajoute du plaisir. Notre vélo permet d’aller plus loin, aller plus à l’aventure ou de faire plus de terrain dans une courte période de temps. C’est un vélo avec assistance, ce n’est pas un motocross.»

Avec la tenue des premiers Championnats du monde dans cette discipline, la popularité ne fera qu’augmenter. Et l’équipe de Rocky Mountain est surtout ravie de voir les premières compétitions dans la province se disputer en terrain bien connu. 

«Ça va pousser le développement du sport, on a déjà remarqué une augmentation fulgurante de l’intérêt. Je pense que c’est là pour rester, ça va devenir dominant», soutient M. Ménard.