Le président du Conseil du Trésor, Martin Coiteux, a présenté mercredi le négociateur en chef du gouvernement pour les négociations à venir dans les secteurs public et parapublic, Maurice Charlebois.

Révision des programmes: les syndiqués de l'État appelés à contribuer

Les syndicats des secteurs public et parapublic québécois auront intérêt à contribuer à l'exercice de révision des programmes gouvernementaux et à favoriser une profonde réorganisation du travail.
Les bonifications salariales accordées à leurs 550 000 membres seront liées au succès de ces deux opérations. C'est en substance ce qu'a déclaré, mercredi, le président du Conseil du trésor.
À ce stade-ci, Martin Coiteux ne peut toutefois exclure qu'un gel des salaires pendant une période de temps donnée frappe une grande partie des salariés concernés par les négociations à venir en vue du renouvellement des conventions collectives dans le grand appareil de l'État.
«Lorsqu'on s'en va en négociation, on n'ouvre et on ne ferme aucune porte», dit-il.
Une seule chose paraît certaine à l'heure actuelle : les syndicats n'obtiendront pas les 4,5 % par année pendant trois ans que réclament ceux réunis en front commun.
«Notre objectif est d'en arriver à des ententes négociées qui soient justes et équitables pour tout le monde, et ce, dans le respect de la capacité de payer des contribuables du Québec», insiste M. Coiteux.
Il dit ceci aux syndicats : «On doit travailler ensemble à se dégager des marges de manoeuvre qui serviront à éliminer le déficit de façon pérenne, et des marges de manoeuvre qui vont nous permettre de valoriser le travail dans le grand secteur public québécois.»
Le gouvernement vise un déficit budgétaire de 2,3 milliards $ cette année et soutient qu'il ne dérogera pas de son objectif de parvenir au «déficit zéro» en 2015-2016.
Martin Coiteux et ses collègues ont convié les leaders syndicaux à une rencontre au sommet jeudi prochain dans la capitale. Au menu : le processus de révision des programmes et la prochaine ronde de négociations.
Un négociateur en chef
Maurice Charlebois a été désigné négociateur en chef du gouvernement par le Conseil des ministres pour ces négociations. Il est considéré comme un expert en relations de travail. M. Charlebois prône des «changements structurels» dans l'appareil de l'État.
Sa rémunération a été fixée à 325 $ l'heure. Une somme de laquelle sera déduite la moitié de sa rente de retraite de l'État, ce qui l'amènera à toucher 254 $. Son contrat pourra en théorie s'étirer sur deux ans, ce qui lui permettrait de gagner 450 000 $ en tout et pour tout.
Mais Québec ne permettra pas que les négociations s'étirent sur deux ans. Les actuels contrats de travail dans les secteurs public et parapublic viendront à échéance le 31 mars.
La situation des finances publiques alimentera les discussions de la réunion de l'aile parlementaire libérale s'ouvrant ce matin à La Malbaie.
Le ministre de la Santé, Gaétan Barrette, ne cache plus son irritation devant les négociations traînant en longueur avec les fédérations de médecins.
«Les négociations ne peuvent pas être éternelles», a-t-il dit, mercredi, en faisant allusion à une loi spéciale. «Je ne peux pas être patient à l'infini», et ce, «pour des raisons budgétaires».
Comme le gouvernement de Pauline Marois, celui de Philippe Couillard veut étaler dans le temps les hausses de rémunération prévues pour les médecins de 540 millions $ cette année et de 358 millions $ l'an prochain. Une énième rencontre avec les fédérations médicales aura lieu la semaine prochaine.