Le Complexe G, à Québec, accueille des milliers de fonctionnaires quotidiennement.
Le Complexe G, à Québec, accueille des milliers de fonctionnaires quotidiennement.

Retour au travail: des fonctionnaires «en panique»

Le retour au travail des fonctionnaires du gouvernement du Québec suscite beaucoup d’inquiétude : certains travailleurs sont «en panique» en raison de la virulence de la COVID-19.

Le protocole de retour au travail a été transmis par le Conseil du Trésor aux différents syndicats, mais plusieurs questions restent en suspens.

La Presse canadienne a obtenu un exemplaire du document de 13 pages, qui ne comporte pas de date officielle de retour, mais selon une source proche du dossier, il s’agirait du 4 mai.

Le Syndicat des professionnels du gouvernement du Québec (SPGQ) s’inquiète des conséquences de regrouper des centaines de personnes dans un bâtiment, même si c’est seulement pour venir chercher des documents ou de l’équipement, pour ensuite repartir faire du télétravail.

«C’est beaucoup de gens : par exemple au Complexe G, quelques milliers de personnes qui vont toucher aux poignées des portes principales pour entrer et sortir, et là c’est sans fin, les gens vont aux mêmes toilettes, puis utilisent les mêmes lavabos : si on contamine un lavabo, vous savez ce que ça veut dire», a illustré la présidente du SPGQ, Line Lamarre, en entrevue avec La Presse canadienne mercredi.

Employés «vulnérables»

Certains employés dont la santé est «plus vulnérable» sont en «état de panique», parce qu’ils craignent soit d’être gravement malades ou d’infecter leurs parents âgés, a-t-elle expliqué.

Le protocole prévoit que les personnes considérées comme vulnérables ne doivent pas réintégrer le milieu de travail, mais plutôt effectuer du télétravail. Il s’agit des travailleurs âgés de 70 ans et plus, de travailleurs atteints de maladies chroniques ou immunodéprimés, et en outre, on peut lire qu’il faut «porter une attention particulière aux travailleuses enceintes ou qui allaitent».

Le document indique également qui devrait réintégrer les lieux de travail :

- ceux qui «exercent des activités qui ne peuvent se réaliser qu’en milieu de travail ou qui effectuent un travail de soutien aux équipes nécessitant une présence sur les lieux du travail»;

- ceux qui «doivent utiliser un équipement uniquement disponible dans le milieu de travail»;

- ceux qui «travaillent en présence de clientèle»;

- ceux qui «effectuent un travail hors du port d’attache, par exemple, inspections, vérifications, arpentage, infrastructures routières, travaux publics, etc.»;

- ceux qui «exercent des fonctions qui se réalisent de façon plus efficiente dans le milieu de travail».

Sur ce dernier critère, Mme Lamarre estime qu’il peut être interprété de façon arbitraire par des gestionnaires qui forceraient ainsi des employés à être présents sur les lieux de travail sans que ce soit nécessaire.

Enfin, le document du Conseil du Trésor prévoit notamment une distanciation de deux mètres, mais aussi la distribution de lingettes antibactériennes et solution désinfectante, ainsi que le nettoyage exhaustif des stations de travail des employés, deux fois par jour, surfaces, équipements informatiques, fournitures, accoudoirs, etc.