Les policiers de divers services municipaux du Québec portaient un pantalon de camouflage, ou un uniforme qu'ils modifient, à titre de moyen de pression pour protester contre la loi qui a imposé un partage à parts égales du coût des régimes de retraite municipaux.

Retour à l'uniforme complet pour 335 agents de la paix

Quelque 335 agents de la paix québécois arboreront leur uniforme complet dès lundi en signe de «bonne foi» à l'égard du gouvernement.
Le Syndicat des constables spéciaux du gouvernement du Québec (SCSGQ) a annoncé dimanche par voie de communiqué qu'il avait ordonné à ses membres de «suspendre temporairement [leurs] moyens de visibilité» et de porter l'uniforme complet.
Le syndicat dit avoir pris cette décision après avoir reçu une lettre du ministre de la Sécurité publique, Martin Coiteux, qui aurait communiqué ses inquiétudes sur le fait que plusieurs agents de la paix ne portent plus l'uniforme complet.
Les constables spéciaux, qui sont chargés d'assurer la sécurité dans les palais de justice de la province et de l'Assemblée nationale à Québec, affichaient ouvertement leur opposition au gouvernement, notamment en portant des pantalons non réglementaires.
Le syndicat a fait valoir que sa décision de dimanche était un «premier pas pour démontrer [son] ouverture» au dialogue avec le gouvernement. La convention collective des constables spéciaux est échue depuis le 31 mars 2015.
Actuellement, les négociations sont «gelées aux tables», a précisé le président du syndicat, Franck Perales. Une rencontre est toutefois prévue mardi matin avec le ministre Coiteux.
Mesure «temporaire»
M. Perales a réitéré qu'il s'agissait d'une mesure «temporaire» en attendant de voir les propositions du gouvernement. Les moyens de visibilité sont les seuls moyens de pression disponibles pour ces agents, qui ne disposent pas du droit de grève, a-t-il rappelé.
Selon le président du syndicat, les revendications portent notamment sur les échelles salariales de ses membres - un dossier qui ne bouge pas depuis une dizaine d'années, a-t-il déploré.
Les moyens de pression du SCSGQ avaient notamment perturbé légèrement les activités du palais de justice de Montréal en juin 2015, alors que ces agents s'étaient présentés en cour avec des jeans. Les juges leur avaient aussitôt ordonné d'aller se changer et de revenir en portant l'uniforme réglementaire, invoquant le respect du décorum.
Quelques jours plus tôt, des juges du palais de justice de Gatineau avaient intimé les constables spéciaux d'enlever un brassard de protestation avec lequel ils s'étaient présentés en cour.