Retour à la normale au CN, même s'il y a encore du travail à faire

MONTRÉAL — La Compagnie des chemins de fer nationaux du Canada (CN) affirme que son service est revenu à la normale moins d'un mois après une grève ayant provoqué d'importantes interruptions, mais les silos des agriculteurs de l'Ouest sont toujours remplis.

Selon le président de l'Association des producteurs agricoles de la Saskatchewan, Todd Lewis, le «retour à la normale» ne sera pas suffisant pour écouler les stocks accumulés de maïs, de canola et d'autres céréales pouvant remplir l'équivalent de 10 000 wagons.

«Pour l'anecdote, nous avons entendu parler de contrats d'octobre et de novembre qui n'ont pas été expédiés, a-t-il déclaré. Cela coûte de l'argent aux agriculteurs. Ils ne sont pas payés tant qu'ils ne sont pas en mesure de livrer la marchandise.»

La grève de huit jours des quelque 3200 chefs de train et ouvriers avait essentiellement paralysé le plus important transporteur ferroviaire au pays, qui ne fonctionnait qu'à 10 % de sa capacité. Au Québec, cela a notamment provoqué un rationnement de propane et ainsi donné de nombreux maux de tête aux agriculteurs, qui avaient besoin de propane pour faire sécher leurs récoltes.

Jeudi, par voie de communiqué, le CN a fait le point sur la reprise de son service. À la mi-décembre, la compagnie avait accéléré le transport des céréales jusqu'à un niveau record en plus d'accepter presque toutes les commandes.

«Je suis heureux d'annoncer que notre plan de reprise ciblé et méthodique fonctionne et que la performance de nos mouvements soit revenue aux niveaux normaux, a déclaré le président-directeur général de la compagnie, Jean-Jacques Ruest. Nous resterons concentrés sur la sécurité et continuerons d'éliminer les retards causés par l'arrêt de travail.»

Alors qu'ils tentent de vider leurs silos débordants, les agriculteurs sont confrontés à d'éventuelles pénalités imposées par des compagnies maritimes transportant des céréales si les livraisons par trains arrivent en retard.

Le président de l'association des exploitants de silos à céréales, Wade Sobkowich, a déclaré que la récolte estimée à environ 130 milliards $ dans les Prairies pourrait perdre une grande partie de sa valeur si les wagons n'arrivent pas dans les ports avant le printemps, dans un contexte où les prix fléchissent en raison d'une offre mondiale accrue.

Les retards semblent moins importants dans le secteur des ressources. La présidente et chef de la direction de l'Association canadienne du propane, Nathalie St-Pierre, a affirmé qu'après la pénurie provoquée par la grève, les niveaux étaient à 70 %.

«Les choses s'améliorent, a-t-elle dit. Elles reviennent lentement dans certaines des provinces les plus touchées.»

Mme St-Pierre a toutefois invité au déploiement de moyens pour assurer l'approvisionnement en propane afin qu'il n'y ait pas de rationnement de propane - utilisé par les producteurs céréaliers pour faire sécher leurs récoltes avant de vendre leurs grains et par les éleveurs pour chauffer, par exemple, des poulaillers - pendant la période hivernale.