L’idée principale à l’Aéroport de Québec, c’est de se débarrasser du processus traditionnel d’évaluation des employés, qui se fait quelques fois durant l’année, sur papier, et dont le contenu reste souvent sans suite.

Ressources humaines: passer de l’évaluation à la conversation

L’Aéroport de Québec a vécu dans les dernières années une période de turbulences : agrandissement majeur, changement de garde à la direction… Pendant ce temps, il y a aussi une petite révolution qui s’est opérée dans la gestion des ressources humaines avec l’implantation des solutions numériques de Talentsoft. Au cœur du projet : laisser de côté les habituelles évaluations de la performance pour passer à une conversation continue.

«Ce genre d’évaluations, ça met beaucoup de pression, ça brise le lien de confiance», pense Sylvie Lavoie, directrice des ressources humaines à l’Aéroport de Québec. «Pour être un bon gestionnaire, il faut que tu sois bienveillant. Quand tu amènes quelqu’un dans une situation aussi inconfortable, ce n’est pas être bienveillant», ajoute-t-elle. 

Avec Florian Noutsos, de chez Talentsoft, elle a présenté le fruit de cette nouvelle approche lors du Congrès RH, qui a débuté mardi au Centre des congrès de Québec. L’idée principale, c’est de se débarrasser du processus traditionnel d’évaluation des employés, qui se fait quelques fois durant l’année, sur papier, et dont le contenu reste souvent sans suite. «Ça ne coule pas de source, ce processus-là», a témoigné Sylvie Lavoie. Elle était à la recherche de quelque chose de plus flexible, qui permettrait un meilleur suivi et une meilleure communication entre employés et gestionnaires.

C’est là que les solutions numériques de Talentsoft sont entrées en jeu. Un des modules implantés permet maintenant aux employés et aux gestionnaires d’inscrire des objectifs précis, et d’en faire le suivi. Il peut y avoir des objectifs personnels, de groupe, transversaux… «C’est un outil de motivation. Pour moi, l’évaluation du rendement était un outil de démotivation, compare Sylvie Lavoie. Il faut amener notre monde à parler de ce qui va, de ce qui ne va pas.» 

Les gestionnaires ont accès dans un seul tableau de bord au portrait d’ensemble de l’équipe. Les employés peuvent aussi se servir de la plate-forme pour demander une rencontre avec le gestionnaire. Le tout donne une «conversation continue», où les objectifs sont orientés sur le court ou le moyen terme. «La responsabilité devient partagée entre les gestionnaires et les employés», note Sylvie Lavoie. 

La nouvelle façon de faire a été lancée en mai dernier dans l’entreprise, et la réception est bonne, assure la directrice des ressources humaines. «Les employés voulaient du feedbak, ce sont eux qui le demandent», explique-t-elle. Comme dans tout changement, il a fallu faire des ajustements. Des focus groups et un comité de pilotage ont été créés pour mieux arrimer l’outil aux besoins du personnel.

La stratégie fait maintenant partie d’un arsenal pour favoriser la rétention de la main-d’œuvre, surtout auprès de la nouvelle génération d’employés. «Les jeunes, ils embarquent», assure Sylvie Lavoie.