Résolutions: exercice et contrôle du poids au programme

CHRONIQUE / L’industrie de la perte de poids épouse des formes variées et ses acteurs s’appuient sur une grande diversité de préceptes. Les approches préconisées par la plupart sont fondées sur des méthodes reconnues et éprouvées. D’autres, à grand renfort de publicités tape-à-l’œil chargées de formules creuses, tentent de capter l’attention des consommateurs en faisant miroiter des résultats peu réalistes ou carrément trompeurs.

Ceux et celles qui ont adopté des résolutions de remise en forme et/ou de perte de poids pour l’année 2018 doivent donc choisir avec soin ceux qui les mèneront aux résultats souhaités. Que vous adoptiez une stratégie fondée sur un programme d’exercice, le contrôle du poids ou une combinaison des deux, il y a fort à parier que l’entreprise que vous choisirez pour vous assister et vous accompagner dans vos desseins sera soumise aux mêmes règles.  

Soumis aux mêmes règles

Pour peu qu’ils offrent de fournir aux consommateurs «…des biens ou des services destinés à aider une personne à améliorer sa condition physique par un changement dans son poids, le contrôle de son poids, un traitement, une diète ou de l’exercice.», les établissements que la Loi sur la protection du consommateur (LPC) désigne sous le vocable de studio de santé sont soumis aux mêmes règles dans les contrats qu’ils concluent avec les consommateurs. Cela vaut donc tant pour les centres de conditionnement physique que pour les établissements qui offrent méthodes et assistance pour la perte et le contrôle du poids.  

Une protection financière

Premier objectif de la LPC: assurer une protection financière des consommateurs en cas de déroute de l’entreprise à qui ils ont versé d’avance des sommes souvent importantes. Les entreprises qui offrent des abonnements portant sur de tels services perçoivent souvent d’avance les sommes payées par les consommateurs. 

En cas de fermeture inopinée de l’entreprise, l’Office de la protection du consommateur (OPC) a ouvert des dossiers d’indemnisation visant les clients d’une quinzaine d’établissements en 2017,  ce sont des centaines de consommateurs qui sont laissés en plan. C’est pourquoi ces établissements sont, en vertu de la LPC, tenus de déposer des protections financières destinées à indemniser les consommateurs touchés par ces fermetures soudaines. 

Un permis obligatoire

Afin de vous assurer que l’établissement avec lequel vous conclurez un contrat a bien déposé cette protection financière, il vous faut vérifier si le commerçant est bien titulaire d’un permis d’exploitation d’un studio de santé qui est délivré par l’OPC. Quelques clics sur son site web ou un coup de fil suffiront à vous en assurer. 

Et si votre motivation a du plomb dans l’aile?

Pour plusieurs, l’adhésion à un abonnement d’un an consacre en quelque sorte la motivation qui les anime pour atteindre les objectifs fixés. Mais qu’arrive-t-il de cet engagement si, au fil du temps, vos bonnes intentions prennent du mou? La LPC prévoit des règles spécifiques si vous désirez mettre fin à votre abonnement et limite la pénalité qui peut vous être réclamée. 

Ainsi, le consommateur peut, à sa discrétion, mettre fin à l’abonnement à l’intérieur d’une période représentant 1/10 de la durée de celui-ci à partir du moment où le centre a commencé à lui offrir les services. Le contrat est considéré comme annulé dès l’envoi d’un avis écrit à cet égard au commerçant et ce dernier ne pourra réclamer une somme supérieure à 1/10 du coût de l’abonnement.

Si vous désirez mettre fin à votre abonnement une fois cette période dépassée, vous pouvez vous en remettre aux articles 2125 et 2129 du Code civil du Québec qui vous en accorde le droit. Le commerçant pourra vous réclamer une indemnité. Vous pouvez notamment vous en informer auprès d’un conseiller juridique ou d’un
organisme offrant du soutien juridique.

Gary Frost est directeur des services aux consommateurs à l’Office de la protection du consommateur