Usine Résolu de Dolbeau

Résolu menace de fermer l'usine de Baie-Comeau

Le maire de Baie-Comeau, Claude Martel, n'a guère apprécié que le président et chef de la direction de Produits forestiers Résolu (PFR) vienne dans sa municipalité mercredi pour évoquer la fermeture de l'usine de papier journal, qui opère depuis les débuts de la ville en 1937. Il a rappelé jeudi à Richard Garneau que son entreprise et le gouvernement québécois ont une «dette morale» envers Baie-Comeau.
«Produits forestiers Résolu et le gouvernement du Québec semblent l'oublier, mais on a la mémoire longue. Ils ont une dette morale envers la Côte-Nord et la région de Baie-Comeau plus particulièrement», a réagi l'édile.
Le maire Martel évoque ici la vente du barrage McCormick, en 2009, un épisode que le milieu régional a difficilement digéré. Afin d'obtenir des liquidités pour éviter la faillite, PFR (alors AbitibiBowater) a vendu au prix de 615 millions $ sa participation de 60 % dans le barrage à Hydro-Québec qui, rappelons-le, ne paie pas de taxes foncières sur ses équipements. Du coup, Baie-Comeau a été privée de 1,7 million $ de revenus de taxes annuels.
«C'est l'enfer depuis que Résolu est parti avec ces 615 millions $. Pour nous remercier, on menace de fermer l'usine», a tempêté le maire, qui a jugé «insultante et très cavalière» la sortie de M. Garneau. «C'est quasiment inacceptable de la part d'une compagnie qui a encore sollicité l'appui de la population il y a deux ans.»
Claude Martel convient que le marché du papier journal n'est pas reluisant, mais rappelle que le gouvernement et le milieu étaient prêts à investir dans une reconversion de l'usine vers un autre type de production. «La première rencontre que j'ai eue comme maire, il y a trois ans et demi, c'est avec M. Garneau. Je lui avais dit que le milieu était prêt à investir dans une reconversion. Il n'a rien voulu entendre», soutient-il.
Soulignons que mercredi, Richard Garneau a rencontré près de 200 personnes à Baie-Comeau, dont des employés de l'usine et les acteurs économiques du milieu, pour affirmer notamment que la papetière locale était la moins productive sur les 10 que possède PFR et qu'une fermeture dans les prochains mois était chose possible si la situation ne s'inversait pas rapidement.