Ciment McInnis s'ajoute aux clients de la Société du chemin de fer de la Gaspésie.

Réseau ferroviaire: Ciment McInnis s'entend avec la société gaspésienne

Ciment McInnis signe une première entente pour utiliser le réseau ferroviaire gaspésien comme point de départ afin de livrer à destination une partie de la production qui sortira à compter du printemps de la grande usine présentement en construction à Port-Daniel.
Il s'agit d'un certain revirement, considérant que des dirigeants de Ciment McInnis avaient jugé l'utilisation du rail comme peu probable lors de la mise en chantier du projet en mai 2014, projet dont le coût est maintenant établi à 1,5 milliard $. Ce n'est que depuis les derniers mois qu'une ouverture vers le rail a été exprimée publiquement.
L'entente avec un client dont le nom reste secret débouchera sur l'acheminement de 140 000 tonnes de ciment au cours des cinq prochaines années. C'est une moyenne de 28 000 tonnes par an, ou environ 300 wagons.
Le transbordement dans des wagons sera effectué à New Richmond puisque la voie ferrée, même si elle passe au milieu du complexe industriel de Port-Daniel, a été mise en dormance par son propriétaire, le ministère des Transports du Québec, en mars 2015.  
«Le ciment sera chargé dans des camions à Port-Daniel, et il sera déchargé à New Richmond dans un silo, puis transbordé dans les wagons, avec une trémie de mesure, parce que ça se vend au poids», note Maryse Tremblay, porte-parole de Ciment McInnis.
«L'utilisation du rail combiné à l'efficacité du transport maritime apporte à McInnis la flexibilité et la compétitivité nécessaires à la distribution du ciment», note le nouveau président et chef de la direction de Ciment McInnis, Hervé Mallet.
Éric Dubé, président de la Société du chemin de fer de la Gaspésie, a bien l'intention de convaincre Ciment McInnis et d'autres clients de cette firme d'utiliser le rail pour garantir leur approvisionnement.
«Nous sommes en appel d'offres pour construire un silo de transbordement à New Richmond [...] C'est une installation temporaire. Le but est de charger éventuellement les wagons à la cimenterie de Port-Daniel», dit M. Dubé.
Environ 65 kilomètres séparent Caplan, limite est d'entretien du réseau gaspésien, de Port-Daniel. Récemment, les élus et les organismes de développement économique semblent avoir convaincu l'État québécois de retourner à la planche à dessin pour considérer la réfection du tronçon jusqu'au bout, à Gaspé. La partie en dormance mesure 195 kilomètres. Québec préparait apparemment une annonce de 50 millions $ pour la réfection du tronçon Matapédia - New Carlisle, la moitié du réseau gaspésien.
Cet avis des meneurs socioéconomiques vient du fait que toutes les nouvelles demandes de transport pouvant stimuler la circulation ferroviaire viennent du secteur en dormance. Ces demandes sont susceptibles de quintupler, même décupler les revenus de la Société du chemin de fer de la Gaspésie, une entité appartenant à quatre MRC gaspésiennes.
Le député de Gaspé à l'Assemblée nationale, le péquiste Gaétan Lelièvre, espère ardemment que le report de l'annonce du gouvernement libéral donnera des résultats probants.