Réseau de transport métropolitain: des retards à prévoir pour la livraison des voitures de train

MONTRÉAL - Sélectionné aux dépens de Bombardier l’an dernier pour 24 voitures de train, le constructeur chinois CRRC devra rendre ses voitures plus semblables à celles de l’entreprise québécoise déjà exploitées par le Réseau de transport métropolitain (RTM).

Ce changement demandé par l’organisme québécois fait en sorte que les premières livraisons de ce contrat de 69 millions $ s’effectueront à compter de décembre 2019, soit six mois plus tard que l’échéancier initial.

La China Railway Rolling Stock Corporation (CRRC) devra s’assurer qu’il y aura une distance de 64 pieds entre les bogies - les chariots sur lesquels s’articule le châssis d’une voiture.

«(C’est) afin de rendre ces nouvelles voitures identiques, de ce point de vue, aux voitures de série 2000 (construites par Bombardier) circulant déjà sur le réseau du RTM», a expliqué par courriel une porte-parole de l’organisme, Élaine Arsenault.

Ce changement a été signifié l’été dernier et l’avis de prolongation a été confirmé en décembre dernier. Malgré le délai, la facture du contrat ne sera pas plus élevée, a assuré le RTM.

À compter de décembre 2019, CRRC devrait livrer mensuellement quatre voitures à deux niveaux pendant six mois. Les pénalités prévues au contrat sont de 500 $ par jour de retard, par voiture. Même s’il exploite une usine dans la région de Boston, le géant chinois confiera l’assemblage final à son usine chinoise de Tianjin.

«Bien que ces voitures soient construites en Chine, 15 % du contenu provient de composantes ou de fabrications canadiennes telles qu’exigées au devis technique», a rappelé Mme Arsenault.

En 2016, l’Agence métropolitaine de transport (AMT) - l’ancêtre du RTM - avait annulé l’appel d’offres pour lequel Bombardier était l’unique soumissionnaire, en évoquant notamment l’échéancier des livraisons.

Un nouveau processus avait par la suite été mis de l’avant dans lequel le seuil minimal de contenu canadien avait été abaissé de 25 à 15 %. La multinationale québécoise était l’une des deux compagnies à convoiter le contrat pour les voitures destinées aux trains de banlieue de Candiac, Vaudreuil-Dorion et Saint-Jérôme.

CRRC avait été sélectionné parce que le géant chinois était le plus bas soumissionnaire. Les 69 millions $ demandés étaient bien inférieurs aux 103 millions $ prévus pour cet achat dans le programme triennal d’immobilisations de l’AMT.

Après avoir été coiffé par son rival, Bombardier avait notamment déploré la décision de l’AMT de réduire ses exigences en matière de contenu local. Dans sa soumission pour les 24 voitures, le constructeur québécois proposait d’inclure 67 % de contenu local.

Même si Bombardier avait décroché ce contrat, la construction des voitures de train n’aurait pas été nécessairement confiée à son usine de La Pocatière, dans le Bas-Saint-Laurent, avait indiqué la société l’an dernier, puisqu’il y a déjà une chaîne de montage aux installations ontariennes de Thunder Bay.