Le gouvernement du Québec évalue que l'accord économique avec les 28 pays composant l'Union européenne pourrait générer des retombées économiques de plus de 2,2 milliards $ par année et la création de plus de 16 000 emplois.

Relance économique: Couillard mise sur l'accord avec l'UE

Restrictions budgétaires. Coupes des services à la population. Examen de la pertinence et de l'efficacité des programmes gouvernementaux. Retour à l'équilibre budgétaire. Le redressement des finances publiques passe inévitablement par ces chemins douloureux.
Il passe aussi par la relance de l'économie, a rappelé, lundi, le premier ministre du Québec, Philippe Couillard, qui mise, entre autres, sur l'Accord économique et commercial global (AECG) entre le Canada et l'Union européenne pour renforcer le rôle du Québec comme espace économique incontournable entre les deux continents.
«La source de notre relance économique nous viendra largement des nouveaux dollars qui rentreront au Québec par l'entremise d'une hausse des exportations et de l'installation de nouvelles entreprises sur notre territoire», a-t-il indiqué au terme d'une allocution prononcée devant les 400 participants au forum professionnel de l'Industrial Asset Management Council (IAMC) qui sont réunis à Québec jusqu'à demain.
L'occasion était belle pour le premier ministre de revêtir son veston de promoteur de l'économie québécoise. Son auditoire était composé de décideurs américains de grande influence. Des gestionnaires qui tiennent généralement le gros bout du bâton au sein de leur entreprise - généralement des multinationales de la taille de 3M, de General Electric, de Kellogg ou de PepsiCo - dans toutes les décisions cruciales de développement immobilier et de localisation de sites d'implantation.
Pour la plupart de ces gestionnaires chevronnés, il s'agit d'une première visite au Québec. C'est d'ailleurs la première fois de son histoire que l'IAMC tient un forum professionnel à l'extérieur des États-Unis.
Le ministre de l'Économie, de l'Innovation et des Exportations, Jacques Daoust, est aussi allé faire la cour, lundi, aux Américains. Le ministre fédéral du Commerce international Ed Fast et le pdg d'Hydro-Québec, Thierry Vandal, l'ont imité.
Plaque tournante intercontinentale
«Quebec is open for business, again», a lancé Philippe Couillard en insistant sur les retombées pour le Québec de l'AECG avec l'Union européenne. «Il s'agit de l'accord de libre-échange le plus important négocié par le Canada depuis l'Accord de libre-échange nord-américain.»
Le gouvernement du Québec évalue que l'accord économique avec les 28 pays composant l'Union européenne pourrait générer des retombées économiques de plus de 2,2 milliards $ par année et la création de plus de 16 000 emplois.
En 2013, la valeur des exportations des entreprises québécoises vers l'Europe totalisait 6,9 milliards $. Du côté de nos voisins du sud, elle s'établissait à 46,3 milliards $.
À son auditoire, le premier ministre a signalé que le Canada deviendra l'un des seuls pays au monde à avoir un accord de libre-échange avec les États-Unis et l'Union européenne, deux des plus grands ensembles économiques de la planète. Même si les pourparlers ont déjà débuté, ce n'est pas demain matin qu'un marché commun unira l'Union européenne et les États-Unis. Alors, c'est au Canada et au Québec d'en profiter pour se positionner.
«En s'établissant au Québec, les compagnies américaines pourront bénéficier des retombées de l'accord qui prévoit l'élimination de 98 % des tarifs douaniers européens, un marché, rappelons-le, de plus de 500 millions de consommateurs. Déjà une porte d'entrée pour les échanges commerciaux transatlantiques entre l'Amérique du Nord et l'Europe, le rôle du Québec est donc appelé à être renforcé», a soutenu le premier ministre.
Ce dernier a mis de l'avant les attraits économiques susceptibles d'attirer les investissements étrangers : économie diversifiée, main-d'oeuvre qualifiée et compétente, positionnement géographique avantageux et des ressources naturelles à profusion. «L'électricité coûte 36 % moins cher ici qu'aux États-Unis pour les PME», a insisté M. Couillard qui a évidemment présenté les deux principales mesures mises de l'avant par son gouvernement pour relancer l'économie québécoise, soit le Plan Nord et la Stratégie maritime.
Quant au rôle de l'État, il est, selon lui, de créer un environnement propice à l'investissement et à la croissance des entreprises. Par ailleurs, le gouvernement peut aussi être «un partenaire, un actionnaire» comme il fait par l'entremise du fonds Capital Mines Hydracarbures, une enveloppe de 1 milliard $ destinée aux investissements de l'État dans les ressources naturelles non renouvelables.