Pourquoi ne pas faire une journée parents-enfants au bureau pendant la relâche?

Relâche: des accommodements familiaux au bureau

Sans doute vous manque-t-il quelques collègues cette semaine? Ou peut-être avez-vous vu des mini-employés se greffer à l’entreprise? Ça, c’est si vous êtes bien au bureau et non à la maison avec les enfants. La relâche, c’est le moment parfait pour des accommodements raisonnables entre employeurs et travailleurs pour éviter que l’entreprise ne roule (trop) au ralenti!

«La semaine de relâche, l’avantage peut-être par rapport à d’autres éléments qui font partie des enjeux de la conciliation travail-famille, c’est que c’est un événement prévisible d’une année à l’autre, et qui est récurrent», constate Catherine Bédard, de l’Ordre des conseillers en ressources humaines agréés. Rien à voir donc avec l’épidémie de grippe ou de varicelle qui frappe sans prévenir.

C’est donc un bon moment pour les employeurs et leurs employés d’ouvrir le dialogue et de chercher à trouver des solutions. Il faut alors réussir à concilier à la fois les besoins des travailleurs, les parents, mais aussi respecter la productivité des organisations, remarque Mme Bédard. «Parce que c’est sûr que si pendant la semaine de relâche les trois quarts des employés ne sont pas là, c’est clair que ça met en péril l’atteinte des objectifs [de l’entreprise].»

Selon des données tirées d’un sondage CROP en collaboration avec l’Ordre, qui datent toutefois d’il y a 10 années, le quart des travailleurs avaient l’intention de prendre un congé pendant la semaine de relâche. L’employeur n’a pas l’obligation d’accorder les vacances, rappelle Mme Bédard. C’est son privilège, selon la loi, de fixer la date de vacances parmi son équipe d’employés. La Loi sur les normes du travail accorde par ailleurs un maximum de 10 jours non payés par année aux travailleurs pour des obligations familiales. «Pour ceux qui peuvent prendre des vacances, c’est très bien. Les vacances permettent de se reposer, de revenir les batteries bien rechargées la semaine suivante», note-t-elle.

Pour les autres, de nombreuses solutions existent. Certaines vont avoir des répercussions sur la productivité, d’autres non.

Garderie improvisée

Par exemple, l’employeur peut permettre aux enfants de venir au bureau avec leurs parents une journée, si le type d’entreprise et les locaux permettent de le faire de façon sécuritaire. «C’est sûr qu’il y a un impact à ce moment-là au niveau de la productivité, mais il est moindre que d’avoir l’employé qui n’est pas là du tout», fait valoir la conseillère en ressources humaines agréée.

Si l’espace est suffisant, pourquoi ne pas organiser une petite garderie pour la semaine? Les effets sur la productivité sont ainsi limités, voire nuls.

L’employeur peut aussi agir comme intermédiaire pour aider ses employés à s’entraider, un peu à la manière du covoiturage. En faisant circuler l’information sur un babillard physique ou virtuel, les employeurs peuvent arriver à mettre en relation des parents du même secteur, par exemple.

Ces derniers pourraient notamment engager une seule gardienne pour leurs enfants. Ou encore, un travailleur peut s’occuper de ses enfants et de ceux de son collègue une journée. Le lendemain, on échange les rôles. L’absentéisme global est alors moins élevé.

Évidemment, le télétravail ou les horaires flexibles s’avèrent aussi une option de choix. «Ce n’est probablement pas exactement le même rendement et la même productivité. Par définition, si on reste avec nos enfants, on a des soins à leur donner, on doit être disponible pour s’en occuper. Mais en même temps, peut-être que c’est mieux pour un employeur de dire : “Mon employé travaillera durant quatre heures, c’est mieux que zéro heure”», explique Mme Bédard.

«Bien ancrée»

Du côté de la Fédération canadienne de l’entreprise indépendante (FCEI), on constate que la relâche est maintenant bien «ancrée dans les mœurs» et que les entreprises semblent bien s’y adapter, remarque Martine Hébert, la vice-présidente principale. Ses membres ne dénoncent pas de situation problématique. Dans certains cas, les employés en congé vont pouvoir être remplacés par des étudiants aussi en relâche, explique-t-elle. Et certaines entreprises (commerces, divertissements, restauration) vont par ailleurs grandement profiter de l’afflux de clients qui sont habituellement au travail ou à l’école.