Renaud Royer, de Monuments FT, a mis au point un procédé unique qui, selon lui, réinvente l'univers des pierres tombales.

Réinventer l'univers des pierres tombales

Pendant qu'il construisait des balcons en composite, Renaud Royer a commencé à imaginer des monuments funéraires fabriqués à partir du même procédé. Le travailleur autonome de Saint-Vianney, dans la Matapédia, a cogité l'idée, s'est fabriqué des moules, a fait des tests, puis en est arrivé à un produit final. Le résultat est surprenant. Ses pierres tombales trompent l'oeil : elles ont l'apparence de celles en granit, avec le poids et le coût en moins!
L'homme fabrique des balcons, des marches et des bateaux en composite depuis une vingtaine d'années. La demande, qui provient surtout de la Gaspésie et du Bas-Saint-Laurent, était forte l'été. Puis, l'automne venu, le téléphone ne sonnait plus.
Le Matapédien devait donc imaginer une façon de rentabiliser son entreprise à l'année. «J'ai commencé à tricoter l'idée de faire des monuments funéraires en fibre de verre, raconte Renaud Royer. Je "gossais" dans mon garage. J'ai commencé à faire des formes. Puis, une personne est arrivée et elle m'a demandé si j'étais en train de faire son monument funéraire.» Dès ce moment, il n'y avait plus de doute pour lui : il venait de réinventer le marché des pierres tombales, s'est-il dit.
Il y a un peu plus d'un an, c'est comme ça qu'est née Monuments FT, une division de Fibre-Tech 2000, qui est la propriété de Johanne Charette, la femme du concepteur de ces monuments funéraires nouveau genre. Renaud Royer est étonné de la croissance de la demande. En quelques mois, il en a vendu une vingtaine à Québec et dans l'Est. 
«La personne choisit son modèle à partir de notre site Internet fibre-tech2000.com et elle m'envoie son texte par courriel, explique-t-il. Je lui demande de s'informer des dimensions possibles avec sa fabrique parce que chaque cimetière a ses caprices. Je lui envoie une soumission. Si elle l'accepte, un modèle lui est envoyé par Internet pour approbation. Je n'ai pas droit à l'erreur.» Par la suite, l'artisan grave au jet de sable une plaque en granit qui est apposée sur le monument. La personne paie par PayPal et, comme le produit n'est pas très lourd, M. Royer l'expédie par Dicom ou Purolator. Le monument est accompagné d'un mode d'emploi et du matériel requis à son installation.
Économies intéressantes
Le cénotaphe pèse de 40 à 70 livres (de 23 à 32 kilos) et se détaille en moyenne 1500 $. Les modèles qui servent de columbariums, soit ceux pouvant contenir une ou des urnes, se vendent environ 1800 $. «C'est de 30 à 50 % moins cher que les monuments traditionnels, estime M. Royer. Aussi, la beauté de la chose, c'est qu'on peut les personnaliser. C'est un monde variable! C'est ma femme qui fait le design, et elle est vraiment bonne là-dedans. Par la suite, je fais le moule sur mesure.»
Selon le concepteur de Monuments FT, son procédé est unique. «C'est un peu compliqué, mais c'est solide», dit-il. Il enduit un gel sur le produit fini, qui s'apparente à une couche de peinture durcissante. «Ça résiste aux rayons UV, ça demande peu d'entretien et ça peut durer plus de 40 ans», mentionne-t-il.
Pour l'instant, l'entreprise peut expédier ses produits un peu partout au Canada. Mais, Renaud Royer est si convaincu du potentiel de son produit qu'il n'écarte pas la possibilité de l'exporter à l'international. «Si la demande venait d'autres pays, je ne ferme pas la porte, souligne l'homme qui s'est découvert une véritable passion à fabriquer ces sépulcres modernes. Mais, j'aurai besoin d'aide et de conseils.»