Le maire de Québec, Régis Labeaume, a présenté lundi deux scénarios pour la prochaine évaluation des déficits qui sera connue d'ici la fin de l'année.

Régimes de retraite: Labeaume menace de hausser le compte de taxes

Si une loi provinciale pour régler les déficits des fonds de pension n'est pas «votée vite» et que rien n'est réglé avec les syndicats, Régis Labeaume avertit que les propriétaires de Québec verront leur compte de taxes bondir de 125 $ à 175 $ dès l'an prochain.
«Si ça ne se règle pas, ça ira sur le compte de taxes, on est rendus là», a lancé le maire de Québec lundi.
C'est ce que le maire de Québec plaidera ce matin alors que se tiendra au Centre des congrès le premier forum du «plan d'action» de la ministre du Travail Agnès Maltais pour régler l'épineux dossier des régimes de retraite.
M. Labeaume a présenté lundi deux scénarios pour la prochaine évaluation des déficits qui sera connue d'ici la fin de l'année. Si le gouffre est de 743 millions $, il coûtera 125 $ de plus sur le compte de taxes d'une maison évaluée en moyenne à 260 000 $. Si le déficit est de 860 millions $, cela signifierait 175 $ de plus, a exposé M. Labeaume.
«Si on n'a pas tous les outils législatifs et qu'on n'a pas réglé avec les syndicats, ça va être ça sur le compte de taxes 2015», a-t-il averti. Ce manque à gagner représenterait de 40 à 60 millions $ dans le budget municipal.
Aller puiser 50 millions $ équivaut «à 6 ou 7 % d'augmentation de taxes», selon le maire. «On est rendus là. C'est pas des farces, c'est des vrais chiffres.»
En 2003, le déficit des caisses de retraite des employés municipaux représentait en moyenne 78 $ sur le compte de taxes des propriétaires de la capitale. Dans le pire des scénarios, avec un déficit de 860 millions $, il représenterait 512 $.
«C'est exponentiel», a dit le maire qui présentera ses calculs ce matin à la ministre Maltais.
«Quand on dit que ça prend un projet de loi voté rapidement, c'est ça qu'on dit. Ce qu'on va dire au gouvernement demain [aujourd'hui], c'est que si on ne vote pas, cette taxe-là, elle est effective en 2015», a menacé M. Labeaume.
Parmi ses revendications, le maire de Québec tient mordicus à ce que le plan d'Agnès Maltais exige un partage à parts égales entre employeur et syndiqué non seulement des déficits présents et à venir, mais aussi un partage à 50-50 des déficits passés.
«Présentement, l'intention n'est pas là. Jusqu'à date, il n'y a pas vraiment d'intention. C'est un problème pour nous autres», a dit M. Labeaume.
Ce matin, il sera accompagné du maire de Montréal, Denis Coderre, du président de l'Union des municipalités du Québec, Éric Forest, et celui de la Fédération québécoise des municipalités, Bernard Généreux.
Régis Labeaume a aussi annoncé que les négociations avec les syndicats de la Ville reprennent jeudi avec les cols bleus. Ce sera suivi de vendredi et lundi avec les cols blancs et les professionnels.
Or, dit-il, même si la Ville de Québec s'entendait avec ses syndicats pour un partage à 50-50 des déficits, il lui faut le feu vert de l'Assemblée nationale. «Si on n'a pas de loi, on n'est pas capables de signer», a-t-il certifié.
L'opposition à la CRT au second rang
Dans cette nouvelle sortie en prévision des forums sur une éventuelle loi du plan Maltais, Régis Labeaume a été étonnamment discret sur ce qui était l'un de ses principaux irritants jusqu'ici, l'intervention de la Commission des relations du travail (CRT) dans le cas où les négociations achopperaient après 18 mois. Il a prédit lundi que le gouvernement allait plaider ce matin que les élus n'ont pas le pouvoir de trancher en cas de litige.
«Demain, le gouvernement va peut-être dire qu'on n'a pas le droit de décider des conventions collectives selon la loi des cités et villes», a avancé M. Labeaume. «On a vérifié, nos avocats sont là-dedans. Si c'était ça, ça veut dire que la loi nierait la capacité des villes de pouvoir l'obliger», a-t-il poursuivi.
«Je pense que le gouvernement va se vanter de ça demain. Mais de toute façon, pour l'instant, la CRT, ce n'est même plus l'urgence.»